J.lagneau Dieu (1925)

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Text of J.lagneau Dieu (1925)

  • Lagneau, Jules (1851-1894). De l'existence de Dieu. 1925.

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  • BIBLIOTHEQUEDE PHILOSOPHIE CONTEMPORAINE

    DE L'EXISTENCE

    DE

    DIEU

    PAR

    J. LAGNEAU

    PARIS

    LIBRAIRIE FLIX ALCAN108, BOULEVARDSAINT-GERMAIN,VI

  • De l'existence de Dieu

  • DE L'EXISTENCE

    DE

    DIEU

    PAR

    JULES L'AGNEAU

    PARISLIBRAIRIE FLIX ALCAN

    I08, BOULEVARDSAINT-GERMAIN,108

    1925Tousdroitsdetraduction,de reproductionet d'adaptationrservspourtouspays.

  • AVERTISSEMENT DES DITEURS

    Il y a environ un an, quelques disciples d JulesLagneau et quelques amis de la philosophie rsolurent drassembler en un volume tous les crits du Matre. Ds quecette publication, qui est en cours, fut annonce, il s'lvaun tel intrt et en quelque sorte une telle rumeur dansle monde des philosophes, et principalement parmi lesmembres de L'Union pour la vrit, que l'occasion parutfavorable de livrer au public, sans s'arrter plus long-temps aux difficults d'excution, ce que les lves deLagneau pourraient restituer des clbres leons professesau Lyce Michelet.

    Le Cours sur l'existence de Dieu, que nous publions ci-aprs, tait dj connu par une tude de M. P. Tisserandque l'on trouvera au n de mai 1911 de la Revue de Mta-physique et de Morale. Ces leons furent donnes au lyceMichelet au cours de l'anne 1893-1893 ; elles occuprentenviron un trimestre ; elles furent recueillies et rdigesnotamment par deux lves vtrans, et c'est la copie d'unede ces deux rdactions qui servit de texte pour l'article quenous signalons. Aprs examen de ces mmes cahiers queM. Tisserand avait eus sous les yeux, il nous a paruque cette suite de leons, par l'importance, par l'ordre,par la force des Conclusions, tait digne d'tre imprimeavant toute autre. On y trouvera le dernier mot du Pen-seur, et en quelque sorte son Testament Philosophique.Lui-mme l'a dit.

  • VI AVERTISSEMENTDESDITEURS

    Outre que l'ide religieuse y est suivie jusqu'aux plusprofondes racines, de faon qu'on puisse dire que l'EspritHumain a fait ici un pas de plus, duquel on ne pourra reve-nir, on trouvera encore dans ces pages l'exemple sans doutele plus clair de cette Mthode Rflexive, jusqu'ici mieux c-lbre que connue d'aprs quelques formules hermtiques.

    Le titre n'a pas t choisi sans rflexion. D'aprs lesdveloppements prliminaires, on pouvait croire que lespreuves morales taient seules considres ; mais le lecteurattentif reconnatra que, par l'analyse, le resserrement,le redressement de la preuve morale directe, les preuvesintellectuelles se trouvent reprises, que leur sens le plusprofond est retrouv, et Descartes enfin expliqu, puisquela preuve rflexive nous ramne finalement au Je Pense.

    Le texte qui suit est tabli par la comparaison de deuxrdactions indpendantes, et qui s'accordent partout ; iln'y a donc aucune incertitude sur le sens. A n'en pasdouter, c'est bien la pense du Matre qui est ici fidle-ment rapporte. La forme est sans art, et mme souventpnible ; on y retrouvera quelque chose des retours et desscrupules de la parole. Le style de l'crivain ne s'y montreque par clairs. Toutefois, il clate la fin. Les manus-crits dj publis dans la Revue de Mtaphysique, et quel'on retrouvera dans le volume des Ecrits, ont gard latrace de ces dernires Mditations dont les leons ici pu-blies sont le fruit. Un de ceux qui les ont entendues areconnu, dans le Fragment qui porte le n 90, la conclu-sion dont ses notes ne donnaient qu'une imparfaite ide ;c'est pourquoi nous l'avons transcrite telle quelle. Ladernire page de ce livre imparfait donnera ainsi l'idede ce qu'il aurait pu tre si Lagneau l'avait crit. Le resten'est que ruine ct, mais tout essai de restaurationnous aurait paru sacrilge.

