Culture & Civilisation

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  • 8/12/2019 Culture & Civilisation

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    F ait par :

    Safae Kharbouchi

    Encadr par :

    Mr.

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    La culture est- elle la nature de lhomme ? Est- ce par la culture que lhomme est ce quil est ?Cette question peut premire vue avoir une rponse vidente : ce qui nous distingue delanimal, cest notre culture, et tout homme qui ne ferait apparatre aucune forme de culture ne

    serait considre comme barbare, sauvage voire animal. Pourtant, par leur dfinition, cultureet nature abordent deux notions contradictoires. Ce qui est naturel, est donn la naissance, lanature de lhomme est donc ce qui ds sa naissance fait quil nest autre chose que ce quil est.La culture au contraire est quelque chose qui sobtient par le travail de lhomme, cest ce quilajoute ce quil est en naissant, c'est --dire sa nature. Comment peut-on alors qualifier denature humaine, ce que lhomme obtient par le travail ? Ce qui sacquiert ou qui est acquis

    peut-il tre inn ?

    La culture nest pas inne, elle ne se trouve pas en chaque homme ds sa naissance. Ence sens, il convient de se demander de quell e manire elle peut tre la nature de lhomme.

    Admettre la culture comme nature de lhomme, cest affirmer que la culture estlessence de lhomme. En ce sens, la culture serait inne, ltre qui na pas de culture est untre qui nest pas n avec. Par ce raisonnement, on en dduit quil nest pas humain. Cettethse est contestable car la culture nest pas offerte chaque homme ds la naissance, cest

    par lducation que lhomme acquiert sa culture, lexemple de Victor lenfant sauvage en est la preuve. A premire vue, cette enfant de 6 ans retrouv seul dans la nature na presque riendhumain : il nest dou daucun langage, est associable et ne semble pas avoir conscience delui- mme. Il sapparente plus un animal qu un tre humain, et de plus, sil tait humain, ilaurait t naturellement cultiv, or il ne lest pas. Certains chercheurs en dduisent que Victornest pas humain. Pourtant, par des soins attentifs, un chercheur est parvenu sociabiliserlenfant, le rendre humain. Ainsi, lhomme sans culture, sauvage sans sa culture ne

    parait pas humain, mais on ne peut nier son humanit parce quil peut acqurir cette culture..On ne nat donc pas homme, on le devient.

    Si nous ne devenons homme que par lapprentissage, cela veut dire quil existerait une

    forme inne, naturelle de lhomme, une sorte dhomme animal. En devenant lhomme, cet trenaturel passe alors ncessairement dun tat naturel un tat civil, parce quil faitlacquisition dun savoir. Cest cette opp osition des deux tats que Jean-Jacques Rousseaunonce dans le Contrat social : Ce passage de ltat de nature ltat civil produit danslhomme un changement trs remarquable, en substituant dans sa conduite la justice linstinct, et donnant ses actions la moralit qui leur manquait auparavant. Ainsi, tout cequi est considr comme humain, c'est-- dire ce que lon pourrait qualifi de nature delhomme napparat que dans son tat civil.

    Lhomme nest pas cultiv de fait. Un homme qui na pas de culture ne peut tre unhomme si la culture est considre comme naturelle lhomme. Pourtant un homme sans

    culture peut acqurir de la culture. La culture elle- mme ne peut tre la nature de lhomme.

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    La culture ne peut tre la nature de lhomme. Mais lhomme semble plus dispos quedautres espces acqurir cette culture. Aussi, la possibilit que possde lhommedapprendre semble tre son essence.

