Traitement des métastases hépatiques par radiofréquence

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  • Cancer/Radiothrapie 16 (2012) 339343

    Disponible en ligne sur

    www.sciencedirect.com

    Mise au p

    Traitem iof

    Ablation

    T. de BaeService de radiologie interventionnelle, dpartement dimagerie mdicale, institut de cancrologie Gustave-Roussy, 114, rue douard-Vaillant, 94805 Villejuif cedex, France

    i n f o a r t i c l e

    Historique de lRecu le 30 avrAccept le 18 mDisponible sur

    Mots cls :FoieMtastaseRadiofrquencTraitement

    r s u m

    Keywords:LiverMetastasisRadiofrequencAblation

    1. Techniq

    Le coura400 500Kagitation iochauffemelules tumor

    Adresse e-m

    1278-3218/$ http://dx.doi.oarticle :il 2012

    ai 2012Internet le 23 aout 2012

    e

    La radiofrquence est une technique percutane guide par limage qui ralise une destruction tumoralethermique par propagation dun courant lectrique de haute frquence. Les volumes des destructionsmaximales produites par une insertion daiguille/lectrode sont de lordre de 40mm si bien que latechnique est trs efcace pour les tumeurs de moins de 3 cm et quau-del lefcacit diminue trsrapidement. La comparaison de lablation des mtastases par radiofrquence ou chirurgie hpatiquemontre un taux dchec de 6% et 7,3% respectivement pour les tumeurs de 25mm ou moins. La duremdiane de survie aprs la premire radiofrquence des mtastases hpatiques de cancer colorectal estde 24 52mois avec et la probabilit de survie 5 ans de 18 44%. La dure mdiane de survie passede 22 48mois si la radiofrquence est utilise en premire ligne plutt quen recours. Pour les patientsatteints dune mtastase hpatique unique de moins de 4 cm, les taux de survie un, trois et cinq ans sontrespectivement de 97%, 84% et 40% et la dure mdiane de survie de 50mois. Limagerie de suivi aprsla radiofrquence ncessite une adaptation, avec recours soit lIRM soit la scanographie recherchantdes zones de persistance tumorale prsentant un rehaussement prcoce.

    2012 Publie par Elsevier Masson SAS pour la Socit franaise de radiothrapie oncologique (SFRO).

    y

    a b s t r a c t

    Radiofrequency is a thermal ablative technique that is most often used percuteanously under imageguidance. Thermal damage is obtained through frictional heating of a high frequency current. The maxi-mal volume of destruction obtained in one radiofrequency delivery is around 4 cm and consequently,best indication for treatment are tumours below 3cm. When compared, radiofrequency and surgicalremoval for tumours below 25mm in diameter demonstrated a rate of incomplete resection/ablationof 6% and 7.3% respectively. Median survival after the rst radiofrequency of a liver metastasis of CRC isreported to be 24 to 52 months with a 5 years overall survival of 18 to 44%. The median overall survivalincreases from 22 to 48 months depending on the use of radiofrequency ablation as rescue treatmentafter failure of others, or as a rst line treatment. For patients with a single tumour, less than 4 cm,the survival rates at 1, 3, and 5 years are respectively 97%, 84% and 40%, with a median survival of 50months. Follow-up imaging requires to use contrast-enhanced CT or MRI, looking for local recurrencesevidenced by local foci of enhancement at the periphery of the ablation zone.

    2012 Published by Elsevier Masson SAS on behalf of the Socit franaise de radiothrapieoncologique (SFRO).

    ue

    nt de radiofrquence est un courant sinusodal deHz. Les rgions traverses par ce courant subissent unenique, qui induit par friction entre les particules unnt tissulaire [1]. Le but recherch est dexposer les cel-ales une temprature suprieure 60 C qui provoque

    ail : debaere@igr.fr

    quasi-immdiatement une dnaturation cellulaire irrversible. Lediamtre maximum de la zone de destruction tissulaire induite parune simple aiguille-lectrode de radiofrquence nest que de 11,5 cm, ce qui nest pas adapt au traitement des tumeurs hpa-tiques. Selon les constructeurs, diffrents artices techniques sontutiliss pour augmenter cette taille de destruction :