    Le 5 fvrier 1925.

  • DE L'EXISTENCE DE DIEU

    L'expression Preuves morales de l'existence deDieu se prend en trois sens. Au premier sens, lespreuves morales sont des appels la croyance, desraisons de croire : elles sont la constatation du mou-vement naturel qui porte les hommes croire enDieu. Ce sont d'abord des raisons tires de la croyanceindividuelle ; Dieu est reprsent comme le suprmedsirable, comme objet, soit de l'intelligence (vrai),soit de la sensibilit (bonheur), soit de la volont (per-fection). C'est, en second lieu, l'argument tir duconsentement universel. En un troisime sens enfin,l'expression Preuves morales peut signifier preuvesfondes sur la moralit, ou conditions que la moralitsuppose.

    I

    Quand on dit Preuves morales on peut avoirdessein de corriger, de restreindre le sens du mot Preuve , de lui ter son caractre logique. UnePreuve morale est alors une Preuve qui ne dmontre

    LAGNEAU. 1

  • 2 DE L'EXISTENCETDEDIEU

    pas rigoureusement, qui n'est qu'une raison de croire ;c'est une preuve qui ne consiste en dfinitive qu'fournir des probabilits en faveur de la thse. Lespreuves morales de l'Existence de Dieu en ce sens sontles preuves fondes sur les besoins de notre nature,ou, ce qui au fond revient au mme, sur le fait quel'humanit dans son ensemble croit l'existence deDieu. En ce sens il y aurait deux preuves morales.Nous souhaitons tre heureux ; mais le souhait du

    bonheur n'est qu'une des formes du dsir de la perfectionen tous les ordres ; qu'il s'agisse de connaissance, qu'ils'agisse de beaut, qu'il s'agisse de vertu, nous dsironsla perfection. L'affirmation la plus naturelle au coeurde l'homme, c'est celle du pariait en tous les genres.La connaissance, la science, n'existerait pas si, ds sondbut, le terme auquel elle tend (sa perfection) n'taitpos comme rel et susceptible par consquent d'trepoursuivi. De mme, que signifient les jugementsports sur la valeur des choses indpendamment deleur utilit, sinon que nous croyons que ces choses

    peuvent tre parfaites en elles-mmes indpendammentde toute fin, c'est--dire qu'il y a une perfection natu-relle des choses en tant qu'elles frappent nos sens etnotre esprit, et qui est indpendante de l'usage qu'onen peut tirer ? Cette perfection physique, sensible,c'est celle de la beaut. Nous ne nous bornons pas concevoir cette beaut des choses comme sus-ceptible d'accroissements indfinis ; nous concevons

    qu'elle n'est possible que parce que, de ces perfec-tionnements successifs, il existe ds prsent unemesure. Les beauts imparfaites ne nous paraissent

  • concevables que par rapport une beaut absolue delaquelle elles ne sont que des manifestations incom-pltes. Quand nous sommes mus par le spectacle dela beaut, nous ne pouvons pas concevoir que noussommes en prsence d'une simple apparence relative nous ; il nous semble qu'il y a l l'expression d'uneralit absolue. Pour une chose, tre belle, c'est avoirune perfection indpendante de son utilit et qui estsaisissable immdiatement notre nature sensible etintellectuelle ; c'est manifester dans ses formes uneralit intrieure que nous jugeons tre plus vraie quesa vrit matrielle, que celle qui consiste dans la totalitdes explications que l'intelligence saisit de la chose.Entre une belle oeuvre et une oeuvre sans beaut, iln'y a pas de diffrence quant la vrit proprementdite ; l'une et l'autre sont, ou du moins sont conues,comme galement explicables. Mais entre elles il y a, nos yeux, cette diffrence que, quoiqu'gales envrit, il y en a une nanmoins qui possde une ralitque l'autre n'a pas, ralit qui n'est pas seulement uneapparence, c'est--dire qui n'existe pas seulementpar notre manire de considrer la chose, mais quiexiste en soi. Nous ne saurions admettre que la chosebelle le soit seulement parce que notre nature est faitepour la trouver belle ; le jugement du got impliquel'affirmation de son universalit. Sans d