The Study of Mechanical Properties of Structural Lightweight Concrete

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    11-Dec-2016

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  • TRAVAUX ORIGI NAUX Medecine et Maladies Infectieuses - 1988 - I - 29 ~ 36

    RESISTANCE AUX ANTIBIOTIQUES CHEZ ESCHERICHIA COLI :

    Etats actuel et nouvelles acquisitions

    par C. SOUSSY**, J. DUVAL** et P. COURVALIN***.

    RESUME Le comportement d'Escherichia coli vis-~-vis des antibiotiques apparait remarquablement stable depuis 1969 ; on peut toutefois noter un tres

    lent, mais r~el accroissement de la r~sistance aux aminopenicillines ainsi qu'aux associations trimethoprime-sulfamides. En 1986, les frequences de r(~sistance n'atteignent ou ne depassent 30 % des souches que pour aminopenicillines, streptomycine, tetracyclines et sulfamides ; elles sont, patrols comprises entre 10 et 30% (carboxypenicillines, ureidopenici l l ines, cefalotine et kanamycine) et tr~s inferieures a 10 % dans de nombreux cas (cephalosporines de 3~me g~neration, autres aminosides et quinolones notamment). Parmi-les acquisitions nouvelles, il faut noter I'existence de quelques rares souches resistantes au cefotaxime : mutants hyperproducteurs de cephalosporinase ou souches productrices de b~ta-lactamase plasmidique a large spectre du type CTX-1

    Mots-cl~s : Escherichia coli- Resistance aux antibiotiques.

    L'importance d6j~ grande du colibacille en patho- logie infectieuse semble s'~tre encore affirm~e ces derni~res ann6es. L'observation r6guli~re de la fr6quence relative des diff~rentes esp~ces d'ent6- robact6ries montre, sur environ 3500 fi 4000 souches isol6es chaque ann6e h l'hSpital Henri Mondor, tous pr61~vements confondus, que la fr6quence d'isotement des colibacilles est pass6e de pros de 40 % il y a 10 ou 12 ans fi plus de 50 % ces derni~res anndes. Cette augmentat ion relative s'est effectu~e aux d6pens des autres esp~ces d'ent~robact~ries, et notamment celles du groupe K lebs ie l la - Enterobacter - Ser ra t ia .

    *Communication pr6sent6e au Colloque Pharmuka organis6 sous le patronage de la Soci6t6 de Pathologie inibctieuse de Langue Fran~aise, sur le th~me des "Coll ibaci l ies eL leur Pathologie" ~ Paris, le 20 mars 1987. **Service de Bact6riologie, Centre Hospitalier Universitaire Henri Mondor, 51 av. du Mal. de Lattre de Tassigny, F-94010 Cr6teil Cedex. ***Unit6 de Bact6riologie m~dicale, Institut Pasteur, 75724 Paris C6dex 15.

    La predominance du colibacille est particuli~- rement nette dans les infections urinaires, non seulement parmi les entdrobact~ries, mais sur l 'ensemble des esp~ces bac%riennes. Ainsi en milieu hospitalier, pros de 40 % des infections urinaires sont dues h des colibacilles, alors que le groupe K lebs ie l la - Enterobacter - Ser ra t ia ne reprdsente que 17,6 %, les streptocoques 15,9 et les autres groupes moins de l 0 %. Cette predominance est encore plus 6vidente en milieu urbain. D'apr~s une dtude de Lemeland (7), la fr6quence d'isole- ment du colibacille atteint pros des 3/4 de l'ensem- ble. ll est suivi de tr~s loin par les Proteus mi ra - b i l i s : seulement 8,6 %, le groupe K lebs ie l la - Ente - robacter - Ser ra t ia : 5,4, puis les autres groupes bact6riens.

    COMPORTEMENT GENERAL DU COLI- BACILLE VIS-A-VIS DES ANT IB IOT IQUES

    Le comportement du colibacille vis-h-vis des anti- biotiques apparait remarquablement stable au cours du temps. 12observation des courbes d'6volu-

