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Fractures de la base du crâne Extrait du Campus de Neurochirurgie http://campus.neurochirurgie.fr/spip.php?article420 Fractures de la base du crâne - Etudiant en neurochirurgie - Documents - Livre Neurochirurgie - Date de mise en ligne : vendredi 16 janvier 2009 Campus de Neurochirurgie Copyright © Campus de Neurochirurgie Page 1/12

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Fractures de la base du crâne

Extrait du Campus de Neurochirurgie

http://campus.neurochirurgie.fr/spip.php?article420

Fractures de la base du crâne- Etudiant en neurochirurgie - Documents - Livre Neurochirurgie -

Date de mise en ligne : vendredi 16 janvier 2009

Campus de Neurochirurgie

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Fractures de la base du crâne

I - INTRODUCTION

Représentant une zone frontière entre endo et exo-crâne, la base du crâne a comme limite supérieure une ligneunissant la glabelle à l'inion. La limite entre étage antérieur et moyen est représentée par les crêtes sphénoïdales, serejoignant au centre au niveau du planum sphénoïdal. La limite entre l'étage moyen et l'étage postérieur estmatérialisée par le rebord postéro-supérieur des pyramides pétreuses, qui se rejoignent en dedans au niveau duclivus, ce dernier étant constitué par la réunion de l'apophyse basilaire de l'occipital et de la lame quadrilatère dusphénoïde.

La pratique de la Neuro-traumatologie nous montre que l'immensité des problèmes posés aux neurochirurgiens atrait aux fractures de l'étage antérieur de la base au sens large, incluant la pathologie carotidienne et caverneuse ;l'essentiel de cet exposé sera donc centré sur cette région. Les problèmes posés par les traumatismes des rochersou les fractures complexes de la fosse cérébrale postérieure, au niveau de la base, seront abordés succinctement enfin de chapitre.

II - FRACTURES DE L'ETAGE ANTERIEUR : LE POINTDE VUE DU NEUROCHIRURGIEN

A. Rappel anatomiqueLe complexe central naso-ethmoïdo-maxillo-fronto-orbitaire est le centre de convergence etd'épuisement des traits de fracture crânio-faciale et le lieu d'expression de la gravité des traumatismescrânio-faciaux. Il est constitué, d'avant en arrière, de deux zones différentes au plan bio-mécanique :

une zone antérieure, dense et résistante, exposée aux impacts antérieurs : le bandeau frontal de la régionglabellaire au milieu et des arcades orbitaires supérieures latéralement. En son centre, cette zone se prolonge versla face par la suture naso-maxillaire et l'épine nasale du frontal, véritable noyau de résistance. Au sein du bandeaufrontal, le sinus frontal constitue une zone de faiblesse, d'autant plus grande que sa taille augmente.

la zone postérieure de ce complexe, grêle et fragile, constitue la poutre fronto-ethmoïdale, protégée par la zoneantérieure ; elle regroupe le labyrinthe ethmoïdal de structure alvéolaire très fragile et des structures osseusescompactes comme l'apophyse crista-galli.

l'ensemble s'appuie sur le corps résistant du sphénoïde.

La dure-mère de cette région se comporte différemment au niveau de la fosse olfactive et des bosses orbitaires. Elleadhère en dedans à l'apophyse crista-galli, à la petite aile, au jugum sphénoïdal, aux clinoïdes et à la sutureethmoïdo-sphénoïdale.

Dans la fosse olfactive, elle tapisse la lame criblée, ébauche des replis délimitant une fossette où se loge l'extrémitédu bulbe olfactif et s'invagine dans les orifices de la lame criblée, donnant des prolongements autour des filetsolfactifs. Ces zones d'adhérences et ces points d'ancrage sont des lieux de fragilité durale facilitant des déchirurestraumatiques. Par contre, il n'y a pas d'adhérence au niveau de la paroi postérieure du sinus frontal. Sur les bossesorbitaires, la dure-mère est assez facilement décollable. Elle est parcourue par des rameaux artériels qui lavascularisent : artère méningée antérieure venue de la carotide interne via l'ophtalmique et les ethmoïdales, brancheantérieure de la méningée moyenne pénétrant dans le crâne par le trou grand rond.

