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IUT Paris Descartes 2012 / 2013 GEA 2 PMO 1 GROUPE B L’image de l’esclave à travers les arts AOUATE Sarah-Laure BOUADJADJA Malika KOSCIELNY Flora SERIN Brise

L’image de l’esclave à travers les arts

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IUT Paris Descartes 2012 / 2013

 

GEA 2 PMO 1

GROUPE B

L’image de l’esclave à travers les arts  

AOUATE Sarah-Laure BOUADJADJA Malika KOSCIELNY Flora SERIN Brise

 

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Sommaire    

 

Introduction ............................................................................................................................................................ 3  

I.   ESCLAVAGE COLONIAL : UNE DESHUMANISATION DE LA POPULATION NOIRE ..................... 4  

L’esclavage  aux  Antilles  :  un  commerce  plus  que  rentable  ...............................................................................................  4  

Des  esclaves  noirs  :  un  choix  fait  sur  des  critères  géographiques  et  humains  ..................................................................  4  

L’évolution  de  la  représentation  de  l’homme  noir  à  travers  le  temps  dans  la  peinture  ...................................................  4  

1794  :l’abolition    de  l’image  du  noir  soumit  ......................................................................................................................  5  

II.   L’ART AU SERVICE DE L’ESCLAVAGE A L’EPOQUE DE L’ANTIQUITE ROMAINE ..................... 6  

La  plupart  des  films  traitant  de  l'esclavage  dans  la  civilisation  romaine  ...........................................................................  6  

La  représentation  de  l’esclavage  dans  le  milieu  théâtrale  ................................................................................................  7  

L’illustration  de  l’esclave  romain  par  le  biais  d’œuvres  artistiques  ..................................................................................  7  

III.   ESCLAVAGE EN GRECE ANTIQUE : LE DESSEIN DES INFORTUNES .............................................. 8  

L’esclavage  en  Grèce  Antique  :  une  nécessité  naturelle  ...................................................................................................  8  

L’esclavage  selon  les  grandes  figures  de  l’époque  ............................................................................................................  8  

L’esclavage  en  Grèce  Antique  :  une  force  économique  indispensable  .............................................................................  8  

Conditions  des  esclaves  en  Grèce  Antique  :  le  dessein  des  infortunés  .............................................................................  9  

Etre  femme  en  Grèce  Antique  :  une  situation  paradoxalement  proche  de  celle  des  esclaves  .........................................  9  

Conception  de  l’esclaveen  Grèce  Antique  :  un  membre  à  part  entière  de  la  cité  ...........................................................  10  

IV.   UN ESCLAVAGE MECONNU : LA CIVILISATION ARABO MUSULMANE (1500-1800) ................ 11  

Bibliographie ........................................................................................................................................................ 13  

3    

Introduction

L'esclavage est la réduction d'une personne à un état de privation de toute liberté, celle-ci allant de

libertés sociales aux libertés les plus fondamentales. L'esclave est exclu de la société tout en étant dans les

sociétés esclavagistes un élément moteur.L’esclavage à différentes formes et a évolué à travers les

époques

A travers ce dossier nous allons étudiés quatre formes d’esclavages, quatre époques, quatre constats.

Premièrement, nous aborderons le monde Gréco-Romain Antique où le statut de certains hommes se trouve

entre liberté et esclavage, puis nous étudierons la civilisation arabo musulmane une époque de l’histoire

très peu connue, et enfin nous analyserons l’esclavage colonial qui s’est manifesté comme la

déshumanisation de la population noire.

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I. ESCLAVAGE  COLONIAL  :  UNE  DESHUMANISATION  DE  LA  POPULATION  NOIRE  

L’homme noir représente deux idées très divergentes. D’un coté on observe l’homme symbole de puissance et d’espoir et de l’autre un être si mauvais et si menaçant qu’on le déshumanise. L’image que l’on attribut a la

population noir évolue avec le temps et selon le contexte sociale

L’esclavage aux Antilles : un commerce plus que rentable

L’apparition d’une société esclavagiste aux Antilles est en fait l’aboutissement d’un processus historique bien particulier, issu tant du développement économique des grandes métropoles européennes que des caractéristiques géographique et humaines des iles.

