Économie mondiale et zone euro - nbb.be ?· Développements économiques et financiers ÉCONOMIE MONDIALE…

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45Dveloppements conomiques et financiers CONOMIE MONDIALE ET ZONE EURO

1. conomie mondiale et zone euro

1.1 Croissance robuste et gnralise dans les principales zones conomiques

Poursuivant le mouvement qui stait amorc la mi-2016, lactivit a continu de se renforcer en 2017. 3,7 %, la croissance mondiale du PIB a atteint son niveau le plus lev depuis 2011. Son assise gographique sest par ailleurs largie, au sein tant des conomies avances

que des conomies mergentes. Dans les premires, la vigueur de lactivit a t soutenue par des politiques montaires toujours accommodantes, lorientation des politiques budgtaires demeurant globalement neutre, et par un regain de confiance des mnages et des chefs dentreprise. Elle a repos trs nettement sur le dynamisme de la demande intrieure notamment sur le rebond des investissements et de lemploi. Dans les secondes, lacclration de la croissance a t moins

Tableau 1 PIB DES PRINCIPALES CONOMIES

(pourcentages de variation en volume par rapport lanne prcdente, sauf mention contraire)

p.m. Contribution la croissance du PIB

mondial

p.m. Part du PIB mondial (1)

2015

2016

2017

2017

conomies avances . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2,2 1,7 2,3 1,0 41,3

dont :

tatsUnis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2,9 1,5 2,3 0,4 15,3

Japon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1,1 0,9 1,8 0,1 4,3

Zone euro . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2,1 1,8 2,2 0,3 11,6

RoyaumeUni . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2,3 1,9 1,5 0,0 2,3

conomies mergentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4,0 4,4 4,7 2,7 58,7

dont :

Chine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6,9 6,7 6,8 1,2 18,3

Inde . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8,0 7,1 6,7 0,5 7,5

Russie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2,8 0,2 1,8 0,1 3,2

Brsil . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3,8 3,5 1,1 0,0 2,5

Monde . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3,4 3,2 3,7 3,7 100,0

p.m. Commerce mondial (2) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2,8 2,5 4,7

Sources : CE, FMI.(1) Selon les dfinitions du FMI et calcul sur la base des parits de pouvoir dachat.(2) Moyenne des exportations et des importations de biens et de services.

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marque, mais les divergences entre les pays se sont att-nues de manire plus prononce. Lembellie du climat conomique gnral sest accompagne dune reprise du commerce mondial et dune nette hausse des prix des actifs financiers. En revanche, les matires premires ont affich des volutions de cours plus contrastes.

La conjoncture sest lgrement amliore dans les conomies mergentes

Stablissant 6,8 %, la croissance conomique sest maintenue un rythme soutenu en Chine. Contrastant avec le rquilibrage en faveur de la consommation prive et des activits de services observ prcdem-ment, lactivit a bnfici en 2017 dune vive hausse des exportations, qui a compens le ralentissement de la demande intrieure. Ce sont principalement les investissements des entreprises et ceux en logements qui ont dclr, dimportantes capacits demeurant inutilises. La politique budgtaire est reste lgrement expansionniste, sous leffet, notamment, dun haut niveau dinvestissements publics. Mme si lorientation de sa politique montaire a t globalement neutre, la Banque populaire de Chine a procd un assouplis-sement slectif afin de faciliter laccs au crdit pour les petites entreprises et pour le secteur agricole. en revanche, dans le contexte dun niveau dendettement lev et de risques accrus pour la stabilit financire, les autorits chinoises ont pris de nouvelles dispositions pour freiner lascension rapide et persistante du crdit. Lendiguement des activits du secteur bancaire parallle est en cours, tandis que laccs au crdit hypothcaire a t resserr et que le financement interbancaire va tre rglement de manire plus stricte. En outre, certaines mesures ont contribu un dsendettement, certes encore limit, du secteur des entreprises. Les garanties implicites dont bnficient les entreprises dtat nont cependant pas encore t modifies.

en Inde, les consquences des mesures prises pour enrayer lconomie parallle, comme la dmontisation des billets de 500 et de 1 000 roupies mise en uvre en novembre2016 et les effets de lharmonisation de la taxe sur les biens et services introduite en juillet 2017, ont temporairement pes sur le dynamisme de lactivit. la croissance du PiB est revenue un peu en de de 7 % en2017. Ces dispositions devraient cependant contribuer conforter le potentiel conomique plus long terme. De plus, ladoption dun code national rglant les faillites des socits et le plan de recapitalisation des banques publiques ( hauteur denviron 1,3 % du PIB) annonc en octobre devraient permettre aux banques daccorder de nouveaux prts et dainsi soutenir les investissements et le dynamisme de lconomie.

