Manche : aucun impact installations nucléaires sur la santé

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    01-Nov-2014

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Les enqutes sanitaires effectues auprs des populations habitant proximit des installations nuclaires se suivent et se ressemblent : elles ne montrent, parmi ces populations riveraines, aucun excs de cancers ou de leucmies attribuables la centrale nuclaire ou lusine situe dans le voisinage. La dernire en date de ces tudes a t mene en 2013, linitiative des Commissions Locales dInformation du dpartement de la Manche qui compte sur son territoire lusine de retraitement de La Hague, la centrale nuclaire de Flamanville, le centre de stockage de dchets radioactifs CSM et larsenal de Cherbourg spcialis dans la construction et la maintenance des sousmarins nuclaires. L'tude a pour thme : Lindustrie nuclaire et le risque de cancers dans le dpartement de la Manche . Elle a t mene par le Registre rgional des hmopathies malignes de Basse-Normandie en collaboration avec le Registre gnral des cancers de la Manche.

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<ul><li> 1. Bulletin dinformation des CLI de la Manche Hors srie - Dcembre 2013 Lindustrie nuclaire et le risque de cancers dans le dpartement de la Manche I ntroduction Le Nord-Cotentin concentre quatre sites nuclaires de nature et de risques potentiels trs diffrents : la Centrale de Flamanville (o un troisime racteur est en construction, lEPR), ltablissement AREVA de La Hague dont la fonction est de traiter les combustibles nuclaires uss pour sparer les dchets ultimes des matires valorisables et les conditionner, le Centre de stockage de la Manche ddi au stockage des dchets radioactifs de faible et moyenne activit (ferm en 1994 et en phase de surveillance depuis 2003) et lArsenal de Cherbourg, spcialis dans la construction et la maintenance des sous-marins nuclaires. Suite la polmique dclenche par des publications scientifiques posant lhypothse dun agrgat de leucmies de lenfant en lien avec la proximit de lusine de retraitement des combustibles uss1, deux missions dexpertise pluridisciplinaire pour ltude radiocologique et pour la partie pidmiologique inities par les ministres de lenvironnement et de la sant ont t mises en uvre par le Groupe Radiocologie Nord-Cotentin (GRNC) avec lappui de lIPSN2, et par lunit de recherche INSERM U2923 en collaboration avec le registre gnral des cancers de la Manche. Aprs reconstitution des expositions, partir des concentrations de radioactivit dans lenvironnement et dtermination des modes de vie, le GRNC a estim la dose la moelle osseuse et en a dduit le risque de leucmies radio-induit dans une population fictive de moins de 25 ans vivant dans le canton de Beaumont-Hague entre 1978 et 1996. Le nombre total de cas attribuables lensemble des sources dexposition aux rayonnements ionisants est de 0,84 cas dont 0,62 cas imputables aux sources naturelles, 0,20 cas aux pratiques mdicales, 0,012 cas laccident de Tchernobyl et aux essais militaires atmosphriques, et 0,002 cas aux rejets des installations nuclaires locales. Ce nombre de cas thoriquement attribuable aux installations nuclaires locales est 1 000 fois plus faible que les deux cas en excs expliquer (cart entre les 4 cas rellement observs et les 2 cas attendus dans cette population). Le GRNC concluait alors que lincidence leve de leucmies observe chez les jeunes, vivant proximit de lusine AREVA-La Hague ne pouvait pas tre attribue la dose de rayonnement lie aux installations nuclaires locales4. Sommaire I Missions des registres des cancers couvrant la population de la Manche p. 2 I La gestion post-accidentelle dun accident nuclaire p. 5 I Les indicateurs de base de la surveillance pidmiologique des cancers p. 6 I Comparaison de lincidence des cancers dans la Manche et en France p. 8 I Cartographie de lincidence des cancers dans la Manche (priode 1999-2010) p. 8 1. Pobel D, Viel JF. Br Med J. (1997) 314: 101-106. Statistics in medicine (1995) 14 : 2459-2472. 