L’Agence française de sécurité sanitaire des aliments ...· concerne les lipides, à identifier

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  • Afssa Saisine n 2007-SA-0220

    Maisons-Alfort, le 20 fvrier 2009

    AVIS

    de lAgence franaise de scurit sanitaire des aliments sur lestimation des apports en acides gras trans de la population franaise

    2 7 - 3 1 , a v e n u e d u Gnra l Lec lerc

    9 4 7 0 1 Maisons-Alfort cedex Tel 01 49 77 13 50 Fax 01 49 77 26 13 w w w . a f s s a . f r

    R E P U B L I Q U E

    LA DIRECTRICE GNRALE

    F R A N A I S E

    1. Rappel de la saisine LAgence franaise de scurit sanitaire des aliments (Afssa) a t saisie le 16 juillet 2007 par la Direction gnrale de lalimentation (DGAL) dune demande dappui scientifique et technique relative la collecte de donnes de composition et de consommation des composs lipidiques. 2. Contexte et objectifs du travail Cette demande sinscrit dans le cadre dun groupe de travail de la DGAL visant, pour ce qui concerne les lipides, identifier les fondements et les justifications des engagements de progrs nutritionnels que proposent et pourraient proposer les secteurs industriels dans le cadre de lamlioration de la qualit de loffre alimentaire telle que soutenue par le PNNS 2. La demande concerne la caractrisation dlments lis la composition lipidique des catgories daliments, les apports de la population selon les diffrents composs lipidiques, la hirarchisation des aliments contributeurs aux apports des diffrents composs lipidiques, la typologie des consommateurs selon les niveaux de consommation (ge, sexe, catgorie socioprofessionnelle, etc.). Les composs lipidiques particulirement viss sont les lipides totaux, les acides gras saturs (AGS), les acides gras trans (AG trans) et les acides gras polyinsaturs des familles omga 3 et omga 6. Le prsent avis porte spcifiquement sur lestimation des apports de la population franaise en acides gras trans, sur la base dune nouvelle table de composition des aliments et des donnes de lenqute INCA2. Pour rappel, lAfssa a publi en avril 2005 un rapport sur les risques et bnfices pour la sant des acides gras trans apports par les aliments (Afssa 2005a). Les points cls de ce rapport sont :

    ladoption dune dfinition chimique des AG trans ; lestimation des niveaux de consommation de ces AG dans la population franaise ; lexamen des effets sur la sant des AG trans, selon leur nature et leur origine ; llaboration de recommandations en termes de teneur maximale dans les aliments et

    de niveau de consommation alimentaire ; lopportunit dinformer le consommateur de la prsence dAG trans, dans les

    aliments. Dans ce rapport, sont appels AG trans tous les acides gras monoinsaturs et polyinsaturs prsentant au moins une double liaison de configuration trans. Selon la littrature, les AG trans prsents dans les aliments sont principalement de trois origines : - la biohydrognation ruminale, lorigine de la prsence d'AG trans dans le lait et les denres alimentaires issues des ruminants (viande, produits dorigine laitire) ; - l'hydrognation catalytique partielle d'huiles ou de graisses, lorigine de la prsence d'AG trans dans les huiles partiellement hydrognes (margarines) et les shortenings (mlanges de

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    matires grasses anhydres destins principalement lindustrie) ; ce procd industriel permet de rduire linsaturation ; - les traitements thermiques (raffinage, friture, cuisson, etc.), responsables de la formation d'AG trans dans les huiles et les graisses. Ces traitements peuvent tre technologiques ou domestiques. Pour ce qui concerne spcifiquement les apports en AG trans totaux, les donnes issues de lenqute INCA 1 ralise en 1998-1999 montraient les rsultats suivants :

    - les apports moyens journaliers en AG trans totaux taient de 3,0 g chez les garons, 2,7 g chez les filles, 3,4 g chez les hommes et 2,8 g chez les femmes. Ces apports reprsentaient entre 3,2 et 3,5 % de lapport nergtique dorigine lipidique et entre 1,2 et 1,4% de lapport nergtique total (AET) ;

    - pour les forts consommateurs dAG trans (95me percentile de la population), les apports en quantit taient approximativement doubls, soit 5,8 g/j chez les garons 4,7 g/j chez les filles, 5,8 g/j chez les hommes et 4,9 g/j chez les femmes. Ces apports correspondaient 2,2 %, 1,9 %, 2,0 % et 2,0 % de lAET chez respectivement les garons, les hommes, les filles et les femmes ;

    - les principaux aliments contributeurs taient les produits dorigine laitire : ils apportaient 53 % des AG trans totaux chez ladulte et 45 % chez lenfant ; lensemble des produits dorigine animale en apportait environ 62 % chez les enfants et 67 % chez les adultes. Les produits de panification industrielle, viennoiseries industrielles et biscuits arrivaient en seconde position parmi les aliments contributeurs : ils apportaient 18 % des AG trans totaux chez ladulte et prs de 27 % chez lenfant.