    une aiguille contenant plusieurs lectrodes (4 12) qui sontdployes aprs ponction dans la tumeur cible. Le but estdobtenir autant de lsions de radiofrquence unitaires de petite

    see front matter 2012 Publie par Elsevier Masson SAS pour la Socit franaise de radiothrapie oncologique (SFRO).rg/10.1016/j.canrad.2012.05.011oint

    ent des mtastases hpatiques par rad

    of liver metastases by radiofrequency

    rerquence

  • 340 T. de Baere / Cancer/Radiothrapie 16 (2012) 339343

    taille que dlectrodes, pour in ne en former une plus grande parsommation ;

    le refroidissement de llectrode par circulation de liquide froiddans la gaine de llectrode limite laccumulation de chaleur son voisinplus impo100 C da une pludistants.radiofrq

    les lectrquence endeux aigules lectro

    2. Indicati

    Les volution daiguitechnique equau-deltumeurs plradiofrquede temps elocalisationaccru de dobilaire). Ledchec locconvectiondchec pasvaisseaux, et al., et dercemmentlaide dunla radiofrqdistance decela vaut po

    Le moyetumeur ciblment clef la mthodenographie,Des procdpar missiole mme tedu traitemecutane ouguidage chve aux casradiofrquehabituellemcas dimposde vricascopique ougnrale esbalistique e

    3. Rsultat

    Le tauxhpatiquedans la pluun des facttermes defet de la m

    taux dchec par procdure similaire, 6% pour la radiofrquence et7,3% pour la mtastasectomie [2]. Faute dtude randomise, lestudes comparant radiofrquence et chirurgie en termes de surviecomportent de nombreux biais, notamment de slection des

    ts (Tervet desairesncerecomextrgn[6].on chtiant quuretastaobabe dcarntesctalealada chhimt unt pasne chst cotic dssiones enit dou ouamstum30%eurs

    ts attes ta, 84rniericaleenteme

    en mny aet laemenunssionlgr dcomurgistesheznchyes desieurratotie p2]. Clenteulirage, ce qui permet de dlivrer une nergie lectriquertante sans atteindre des tempratures suprieures

    ns les tissus trs proches de llectrode qui sont soumiss grande nergie de radiofrquence que les tissus plusOn augmente ainsi la taille maximale de la lsion deuence que lon peut induire ;odes bipolaires font circuler le courant de radiofr-tre deux parties distinctes de la mme aiguille ou entreilles diffrentes. Le champ lectrique est conn entredes et peut ainsi tre plus intense.

    ons

    mes de destructions maximales produit par une inser-lle/lectrode sont de lordre de 40mm, si bien que last trs efcace pour les tumeurs de moins de 3 cm etlefcacit diminue trs rapidement. Le traitement deus volumineuse que destructible en un seul impact dence ncessite des impacts chevauchs, consommateurst toujours moins efcaces quun traitement simple. Laidale est distance de la capsule hpatique (risqueuleurs) ou du hile (risque de stnose ou perforationcontact avec un gros vaisseau est un facteur prdictifal du traitement en raison du refroidissement parqui sexerce proche des vaisseaux. En effet, le tauxse de 3% quand la tumeur nest pas au contact des23% quand elle est au contact des vaisseaux pour Elias12 53% pour Lu et al. [2,3]. Nous avons dmontrlocclusion du vaisseau au contact de la tumeur

    ballonnet permettait dobtenir un taux de succs deuence quivalent pour les tumeurs au contact ou s vaisseaux avec respectivement 89% et 91% de succs ;ur des tumeurs infrieures 35mm [4].n de guidage varie en fonction de la visibilit de lae. La prcision du placement des lectrodes est un l-lments du succs et on se doit donc de faire appel visualisant le mieux la tumeur, chographie ou sca-

    voire IRM ou fusion de plusieurs moyens dimagerie.ures ont t ralises sous guidage par tomographien de positions (TEP) scanographie qui permet dansmps de visualiser les cibles et de contrler lefcacitnt. La radiofrquence peut tre utilise par voie per-au cours dune laparotomie ou laparoscopie sous

    ographique. La scanographie est habituellement rser-non accessibles lchographie. Si une ablation par

    nce doit tre ralise isolment, la voie percutane,ent moins invasive, sera prfre. Cest seulement ensibilit technique de la voie percutane ou de ncessittion pritonale ou ganglionnaire quun abord laparo-par laparotomie sera propos. Cependant, lanesthsie

    t, notre sens, obligatoire pour permettre unemeilleuret une meilleure tolrance du patient.