2. IPSN : Institut de Protection et de Sret Nuclaire, ancienne appellation de lInstitut de Radioprotection et de Sret Nuclaire (IRSN). 3. INSERM : Institut National de la Sant et de la Recherche Mdicale. 4. Estimation des niveaux dexposition aux rayonnements ionisants et des risques de leucmies associs de populations du Nord-Cotentin GRNC, IPSN, (1999). Fontenay-aux-Roses, France. Laurier D, Rommens C et al. Revue dpidmiologie et de Sant Publique (2000) 48 : 2S24-2S36 Laurier D, Rommens C et al. Revue dpidmiologie et de Sant Publique (2000) 48 : 2S24-2S36 Cet article est un document de synthse dune publication scientifique beaucoup plus dtaille que le lecteur intress pourra trouver sur le site des CLI de la Manche. </li> <li> 2. Missions des registres des cancers couvrant la population de la Manche Le dpartement de la Manche est couvert par deux registres des cancers en population : le Registre gnral des cancers de la Manche et le Registre spcialis des hmopathies malignes de Basse-Normandie crs respectivement en 1994 et en 2005. Leur mission est denregistrer tous les nouveaux cas de cancers solides et dhmopathies malignes survenant chez les personnes domicilies dans le dpartement ; cela permet den surveiller la frquence, lvolution dans le temps et la rpartition gographique. Conformment aux recommandations du rapport Rayonnements ionisants et sant : mesure des expositions la radioactivit et surveillance des effets sur la sant 5, le suivi pidmiologique local des leucmies a t ralis ensuite par ces deux registres entre 1999 et 2005, un seul cas tant survenu pour lensemble des 0-24 ans (chez un enfant de moins de 5 ans) on compte au total, entre 1978 et 2005, six cas de leucmies pour 4,2 attendus (soit un rapport : nombre de cas observs/nombre de cas attendus gal 1,42.Vu le nombre de cas observs, ce rapport appel SIR. voir page 7 - est trop voisin de 1 pour tre significatif). Dans le canton dimplantation de la centrale de Flamanville (Les Pieux), entre 1997 et 2005, quatre cas dhmopathies malignes (tous types confondus) chez les moins de 25 ans ont t observs pour 2,9 attendus (SIR : 1,40). Dans lensemble des cantons du Nord-Cotentin Ouest (Beaumont-Hague, Les Pieux, Cherbourg, Equeurdreville, Octeville et Tourlaville), 37 cas ont t observs pour 28,2 attendus (SIR : 1,31). Comme pour le canton de Beaumont-Hague, mais pour une priode dobservation plus courte, ces carts ne sont pas statistiquement significatifs bien que les effectifs observs soient suprieurs la moyenne rgionale6. Par leur couverture dpartementale ou rgionale, les registres en population sont les outils pertinents pour surveiller lincidence des cancers dans les zones o des questions sanitaires peuvent se poser (polluants industriels, agricoles,..) et comparer cette incidence avec celle enregistre dans dautres zones ou dans lensemble du territoire couvert par le registre. De plus les habitants sont en droit dobtenir, et sollicitent souvent, des informations sur les risques ventuels quils encourent ou non. Localisation des registres de cancers en France mtropolitaine en 2013 Quelques dfinitions I Incidence (frquence des nouveaux cas dune maladie) : nombre de nouveaux cas dans la population et la priode considre. Le taux dincidence est ce nombre de nouveaux cas rapport la population totale et exprim pour 100 000 personnes. Lille Somme Manche Calvados I Taux de mortalit : nombre de dcs pour une cause et une anne donnes, rapport la population correspondante. Finistre Bas-Rhin Orne Haut-Rhin Cte-dOr Territoire de Belfort Loire-Atlantique Vende Doubs Sane et Loire Vienne Isre Haute-vienne Registre gnral Tarn Registre spcialis Registre gnral et spcialis Hrault Source : Francim Gironde Note : ne figure pas sur la carte le registre multicentrique vocation nationale des msothliomes pleuraux - Mesonat et les 2 registres nationaux de lenfant (Registre national des hmopathies malignes de l'enfant et Registre national des tumeurs solides de l'enfant) ainsi que les registres gnraux outre-marins. 