La base et la région polaire des lobes frontaux, très proches des structures osseuses, n'ont pas d'amortisseurhydraulique important sous forme de citerne de L.C.S. pour les protéger, d'où la fréquence des contusions

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associées.

Enfin, un risque particulier aux traumatismes de cette région est lié à la traversée de la base du crâne par lespremiers nerfs crâniens et la proximité d'éléments vasculaires importants, comme la carotide interne et le sinuscaverneux.

B. Lésions anatomiques et leur diagnostic1. Lésions osseuses - Au plan étiologiqueles accidents de la voie publiquesont largement dominants ( 76 %) ; les chutes d'origine diverse ne représentent que 10 % environ de cestraumatismes, alors que les projections dans la face paraissent en augmentation (13 à 14 %), liées en particulier auxagressions ou aux sports d'hiver, particulièrement les accidents de ski.

- Au plan anatomique,les radiographies standard et les tomographies, confrontées aux éventuelles constatationsopératoires, ont longtemps servi de base aux différentes classifications anatomo-pathologiques proposées. Parmicelles-ci, la classification de CHABANNES ( 1975) a le mérite de mettre en exergue l'opposition entre le tassementethmoïdo-sphénoïdal que la dure-mère tolère bien, et le cisaillement de cette même région qu'elle tolère mal, d'où lerisque infectieux accru. A l'ère tomodensitométrique mettant mieux en évidence les lésions de la base, il paraît pluslogique de souscrire à la classification de MARCHAL, STRICKER et LEPOIRE (1986), basée sur le lieu d'impact etses conséquences au niveau de la base ; ces dernières sont en effet bien appréciées en coupe axiale et enincidence frontale. La direction du trait à partir du point d'impact permet de prévoir les fractures "à risque fistulogène"et de mieux cerner face à un pattern très stéréotypé, les indications thérapeutiques.

On peut ainsi actuellement séparer en raison de l'inégalité des risques méningés :

Les traumatismes médio- faciaux, (Tableau 1) procédant d'un impact direct sur l'axe pneumatiséfronto-ethmoïdo-sphénoïdal, entraînant sa rupture. Il s'agit des lésions les plus fréquentes (54 %),dont le risquefistulogène est directement lié à l'atteinte de l'épine nasale du frontal.

Les traumatismes médio-cranio-faciaux (Tableau 2) dont l'impact se situe sur la voûte frontale, en position médianeou paramédiane (21 %) menacent gravement par leur irradiation à la base les enveloppes méningées, le nerf optiqueou la carotide .

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Les traumatismes latéro-crânio-faciaux (20 %) à impact localisé autour de l'apophyse orbitaire latérale, peuventintéresser également la fosse cérébrale moyenne (Tableau 3 ).

Les 5 % restants correspondent en majorité à des plaies pénétrantes de l'étage antérieur ou à des atteintes isoléesde l'axe pneumatisé, généralement du fait d'une déformation élastique de la boîte crânienne.

2. Les lésions encéphaliques Les contusions - attritions frontales, basales ou polaires sont les plus fréquentes maistous les autres types d'atteinte encéphalique peuvent se rencontrer : il s'agit plus souvent de lame d'hématomesous-dural que de petits hématomes extra-duraux, généralement peu compressifs, et encore plus rarementd'hémorragies sous-arachnoïdiennes diffuses. L'oedème post-traumatique secondaire conditionne l'état neurologiqueet le pronostic de ces patients dont les lésions encéphaliques initiales sont cliniquement aussi fréquentes que"muettes".

Les atteintes de la tige pituitaire peuvent être responsables d'un diabète insipide précoce et régressif. Quelques casde panhypopituitarismes post-traumatiques ont été décrits (EDWARDS, 1986). Rappelons l'hématome extra-duralsous-temporal asymptomatique des traumatismes latéro-crânio-faciaux.