La société esclavagiste qui voit le jour vers 1635 aux Antilles est née du besoin impérieux d’y créer rapidement un système de production de la canne à sucre... Elle a provoqué la rencontre de deux races: les noirs massivement implantés d’Afrique et les blancs implantés lors des phases de la colonisation européenne.

Pour cela, il utilise le commerce triangulaire qui relie l’Europe, l’Afrique et l’Amérique. Ce commerce consiste à échanger,en Afrique des marchandises européennes de pacotille contre du bois d'ébène. Après une longue traversée dans des conditions épouvantable, ces futurs esclaves arrivent aux Antilles où ils sont vendus aux planteurs. Les navires repartent alors vers l'Europe chargés de sucre de canne et de rhum. Cette cargaison est revendue à prix d'or.

Des esclaves noirs : un choix fait sur des critères géographiques et humains

L’esclavage a permis aux puissances de l’époque de s’enrichir à moindre coup. Cela n’aurait pas été possible si l’homme noir était reconnu comme étant un homme à part entière.

Le Code noir est un recueil d'une soixantaine d'articles promulgués en 1685 sous le règne de Louis XIV afin de réglementé et de justifié l’agissement desesclavagistes. Il rassemble ainsi toutes les dispositions réglant la vie des esclaves noirs dans les colonies françaises des Antilles.

Dans l’article 44 du code, on décrit l’esclave noir comme étant un meuble se léguant de génération en génération. Les esclaves qui étaient dans les îles devaient être

baptisés et instruits dans la religion de leur maîtres (catholique, apostolique et romaine). Les maîtresdevaient avertir au plus tôt les gouverneurs et intendants de l’arrivée des nouveaux esclaves sous peine d’amende.

Cette déshumanisation de l’esclave noir s’explique par le fait qu’en 1635, la couleur « noir » est directement lié aux ténèbres, à l’occulte, à la mort et même au diable.

Comme l’explique Montesquieu dans « De l'Esprit des Lois » en se réappropriant les termes des esclavagistes : « On ne peut se mettre dans l'esprit que Dieu, qui est un être très sage, ait mis une âme, surtout bonne, dans un corps tout noir. L’homme « noir », en soit, devient une créature maléfique menaçante que l’on se doit d’asservir.

L’esclavage de la population noir devient ainsi une nécessité.

L’évolution de la représentation de l’homme noir à travers le temps dans la peinture

Le thème des noirs dans la peinture fait son apparition tout d’abord dans les représentations religieuses comme celles des rois mages, de St Maurice dés le Moyen –Age.L’homme de couleur est ici un symbole religieux et respecté.

Puis, Au début de l’esclavage,l’image que l’on donne de l’homme noir change du tout autour passant ainsi du roi au serviteur.

Penture  représentant  les  rois  mages  venant  voir  J-­‐C  

5    

Dans les peintures de l’époque, les traits du visage d’un esclave son éxagérés voir grossiés. On lui attribut un nez très écrasé, une bouche plus que généreuse et sa couleur est siprononcéque l’on ne peut apercevoir que le blanc de leurs yeux.

On observe égélement que l’esclave est toujours représenté en situation de faiblesse et de soumission. Les artistes retranscrivent souvent les scènes de violence ou les maitres punissent leurs esclaves.

1794 :l’abolition del’image du noir soumit

Le 4 février 1794, pour la première fois dans l'histoire, fut proclamée par la Convention nationale, l'abolition de l'esclavage, près de 4 ans après l'adoption par l'Assemblée de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Désormais, selon l'article 7 du décret d'abolition immédiate de l'esclavage : « Le sol de France affranchit l'esclave qui le touche ».

A partir de cette date, les représentations des esclaves noirs dans l’art se fait différemment.Une grande majorité des peintures représentatant ces dernirs met en scène des moments de joie ou l’esclave est libéré de ces chaines.les traits des hommes sont dégrossis et donc plus soignés.