2 I Hmopathie maligne (HM) - synonyme du terme ancien de cancer du sang (leucmies, lymphomes, cancer hmatologique de la moelle osseuse) : Prolifration de cellules sanguines dans la moelle osseuse et/ou le sang diffrents stades de leur maturation partir des cellules souches de la moelle. Les facteurs de risque dHM ne sont connus que dans 20% des cas : prdisposition gntique, produits chimiques (benzne, pesticides), radiations ionisantes, certaines chimiothrapies, certains virus, tabac I Cancers solides : les cancers solides dsignent la multiplication anormale de cellules dans des organes "solides" comme le sein ou la prostate, par opposition aux hmopathies malignes o les cellules cancreuses ne constituent pas de masse solide. Bulletin dinformation des CLI de la Manche - Hors srie - Dcembre 2013 </li> <li> 3. Envoyez-nous vos questions cli.manche@manche.fr Runis au sein du rseau FRANCIM7, les Registres de cancers sont associs aux missions de surveillance de ltat de sant de la population et de lutte contre le cancer de lInstitut de Veille Sanitaire (InVS) et de lInstitut National du Cancer (INCa) qui les financent dans le cadre de ce partenariat. La plupart (18) sont des registres gnraux dpartementaux (dont trois outremarins : Guadeloupe, Martinique, Guyane), huit sont spcialiss dans certaines localisations cancreuses et trois ont une couverture nationale (le registre national des hmopathies de lenfant, le registre national des tumeurs solides de lenfant et le registre multicentrique vocation nationale des msothliomes de la plvre). Ce rseau de 27 registres des cancers actuellement couvre environ 24% de la population franaise. Les donnes de ces registres viennent alimenter chaque anne la base nationale des registres de cancers gre par FRANCIM, lInVS et les Hospices civils de Lyon ; elles servent tablir les estimations de lincidence des cancers en France. Les registres sont rgulirement valus par le Comit National des Registres en vue du renouvellement de leur qualification et de leur financement. Ils sont principalement subventionns par ltat, le reste des ressources devant tre apport par des contrats dtude. 5. Spira A, Boutou O. La Documentation Franaise (1999). France, Paris. 6. Collignon A, Duchenet V, Mouchel D, Malet M, Cornet E, Troussard X. Revue dpidmiologie et de Sant Publique (2012) 60 :343353 7. France Cancer Incidence Mortalit (voir : www.invs.sante.fr/surveillance/ cancers/acteurs.htm). La gestion post-accidentelle dun accident nuclaire Dans le cadre du retour dexprience de laccident survenu le 11 mars 2011 la centrale nuclaire de Fukushima, les CLI de la Manche ont ralis un Livre blanc sur la sret des installations nuclaires civiles de la Manche. Parmi les nombreuses questions poses, certaines concernent le Plan Particulier dIntervention, la radioprotection et les problmes de sant publique. Par ailleurs, le CODIRPA (COmit DIRecteur pour la gestion de la phase Post-Accidentelle dun accident nuclaire) avait ralis et publi antrieurement ses travaux sur la gestion de la phase postaccidentelle dun accident nuclaire, avec un chapitre relatif aux problmes sanitaires. Par leur pratique du recueil et de lenregistrement des nouveaux cas de cancers, les registres peuvent apporter leur contribution la surveillance dune population expose aux rayonnements ionisants. Le CODIRPA Le CODIRPA a t mis en place en 2005 par lAutorit de Sret Nuclaire la demande des ministres de lenvironnement et de la sant. Sa mission est de dfinir des lments de doctrine pour la gestion des consquences dun accident nuclaire. Comme lont montr les retours dexprience des accidents de Tchernobyl (avril 1986) et de Fukushima (mars 2011), cette priode post-accidentelle est caractrise par de nombreux problmes trs divers, lesquels peuvent persister plusieurs annes ; elle fait suite la phase initiale de gestion de