    29 r

  • tion de la rSsistance, trac6es dans notre hSpital depuis 1969, montre en effet que les fr~quences de rdsistance n'ont pratiquement pas vari~ depuis 18 ans. Ce fair est v~rifi~ pour la plupart des anti- biotiques, bien que l'on puisse noter un tr~s lent, mais r(!el, accroissement de la r~sistance aux ami- nopdnicillines et carboxypdnicillines, ainsi qu'aux associations tr im~thoprime-sulfamides (Fig. 1). L'examen de la situation du colibacille aujourd'hui fair ainsi apparaitre que cette esp~ce, rest6e trds sensible aux antibiotiques, ne pr~sente pas de

    rdsistance naturel le aux ant ib iot iques thdori- quement actifs sur les bacilles h Gram n~gatif et qu'elle est touch~e de faqon limit~e par les r~sis- tances acquises. Si lon met h part la rifampicine, les fr~quences de r~sistance n'atteignent ou ne d~passent en effet 30 % des souches que pour quelques antibiotiques : aminop~nicillines, strep- tomycine, t~tracyclines et sulfamides. Les fr(!- quences sont patrols comprises entre 10 et 30 % et m~me tr&s inf~rieures h 10 % dans de nombreux cas (Fig. 2).

    Escherichio coil

    Amp C~r

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    7"0 ' 7"2 " 7~ " 7"6 " 7"8 ' 8'0 " 8"2 ' g4 " S'6

    F IGURE 1 Evolut ion de la r~sistance aux ant ib iot iques d'E. coli (1969 A 1986)

    Une 6rude de Bourlioux (1), r6alis~e en 1986 sur les souches isoldes d'urines en ville et h l'hSpital, a montr~ des rdsultats tr~s semblables avec de faibles differences d'un milieu h l 'autre : on y remarque notamment la fr~quence de r6sistance aux aminopdnicillines, sup~rieure h 35 %.

    B ILAN DE L 'ACTIVITE DES D IFFERENTES FAMILLES D 'ANTIB IOT IQUES

    BETA-LACTAMINES

    Activit6

    Parmi les trois principales families d'antibioti- ques: b~ta-lactamines,aminosides,quinolones,c'est

    celle des bSta-lactamines qui a connu, ces derniS- res ann6es, les plus importants d~veloppements. l,es premidres p6nicillines actives sur le colibacille ont 6t6 les aminop6n ici l lines avec une CMI modale de 4mg/l pour l'ampicilline et l'amoxicilline sur les souches sensibles, l,cs carboxyp~nicillines ont une activit6 comparable (4 pour la carb~nicilline) ou ldg~rement sup~rieure : 2 mg/l pour la ticarcilline. Fn ce qui concerne les ur~idop~nicillines, l'azlocil- line (mode 4) est moins active que la mezlocilline et la pipdracilline (! h 6galit(~) et l'apalcilline (0,5 rag/l). Enfin, le mdcil l inam, reprdsentant des amidinopdcillines, a une bonne activit~ sur les souches sensibles avec une CMI modale ~gale ~, 0,25 mg/1 (figure 3). La c~falotine, repr6sentante des c~phalospoines dites de "lbre g6n~ration", a une activit~ proche de celle des aminop~nicillines.

    30

  • BETA-LACTAMIN ES AMINOSIDES j O.UIN

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    FIG U RE 2 F r~quence de r6sistance aux ant ib iot iques chez E. coil en 1986 sur 1822 souches ~t rh6p i ta l

    ttenri Mondor

    Les c6phalosporines de "2~me g6n6ration" oat apport6 un gain important d'activitd intrinsSque : c6foxitine et plus encore c6famandole.Mais ce gain d'activit6 a 6t6 consid6rablement amplifi6 avec les c6phalosporines de "36me gdndration" : les CMI modales sont en effet de 0,12 pour ceftazidime et c~fot6tan, 0,06-0,12 pour le tatomoxef et 0,03 pour cefotaxime, ceftriaxone et ceftizoxime. Les autres nouvelles b~ta-lactamines ont une activit6 proche. Ainsi en est-il des monobactams : mode dgal h 0,06 pour l'azthr~onam et des carbapdn~mes : 0,12 pour l'imip~n~me (Fig. 3).

    R~sistance

    Les frdquences de r~sistance aux b~ta+lactamines sont actuel lement les suivantes : -aminop~ni- cillines : 35 % ; carboxycilines et ur6idop6nicilli- nes : 25 h 30 % ; c~falotine et Augmentin : 15 h 20% ; m~cillinam : 5 % ; c~fotaxime, ceftazidime et azthr6onam : moins de 0,5 % (Fig. 2). Ces r6sis- lances sont li6es h la s6cr6tion de b6ta-lactamases. Plusieurs ph6notypes peuvent 6tre ainsi ddfinis en fonction de la sensibilit6 des souches aux amino- p6nicillines, carboxyp6nicillines, c6phalosporines de l~re g6n6ration et au c6fotaxime (Tableau I). I1 faut d'abord distinguer le phdnotype SSSS : sen- sible aux quatre antibiotiques. Ce ph6notype est

