DEVELOPPEMENT DES TERRITOIRES ET BESOINS ?· Réseau FAR Développement des territoires et besoins en…

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  • DEVELOPPEMENT DES TERRITOIRES ET BESOINS EN QUALIFICATION

    DES JEUNES RURAUX AU MAROC

    Etudes dans les provinces de Larache et de Ttouan

    RAPPORT D'ETUDE

    Abderrahim TAIEBI

    Juin 2012

    Rseau international Formation Agricole et Rurale

    1101, av. Agropolis - BP 5098 - 34033 Montpellier Cedex 01 - France

    Tl. : 33 (0)4 67 61 70 00 - Fax : 33 (0)4 67 61 70 67

    Courriel : far@agropolis.fr - Site : www.reseau-far.com

    Volume 1 : Synthse des rsultats et mthodologie utilise

  • Rseau FAR Dveloppement des territoires et besoins en qualification des jeunes ruraux au Maroc Vol. 1 Juin 2012

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    Ce rapport dtude est compos de trois volumes spars. Les deux autres volumes sont :

    Volume 2 : Prsentation du pays et des zones denqute ;

    Volume 3 : Rsultats des enqutes.

    Le prsent volume 1 comporte des guides dentretien et des fiches denqutes sous Word dont la

    diffusion pourra tre faite sur demande (far@agropolis.fr ou igor.besson@supagro.inra.fr).

    Lavant-propos, la liste des abrviations, la note de lditeur sur le vocabulaire (les termes suivis dun

    astrisque dans le texte y sont dfinis) et la carte des rgions conomiques du Maroc qui figurent

    dans ce premier volume ne sont pas repris dans les deux autres volumes.

    Maquette, mise en page et lecture : Igor Besson

    Conception de la couverture : Evelyne Galtier

    Photos de couverture : Abderrahim Taiebi

    Version initiale : Fvrier 2011 pour la recherche documentaire

    et Juillet 2011 pour lanalyse des enqutes

    Version finale : Mars 2012

    Les analyses et conclusions exprimes danc ce document sont formules sous la responsabilit

    de son auteur. Elles ne rfltent pas ncessairement le point de vue officiel du rseau

    international FAR ou des institutions partenaires.

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    AVANT-PROPOS

    Le prsent document relve dun travail consquent et minutieux qui correspond aux attendus des

    termes de rfrence1. Il est dailleurs facile lire et intressant pour un lecteur ne connaissant pas le

    Maroc. Lorganisation en trois volumes est de notre ressort et, en plus de la mise en page entire-

    ment refaite, nous avons ajout la note sur le vocabulaire, compil la liste des abrviations et chang

    quelques titres de paragraphe sans toutefois faire de rcriture du document.

    Il faut prciser ici quil sagit dune tude oprationnelle limite gographiquement deux territoires

    - Ttouan et Larache dans le nord du Maroc - dont les limites concident avec les limites provinciales

    comme lexplique le consultant et qui finalement sont deux provinces pouvant tre considres

    comme des territoires, des pays , bien distincts. Les termes de rfrence demandaient en effet

    primo, de dlimiter deux territoires - ce qui a t fait et valid avant le dmarrage de ltude , se-

    cundo, de proposer une mthodologie et des outils dentretien et denqute avec les diffrents ac-

    teurs - ce qui a t valid galement avant de passer la deuxime phase de ltude - et tertio,

    didentifier les besoins en formation des jeunes sur la base des enqutes.

    Mais aprs coup, et aprs coup seulement, nous nous sommes rendu compte que comparer loffre et

    la demande de formation lintrieur dune ou de deux provinces peut manquer de pertinence.

    Dailleurs Abderrahim Taiebi, connaissant parfaitement bien le pays et son appareil ducatif agricole,

    a t conscient de cette limite et a signal plusieurs reprises que les zones de recrutement des co-

    les taient gnralement hors des provinces tudies et que des diplms en activit ou laurats

    insrs pour reprendre son appellation - avaient fait leur formation galement en dehors de la

    province o ils travaillent. Il apparait donc que toute tude de ce type devrait commencer par une

    cartographie nationale des formations et des zones dinfluence des coles et des centres de forma-

    tion (recrutements au moins, insertion professionnelle si possible) afin de dlimiter le primtre de

    ltude de faon plus pertinente que par des frontires administratives provinciales.

    Dans le mme sens, il y a fort parier qutant donn lampleur de la tche pour adapter la carte des

    formations agricoles aux besoins locaux, les moyens et les forces vives dune seule province ny par-

    viendront pas et quil serait plus raliste de travailler une chelle plus large en croisant la mobilit

    des personnes et des emplois avec les voies de communication et la rpartition des structures de

    formation existantes. Mais l encore, cela aurait demand un dispositif denqute lchelle natio-

    nale et un travail considrablement plus grand. Et il ne sagissait pas non plus dune tude universi-

    taire qui aurait ncessit entre autres une revue bibliographique approfondie.