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3. Les nerfs crâniensL'atteinte macroscopique du bulbe olfactif n'est pas rare dans les traumatismes de la base,encore que moins fréquente que les anosmies. Il est difficile d'évaluer exactement la fréquence de ce type d'atteintelésionnelle ; la radiographie ne peut apporter ici que des signes indirects en montrant des fractures de la lamecriblée.

Plus fréquente est l'atteinte clinique du nerf optique (amaurose, mydriase, abolition du RPM), évaluée aux alentoursde 10 % . Le scanner authentifiant l'atteinte osseuse mécanique directe du nerf reste à ce niveau très en défaut (1/3des cas au maximum). En effet, les lésions du nerf optique relèvent de différents mécanismes : outre la fracture ducanal optique, il peut s'agir d'hématomes rétro-bulbaires compressifs associés à une fracture des parois latérale etsupérieure de l'orbite, d'un hématome compressif des gaines péri-veineuses ou d'obstruction de la veine centrale dela rétine, voire d'une ischémie post-hémorragique des vasa-vasorum que l'imagerie n'est pas capable de mettre enévidence.

Une atteinte simultanée du III et du VI (2 %) doit orienter vers une lésion de la région de la fente sphénoïdale. Il peuts'agir de lésion traumatique directe mais aussi d'un anévrisme ou d'une fistule artério-veineuse post-traumatique,dans le sinus caverneux, justifiant la pratique systématique d'une artériographie carotidienne.

4. Lésions vasculairesLa rupture de la Carotide interne est due à un mécanisme de cisaillement lors de son passageà travers la dure-mère. Le faux anévrisme ainsi créé peut se rompre secondairement dans le sinus sphénoïdal dontla paroi postérieure est très mince. Son mode de révélation clinique est souvent cataclysmique mais peut êtreprécédé de quelques jours par des saignements peu abondants. Ce caractère retardé doit rester présent à l'espritquand existe un trait de fracture passant par le corps du sphénoïde, une pneumocéphalie para-caverneuse, ou desciternes opto-chiasmatiques, ou un hémosinus sphénoïdal. L'artériographie assure le diagnostic en montrant uneimage d'addition de volume variable, souvent volumineuse, située sous le segment C3 horizontal de la carotideinterne intra-caverneuse et remplissant la lumière du sinus sphénoïdal. L'absence de drainage veineux anormalélimine la fistule carotico-caverneuse.

Une Fistule carotido-caverneuse doit être évoquée devant une exophtalmie pulsatile, avec ou sans souffleintra-crânien aboli par la compression carotidienne, ou devant la constatation d'une dilatation de la veineophtalmique supérieure. L'injection de produit de contraste, après le scanner initial, peut apporter des argumentsimportants en faveur de l'origine vasculaire des anomalies constatées, et commander des explorationsartériographiques complémentaires : A° C.int + ext. et C.Int.controlatérale avec compression.

5. Les brèches ostéo-duralesElles représentent la justification de l'intérêt neurochirurgical de ce type de traumatismepuisque, outre les rhinorrhées, elles sont capables de déterminer des méningites précoces ou tardives de pronosticsouvent défavorable. Cette fréquence est différemment appréciée dans la littérature .

- Au plan anatomique Dans 80 % des cas, la brèche siège au niveau ethmoïdal, plus rarement au niveau de la paroipostérieure du sinus frontal ou du plafond du sphénoïde. Le type de la lésion durale varie selon les traits de fracture :

perforation méningée par une esquille osseuse déchirure par cisaillement, pouvant se prolonger à distance de la fracture. La tendance à la rétraction durale en

rend difficile la cicatrisation spontanée . invagination dans le trait de fracture ou dans une impaction osseuse dilacération par des fragments osseux, fréquente dans les tassements fronto-ethmoïdaux.