Serin Brise

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II. L’ART AU SERVICE DE L’ESCLAVAGE A L’EPOQUE DE L’ANTIQUITE ROMAINE

Esclavage ne repose sur aucune loi écrite : c'est un fait admis. Un esclave est un individu privé de liberté et soumis à

l'autorité tyrannique d'une personne ou d'un État. Il est contraint au travail forcé. Son maître lui impose de dures épreuves. Il peut être acheté et revendu comme un objet, moins bien traité qu'un animal. Il peut subir la torture, la violence et des abus sexuels. Souvent, les personnes réduites en esclavage, ou maintenues dans cette condition, proviennent d'autres peuples sous domination, ce qui se manifeste souvent par une couleur de peau, ou une langue, différente de celle des maîtres. D'ailleurs, chez les Romains, c'est le même mot qui désignait à la fois l'esclave et l'étranger. Le prestige d'un Romain se calcule au nombre d'esclaves qu'il possède. Le simple citoyen se satisfait d'un ou deux. N'en avoir aucun est le comble de la misère. Au 2ème siècle, à Rome, il y avait 20 000 citoyens libres pour 400 000 esclaves.

La plupart des films traitant de l'esclavage dans la civilisation romaine

De nombreux films ont contribué à la propagation dans l’imaginaire collectif du mythe d'uneRome

antique pratiquant abondamment l'esclavage. Parmi eux on peut relever

Spartacus qui était un esclave et gladiateur. Il dirigea la Troisième Guerre servile en Italie du Sud entre -73 et -71 av JC. En tant que rebelle ayant fait trembler la puissance esclavagiste de Rome, Spartacus a été une référence du mouvement anti-esclavagiste à partir du XVIIIe siècle. Il a été ensuite célébré dans les pays communistes où de nombreux monuments, noms de rues ou de clubs sportifs (comme le fameux Spartak de Moscou) lui ont été consacrés. Au cinéma, son histoire est devenue célèbre pour le grand public grâce au film scénarisé par Stanley Kubrick réalisé en 1960 ainsi qu'une série américaine de quatre saisons qui relate son histoire. Stanley Kubrick, a su en montrer les aspects les plus douloureux ou les plus exaltants

Dans Forum en folie de Richard Lester, on nous raconte au quotidien les aventures d'un esclave, Pseudolus. Tout au long de cette histoire nous pouvons imaginer les conditions inhumaines de la vie d’homme esclave. Les maitres du pouvoir sont sanguinaires et immoraux.

Dansle filmBarabbas de Richard Fleischer, on peut noter que l’homme est réduit à un simple outil de

production car ils travaillaient dans les mines desoufre.

L

Spartacus (Film, 1960): Stanley Kubrick dirige Kirk Douglas

Affiche  du  film  :  Forum  en  folie  de  Richard  Lester  

7    

Amusante aussi la relation maître-esclave de Richard Burton et Victor Mature dans La Tunique, tout comme la scène de la vente aux enchèresou encore Ettore Manni faisant ses emplettes au marché d'Alexandrie, dans Les légions de Cléopâtre : On relève la citation « Mais celui-là c'est pour un autre usage, dit le marchand avec un sourire concupiscent ».Dans ce film, le réalisateur nous montre la relation maitre-esclave. Ce dernier est représenté comme un objet de tous les jours que l’on peut acheter dans un marché.Ainsi, le réalisateur a voulu dénoncer l’opposition entre le riche (l’acheteur) et le pauvre (l’esclave). Les plus fortunés ont le pouvoir de vie ou de mort sur les esclaves qui subissent.

Un esclave en position de faiblesse a une sensibilité beaucoup plus exacerbée et a le sens du sacrifice. En effet, dans le film les Derniers jours de Pompéi de 1935on voit, un père se vendre comme gladiateur pour sauver son fils malade, ou par alorsdans la version TV de 1983, un fils, Lydon, s'engager dans l'arène pour racheter son père esclave. Aussi, dans la Bible nous pouvons constater des faits immoraux tels que L’Histoire de Ruth, où Ruth la fille d’un pauvre paysan est vendue par son père aux prêtres de Moab.

La représentation de l’esclavage dans le milieu théâtrale

La comédie romaine, héritière de la « nouvelle comédie » grecque, possède les mêmes caractéristiques : l’esclave, tantôt rusé et allié aux jeunes gens, tantôt paresseux et stupide, est un élément clé de la comédie, au même titre que les valets et servantes de Molière. Dans les « togata » (comédies à sujet romain) il porte une tunique, et une perruque rousse. Ce qui nous rappelle la préoccupation permanente des hommes de l’antiquité : que l’esclave se distingue physiquement de l’homme libre, pour mieux être surveillé.

