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“Problèmes philosophiques et politiques dans le théâtre de Jean-Paul Sartre : l'itinéraire d'un penseur.”

“Problèmes philosophiques et politiques dans le théâtre...” (1970) 48

Lucien GOLDMANN

[1913-1970]

(1970)

“Problèmes philosophiques et politiques dans le théâtre de Jean-Paul Sartre :

l'itinéraire d'un penseur.”

LES CLASSIQUES DES SCIENCES SOCIALES CHICOUTIMI, QUÉBEC http ://classiques.uqac.ca/

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Jean-Marie Tremblay, sociologue

Fondateur et Président-directeur général,

LES CLASSIQUES DES SCIENCES SOCIALES.

Un document produit en version numérique par Jean-Marie Tremblay, bénévole, professeur associé, Université du Québec à Chicoutimi

Courriel : classiques.sc.soc@gmail.com Site web pédagogique : http ://jmt-sociologue.uqac.ca/

à partir du texte de :

Lucien GOLDMANN

“Problèmes philosophiques et politiques dans le théâtre de Jean-Paul Sartre : l'itinéraire d'un penseur.”

Un texte publié dans la revue L'Homme et la société, revue internationale de recherches et de synthèses sociologiques, No 17, juillet-août-septembre 1970. Sociologie et idéologie : marxisme et marxologie. pp. 5-34. Chronique : “études, débats, synthèses”. Persée.

Police de caractères utilisés :

pour le texte : Times New Roman, 14 points.

pour les citations : Times New Roman 12 points.

pour les notes de bas de page : Times New Roman, 12 points.

Édition électronique réalisée avec le traitement de textes Microsoft Word 2008 pour Macintosh.

Sous licence Creative Commons

Mise en page sur papier format : LETTRE US, 8.5’’ x 11’’

Édition complétée le 27 juin 2019 à Chicoutimi, Québec.

Lucien GOLDMANN

“Problèmes philosophiques et politiques dans le théâtre de Jean-Paul Sartre : l'itinéraire d'un penseur.”

Un texte publié dans la revue L'Homme et la société, revue internationale de recherches et de synthèses sociologiques, No 17, juillet-août-septembre 1970. Sociologie et idéologie : marxisme et marxologie. pp. 5-34. Chronique : “études, débats, synthèses”. Persée.

Note pour la version numérique : La numérotation entre crochets [] correspond à la pagination, en début de page, de l'édition d'origine numérisée. JMT.

 

Par exemple, [1] correspond au début de la page 1 de l’édition papier numérisée.

[5]

Lucien GOLDMANN

“Problèmes philosophiques et politiques dans le théâtre de Jean-Paul Sartre [footnoteRef:1]* : l'itinéraire d'un penseur.” [1: * Ce texte fait partie de l'ouvrage posthume de Lucien Goldmann, Structures mentales et création culturelle, qui doit sortir prochainement aux Editions Anthropos.]

Un texte publié dans la revue L'Homme et la société, revue internationale de recherches et de synthèses sociologiques, No 17, juillet-août-septembre 1970. Sociologie et idéologie : marxisme et marxologie. pp. 5-34. Chronique : “études, débats, synthèses”. Persée.

S'il est vrai, comme je le pense, que tout écrivain important ne saurait être compris de manière valable qu'à partir d'une étude de l'ensemble de son œuvre, et si cela vaut tout particulièrement pour un auteur dont les écrits philosophiques, littéraires, critiques et politiques sont étroitement liés et se complètent mutuellement, un article sur le théâtre de Sartre pose d'emblée un certain nombre de problèmes méthodologiques et doit susciter certaines réserves. En reconnaissant cependant l'insuffisance et le caractère problématique du présent travail, il faut néanmoins ajouter qu'entre le risque de renoncer à une recherche qui, pour ne pas soulever cette objection, aurait demandé des années - dont je ne disposais pas - et celui de publier un texte provisoire j'ai choisi le second en espérant que cette publication constituera malgré tout une contribution à la connaissance de l'œuvre sartrienne et facilitera les recherches à venir.