    s

    dablation complte rapport pour la radiofrquencevariait de 58 95% dans une revue de la littraturepart des publications [5], et la taille de la tumeur taiteurs qui impactait le plus sur le taux de succs. Encacit locale, la comparaison de la radiofrquencetastasectomie ralise par Elias et al. ont montr un

    patienest rsqui onvasculfrqueengend2008, alsionsun tat(OMS)rsectien stradevien

    La ddes mune prdifcilsurviediffrecolorede lamaprs ltoute crappornayanrecu u

    Il epronosprogremaladfaudrarpond

    Gillde cinqvie dede tumpatien4 cm, lde 97%Ces dechirurgtraitemextrm4cm (foie. Ilrurgierelativsable dprogre

    Matauxdela chiraux gement cle parevolum

    Pluperopen parmie [1quivat rgableau 1). Dans beaucoup, dtudes la radiofrquenceaux patients non oprs et parfois mme aux patientstumeurs au contact des vaisseaux et des structures

    . Elles sont les plus mauvaises indications de la radio-en raison de la dispersion calorique par convectionpar ses vaisseaux. Ltude de Berber et al. publie enpar des groupes extrmement diffrents avec plus dea hpatiques dans le groupe trait par radiofrquence etral plus altr selon lOrganisationmondiale de la santAprs stratication sur la maladie extrahpatique, lairurgicale restait suprieure la radiofrquence ; mais,t aussi sur lindice de performance, la radiofrquenceivalente la chirurgie.mdiane de survie aprs la premire radiofrquenceses hpatiques de cancer colorectal est de 24 52avecilit de survie cinq ans de 18 44% (Tableau 2). Il estvaluer les rsultats de la radiofrquence en termes decette technique est propose dans des situations trschez des patients atteints de mtastases hpatiquess, En effet, ce traitement est propose diffrents stadesie, parfois endernier ressort surunemaladieprogressiveimiothrapie ou parfois trs tt dans la maladie avantiothrapie. Pour tayer cette difcult, Machi et al. onte dure mdiane de survie de 48mois chez les patientsrecu de chimiothrapie et de 22mois chez ceux qui ontimiothrapie [7].nnu dans lexprience de chirurgie hpatique que leu traitement local chez des malades en situation desous chimiothrapie est moins favorable que celui dessituation de rponse ou de stabilit [8]. Idalement, ilnc prfrer traiter des mtastases hpatiques qui ontont t stabilises par la chimiothrapie.et al. ont rapport que des patients atteints de moinseurs de moins de 5 cm avaient une probabilit de sur- cinq ans, alors quelle tait infrieure 5% en casplus volumineuses ou plus nombreuses [9]. Pour leseints dune mtastase hpatique unique de moins deux de survie un, trois et cinq ans sont respectivement% et 40% et la dure mdiane de survie de 50mois [10].s rsultats sont assez proches de ceux de la littrature. Il sagit des meilleurs rsultats jamais publis pourpar radiofrquence hpatique mais la population taitnt slectionne avec une tumeur unique de moins deoyenne 2,3 cm) et labsence de maladie en dehors duquune tudeprospective randomise comparant la chi-radiofrquence [11] ; et malgr linclusion de tumeurst volumineuse pour la radiofrquence (5 cm), respon-taux de rcidive locale plus lev et une survie sansplus courte, la survie globale tait la mme [11].es rsultats variables de survie, quasi-constamment leplications est plus faible avec la radiofrquence quavec

    e. La radiofrquence est ne des contre-indicationschirurgicaux, elle tait initialement utilise unique-les patients non oprables. La radiofrquence prserveme sain et donc la fonction de lorgane puisque lesdestruction de parenchyme sont extrmement faibles.s tudes ont montr un bnce de la radiofrquenceire sur la radiofrquence percutane, ce qui sexpliquear un staging plus approfondi pendant la laparoto-ependant, des tudes rcentes ont montr une survie[12,13]. Limpact de la courbe dapprentissage a aussiement not et 50 100procdures semble ncessaires

  • T. de Baere / Cancer/Radiothrapie 16 (2012) 339343 341

    Tableau 1tudes comparant ablation thermique et chirurgie pour le traitement des mtastases de cancer colorectal depuis 2005.

    tude Diagnostic Mthode Patients (n) Survie globale (%) p Rcidiveslocales (%)

    Complications (%)

    3

    Aloia et al., 2 7957

    Pawlik et al. n.n.n.

