Veille et articles-digiwork_2013

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    01-Sep-2014

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La Fing a engag le programme Digiwork pour rflchir sur ce que le numrique changeait au travail, en partant du point de vue des individus, dans leur relation aux collectifs de travail, aux organisations, dans la gestion de leur parcours professionnel, Tout au long de lanne, nous avons effectu un travail de veille rgulier et rdig des articles pour nourrir nos rflexions, ce document regroupe ces diffrentes ressources.

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<ul><li> Page 1 Repenser la place des individus au travail dans une socit numrique Veille et articles - 2013 En 2013, la Fing a engag le programme Digiwork pour rflchir sur ce que le numrique changeait au travail, en partant du point de vue des individus, dans leur relation aux collectifs de travail, aux organisations, dans la gestion de leur parcours professionnel, Un premier travail collaboratif de cartographie a mis en lumire quatre grands axes de transformation : lindividu au travail, nouveaux collectifs, nouveaux managements, nouveaux espaces, nouvelles temporalits et valeur du travail, mesure de lactivit et rtribution. Un travail de veille rgulier et la rdaction darticles ont nourri ces thmatiques tout au long de lanne 2013. Cest lensemble de ces ressources que vous retrouverez dans ce document. </li> <li> Page 2 SOmmaire Page 3 05/19 Articles Veille 21/35 Articles Veille 37/55 Articles Veille 57/67 Articles Veille 69/83 Articles Veille 85/86 Etat des lieux 1. Ce que le numrique fait au travail et rciproquement 2. La dynamique dinternet. Prospective 2030 3. Interview fictive - Prospective sur le travail en 2053 4. Scnarios - Questions Numriques Veille dcouvrir en page 18. Lindividu au travail 1. Numrique : la gnration Y, nouvelle chienlit ? 2.Lauto-entrepreneur, un travailleur de notre temps 3. Le travailleur de demain sera un mouton dix pattes 4. Et vous, vous faites quoi... ? Veille dcouvrir en page 32. Nouveaux collectifs, nouveaux managements 1. Le futur du travail dans lentreprise : lagilit... ou le nant 2. Le numrique, vecteur dinnovations sociales au travail ? 3. Productivit ou innovation, faut-il choisir 4.Les donnes : quels effets sur le monde du travail ? 5. Attention, une entreprise virtuelle peut en cacher une autre Veille dcouvrir en page 52. Nouveaux espaces, nouvelles temporalits 1. Les espaces de coworking, une tendance qui se confirme 2. Le temps, marqueur intemporel de la lutte des classes et des genres ? 3. Evolution du corps, volution du travail Veille dcouvrir en page 66. Valeur du travail, mesure de lactivit, rtribution 1. Quest-ce que le numrique change la cration de valeur par le travail ? 2.Le futur du travail dans lentreprise : ...sans lentreprise ? 3. Numrique 1 Emploi zro ! Veille dcouvrir en page 82. Index par mots-cls </li> <li> Page 4 Page 5 1. Etat des lieux ARTICLES 06/17 VEILLE 18/19 Au lancement de Digiwork se trouvent quelques travaux prparatoires : une participation au rapport Futur de lInternet, un article dans Internet Actu, quelques scnarios de rupture issus de Questions Numriques. Cela a nourri, entre autres, linterview fictive, ralise pour le numro spcial de la revue Travail &amp; Changement de lANACT. </li> <li> Articles Page 6 Page 7 ArticleS loppement intgrs...) a souvent t synonyme de gains de productivit, mais aussi de nouvelles formes de bureaucratie, de taylorisme, et de surveillance. 1. Ce que le numrique fait au travail et rciproquement Amandine brugire / Aurialie jublin Paru le 10 Mars 2013 sur internetactu.net le mdia de la fing Cest essentiellement sous langle de lemploi et de la crise conomique que la question du travail se pose aujourdhui dans les mdias. Or depuis les annes 90, les conomies des pays de lOCDE se caractrisent par une croissance faible (ponctue de crises conomiques rgulires) et un taux de chmage lev. Le temps de travail a diminu de manire constante, lemploi temps partiel a augment ainsi que le chmage longue dure. La part du travail dans le Produit intrieur brut a elle aussi diminu. De l croire que le travail rapporte moins, il ny a quun pas... Une crise du march de lemploi qui cache des volutions plus profondes des pratiques de travail Vis--is de ces tendances de fond v observes sur deux dcennies dans presque tous les pays de lOCDE, limpact des technologies numriques est habituellement point deux titres : &gt;&gt; Elles constituent le principal support de la globalisation, de la mise en rseau de lconomie et de sa financiarisation, produisant en particulier une trs forte interdpendance et une mise en concurrence mondiale des conomies comme lexpliquait dj Manuel Castells dans La socit en rseau ; &gt;&gt; Elle acclre la croissance de la productivit du travail ; productivit qui transforme les tches, les fonctions ncessaires lactivit, et en particulier en diminue le nombre. Ds 1995, Jrmy Rifkin dans La fin du travail prvoyait que les TIC, ayant gagn tous les pans de lconomie (suite linformatisation massive des entreprises et des marchs financiers durant les annes 