Cela dit, ma lecture de cette œuvre m'a amené à l'hypothèse qu'au-delà des nombreux changements secondaires - naturels chez un penseur dont le système est centré sur la liberté absolue de l'individu - on rencontre, lorsqu'on étudie la pensée de Sartre, trois transformations majeures, correspondant à quatre périodes successives parmi lesquelles le théâtre, que je me propose d'étudier aujourd'hui, occupe la plus grande partie de la troisième.

Je commencerai donc par caractériser brièvement ces quatre périodes, dont l'existence - je le répète - n'a pour l'instant pour moi que valeur d'hypothèse.

[6]

La première me paraît correspondre à L'Imagination, à L'Imaginaire, et aux quatre premières nouvelles réunies dans Le Mur. Elle a encore un très grand retentissement dans l’Esquisse d'une théorie des émotions, et correspond aussi au projet, sinon à la réalisation effective de La Nausée. Elle est caractérisée par l'opposition entre le monde de la vie quotidienne immédiate et le monde imaginaire, ainsi que par la valorisation de ce dernier qui, non seulement transforme par son intrusion le monde immédiat, mais surtout est seul à pouvoir donner une signification authentique et même, sous la forme de la création esthétique, une valeur transindividuelle à la vie des hommes.

Depuis les quatre premières nouvelles du Mur (Le Mur - La Chambre - Erostrate - Intimité) jusqu'au refrain de La Nausée [footnoteRef:2] et à l'opposition entre l'impossibilité pour Roquentin d'écrire, comme il se le propose, la biographie de Monsieur de Rollebon - personnage qui a réellement existé - et la chance qu'il entrevoit de sauver son existence et de devenir immortel en écrivant un roman, il y a un ensemble d'idées et de valeurs qui caractérisent la pensée de Sartre à cette époque et constituent la première période de sa réflexion philosophique et de sa création littéraire. [2: Some of these days You’Il miss me honey.]

Si la plupart des critiques n'ont pas vu de différence entre ces premiers écrits et ceux de la période suivante, c'est peut-être en grande partie parce qu'ils ont trouvé au centre de La Nausée le terme « existence », sans s'apercevoir qu'il a dans cet écrit une signification très différente de celle qu'il acquerra dans L'Etre et le Néant. Alors en effet que dans ce dernier ouvrage l'existence caractérise le pour-soi, l'homme, elle est dans La Nausée le propre des objets, c'est-à-dire de ce qui, dans L'Etre et le Néant, sera l'en-soi : elle est la propriété des objets d'être là de manière accidentelle et par conséquent absurde, sans qu'on puisse leur attribuer ni une nécessité ni une rationalité [footnoteRef:3]. [3: « (...) tout à l'heure, j'ai fait l'expérience de ['absolu : l'absolu ou l'absurde. Cette racine, il n'y avait rien par rapport à quoi elle ne fût absurde. Oh ! Comment pourrai-je fixer ça avec des mots ? Absurde : par rapport aux cailloux, aux touffes d'herbe jaune, à la boue sèche, à l'arbre, au ciel, aux bancs verts. Absurde, irréductible ; rien - pas même un délire profond et secret de la nature - ne pouvait l'expliquer. Evidemment je ne savais pas tout, je n'avais pas vu le germe se développer ni l'arbre croître. Mais devant cette grosse patte rugueuse, ni l'ignorance ni le savoir n'avaient d'importance : le monde des explications et des raisons n'est pas celui de l'existence. Un cercle n'est pas absurde, il s'explique très bien par la rotation d'un segment de droite autour d'une de ses extrémités. Mais aussi un cercle n'existe pas. Cette racine, au contraire, existait dans la mesure où je ne pouvais pas l'expliquer. Noueuse, inerte, sans nom, elle me fascinait, m'emplissait les yeux, me ramenait sans cesse à sa propre existence. » La Nausée, Gallimard, 1938, p. 164. « Impossible de voir les choses de cette façon-là. Des mollesses, des faiblesses, oui. Les arbres flottaient. Un jaillissement vers le ciel ? Un affal

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