Cette brèche ostéo-durale pourrait se fermer spontanément en une quinzaine de jours dans 50 à 60 % des cas. Lesfacteurs de cicatrisation sont : l'alignement osseux, l'absence d'inclusion osseuse dans la brèche, mais aussi latopographie de la brèche, surtout si elle est éloignée d'un lac arachnoïdien important. La cicatrisation est meilleuredans les tassements que dans les cisaillements. Les gros déplacements, les fractures de la voûte irradiées à la base,

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les lésions isolées de la base et surtout les brèches ostéo-durales ethmoïdales postérieures et sphénoïdales, là où lelac arachnoïdien est le plus large sont autant de facteurs contrariant la fermeture spontanée.

- Au plan clinique Ces fistules peuvent se manifester par des rhinorrhées inconstantes (1/2) car souvent masquéesau stade initial par des épistaxis. Depuis CHABANNES, l'opposition reste classique entre le tassementethmoïdo-sphénoïdal des traumatismes d'origine faciale où l'écoulement est rare (1/7) et régressif, contrairement aucisaillement ethmoïdal d'origine crânienne, par fracture associée de la voûte, où la rhinorrhée est fréquente (1/2),persistante ou récidivante. Pour vraie qu'elle soit, cette affirmation mérite d'être tempérée par un aphorisme nonmoins classique : "Fistule tarie n'est pas brèche fermée". Les risques ultérieurs de méningite tardive, mortelle, restentde l'ordre de 10 à 30 % .

La méningite (justification du vaccin anti-pneumococcique systématique) peut survenir de façon précoce en quelquesheures dans près de 12 % des cas (ROUSSEAUX, 1981) ou tardive, plusieurs mois ou plusieurs années après letraumatisme. Parfois, la brèche passe inaperçue initialement et la méningite peut se manifester en-dehors de toutenotion de rhinorrhée. La méningite est de type purulent et le germe en cause est un pneumocoque dans la majoritédes cas, justifiant le vaccin anti-pneumococcique systématique dans les traumatismes graves de l'étage antérieur.Mais tout germe présent dans les fosses nasales peut être en cause. Une autre caractéristique des méningitespost-traumatiques par brèche ostéo-durale est leur tendance à la récidive : ainsi, devant toute méningite àpneumocoque récidivante, il convient de rechercher une brèche ostéo-durale latente, secondaire à un traumatismecrânien ancien quelquefois méconnu. L'antibiothérapie prophylactique n'a pas significativement diminué la fréquencede ces méningites (DEMETRIADÈS, 1992)

- Au plan radiologiqueLe Bilan radiologique initial d'un traumatisme crânio-facial peut apporter des arguments enfaveur de la brèche ostéo-durale.

- argument indirect : présence d'un trait de fracture "a risque" :

Il s'agit d'un trait passant par une zone frontière entre cavité encéphalique et cavités aériques crânio-faciales (sinusfrontal, ethmoïdal, sphénoïde). C'est le plus souvent une lésion ethmoïdale isolée (45 %). L'atteinte sphénoïdaleisolée est exceptionnelle (1 à 2 %). En outre, la localisation du trait de fracture, l'existence d'un diastasis fracturaireet, à fortiori, d'une embarrure paramédiane constituent un bon argument en faveur d'une brèche ostéo-durale. Lesradiographies standard, utiles pour étudier la voûte et le sinus frontal, ont peu d'intérêt pour l'étude de la base. Lestomographies ne sont plus guère utiles, dès lors que l'on dispose d'un scanner de qualité, en haute résolution, encoupes fines de 1 à 3 mm, avec fenêtre osseuse et parenchymateuse. Le scanner axial permet dans ces conditionsd'apprécier les lésions du sinus frontal et les atteintes parenchymateuses éventuelles. Les coupes frontales, idéalespour l'étude ethmoïdo-sphénoïdale sont souvent difficiles à réaliser en urgence chez les traumatisés récents.L'incidence semi-frontale, réalisée en décubitus sans grande mobilisation du patient, constitue un compromisimparfait, mais tout à fait acceptable, pour apprécier l'état ethmoïdo-sphénoïdal. La reconstruction 2D se voulantéviter les coupes coronales n'est guère fiable pour apprécier une brèche. La scanner 3D et ses pseudo-reliefs trèsspectaculaires est moins informative du fait de nombreux faux-positifs et de faux-négatifs, pour délimiter le siègeexact d'une éventuelle fistule.