Lactivit des paysexportateursdematirespremires et plus particulirement dnergies fossiles a continu dtre pnalise par le niveau toujours relativement bas des prix de ces produits sur les marchs internationaux, mme si ceux-ci se sont redresss en2017. Le Brsil et la Russie ont cependant sorti la tte de leau, aprs deux annes de svre rcession. Au Brsil, la reprise a initiale-ment t porte par lagriculture, avant de se raffermir et de stendre aux autres secteurs de lconomie. Labaisse de linflation a soutenu la demande de consommation des mnages, tandis que les investissements, toujours en repli, ont nanmoins bnfici dun assouplissement de la politique montaire. En Russie, lconomie a graduel-lement gagn en vigueur partir de la fin de2016, la suite de la remonte des cours du ptrole, de la stabilisa-tion du rouble et du recul de linflation. Laconsommation et les investissements privs ont tous deux contribu la reprise, sur fond dun regain de confiance et dune amlio-ration des conditions de financement. Laccroissement des revenus issus des nergies fossiles a concouru comprimer sensiblement le dficit public.

Le renforcement conjoncturel sest poursuivi dans les principales conomies avances

Aux tats-Unis, lactivit conomique sest raffermie en 2017. Porte par un rebond des investissements, la croissance du PIB a progressivement augment, pour atteindre plus de 3 % en rythme annuel au troisime tri-mestre. Sous leffet des crations demplois, le taux de ch-mage a retrouv son niveau du dbut des annes2000, revenant 4,1 % en dcembre. Paralllement, le taux de participation au march du travail de la population en ge de travailler est demeur largement inchang, soit un peu en de de 63 %. La consommation prive est reste robuste, porte galement par les effets de richesse lis la bonne tenue des marchs dactifs et par la hausse, ft-elle toujours modre, des salaires. En dpit de ces vo-lutions favorables, linflation sest maintenue un niveau infrieur sa cible de 2 % et les anticipations dinflation sont restes relativement faibles. Nanmoins, compte tenu du renforcement de lconomie, la Rserve fdrale a relev trois reprises en mars, juin et dcembre la fourchette de ses taux directeurs, la faisant passer 1,25-1,50 %. Elle a par ailleurs initi en octobre2017 un plan visant rduire peu peu ses rinvestissements dans les titres arrivant chance. La politique budgtaire est globalement demeure neutre en2017. Le dficit public sest maintenu juste au-dessus de 4 %, tandis que la dette publique a lgrement grimp pour stablir 108 % du PIB. La fin de lanne a t marque par ladoption dune importante rforme fiscale qui comprend des rductions dimpts tant sur les revenus des personnes physiques que sur les bnfices des socits. Par la mise

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en uvre de ce programme, dans le courant de2018 et de 2019, la normalisation montaire graduelle devrait saccompagner dune stimulation budgtaire.

au Japon, lexpansion conomique sest acclre, dans le contexte de conditions de financement trs accommo-dantes et de vastes mesures gouvernementales de soutien lconomie. La hausse des exportations, la suite du redressement du commerce international, a entran dans sa foule celle des investissements, tandis que la consommation a bnfici dune nouvelle embellie sur le front de lemploi. Abstraction faite des prix de lnergie et des produits alimentaires, linflation est nanmoins reste proche de zro, ce qui semble principalement traduire la grande prudence dont font preuve les entreprises nip-pones lorsquelles fixent les salaires et les prix, et ce aprs des annes de faible inflation, voire de lgre dflation. Nonobstant une pnurie grandissante de main-duvre, avec un taux de chmage infrieur 3 %, et une nette hausse des profits des entreprises, les salaires nont prati-quement pas vari en termes rels.

Dans ces conditions, la Banque du Japon na pas modifi sa politique montaire accommodante, qui vise faire remonter linflation vers sa cible de2 %. Elle a continu dappliquer un taux ngatif de0,1 % sur les dpts en comptes courants des institutions financires. En outre, afin de maintenir le taux dix ans proche de 0 %, elle a conserv son programme dachats de bons du Trsor japonais de prs de 80 000milliards de yens (soit environ 590 milliards deuros) sur une base annuelle. Enfin, elle a poursuivi ses acquisitions dautres types dactifs, tels des titres de fonds ngocis en bourse (exchange-traded funds) et de fonds de placements immobiliers. Lorientation budgtaire est demeure expansionniste en 2017, le dficit campant plus de 4 % du PIB. Le niveau dendettement public brut a quant lui atteint environ 240 % du PIB.