80) conduiraient une productivit trs forte des entreprises, et une croissance sans emploi. Aujourdhui mme, lconomie numrique, secteur de grande productivit et porteur de croissance, se rvle peu cratrice demplois, limage de la Silicon Valley en perte nette demplois depuis 15 ans. Les auteurs de lAge de la Multitude y voient l les signes dun affaiblissement du travail au profit de lactivit : Depuis dix ans, on croit que le numrique va crer des emplois. Or il cre peu demplois directs, et contribue plutt supprimer des bureaucraties ou des rentes. Loptimisation sans prcdent quil permet (dans le domaine de la consommation, des services) devrait contribuer faire baisser le travail, au sens ancien du terme. Mais pas lactivit : car en amont du travail proprement dit (produire un service, un bien, un contenu), on voit se dvelopper toute une activit de veille, dautoformation, de putation, de connexion, dchanges, r dexprimentations.... Derrire les problmatiques demploi pourraient bien se cacher des volutions profondes de ce qui pourrait/ devrait tre reconnu comme du travail productif. Le numrique, lorigine dun malentendu croissant entre les individus et les organisations ? Des dbuts de linformatisation des entreprises (annes 80/90) la dmocratisation des outils ( partir des annes 2000), le numrique a outill des volutions successives dans les manires dorganiser le travail et de le contrler, dans les manires de produire et de commercialiser, gnrant beaucoup de changements, et donc de tensions. Le dveloppement des systmes dinformations (les progiciels de gestion intgrs, les environnements de dve- Le dcoupage (unbundling) possible de toute la chane de valeur a permis de nouvelles souplesses dans la production (le mode projet, la production juste temps) mais a aussi facilit les externalisations, les dlocalisations... Lindividualisation des quipements, leur portabilit et linformatique dans les nuages sont en train de modifier les conditions de travail comme le soulignait la rcente note danalyse du Centre danalyse stratgique sur limpact des TIC sur les conditions de travail, et den faire clater lunit de temps et de lieu. On travaille plus facilement distance, en mobilit, des heures dcales. Un des effets les plus communment ressentis est celui dun brouillage des frontires entre vie professionnelle et vie prive : on travaille de chez soi, on gre des communications personnelles tlphone, sms, tweet pendant les heures de travail. On amne au travail son quipement personnel (le phnomne Bring your own device, Byod), plus performant, moins brid. On utilise lquipement professionnel des fins personnelles (films, jeux pour enfants...). Cela engendre en particulier deux tensions : &gt;&gt; Celle lie linjonction paradoxale dune autonomie sous contrle faite au travailleur connect : dun ct on attend de lui autonomie, prise dinitiative, responsabilit, et de lautre on contrle en temps rel ses rsultats, ses dplacements, ses communications... &gt;&gt; Celle lie la coexistence dans le temps et dans lespace des activits contraintes, choisies, personnelles, de loisirs, etc. Si le travail gagne pain ne russit pas sa mue en sources dpanouissement ou ralisation de soi, il court le risque dun investissement moindre de la part des individus. Le rapport au travail se construit aujourdhui, et peuttre plus fortement encore chez les jeunes gnrations, autour dattentes expressives et relationnelles trs fortes. 1. Ce que le numrique fait au travail et rciproquement Cette dernire tension pourrait en outre tre renforce par une monte des revendications autour du travail gratuit (quon appelle le digital labor). Lconomie sousacente aux rseaux est j en train de mettre jour de nouvelles formes de production de valeur, bases sur la captation des traces dusages. Par l, cest la notion mme de travail qui est bouscule puisque toutes activits dveloppes sur les rseaux (la production ou le partage de contenu, les rseaux sociaux, la navigation, les recherches...) constituent une forme de travail gratuit alimentant lInternet Factory. Cette tension montante entre travail et activit est forte de consquences, car lactivit nest pas encore source de revenus, alors mme quelle est sousendue par des dpenses put bliques importantes dducation, de protection sociale, daccs aux rseaux... Si de nouvelles fiscalits se cherchent autour de la captation des donnes, cela ne constitue dun dbut de rponse. En attendant, le malentendu entre les organisations et les individus va croissant. Les entreprises avouent leurs difficults obtenir de leurs collaborateurs lengagement et laudace quelles en esprent. Les individus disent ne pas trouver dans les organisations, le contexte pour se raliser. Ils se sentent souvent peu couts, mal reconnus dans leurs efforts. Ils sinvestissent moins dans des entreprises qui, sentent investissent ils, moins en eux. La flexibilit na pas t cet oprateur magique attendu, entre les attentes des entreprises en matire dadaptation aux fluctuations des marchs, et les aspirations des individus, en matire dautonomisation et de construction ditinraire professionnel diversifi et scuris. Pour viter le divorce, il devient urgent de re