- signe direct de la fistule : la pneumocéphalie :

. La présence d'air intra-crânien dans les suites d'un traumatisme crânio-facial était signalée à l'époque radiologiquedans 10 à 20 % des fractures de la base. A l'ère du scanner, pratiquement une fois sur deux l'on retrouve des bullesd'air plus ou moins importantes dans la boîte crânienne. Cette présence d'air fréquente est fugace : la moitié despneumocéphalies initiales radiologiques ont disparu en 48 heures.

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. La plupart des pneumocéphalies sont de localisations sous-arachnoïdiennes isolées, ou associées à d'autrestopographies plus rares (extra ou sous-durales). Leur volume est variable, d'une petite "bulle" isolée aux formes trèsimportantes, plus ou moins confluantes, occupant tous les espaces sous-arachnoïdiens. Leur topographie est trèsvariable, et généralement sans grande valeur pour la recherche du siège de la brèche ; toutefois, une prédominanceaérique au niveau des citernes optochiasmatiques constitue un argument de poids en faveur d'une brèchesphénoïdale : variation rare (2 %) d'autant plus difficile à reconnaître qu'elle relève d'une voie d'abord chirurgicaledifférente.

. Les pneumocéphalies intra-cérébrales et/ou intra-ventriculaires sont plus rares et ne se manifestent généralementque dans les 3 ou 4 semaines qui suivent le traumatisme. Leur siège presque exclusivement frontal est en rapportavec une fracture sinusale adjacente dans l'immense majorité des cas. Une petite lame de parenchyme est parfoisvisible en avant de la pneumocéphalie ; une prise de contraste péri-lésionnelle est fréquente, et ne doit pas faireévoquer les exceptionnels abcès dus à des germes produisant du gaz , d'autant qu'il n'existe jamais d'oedèmepéri-lésionnel dans un tel contexte traumatique tardif...

en cas de méningite post-traumatique précoce ou tardive, des adhérences sous-arachnoïdiennes limitent lapossibilité d'extériorisation de la rhinorrhée et rendent plus aléatoire le diagnostic topographique de la brèche. Parmiles examens proposés en pareil cas, la cisternographie isotopique n'est positive que dans 10 % ,des cas (MAMO1986) ; la cisternographie computérisée aux hydrosolubles, type Amipaque, introduits par voie lombaire au décoursde la méningite permet le diagnostic dans plus de 30 % des cas (MANELFE, 1986). Il en est de même pour lesfistules récidivantes après traitement neurochirurgical : 33 % d'examens positifs et localisateurs en isotopie pour 69%d'informations identiques positives en cisternographie computérisée .

C. Traitement des brèches ostéo-duralesLe caractère aléatoire de leur cicatrisation a déjà été évoqué. La rhinorrhée,les pneumatocèles, les méningites précoces ne sont que des modalités d'expression de la fistule ; la multiplicité desinvestigations radiologiques et isotopiques à la recherche de cette brèche témoigne du souci d'en posséder la preuve: si preuve il y a , l'indication opératoire paraît formelle.

1 - Les indicationsL'indication chirurgicale est portée sur toute rhinorrhée cérébro-spinale, toute pneumatocèle, touteméningite post-traumatique faisant suite à un traumatisme de l'étage antérieur. Ces indications sont généralementétendues également aux embarrures de la paroi postérieure du sinus frontal, aux impactions et embarrures des toitsorbitaires et ethmoïdaux, dont l'expression n'est pas forcément clinique mais tomodensitométrique.

La période opératoire idéale se situe entre le 8ème et le 15ème jour post-traumatique, après diminution desphénomènes oedémateux, avant l'engluement des foyers.