    Cest dailleurs pour souligner limportance du travail mthodologique ralis par le consultant que

    nous avons dcid de proposer la synthse des rsultats et la prsentation de la mthodologie ds ce

    premier volume. Pour avoir une vision globale de cette mthodologie, nous invitons le lecteur se

    reporter la description de l Articulation globale de la dmarche de ralisation de ltude 2.

    1 Cf. la fin de ce volume avant les annexes.

    2 En p. 33, partie 2, III, du prsent volume.

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    En ce qui concerne les rsultats, il faut prciser quune partie des questionnaires dentretien qui sont

    extrmement dtaills sapparentent plus des mthodes quantitatives avec parfois une surabon-

    dance de graphes (cf. vol. 3) - alors que la taille de lchantillon tudi et la mthode denqute rel-

    vent plus de mthodes qualitatives. Ce point serait revisiter pour mener dautres tudes de ce type.

    Ici, compte tenu de la consistance et de la dure de ltude, les chantillons dacteurs ne peuvent pas

    tre reprsentatifs statistiquement. En conclusion, la mthodologie utilise dans le prsent travail

    est intressante et pourra tre amliore pour faire dautres tudes de ce type.

    Passons maintenant au pays dtude, le Maroc, qui a investi de faon massive depuis une dizaine

    dannes dans les infrastructures : habitat grande chelle, autoroutes et chemins de fer, htels,

    accs leau potable et puration des eaux uses pas seulement en milieu urbain et semi-urbain Le

    renforcement des comptences figure galement en bonne place avec notamment lInitiative Natio-

    nale pour le Dveloppement Humain (INDH) et la formation des artisans, ainsi que le dveloppement

    agricole avec la nouvelle stratgie nationale sectorielle dite Plan Maroc Vert .

    Le secteur agricole au sens large, agriculture, levage et forts, mais hors pche maritime - occupe,

    il faut le savoir, une place importante, pour ne pas dire fondamentale, dans lconomie marocaine. Il

    gnre de lordre de 15 % de la richesse nationale en moyenne, mais avec des variations importantes

    - de 12 20 % du PIB3 - selon les conditions climatiques annuelles. De plus ses performances condi-

    tionnent celles de lconomie toute entire : la courbe du taux de croissance du pays est quasiment

    parallle celle de la production agricole. Mais globalement le secteur agricole marocain ne parvient

    pas couvrir les besoins alimentaires du pays, avec des importations reprsentant le double des

    exportations. Cest lun des enjeux du Plan Maroc Vert que de rduire ce dficit.

    Le dispositif national dEnseignement Technique et de Formation Professionnelle Agricole (ETFPA4)

    plac sous la tutelle du ministre de lAgriculture et des Pches maritimes (MAPM), qui uvre en

    collaboration avec celui de la Formation Professionnelle et dautres dpartements ministriels, y est

    relativement dvelopp avec une cinquantaine dtablissements publics rpartis travers le pays. Il

    assure la formation initiale trois niveaux, Ouvrier Qualifi, Technicien, Technicien Spcialis, ainsi

    que la formation par apprentissage qui a remplac la Spcialisation au niveau le plus bas5.

    Depuis lindpendance du pays en 1956, le systme marocain de lETFPA a dailleurs connu des vo-

    lutions et rformes importantes qui ont engendr des rsultats indniables en termes

    daugmentation de la capacit daccueil des apprenants, de dveloppement de nouvelles approches,

    douverture progressive sur les professionnels et damlioration de la qualit des formations. Une

    3 Llevage reprsente entre un quart et un tiers de cette proportion.

    4 FAR ( Formation Agricole et Rurale ) et ETFPA sont deux abrviations quasi quivalentes. On crit aussi parfois forma-

    tion technique et professionnelle agricole ou plus simplement formation professionnelle agricole . On notera en pas-sant que cest la dsignation ETFP qui est utilise au Maroc plutt que l EFTP (Enseignement et Formation Techni-ques et Professionnels), voire le plus rcent DCTP (Dveloppement des Comptences Techniques et Professionnelles) selon lapproche prne par lUNESCO afin de bien inclure lapprentissage tout au long de la vie.. 5 Ces niveaux correspondent autant dtablissements publics - savoir CQA, ITA, ITSA et CFA (les noms complets figurent

    en liste des abrviations) -, sachant que certaines structures ont plusieurs cursus et que les CFA nont pas dexistence pro-pre (chaque CFA fait partie dun des 26 CQA, 11 ITA ou 8 ITSA). Il y a aussi neuf lyces agricoles (LA) qui prparent au Bacca-laurat en sciences agronomiques (en fait, tous ces lyces ont un double statut LA/ITA ou LA/CQA et deux dentre eux rel-vent du ministre de lEducation nationale) ainsi que trois institutions denseignement suprieur dont limportant en ter-mes de filires et deffectif Institut Agronomique et Vtrinaire Hassan II Rabat. Nous ne comprenons pas dans le d-compte total des tablissements dETFPA les 32 collges ruraux (qui sont sous tutelle du ministre de lEducation nationale et qui nincluent en fait que quelques heures dinitiation lagriculture faites par des enseignants du MAPM).