crise pour laquelle le Plan particulier dintervention (PPI) constitue le guide et loutil des actions durgence entreprendre sous lautorit du prfet. LES TRAVAUX DU CODIRPA CONCERNANT LA SANT PUBLIQUE Ds la sortie dune phase durgence lie un accident nuclaire, la priorit serait la radioprotection des personnes au moyen dactions visant empcher la consommation et/ou la mise sur le march des aliments provenant des zones les plus touches par la contamination radioactive. De plus, il sagirait de maintenir la prise en charge mdicale de la population et dvaluer la dose reue par les personnes exposes (identifies par des mesures de la contamination interne et un suivi mdical spcifique). Lors de cette phase de transition, diffrents rseaux dinformation sanitaire sont activs, dans le cadre de la surveillance pidmiologique, afin de recenser les personnes impliques : populations ayant bnfici de mesures de protection en phase durgence (vacuation, mise labri, prise de comprims diode stable) ou en phase post-accidentelle immdiate (loignement, interdiction daliments). Les mesures dexposition doivent tre centralises de manire approprie afin de permettre lexploitation de ces rsultats par les professionnels de sant autoriss. Des tudes pidmiologiques sur lensemble de la population concerne gographiquement seraient alors susceptibles dtre lances afin de quantifier les divers impacts sanitaires court terme lis laccident (effets secondaires de la prise de comprims diode stable,) et de disposer dun tat de rfrence 3 </li> <li> 4. La gestion post-accidentelle dun accident nuclaire (suite) pour les pathologies susceptibles dapparatre ultrieurement (nodules et cancers de la thyrode par exemple). La surveillance devrait cibler la population la plus radiosensible (les enfants au moment de lexposition) et les organes les plus radiosensibles (principalement la moelle osseuse, la thyrode et le poumon). de cancers peuvent apporter leur contribution diffrents niveaux au titre dacteur local potentiellement concern : LEXPRIENCE DES REGISTRES MISE CONTRIBUTION I Exploitation des donnes antrieures et postrieures laccident : la tendance chronologique de lincidence des cancers dans une zone concerne ou non par un accident nuclaire peut tre utile pour interprter lvolution de lincidence dans une population expose. Selon les tudes pidmiologiques susceptibles dtre dcides par les autorits sanitaires et selon la zone concerne, les registres I Mise disposition de moyens humains et techniques ; I Pratique et expertise du recueil, du codage et de la gestion dune base de donnes de cas incidents ; Les indicateurs de base de la surveillance pidmiologique des cancers PART DES CANCERS DANS LA MORTALIT GNRALE ET FACTEURS DE RISQUE DES CANCERS Les deux premires causes de dcs diffrent selon le sexe : ainsi, en France en 2004, les cancers constituaient la 1re cause de dcs chez lhomme et la 2e chez la femme (35% et 25% respectivement) ; inversement, les maladies cardio-vasculaires reprsentent la 1re cause de dcs chez la femme et la 2e chez lhomme (32% et 26% respectivement)8. Comme le montre la figure ci-dessous, le tabac et une alimentation dsquilibre sont les principaux facteurs de risque des cancers. Facteurs de risque des cancers Alimentaires 30% infections chroniques 11% Hormonales 10% Inconnues 7% Alcool 5% Soleil et radiations ionisantes 5% Tabac 30% Source : CEA 2009 4 Sel et additifs alimentaires 1% Mdicaments 1% LES CANCERS RADIO-INDUITS Le cancer radio-induit est le risque tardif redout aprs une exposition aux rayonnements ionisants. Aprs irradiation forte dose et/ou fort dbit de dose, un excs de cancer a t observ dans pratiquement tous les organes et tissus. Il ny a pas de spcificit clinique apparente des cancers radio-induits. Certains facteurs favorisant lapparition de cancers radio-induits ont t identifis : I lge : lenfant, dont lorganisme est en croissance et dont les tissus sont...</li></ul>

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