    Par notre exprience, nous devons reconnatre que lhomme sauvage tel que le dcrit

    Rousseau nexiste pas dans la nature. De mme, lorsque Rouss eau voque cet animal humain ltat sauvage, il ne fait pas un rcit historique la manire dun palontologue, mais ilsagit dune reconstruction thorique du passage par lhomme de ltat de nature lhommecivilis. Si lon se rfre Victor lenfant sauvage, sa capacit dapprendre dmontre par lesscientifiques qui se sont penchs sur son cas, prouvent une qualit naturelle de lhomme : sa

    perfectibilit. Cest par ce principe que Rousseau explique le passage de ltat sauvage ltatde natur e. Parce quil est naturellement perfectible, face aux difficults que lui impose lanature dans son tat de nature, lhomme doit sadapter : il lui faut sans cesse et de manireconstante rpondre ces difficults en trouvant un moyen de les contourner. Le dsir inndu bien-tre et l'impossibilit de contenter pleinement ce dsir lui font rechercher sans cessede nouveaux moyens d'y contribuer. (Jean-Jacques Rousseau, dans lEmile ). Ce nest pas laculture elle- mme qui semble inne chez lhomme, m ais plutt la capacit perfectionnement,dacquisition de la culture, autrement dit sa capacit dapprendre.

    Ainsi, lducation parat tre ce qui distingue lhomme de lanimal. Les sciencesmodernes, et en particulier la gntique, permettent de dterminer scientifiquement lescaractristiques de ltre humain par les informations contenues dans son programmegntique. Si cette branche de la biologie est encore imparfaite, il toutefois possible desupposer que la nature humaine est gntiqueme nt programm dans notre ADN. Cest dans cesens que le chercheur Franois Jacob met lhypothse que ce qui diffrencie lhomme delanimal (ce qui est donc la nature de lhomme), est quil est gntiquement programm pourapprendre. On nduque pas un animal comme on duque un enfant, on le dresse. Lorsquilest dress, lanimal sait ragir face des situations qui peuvent le mettre en danger ou qui lui

    permettrait davoir de la nourriture ou avoir une rcompense.. Mais si lhomme est biologiquement un animal, c'est-- dire quil rpond des instincts, des passions quil ne peutmatriser, il est galement gntiquement programm pour apprendre sans limite. Ce quilapprend le forme et le rend tel quil est. Il y aurait donc une explication gntique etscientifique la perfectibilit de lhomme avance par Rousseau.

    Ce qui apparat tre la nature de lhomme enfin, nest donc pas la culture mais sa perfectibilit, c'est-- dire sa capacit apprendre et sduquer. Cette ducation permet lhomme dacqurir de la culture et donc de se djouer par cette acquisition, des obstacles et

    des contraintes que lui offre la nature. Daprs Rousseau dans Discours sur l'origine et les fondements de l'ingalit parmi les hommes , ce sont des catastrophes naturelles (inondations,tremblements de terre), qui forcent les hommes vivre ensemble, ce qui facilitel'tablissement de l'usage de la parole. Ce qui est donc la nature de lhomme cest cettecapacit inne quil a de se djouer des contraintes de la nat ure, et donc ncessairement desen loigner.

    Lhomme ne devient homme quen apprenant. Cest cette capacit quil a de se perfectionner, dacqurir de la culture, qui fait de lui ltre quil est et ainsi de se dtacher dela nature. La nature de lhomme semble alors tre sa capacit de se distinguer de la nature.

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    Lhomme est un animal. Il a beau vouloir scarter de la nature par sa culture, il ne peutncessairement que suivre la nature. On ne peut pas rduire tout tre qui peut se perfectionner la seule humanit.