uestionner ce quest le travail q lre du numrique, au regard de ses diffrentes caractristiques : production de richesse, obtention de revenu, libert de cration, panouissement personnel, obtention de droits et de protection... Explorer de nouveaux modles Si le numrique est lune des causes de la crise du travail (mais pas la seule !), il fait aussi partie des solutions. Cest </li> <li> 1. Ce que le numrique fait au travail et rciproquement grce au numrique que des millions de travailleurs organisent plus souplement leur travail, inventent de nouvelles formes de collaboration, largissent leurs rseaux et leurs horizons professionnels. Cest grce aux rseaux quont pu merger des projets collectifs auparavant inimaginables : Wikipedia, le logiciel libre, les communauts de pratiques, lecrowdsourcing... Et ce qui donnait lieu hier la production collaborative de biens informationnels stend aujourdhui la production de biens tangibles : les voitures crowdsources de Local Motors, de Fiat... Des espaces de travail mergent (FabLab, Biolab), o les outils de production, bass sur des technologies de pointe sont mutualiss. La jeune entreprise innovante se dveloppe aussi hors les murs, travers les espaces de co orking ou mme, compltement en w rseau. Certes, ces initiatives sont encore trs mergentes, pas toujours stabilises. Mais elles dessinent des formes nouvelles dorganisation du travail dont on peut extrapoler des modles, extraire des questionnements, voire tirer de premiers enseignements. En particulier trois phnomnes nous apparaissent comme source dinnovation et/ou de nouvelles conflictualits : &gt;&gt; Laffirmation, au travail, dindividus autonomes, connects, outills, en rseau : tel des compagnons modernes, ces nomades coopratifs quvoque P. Vandramin dans son livre Le travail au singulier, affinent leurs outils, leurs mthodes, leur savoir faire, leur communaut, leur engagement au fil des expriences professionnelles. La dmocratisation des outils numriques et le dveloppement de pratiques de Byod pourraient laisser croire un phnomne dindividualisation et dindpendance vis is des organiv sations. Or il pourrait sagir aussi et surtout dun rapport au travail mu par la recherche dpanouissement personnel et dun apprentissage permanent par les pairs comme le montrent les pratiques de multi tasking, ou des slashers, ceux qui cumulent plusieurs emplois. &gt;&gt; Notons que ces postures, dune Articles Page 8 grande proximit avec la philosophie des Hackers (Changer sa vie plutt que de changer la vie ; Get paid, get fit, make something cool) sont le fait de populations instruites, cultives. Ce qui rejoint les thses du capitalisme cognitif sur le travail vivant, et le travail comme production de soi quvoquait Andr Gorz dans Limmatriel. &gt;&gt; Les organisations, les entreprises sont parfois dstabilises par ces nouvelles tendances, tentant dy rsister, plutt que den tirer parti. Pour les individus en revanche, lenjeu est de russir construire la cohrence de leur itinraire professionnel et le scuriser. &gt;&gt; Lmergence de pratiques collaboratives spontanes la base de nouveaux collectifs de travail : les individus se forgent au fil des expriences des rseaux personnels, partir des communauts dintrts auxquelles ils appartiennent, de relations personnelles et professionnelles. Mlangeant liens forts et liens faibles activables tout moment, ces rseaux smancipent des frontires des organisations. Les interactions dans lentreprise ne se limitent plus aux collgues de bureau. &gt;&gt; Sur les rseaux, de nouvelles collaborations productives mergent autour dabord de biens informationnels ou dans le cadre dvnements collaboratifs (hackathon, barcamp, startup weekend...), mais aussi pour la production de biens tangibles, comme le montre le projet Wikspeed (lingnieur amricain Joe Justice ayant russi monter des quipes instantanes partout dans le monde pour une production collaborative de vhicule moins cher, plus durable, en open source). &gt;&gt; Ces dynamiques se caractrisent par une forte dimension identitaire, par laffirmation de lappartenance une communaut, par le primat de la finalit du projet, et des valeurs quil sousend. De nouveaux modes t de management y sont expriments. Mais ces dynamiques ont aussi du mal dpasser la dure de vie Page 9 ArticleS des projets. Cela interroge le format que devraient prendre les organisations : leur niveau de souplesse comme de durabilit et de stabilit. &gt;&gt; Les nouvelles formes de mesure de lactivit et ses rtributions : la production de valeur ne se limite plus la production des entreprises (mesure du PIB), et les activits productives ne se limitent pas au travail. Aux capacits des salaris, des fournisseurs, ou de loutil de production, viennent sajouter celles des clients utilisateurs pouvant devenir des contributeurs actifs, comme le montre, lextrme, lexemple de cette entreprise canadienne Sensorica (cite par Lionel Maurel). Grce une traabilit des contributions et une valuation par les pairs, cette entreprise a fait de la collaboration le cur de son activit. &gt;&gt; Le numrique change la donne en...</li></ul>

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