    celui des souches non productrice d'enzyme qui re- prdsentent environ 2/3 des colibacilles de notre recrutement. Le phenotype RSRS concerne les 4 % de mutants hyperproducteurs de cdphalosporina- se, enzyme produite naturelleinent ~t un taux tr~s faible par [es colibacitles, et alors sans traduction

    l'antibiogrammc. I,e phenotype RRSS, rencontr~ chez 21% des souches, est celui des colibacilles prod ucteurs de p6nicillinases. La production de ces enzymes est due -h une information acquise par un plasmide ou un transposon. II s'agit le plus sou- vent d'enzymcs du groupe TEM et beaucoup plus rarement d'oxacillinases. En cas de biog6nSse im- portante, dans 6 % des cas ici, la c6falotine peut ~tre ~galement touchSe : c'est le ph4notype RRIS. Le ph~nolype RRRS concerne les 2,5 % de souches capables de produire les deux types d'enzymes. Enfin, le phdnotype RRRI, qui touche ~galement le c~fotaxime, est observd soit en cas de biog~nSse importante de c~phalosporinase, chez les mutants hyperproducteurs de cette enzyme : 0,2 %, soit chez lea eolibacilles producteurs de b6ta- lactamase plasmidique h tr~s large spectre, du type de celle dScrite par Sirot (8) chez les KlebsieUa et d~nom- m6e CTX-1 et rdcemment observde dans notre h6- pital (2). La frdquence de cette derni~re r6sistance est pour l' instant exceptionnelle dans notre recru- tement, mais sa diffusion, qui peut varier d'un

    31 :

  • CMI (rag/I)

    128

    32

    8

    2

    0,5

    0,125

    0,0312

    0,0078

    I I

    ;; i; ;lli Nbrede ~S , $ , , 44_, 44 , , 44 . ~1 , ~1 , ~ ~

    ~,~.~./.\o ~ .~o, .,~,o : o o ,.o,, ~.,~ . ~.\~

    CMI (mg/I)

    128 I I I

    o:! i 0,0078 4 Nb~e de 53 , , 53, 54, , ~ , $ , ~'7, ~] , 127, 163, , ~r~, , ;~ ,

    o'~ ~ .~\~,~ ,..o v ,-,\~ .~-~".t,.~.~,~.~,~. ,,~. ,-,~'~" ~

    F IGURE 3 Aet iv i t6 des b6ta - laetamines sur E. oli

    (rag/l)

    centre h l'autre, est 6videmment h surveiller avec une extreme vigilance.

    Le comportement des autres b~ta-lactamines en fonct ion de ces phdnotypes est in t~ressant h analyser car il pose le probl~me de l'interpr~tation de l'antibiogramme. La figure 4 donne, pour chaque produit, la r@artit ion des diam~tres d'inhibition pour la totalitd des souches de colibacilles isol6es en 1986 dans notre hSpital. A l ' int6rieur de chaque histogramme sont indiqu~es les moyennes des diam~tres observ6s en fonction du phdnotype. Ces moyennes sont rel i~es ent re el les et chaque ph~notype est ainsi repr~sent~ sous la forme d'un profiI. On remarque que, par rapport aux souches sensibles, les diam~tres d'inhibition des diff~rentes p~nicil l ines sont diminu~s chez les souches du ph~notype RRSS et plus encore chez celles du

    ph~notype RRIS. Cette diminution est tou jours importante avec les ur~idopdnici l l ines, et n 'est importante avec le mdcillinam que chez les souches du phdnotype RR IS . En ce qu i concerne l'Augmentin , on note que l'activit6 de l'amoxi- ci l l ine (26 mm en moyenne sur les souches sensibles) n'est pas ent i~rement restaur~e en presence d'acide clavulanique chez les souches productrices de p~nicillinase ; moyennes : 21 et 18 mm. La ceftazidime, l'aztr~onam et l'imip~n~me ne sont pas concern~s par ces deux ph~notypes de r6sistance.

    TABLEAU I E. coli : phenotypes de r6s istance (%) aux b~ta-

    lactamines

    SOUCIIES

    Non product r i ces d 'enzymes

    B-lactamines Fr6q.

    C6fo- % Amin. Carb. CF.I

    tax .