    En faisant de lhomme un tre capable de saffranchir de la nature, nous faisons de

    lhomme un tre part de la nature. Nous ne pouvons pourtant faire de la nature humaine unechose distincte de la Nature. Par dfinition, une nature ne peut tre que naturelle. Ce qui estnaturel arrive par la force des choses. Or donc, faire de lhomme un tre part, cest delanthropocentrisme, cest faire de lhomme un tre qui vient perturber la nature et, un tre quine suit pas ses lois. Or daprs Spinoza dans le livre III de l Ethique , lhomme nest pas unempire dans un empire . Lhomme malgr les impressions, ne peut chapper aux loisnaturelles parce quil en aurait la volont. La culture ne peut loigner lhomme de l a nature, illa suit ncessairement. Car ce qui arrive arrive ncessairement ; si un vnement arrive, cestque tous les facteurs qui en sont lorigine ne pouvaient que provoquer cet vnement. Demme, le fait que lhomme acquiert de la culture ne peut tre le fruit dautre chose que lanature elle- mme. En apprenant et en se cultivant, lhomme donc ne sloigne pas de lanature, il y persiste.

    En outre, rien ne nous permet de nous distinguer de lanimal. Dire que lhomme est unanimal ne peut tre contest. Notre mode de fonctionnement, notre composition, la faon dontnous nous reproduisons ne peut nous classer autre part que parmi les animaux. Aussi, le faitdtre dou de culture loigne -t-il lhomme de lanimal ? Non, car ce nest pas parce quilacquiert de la culture quil nest plus un animal. Je peux amliorer mes conditions de vie,dvelopper un langage complexe et tudier le fonctionnement de la vie, je reste soumis desfacteurs physiques et donc naturels qui me rattachent ma position danimal. Lhomme le

    plus cultiv du monde ne peut sempcher de subir le lot de chaque animal, c'est --dire ce quiest commun tout tre humain. Aussi, lhomme ne semble pas tre le seul animal perfectibleou dou de culture. Les fourmis par exemple, perfectionnent leur technique de dfense (oudattaque) selon lennemi contre lequel elles se battent. Au mme titre que lhomme fait laguerre ses congnres, la fourmi semble doue de cette mme sociabilit en se battantcontre ses propres co ngnres dune fourmilire voisine. Ou bien mme, les rapports entrefourmis au sein mme dune fourmilire rvlent des caractres sociaux (comme latrophallaxie) qui font de la fourmilire une civilisation. Or daprs Rousseau, cest parce quilacquiert de la culture que lhomme naturel devient civilis, autrement dit quil dveloppe desrapports sociaux avec autrui (que ce soient des rapports conflictuels ou pacifiques). En cesens, lhomme ne semble pas tre lunique tre dou de culture.

    Enfin, ce nest parce quun tre est cultiv ou possde la facult dapprendre quil esthumain. Supposons que nous fassions la dcouverte sur terre ou sur une autre plante duneespce jusqualors inconnue capable dapprendre, de communiquer par un systm e de langagecomplexe et de se perfectionner en faisant face des difficults nouvelles ; en dautres mots,supposons que nous dcouvrions une autre espce doue de culture. En considrant la culturecomme la nature de lhomme, nous prsupposons donc que la nature est lessence delhomme, quelle fait de lhomme ltre quil est. Or, cette nouvelle espce que nousdcouvrons est doue de culture, est-ce suffisant pour la considrer comme un tre humain ?L encore la ralit biologique nous pousse conte ster cette considration. Ce qui fait duntre quil appartient la mme espce quun autre, cest leur homologie gntique qui leur

    permet entre autre dassurer une descendance durable.

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    On ne peut donc pas considrer la capacit que lhomme a de se perfectionner commeson essence. Cette capacit ne peut non plus lloigner de la nature.

    La culture, parce quil sagit dune acquisition que fait lhomme durant sa vie, ne peuttre sa nature, car elle nest pas inne. Mais ce qui lui est inne, cest sa capacit naturelledapprendre, de se perfectionner lui -mme et en consquence dacqurir de la culture. Cettecapacit pourrait sapparenter une possibilit de saffranchir de la nature. Il nen est rien.Lhomme ne peut se diffr encier des autres animaux par sa culture, car non seulement il nesemble pas tre le seul tre dou de culture, mais aussi parce que cela sous-entendre que touttre dou de culture serait humain. La culture nest donc pas la nature humaine.