    White et al., 8228

    Park et al., 2 n.n.

    Leblanc et al n.n.n.

    Berber et al., n.n.

    Lee et al., 20 n.n.

    Hur et al., 20 7050

    Reuter et al. n.n.

    McKay et al. n.n.

    Otto et al., 2 6760

    Schiffman et 8164

    n.p. : non prca tude pros

    [12,14]. Aucla chimiothblait amliortrospectiv

    Une apppalliative pcompar dquence et cjusqu dixLa dure mment diffrchimiothramiothrapiglobale 30ment et unt ncessa

    4. Imageri

    Lobjectitumeur mamarges deresteront nCette cicatr(tumeur etdivement. Ede lOMS hla seule dien place apde brose d2ans

    006 [24] CRM Chirurgie 150 n.p.RF 30 n.p.

    , 2006 [25] Sarcome Chirurgie 35 n.p.Chirurgie +RF 18 n.p.RF 13 n.p.

    2007 [26] CRM Chirurgie 30 100RF 22 100

    008 [27] CRM Chirurgie 59 n.p.RF 30 n.p.

    ., 2008 [28] Varis Chirurgie 37 83Chirurgie + RF 28 68RF 34 75

    2008 [6] CRM Chirurgie 90 n.p.RF 68 n.p.

    08 [29] CRM Chirurgie 116 n.p.RF 37 n.p.

    09 [13] CRM Chirurgie 42 n.p.RF 25 n.p.

    , 2009 [30] CRM Chirurgie 192 n.p.RF 66 n.p.

    , 2009 [31] CRM Chirurgie 58 n.p.RF 43 n.p.

    010a [11] CRM Chirurgie 28 n.p.RFA 82 n.a.

    al., 2010 [32] CRM Chirurgie 94 92RFA 46 81

    is ; RF : radiofrquence ; CRM: mtastase hpatique dun cancer colorectal.

    pective.

    une tude na spciquement concern le bnce derapie encadrant la radiofrquence, mais celle ci sem-rer les rsultats de la radiofrquence dans des tudeses [15].roche novatrice a explor la voie de la radiofrquenceour rduction tumorale. Cette tude nerlandaise ae facon randomis chimiothrapie seule et radiofr-himiothrapie chez 152malades qui sont atteints demtastases hpatiques de taille infrieure 4 cm [16].diane de survie sans progression tait signicative-ente dans les deux groupes avec dixmois avec la groupepie seule et 16,8mois avec la radiofrquence et la chi-

    e. Il ny avait pas de diffrence de probabilit de surviemois mais les courbes semblaient se sparer tardive-effectif supplmentaire et un suivi plus long auraientires.

    e de suivi

    f du traitement par ponction directe est de dtruire lais aussi une couronne de tissu sain an dobtenir desscurit ou marge dablation . Ces tissus dtruits

    cessairement en place et formeront une cicatrice .ice est donc initialement plus grande que la tumeurmarges de scurit) et ne diminue de taille que tar-n consquence, il est impossible dutiliser les critresabituels dvaluation de rponse tumorale bass surminution de taille de la tumeur. La cicatrice laissers le traitement est compose de tissu ncrotique,e tissu inammatoire, de tissu de granulations, et . . .

    de tumeurlimagerieviable au ssont les deusuivi. Ellesle temps apde zones pplus souvenphique ne dinterprterrichementlement enau moins qlement rechuit semaition ou trapar lopratde la cicatrcette cicatrla radiofrqsont conntumorales r(moins dephie et enncrose. Ceartriel et mdes cas de nnulation inhpatique aest la prseans 5 ans

    71 0,001 5 Dcs 127 30 Dcs 0

    p. n.p. 0,19 n.p. n.p.p. n.p. n.p. n.p.p. n.p. n.p. n.p.

    65 n.p. 12 140 59 4

    p. 48 0,0002 2 n.p.p. 19 9 n.p.

    p...