L’illustration de l’esclave romain par le biais d’œuvres artistiques

A Rome, l’esclave est l’étranger par excellence, né dans des contrées méconnues, sans nom, sans statut, sans droit ; tout est fait pour qu’il se distingue au maximum de l’homme libre : costume, mode de vie... On pourrait donc se demander où et comment l’esclave romain est représenté. Les artistes, peintres, graveurs, sculpteurs ont décrit la violence et la brutalité de l’esclavage romainau travers de l’art. L'esclave est présenté à la foule nue, parfois en cage, les pieds enduits de blanc, et porte au cou un écriteau mentionnant son âge, son origine, ses talents s'il en a. Cette vente est symboliséeet est bien connue des Romains. Par exemple, les pieds blancs sont le signe de la servitude, le port d'une couronne signifie qu'il s'agit d'un prisonnier de guerre et le port d'un bonnet, que l'esclave ne sera ni garanti ni remboursé

AOUATE Sarah-Laure

 

Tableau  :  Marché  aux  esclaves  au  Caire,  M.  Gottlieb,  1877

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III. ESCLAVAGE  EN  GRECE  ANTIQUE  :  LE  DESSEIN  DES  INFORTUNES    

La société grecque vivait sur l’esclavage de prisonniers de guerre ou d’étrangers achetés à des

marchands : ils assuraient les tâches ménagères chez les riches et effectuaient les grands travaux du pays, par exemple dans les mines d’argent du sud. Le rôle

des esclaves était indispensable au bon fonctionnement de la société Grecque, au point qu’il

ne sera nullement remis en cause, ni par les philosophes de cette époque, que les Hommes d’Etat.

L’esclavage fait partie des mœurs de la vie athénienne, comme une condition naturelle frappant

les plus malchanceux.

L’esclavage en Grèce Antique : une nécessité naturelle

La nécessité de l'esclavage est pour la plupart des Grecs une évidence. L’esclavage a été une composante essentielle du développement du monde grec antique pendant toute son histoire. Il est considéré par les Anciens non seulement comme indispensable, mais encore comme naturel.

L’esclavage selon les grandes figures de l’époque

Pour les auteurs préclassiques, l’esclavage est une conséquence inévitable de la guerre. Héraclite reconnaît ainsi : « Le combat est père de tout, roi de tout (…) : il a rendu les uns esclaves, les autres libres ». Chez Homère, notamment dans l'Iliade, les esclaves sont avant tout des femmes, prises comme butin de guerre. Ces femmes sont des servantes, effectuant toutes les corvées qui fatigueraient leur maître et spécialement l'approvisionnement en eau. Généralement bâties en hauteur, les villes antiques grecques sont éloignées des sources et des fontaines, aller chercher de l'eau est une des corvées qui incombent aux esclaves du sexe féminin. Mais le travail des servantes ne s’arrête pas là, il faut également prendre soin des invités et parfois être concubines. Quant aux esclaves masculins, surtout mentionné dans l'Odyssée,il s’agit le plus souventde rançonnés, c’est-à-dire qu’ils demandent à être épargnés en échange d'une rançon qui prendra la forme de servitude. Les

esclaves accompagnent leur maître lors de tous ses déplacements, au marché ou en société. A savoir que se déplacer sans la compagnie d'un esclave était très mal vu et critiqué à cette époque. La plupart des auteurs antiques ne remettent pas en cause l’existence de l’esclavage, il fait partie des mœurs de la vie athénienne. Xénophonconseille de traiter les esclaves comme des animaux domestiques, c’est-à-dire de les punir en cas de désobéissance et de les récompenser en cas de bonne conduite. Aristophane, dans la pièce l'Assemblée des femmes, écrit ce dialogue : « Et la Terre, qui la cultivera? », « Les esclaves. Toi, tu n'auras d'autre souci que d'aller tout pimpant au dîner », renvoyant à l’évocation d’une servitude naturelle. Aristote, quant à lui, résume le quotidien de l'esclave en trois mots « le travail, la discipline et la nourriture ». Il considère qu’il faut traiter les esclaves comme on le fait avec des enfants : recourir aux ordres mais aussi aux recommandations, car l'esclave est avant tout un être de raison capable de comprendre les ordres qu'on lui donne.Il définit l'esclave comme un « instrument animé » en vue du bien-être du maître.