linverse de la tendance gnrale, la croissance sest ralentie au Royaume-Uni

au Royaume-Uni, aprs quelle avait fait montre dune certaine rsilience au lendemain du vote en faveur dune sortie du pays de lUE, le 23 juin 2016, lconomie a sensiblement dclr en 2017, en raison, principale-ment, dun essoufflement de la consommation prive. Cette dernire a notamment subi les consquences dune baisse de pouvoir dachat, la suite de la hausse mar-que de linflation aprs la vive dprciation de la livre sterling dans le courant de2016. La chute de la livre a en revanche soutenu les exportations qui, contrairement aux importations, ont affich une belle progression. Les incertitudes entourant la mise en uvre de la sortie

de lUE ont, par contre, modr les investissements des entreprises. Malgr une dynamique conomique moins favorable, la cration demplois a continu dtre solide. Le taux de chmage est revenu sous la barre des4,5 %, tandis que la participation au march du travail est demeure stable, aux alentours de 78,5 %.

Linflation ayant atteint un point haut de 3,1 % en novembre 2017, soit nettement au-del de la cible de 2 % poursuivie par la Banque dAngleterre, cette dernire a dcid en novembre de relever son taux directeur 0,5 %. Le gouvernement a pour sa part peu desserr la politique budgtaire restrictive quil avait mise en uvre pour comprimer un dficit qui avait flirt avec les10 % du PIB au plus fort de la crise financire. En novembre 2017, il a annonc un nouveau plan de stimulation de lconomie, sous la forme dune hausse des investissements, dune rduction des impts, notam-ment pour faciliter laccs des mnages la proprit, et dune modration des conomies programmes dans les dpenses courantes.

Le 29mars 2017, le gouvernement britannique a notifi au prsident du Conseil europen sa volont de quitter lUnion. Depuis, les ngociations avec la CE ont com-menc ; elles ont port, dans un premier temps, sur les questions lies la sparation, et plus particulirement sur la facture pour solde de tout compte, sur les droits des citoyens britanniques dans lUE, dune part, et des citoyens europens au Royaume-Uni, dautre part, ainsi que sur la frontire entre lIrlande du Nord et la Rpublique dIrlande. Ces discussions ont t compliques par le fait que les conservateurs ont perdu leur majorit absolue lors des lec-tions lgislatives quils avaient convoques en juin 2017. Lors du Conseil europen des 14et 15dcembre, les chefs dtat ou de gouvernement des tats membres de lUE ont constat que des progrs suffisants avaient t engrangs sur le plan des questions lies la scission. Cela a ouvert la porte aux ngociations sur la relation conomique future entre lUE et le Royaume-Uni et sur la phase de transition que le gouvernement britannique souhaite voir mise en place au moment o le Royaume-Uni quittera officielle-ment lUE, le 29mars2019.

Le commerce international sest redress, et les prix des matires premires non alimentaires ont suivi dans le courant de lanne

Aprs quils staient nettement affaiblis en 2016, les flux commerciaux mondiaux ont vivement rebondi en2017, leur croissance surpassant de nouveau signi-ficativement celle du PIB, contrairement ce qui avait t observ les deux annes prcdentes. Le raffer-missement des changes a t manifeste tant dans les

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conomies avances que dans les conomies mer-gentes. Il sest appuy sur la hausse de la demande mondiale et, plus spcifiquement, sur celle des investis-sements en quipements, dont le contenu en importa-tions tend tre suprieur celui des autres catgories de demande. Outre le regain dactivit dans la zone euro, au sein de laquelle les changes commerciaux sont particulirement intenses, le renforcement de la croissance en Chine et aux tats-Unis a jou un rle prpondrant cet gard. Laugmentation des importa-tions chinoises a dynamis le commerce intra-asiatique, tandis que, outre-Atlantique, la remonte des cours ptroliers a soutenu la reprise des investissements dans le secteur nergtique.

Aprs avoir quasiment doubl en2016, les cours du p-trole se sont temporairement replis au premier semestre de 2017. Cette volution sexplique par laugmentation de la production aux tats-Unis et par son redressement plus rapide que prvu en libye et au Nigria. au second semestre, les cours ptroliers sont toutefois repartis la hausse, sous leffet la fois de la demande vigoureuse manant de lEurope et des tats-Unis et de lincertitude concernant la situation (go)politique et sociale dans plusieurs pays producteurs du Moyen-Orient ainsi quau Venezuela. Enfin, lanticipation dune prolongation de laccord conclu entre les membres de lOPEP et plusieurs autres pays en vue de rduire la production de 1,8million de barils par jour a encore fait grimper les prix la fin de

lanne. la fin de novembre, il a finalement t dcid de reconduire laccord jusqu la fin de2018.

Les cours des matires premires industrielles ont suivi une volution comparable ; aprs avoir amorc un raffermisse-ment en2016, ils se sont nouveau contracts partir de fvrier face la perspective dun ralentissement de la demande en...

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