On réserve la priorité du traitement en urgence à la réparation d'une plaie crânio-encéphalique, l'évacuation d'unhématome intra ou extra-cérébral expansif. En pareil cas, la constatation d'une effraction de l'étage antérieurn'implique pas nécessairement de la traiter dans le même temps : le cerveau contus supporte mal une rétractionprolongée, et s'il existe un oedème traumatique, il faut mieux reporter à plus tard le traitement de la brèche.

2. Technique chirurgicale : la voie sous-frontaleEn-dehors des rares cas de fistule sphénoïdale nécessitant une voiebasse rhinoseptale (5 % des cas environ), les brèches crânio-sinuso-frontales, crânio-sinuso-ethmoïdales et de lalame criblée sont explorées par voie haute sous-frontale. Le choix entre la voie extra-durale et la voie sous-duralereste un problème d'école. Seule la voie sous-durale est décrite ici car elle a la préférence de l'auteur.

L'incision cutanée est le classique scalp de CAIRNS-UNTERBERGER. Plutôt que d'utiliser un grand volet frontal, lavoie trans-sinusienne taillant un petit volet trapézoïdal au ras des orbites dont la limite supérieure affleure le toit dessinus, permet une exploration atraumatique. L'ouverture durale est menée d'abord du côté supposé de la brèche etl'exploration commence par le soulèvement doux du lobe frontal pour se diriger vers le nerf optique et ouvrir la

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citerne optochiasmatique. Ce soulèvement est largement facilité par la dépression cérébrale que donne lasoustraction per-opératoire de liquide céphalo-rachidien par un drainage lombaire. Les brèches s'accompagnenttoujours d'adhérences cérébrales et arachnoïdiennes dans la solution de continuité. Il convient donc de les libérer enles coagulant de façon à faire le tour de la brèche jusqu'en dure-mère saine. Il faut ensuite traiter les dégâts osseuxpar de la poudre d'os.

La perte de substance durale est comblée par une plastie d'épicrâne suturée ou collée

En cas de difficultés inhérentes à la suture durale au ras du canal optique par exemple, l'utilisation de collebiologique est certainement un des apports récents les plus importants. En cas d'exploration contro-latérale, il vautmieux ne pas lier le sinus longitudinal supérieur, ni sectionner la faux attenante, sauf en cas de fracture associée del'apophyse Crista Galli. L'utilisation de graisse sous-cutanée prélevée au contact de la paroi abdominale permet enoutre, au contact de la région ethmoïdale, d'assurer une étanchéité satisfaisante. Le sacrifice d'un bulbe olfactif estparfois nécessaire, surtout lorsque la lésion siège au niveau de la lame criblée. La seule difficulté de cette voied'abord est la parfaite exentération muqueuse des sinus frontaux et l'étanchéité absolue des canaux naso-frontauxqui peuvent être obturés par des taquets osseux prélevés sur la paroi postérieure du sinus frontal (réséqués dansl'abord trans-sinusien), ou encore en utilisant de la poudre d'os, plutôt qu'un matériel inerte. La trépanation bilatéralerétrocoronale de part et d'autre de la ligne médiane permet l'obtention de poudre d'os qui vient parfaire cetteétanchéité sinusale.

Pourquoi l'abord par voie haute ? Seul cet abord permet une appréciation exacte, complète et sûre des lésions cérébro-méningées et

ostéo-durales. La plastie d'épicrâne cousue est une barrière plus efficace qu'un colmatage externe extra-dural. Lecerveau détendu par le drainage lombaire est efficacement protégé pendant toute l'intervention. Ce geste resteatraumatique.

Seule cette voie permet un accès aux rebords orbitaires supérieurs et au sommet de la pyramide nasale,structures fréquemment lésées au cours de ces traumatismes fronto-basaux. En outre, l'accès peut être alors élargivers la fosse temporale et le malaire pour désenclaver et caler les impactions temporo-zygomato-malairesrencontrées avec prédilection dans les variétés des traumatismes latéro-crânio-faciaux.