L’esclavage en Grèce Antique : une force économique indispensable

 Il n’existe pas d’activité servile à proprement parler :

toute tâche est susceptible d’être effectuée par un esclave, à l'exception de la politique, activité sacrée réservés aux seuls citoyens. Malgré tout, les esclaves jouaient un rôle prépondérant dans l'agriculture, qui était alors la base de l'économie

grecque. Mais travaillaient

également dans les mines et carrières, dans l'artisanat

L'agriculture,  principale  activité  utilisant  des  esclaves,  British  Museum

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et comme employés de maison. La majeure partie des citoyens, hormis les plus pauvres, dispose d'un ou de plusieurs esclaves domestique. Ainsi le rôle des esclaves était indispensable au bon fonctionnement de la société Grecque.

Conditions des esclaves en Grèce Antique : le dessein des infortunés

Si l'esclave est totalement soumis à son maître, il bénéficie d'une image ambiguë car il est plus considéré comme la victime d'une malchance qui peut menacer tout homme libre que comme un être inférieur. Un homme peut devenir esclave en étant fait prisonnier lors d'une guerre ou par des pirates, il devient alors la propriété du vainqueur et peut être vendu à des marchands d’esclaves. Il peut également provenir de la décision d’hommes libres s'asservissant pour payer une dette. Enfin, on peut devenir esclave en cas d'usurpation de citoyenneté. Un esclave ne dispose d'aucun droit; ni liberté ni famille et bien sûr aucune possessions. Ses activités sont réglées par son maître, ses liaisons amoureuses autorisées par lui, dans la théorie, les droits du maître peuvent aller jusqu'au droit de mort sur l'esclave. S’il commettait un délit il était fouetté, alors que les citoyens étaient punis d’une amende. Leur témoignage n’était juridiquement pas recevable, sauf sous la torture, s’ils étaient tués, leur assassin ne risquait que l’exil, peine requise pour les homicides involontaires. L'esclave n'est juridiquement considéré que comme un bien matériel : maltraiter ou tuer un esclave revient à abîmer un bien matériel ou le détruire dans le droit Athénien. La littérature grecque abonde en scènes de flagellations d’esclaves, solution pour pousser l’esclave au travail. Il en est de même que la

suppression de nourriture, de vêtements ou de repos. Aristophane présente, par exemple, deux esclaves se plaignant des « bleus sans arrêt et des raclées » qui leur sont infligés.  

Etre femme en Grèce Antique : une situation paradoxalement proche de celle des esclaves

La condition des femmes, en Grèce Ancienne, les plaçait sous la tutelle de leur père ou de leur mari qui décidaient tout pour elles. Elles n’avaient accès ni à la politique, ni à une forme quelconque de vie publique, pas même le théâtre. Elles n’avaient aucune indépendance financière et ne pouvaient prétendre au droit d’héritage. On les mariait très jeunes, à treize ou quatorze ans, à des hommes plus âgées qu’elles. Le principal objectif du mariage était la procréation, et la situation d’une femme s’améliorait nettement lorsqu’elle devenait mère d’un garçon, perpétuant ainsi une lignée male. L’une des libertés féminines était d’organiser le travail des esclaves. Ainsi la situation des femmes grecques n’était pas plus salutaire que celles des femmes esclaves. On retrouve bien souvent des stèles (comme ci-joint) dévoilant une certaine affection et fidélité entre une esclave et sa maîtresse. On peut imaginer que ces femmespouvaient entretenirdes liens amicaux et affectifs.