    S S S S 66

    Mutants R S R S 4 hyperproduc- R R R I 0,2 teurs de cephalospo- r inase

    Prod uctr ices de penicil l inases Enzymes it R S S 21 d'information acquise (pasmides- transposons) :

    TEM- R R I S 6 oxacillina- S{~S

    Product r i ces des deux types d'enzymes

    R R R .S 2,5

    R R R l 0,2 P roduct r i ces d'enz, large spectre

    Sur les souches du ph6notype RSRS (mutant hyperproducteur de e6phalosporinase), l 'Augmen- tin v apparait inactif a lors que tous les aut res produits conservent leur activit~ malgr6 une l~g~re

    32

  • o

    lO

    15

    20

    25

    30

    35

    4o 45

    ~rn)

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    44 I [

    918 I e ~ , , , ~ , , , , i~D~

    0 ram) o ; 20

    35

    4O

    45 t

    Nbde, t ~ , , I~ , II1~ , , , . , , .

    PHENOTYPES : RRIS ; RRSS ; SSSS

    F IGURE 4 E.coli : r6part i t ion des diam/~tres d' inhibit ion

    des b6ta- laetamines et moyennes des diam~tres en fonet ion duph6notype

    diminution des d iam6tres d' inhibit ion par les ur6idop6nieill ines, le m6eill inam mais aussi la ceftazidime et l'azthr6onam. Sur les souches RI~RS, qui associent au ph6notype pr6c6dent la production d'une p6nieillinase, on observe eette lois une nette diminution d'activit6 des p6nicillines et l'on retrou- ve la 16g6re diminution des diam6tres, d6j'~ not6e pour ceftazidime et aztr6onam ; seule l'aetivit6 de l'imip6n6me reste inehang6e (Fig. 4). Nous avons vu que le ph6notype RRRI pouvait eorrespondre/~ des souehes vraisemblablement hyperproduetriees de e6phalosporinases ou bien des souehes produetriees de b6ta-laetamase h large spectre. Chez les premi6- res, par rapport ~ une souehe sensible,on remarque

    l 'ant ib iogramme la d iminut ion du diam~tre d'inhibition autour du disque de e6fotaxime, 25 mm eontre 35 mm en moyenne. La diminution est g6n6- ralement plus nette pour eeftazidime, e6fot6tan et aztr6onam, mais plus faible pour latamoxef et m6- cillinam. L'imip6n6me n'est pas concern6 et aueune

    synergie n'est observ6e auvec l'Augmentin . Chez les secondes, les diambtres d'inhibition sont dimi- nu6s pour c6fotaxime, ceftazidime, aztr6onam et m6cillinam, mais restent inchang6s pour c6fot6tan, latamoxef et imip6n6me. De plus, un effet synergi- que est observ6 entre l'Augmentin et le c6fotaxime, la ceftazidime,l'aztr6onam, mais 6galement la pip6- racilline.

    AMINOSI I )ES

    La famille des aminosides n'a pas connu d'impor- rants d6veloppements ces derniSres ann6es. La ka- namycine reste le produit le moins actif du groupe des d6soxystreptamines avec un mode ~ 2 mg/1. Elle est suivie par la dib6kacine et l 'amikacine : 1. L'hab6kacine, qui est l'aminoside le plus r6cent, a une activit6 sur les souches sensibles 6gale ~ celle de la tobramycine et du groupe gentamicine-sisomici- ne-n6tilmicine avec une CMI modale de 0,5 (Fig. 5). Les fr6quences de r6sistance aux aminos ides atteignent 37 % pour la streptomycine et 13 % pour la kanamycine. Elles sont beaucoup plus faibles pour les autres produits, n'atteignant en effet que 1,6/t 2 % pour gentamicine, sisomicine, tobramycine et n6tihnicine et seulement 0,5 % pour l'amikacine. Ces fr6quences sont le reflet de la diffusion chez le colibacille des diverses r6sistances acquises aux aminosides qui sont de nature enzymatique et co- d6es par des plasmides ou des g6nes transposables. On sait qu'il existe trois types d'enzymes modifica- teurs : les phosphotransf6rases ("APH"), ac6tyl- t ransrdrases ("AAC') et ad6ny l t rans f6rases ("AA D"). lies ph6notypes de r6sistance conf6r6s par ces enzymes chez les ent6robact6ries sont indiqu6s au Tableau I1. Seuls les enzymes modifiant la strep- tomycine et la kanamycine ont donc une diffusion relativement importante chez le colibacille, mais il faut noter que les souches productrices de b6ta- laet, amase h large speel, re produisent aussi une AAC-6' eL sont, done, ,'6sistantes/t l'amikacine.

    TABLEAU l I P...

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