3. La cohabitation maxillo-facialeLe principe de la réparation primaire et globale des lésions, seule garantie contre lasurvenue d'une méningite purulente, d'un cal vicieux de l'orbite, d'une disgracieuse rétrusion basilaire séquellairenécessite une intervention multi-disciplinaire qui doit tenir compte des impératifs de chacun. Les protocolesopératoires varient selon les équipes, mais d'une façon générale, le geste commence par la mise en place d'uncerclage dentaire et se poursuit par l'installation du malade en position légèrement assise, pour mettre en place undrainage lombaire et installer une têtière à prise osseuse permettant l'immobilisation stricte et absolue de la tête enbonne position, ce qui est indispensable pour la phase de réparation durale sous microscope opératoire.

L'installation des champs doit tenir compte de la possibilité d'avoir accès à toute la tête, y compris la cavité buccale,et d'autre part se doit de ménager un accès à la crête iliaque en vue de la prise complémentaire de greffons, sinécessaire. Le temps neurochirurgical est alors effectué. Il est suivi par le temps maxillo-facial qui progresse de lapériphérie vers le centre : reconstruction des colonnes fronto-maxillo-malaires, puis des entreboutants orbitaires etenfin de la dislocation orbito-nasale centrale.

4. Deux problèmes particuliers - L'exploration et la décompression des voies optiques peuvent se faire par voiefrontale neurochirurgicale avec trépanation du canal optique, au cours de la réparation des fractures de l'étageantérieur de la base du crâne. En fait, en l'absence de lésion osseuse évidente, l'indication de décompressionchirurgicale du nerf est difficile à porter, est reste très controversée, compte-tenu des résultats contradictoires desséries publiées, de l'extrême rareté des fractures du canal optique ou des lésions directes du nerf optique retrouvées

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lors des explorations. La précocité du traitement est essentielle mais les délais n'expliquent pas les différences entreles séries. Un traitement anti-oedèmateux aux corticoïdes est cependant toujours indiqué.

La récidive d'une rhinorrhée ou la survenue d'une méningite après traitement chirurgical d'une lésion de l'étageantérieur doit faire suspecter une lésion associée au niveau du rocher. Lorsqu'aucune preuve ne peut être faite de latopographie exacte de la fistule, le drainage lombo-péritonéal (BRET, 1985 ; SHAPIRO, 1992) trouve là une de sesbonnes indications.

5 - Les complications Elles tiennent presque toujours au non respect d'une bonne crânialisation des sinus frontaux : ils'agit soit d'empyèmes extra-duraux, soit de mucocèles aseptiques qui peuvent se manifester quelquefois des moisaprès l'intervention.

D. Le traitement des lésions vasculaires L'épistaxis post-traumatique par rupture de la carotide interne dans le sinussphénoïdal est une étiologie rare mais mettant en jeu le pronostic vital du fait de la survenue inopinée d'épistaxisparfois foudroyante. Le traitement endo-vasculaire par ballonnet largable doit être réalisé sans délai dans les suitesimmédiates du temps diagnostique. Le niveau d'occlusion doit être situé tout près de la brèche et si possible enregard, mais il est indispensable, avant d'effectuer le largage du ballonnet, de vérifier la tolérance clinique auclampage et vérifier également l'absence de revascularisation de la lésion par la carotide interne sus-jacente enopacifiant le système carotidien externe homo-latéral et interne contro-latéral ainsi que le système vertébro-basilaire.La possibilité de reperméabilisation, malgré un contrôle post-embolisation immédiatement satisfaisant, impose unesurveillance très rigoureuse par des radiographies du crâne vérifiant le volume et la position du ballonnet.L'angiographie systématique doit être effectuée au 8e jour et au 3e mois.

Le traitement des fistules carotido-caverneuses est fonction de la taille du shunt artério-veineux : le plus souvent, le shunt est de très petite taille : on utilise un ballonnet largable, légèrement gonflé dans la

carotide interne, suivant le flux jusqu'en regard du shunt dans lequel il entre souvent facilement. Le ballonnet estdans le versant veineux, on le gonfle jusqu'à obtenir la suppression de toute fistule sur les contrôlesartériographiques.

en cas de shunt de grande taille, la carotide interne ne peut être préservée et deux ballonnets sont mis alors enplace de part et d'autre de la brèche pour éviter toute possibilité de réouverture de la fistule (trapping).