 

Stèle  funéraire  :  esclave  près  de  sa  maîtresse,  Glyptothèque  de  

Munich  

Les  femmes  et  les  esclaves  s’approvisionnaient  en  eau  aux  

fontaines  publiques  Bavardage  à  la  fontaine.  British  

Museum  

A  droite  un  jeune  esclave  porte  le  bouclier  et  le  casque  de  son  maître,  Musée  national  archéologique  d'Athènes

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Conception de l’esclaveen Grèce Antique : un membre à part entière de la cité

Dans  les peintures, on remarque que les esclaves font partie intégrante de la vie quotidienne des citoyens, toujours proches de leurs maîtres. Afin de les identifier, ils sont le plus souvent représentés comme des personnages de petite taille, symbolisant leur docilité et leur obédience.

 Dans cette peinture (l’Accompagnateur)on voit un homme assis avec un bâton à la main, derrière lui un élève écoute son professeur lire un papyrus. Cet homme est un esclave appelé pédagogue(paidagogos), ce titre étaitappliqué aux esclaves dignes de confiance. Ils étaient ainsi chargés de veiller à la vie et à la moralité des garçons appartenant aux classes supérieures, ceux-ci ne pouvaient pas faire le moindre pas hors de la maison sans ces tuteurs tant qu'ils

n'avaient pas atteint leur majorité. Les grecs, qu’ils soient aisés ou pauvres, se retrouvaient pour assister aux représentations théâtrales de la cité.Les esclaves possédaient un masque pour les

représenter, comme s’ils formaient une classe sociale à part entière au sein de la cité.  

             

                                                                           

KOSCIELNY Flora      

L’accompagnateur,  British  Museum  

Réplique  de  masque  de  théâtre  d’esclave

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IV. UN  ESCLAVAGE  MECONNU  :  LA  CIVILISATION  ARABO  MUSULMANE  (1500-­‐1800)

L’esclavage est l’exercice des pouvoirs de propriété ou

certains d’entre eux sur une ou plusieurs personnes.

Robert C. Davis1 remarque que les historiens

américains ont étudié tous les aspects de l’esclavage

des Africains par les blancs mais ont largement ignoré

l’esclavage des Blancs par les Nord-Africains. Epoque

peu connu, et souvent très peu étudié l’esclavage sous

la civilisation arabo-musulmane a été qualifié comme

un asservissement modéré mais illustré beaucoup plus

barbare au vue des documentaires et des

représentations artistiques qui démontrent le contraire.

Lorsqu’on on parle d’esclavage il est commun de

penser à l’asservissement des populations d’Afrique

noires aux blancs. En effet pour la plupart des

historiens, l’archétype et modèle de recherche c’est la

population noire au service des blancs Européen ou

Amérique. L’esclavage remonte d’un côté des cultures

classiques (Egypte Grèce et Rome) et d’un autre coté

empire Amérindiens du Mexique et d’Amérique

centrale.Peu connu, cette période

d’environ 300 ans…Le noyau dur de

la « Barbarie » était Alger, Tunis,

Tripoli et concernait

l’asservissement physique et moral

des hommes et femmes originaire

toute l’Europe principalement la France, l’Espagne et

l’Italie.

A cet époque l’Eglise catholique et Etat européen tente

de les racheter.

 

L’esclavage au Maghreb diffère de l’esclavage

Transatlantique, les motivations ne sont pas les mêmes.

Il y’a nettement une différence entre le statut d’esclave

et les conditions d’esclavages

Cette pratique nait premièrement du respect de l'interdiction d'asservir un musulman découle la nécessité de s'approvisionner en esclaves aux marges du monde sous domination musulmane. Pour l’esclavage transatlantique, la motivationest commerciale en premier lieu tandis que l’esclavage au Maghreb est plus passionnelle. En effet il résulte d’un désir de vengeance. Il apparaît et est justifié en réparation des torts de 1492 : contre des siècles de croisade meurtrières qui les avaient précédés et au nom de la lutte religieuse ouverte entre les

deux religions Musulmane et Chrétienne.

Autre différence, la condition de vie des

esclaves. Les esclaves Européens sont bien

ou du moins mieux traités par leurs maîtres

Musulmans et le travail n’est ni pénible ni

plus rude que celui qu’ils connaissent en

prison ni même que le travail quotidien dans

la bonne partie de l’Europe « Les esclaves d’Alger ne

sont pas si malheureux ». Aussi, depuis l’époque de

Mahomet, lestatut accordé aux esclaves différent de celui

accordé aux esclaves chez les Grecs et les Romains avant

lui.