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    nette prise de conscience des jeunes, de leurs parents et de la communaut de lintrt de la forma-

    tion professionnelle explique que la demande na cess daugmenter au fil des annes. En fait, les

    vritables rformes ont commenc en 1984 avec la restructuration du dispositif national en vue de

    rpondre aux besoins en comptences induits par les stratgies de dveloppement du secteur agri-

    cole, de satisfaire les besoins en main duvre qualifie des professionnels et damliorer

    lemployabilit des laurats ou diplms6. Il est souligner aussi que la rforme de 1984 a aussi

    vis le rtablissement de la considration sociale et culturelle qui choit au travail manuel. Des

    avances importantes ont ensuite t progressivement ralises grce la loi de 1996 sur

    lalternance, la mise en uvre de la Charte Nationale sur lEducation et la Formation en 1999/2000,

    la loi sur lapprentissage en 2000, les exprimentations de dveloppement de formation selon

    lApproche par comptences (APC) en 2003, et enfin, depuis 2008 et planifi jusquen 2017, la r-

    ingnierie du systme, un terme pour le moins spcifique qui signifie la rorganisation globale et

    ordonne du dispositif national dETFPA selon une mthodologie bien dfinie, en loccurrence

    lapproche par comptences ou APC7.

    La formation continue des agriculteurs a connu galement des amliorations non ngligeables via le

    systme de vulgarisation publique et les initiatives de certaines associations professionnelles. Ce

    systme est en cours de rvision dans le cadre du Plan Maroc Vert, ce qui devrait permettre la mise

    contribution du priv travers notamment la cration du mtier du conseiller agricoles priv.

    Par ailleurs et mme si la rforme actuelle est maintenant conduite en autonomie totale par les au-

    torits marocaines, il est ncessaire de souligner limportance de lappui externe dans les diffrentes

    rformes avec plusieurs accords de partenariats conclus dans des cadres bilatraux ou multilatraux

    avec divers pays, rgions ou institutions internationales : FAO, France (AFD), Allemagne (GTZ), Cana-

    da (ACDI), Etats-Unis (USAID), Andalousie (Espagne), Belgique, Banque Mondiale, Union euro-

    penne Mme si des difficults persistent et risquent de limiter limpact des rformes actuellement

    entreprises malgr la qualit des ressources humaines dont disposent le ministre de lAgriculture et

    les tablissements de formation - par exemple, insuffisance de financement, dficit de pilotage, diffi-

    cults dappropriation des mthodes imposes de lextrieur -, on notera avec intrt une implica-

    tion croissante des acteurs locaux et des professionnels dans le processus de formation depuis

    linstauration de la formation alterne, la mise en place des mcanismes pour faire merger les be-

    soins en comptences et dvelopper les filires et programmes de formation pour y rpondre.

    Enfin, prenons le temps de rsumer quelques autres leons apprises grce cette tude.

    Le prsent travail dnote une bonne pratique de la rdaction des rapports relatifs des tudes sur

    appel doffres mais il pose la question de la rpartition entre travail de rdaction et de terrain

    6 Il est en outre bon de savoir que le Maroc a mis en place en 1974 un organisme public et autonome, lOffice de la Forma-

    tion Professionnelle et de la Promotion du Travail (OFPPT), toujours oprationnel ce jour, en vue dassurer la gestion du systme : notamment collecte de la taxe professionnelle (1,6 % du montant des rmunrations depuis 1986) et ralisation de formations professionnelles (327 tablissements prparant 244 mtiers et un objectif de 250 000 stagiaires par an daprs les donnes 2012 de lOFPPT). Toutefois, lEFTPA dpendant du ministre de lAgriculture fait exception et il convient dajouter que les exploitations et les entreprises agricoles non structures ne payent pas de taxe de formation professionnelle et par consquent ne bnficient pas des financements prvues dans ce cadre. 7 Voire mme relativement lourde et rigide avec notamment quatre phases successives dEtude de planification, de Concep-

    tion et production des programmes de formation, dImplantation des programmes de formation et dEvaluation du pro-gramme ; cf. ltude commandite par le rseau FAR au Maroc (Analyse compare des processus de mise en uvre et de transformation des dispositifs de formation agricole et rurale dans trois pays dAfrique : Cameroun, Maroc et Madagascar, par Abdelkader Ftouhi, 2012, paratre).

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    dans un temps assez rduit (45 jours prests) : ainsi la part de la synthse de donnes existantes

    (volume 2) est en termes de longueur peine moins importante que celle consacre la collecte de

    donnes nouvelles (volume 3). Nous savons dailleurs gr de bien avoir voulu inclure par la suite un

    paragraphe de remerciements et une courte biographie de lui.

    En outre, et nous en avons discut avec Abderrahim Taiebi, quelques points importants ne faisant

    pas partie des TdR nont pas t abords et on pourrait envisager de les traiter lors dune prochaine

    tude. Par exemple, la formation actuelle des agents de...

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