E. Le traitement des autres lésions de la base1 - Fractures du rocherAu niveau de l'étage moyen, les fractures durocher, intéressant la pyramide pétreuse sont de deux types :

Les fractures trans-labyrinthiques souvent transversales avec paralysie faciale dans 40 à 50 % des cas, d'embléenon régressive, touchant rarement la chaîne ossiculaire. On distingue parmi elles les fracturestympano-labyrinthiques avec rupture tympanique et les fractures labyrinthiques pures respectant l'oreille moyenne.

Dans ces fractures, la contrainte vient plutôt de la fosse cérébrale postérieure et l'onde de choc non atténuée peutd'emblée atteindre le labyrinthe et notamment le vestibule.

Les fractures extra-labyrinthiques sont plus souvent longitudinales dans l'axe de la pyramide pétreuse, avec unhémo-tympan presque constant, contournant le noyau dense labyrinthique pour se propager vers le gangliongéniculé ou le sinus sphénoïdal. La paralysie faciale, dans 10 à 20 % des cas, traduit souvent un oedème péri-neuralpar atteinte du genou de l'acqueduc de Faloppe où vient se terminer le trait de fracture. Ces fractures intéressent soitl'oreille moyenne avec une atteinte de la chaîne ossiculaire, soit la mastoïde, soit l'apex pétreux. La dislocation de lachaîne ossiculaire est évoquée cliniquement devant une surdité supérieure à 30 db, quelques temps après letraumatisme. L'écoulement de L.C.S. par le méat acoustique externe témoigne d'une brèche méningée qui peutn'avoir aucune production scanographique, notamment lorsqu'il s'agit d'une fuite au niveau de la fenêtre ronde ouovale. La fuite du L.C.S. peut également se faire dans le rhino-pharynx par la trompe auditive à l'origine d'unerhinorrhée (se méfier des rhinorrhées sans lésions évidentes de l'étage antérieur qui s'accompagnent d'unehypoacousie homolatérale !) . Les méningites, par contre, sont plus rares mais peuvent également se voir à distancedu traumatisme, conséquence d'une brèche du tegmen tempani relevant d'une réparation plutôt ORL que

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neurochirurgicale.

<!--SPIP--» Actuellement, on note une tendance de plus en plus forte à l'utilisation des voies oto-neurochirurgicalesexplorant l'oreille moyenne et pouvant réaliser soit une plastie méningée par voie basse après repérage de la zonede déhiscence osseuse, soit une plastie interne du labyrinthe. Le tamponnement du labyrinthe par introductionprogressive à travers la fenêtre ovale ouverte d'une greffe libre de tissu conjonctif est particulièrement efficace. Onpeut ainsi fermer en un seul temps d'une part le fond du conduit auditif interne et, d'autre part, la déhiscence de laparoi externe.

Ce n'est guère qu'en cas de lésion de la face antéro-supérieure du rocher qu'une voie sus-pétreuse du fait del'atteinte associée de l'audition.

2 - Fractures du clivusPlus récemment, l'apport de l'imagerie médicale a permis de retrouver des fractures isolées dela région du clivus, le plus souvent associées à de sévères lésions du tronc cérébral.

3 - Traumatismes du trou occipitalAu niveau de l'étage postérieur, les traumatismes de la région du trou occipital, etsingulièrement des condyles, s'accompagnent souvent de paralysies des derniers crâniens, réalisant un syndromedu trou déchiré postérieur avec même possibilité d'atteinte cérébelleuse par lésion de l'artère vertébrale, ressemblantà un syndrome de WALLENBERG. A ce niveau, aucune thérapeutique spécifiquement neuro-chirurgicale ne seraitêtre de mise, sinon la traction trans-crânienne utilisée pour soulager le pourtour du trou occipital en cas de fracturecomminutive du condyle occipital (MODY, 1992).

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