Néanmoins ce qui est représenté est tout autre chose, en

effet diverses représentations cinématographique,

artistiques montrent le coté barbare de cet époque

« En 20 ans d’œuvre missionnaire à Alep, Bagdad, le

grand Caire et Suez sur la mer rouge j’ai pu voir la

« Les esclaves

d’Alger ne sont pas si

malheureux. »

 

12    

misère infinie des pauvres chrétiens accablés par la

cruautébarbares de Mahométans » PADRE BAGGIO DI

TUERNA 1670. Ainsi, dans le documentaireesclaves

blancs, maitres musulmans, les esclaves sont victimes des

barbaries de leurs maitres musulmans. Les prisonniers

sont vendus sur les marchés de Tunis et d'Alger, s'ils sont

pauvres. « Certains captifs européens étaient contraints

de se convertir à l’Islam pour faciliter certaines de leurs

tâches et gagner un statut social respectable». Le prix des

femmes varie selon leurs âges et leur beauté, les enfants

de tous âges et sexes sont aussi livrés aux enchères. Les

prisonniers les plus pauvres et les plus robustes subissent

de loin le pire sort, ils deviennent des galériens, sont

enchaînées, à leurs compagnons et aux rames, soumis au

fouet pour suivre les cadences jusqu'à leur mort.

Aussi les esclaves étaient utilisés pour les galères lors des

voyages

Malika BOUADJADJA

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Bibliographie  

I. ESCLAVAGE COLONIAL : UNE DESHUMANISATION DE LA POPULATION NOIRE

-Montesquieu, De l'Esprit des Lois, Livre XV, chapitre 5 (1748

-« Cent cinquentenaire abolition de l’esclavage »France -antilles edition du 25 mai 1998

II. L’ART AU SERVICE DE L’ESCLAVAGE A L’EPOQUE DE L’ANTIQUITE ROMAINE

Films et séries :

-« Spartacus » film de Stanley Kubrick en 1960 et la série « Spartacus » réalisé par Steven S. DeKnight en 2010

-« Forum en folie » de Richard Lester

- « Barabbas » de Richard Fleischer

- « Les légions de Cléopâtre » de Vittorio Cottafavi en 1960 et la version TV de 1983

-« Les Derniers jours de Pompéi » de Ernest B. Schoedsack et Merian C. Cooper en 1935

Site internet :

http://www.antiquite.ac-versailles.fr/esclaves/servi00.htm

http://philo-lettres.fr/latin/esclave_grece_rome.html

III. ESCLAVAGE EN GRECE ANTIQUE : LE DESSEIN DES INFORTUNES

- « Le IVe siècle grec jusqu'à la mort d'Alexandre » Pierre Carlier, Seuil 1995 -« Esclave en Grèce et à Rome » J. Andreau, R. Descat, Hachettes Littératures, 2006 -« Lumière de la Grèce »,Anna Pearson, les yeux de la découverte n° 40 / Gallimard 2002 (en association avec le british Museum, Londres)

IV. UN ESCLAVAGE MECONNUE : LA CIVILISATION ARABO MUSULMANE (1500-1800)

-Esclavage chretien maitre musulman Robert C davis

-Voyage pour la rédemption des captifs aux royaumes d’Alger et de Tunis

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Conclusion  

Ce dossier nous montre donc les différents aspects de l’esclavage et nous éclaire sur l’image des esclaves à

travers les peintures, les poteries, les œuvres littéraires, les films ou autres représentations artistiques.Alors que la plupart

d'entre nous considèrent l'esclavage comme un phénomène appartenant au passé, la pratique est toujours florissante dans

les contextes où la pauvreté, les conditions sociales peuvent être exploitées. Kevin Bales, un des experts mondiaux dans le

domaine de l'esclavage contemporainestime et affirme qu'à l'heure actuelle on peut dénombrer 27 millions d'esclave dans

le monde.

Il attire notre attention sur le fait que ce fléau existe toujours. « De nombreuses formes d'esclavage persistent comme le

travail forcé et la main d'œuvre servile, le travail des enfants et l'esclavage à des fins rituelles ou religieuses »

L’esclavage n’est donc pas un phénomène révolu et reste présent dans notre société actuelle.