    Une revue des tudes sur le mtabolisme et la toxicit des AG trans, ainsi que sur leur impact sur la rponse immunitaire et les facteurs de risque lis certaines pathologies (obsit, syndrome mtabolique, athrosclrose, cancers) avait t ralise. Les donnes disponibles avaient montr quune consommation dAG trans suprieure au seuil de 2 % de lAET entrane une augmentation significative du risque de maladies cardiovasculaires. Cette valeur avait t retenue dans le rapport davril 2005 de lAfssa comme un niveau dapport ne pas dpasser. Afin daboutir des niveaux dapports compatibles avec cette limite, lAfssa recommandait :

    - le respect de lobjectif de sant publique visant rduire la consommation dAGS, les donnes de consommation ayant montr une corrlation positive entre les apports en AGS et en AG trans totaux ;

    - la rduction de la consommation de certains aliments contributeurs aux apports en AG trans, notamment viennoiseries, ptisseries, produits de panification industriels, barres chocolates, biscuits ;

    - la fixation de teneurs limites en AG trans dans diffrentes catgories de produits : o pour les matires grasses utilises par lindustrie et les artisans boulangers

    ( shortenings ) dans la fabrication des viennoiseries, ptisseries, biscuits, produits de panification, barres chocolates, cette limite tait fixe 1 g/100 g de produit sous sa forme consomme ;

    o pour les matires grasses visibles, cette limite tait fixe 1 % pour les huiles de table et les margarines.

    Le prsent avis dcoule dun appui scientifique et technique ralis par le Ple dappui scientifique et technique lvaluation du risque (Paser) de lAfssa. Il a fait lobjet dune validation par le CES Nutrition humaine runi les 23 octobre 2008 et 29 janvier 2009.

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    3. Mthodologie de ltude

    3.1 Table de composition des aliments en AG trans : table CIQUAL 2008 Une table de composition des aliments en AG trans totaux a t labore par le CIQUAL en 2008 partir de donnes de composition transmises par des associations de consommateurs, des interprofessions, des adhrents de la fdration du commerce et de lindustrie, et des groupes agroalimentaires, y compris les fournisseurs de produits de restauration hors foyer (Annexe 1). Certaines de ces donnes ont transit par lInstitut franais pour la nutrition (IFN). Le tableau 1 de lannexe 1 prsente, pour chaque groupe de la nomenclature INCA2, le nombre daliments dont la teneur en AG trans est suprieure zro, nulle ou manquante lissue de la collecte des donnes. Les donnes montrent quil subsiste un grand nombre daliments pour lesquels la teneur en AG trans est manquante, en particulier dans les groupes daliments transforms tels que plats composs , sandwiches , condiments et sauces , ptisseries et gteaux . Des hypothses ont donc t formules afin de combler les valeurs manquantes de manire tenter dtre exhaustif dans lestimation des apports en AG trans dans la population de ltude INCA 2 (voir paragraphe 3.3). 3.2 Donnes de consommation alimentaire : tude INCA2 2006-07 Les donnes de consommation alimentaire utilises pour estimer les apports en AG trans proviennent de ltude INCA2 qui sest droule en 2006-07 auprs de 4079 individus gs de 3 79 ans rpartis en 2 sous-chantillons : 1455 enfants de 3-17 ans et 2624 adultes de 18-79 ans. La slection des participants a t effectue dans le recensement de la population de 1999 et les bases de logements neufs construits entre 1999 et 2004 selon un plan de sondage 3 degrs stratifi sur la taille dagglomration et la rgion. Le recueil des consommations des individus a t ralis laide dun carnet de consommation alimentaire de 7 jours sur lequel taient notes la nature des aliments et les quantits consommes, estimes laide dun cahier photographique de portions. Une pondration a t affecte chaque individu des deux chantillons (3-17 ans et 18-79 ans) afin dassurer leur reprsentativit au niveau national. Par ailleurs, afin de garantir la validit des estimations, les individus sous-dclarants ont t exclus des analyses qui portent donc sur 1444 enfants et adolescents et 1918 adultes de 18-79 ans normo-dclarants. Il existe une bonne concordance de temps entre les donnes de consommation recueillies en 2006-2007 et les donnes de teneurs en AG trans dans les aliments datant de 2007-2008. 3.3 Estimation des apports en AG trans Deux scnarios ont t utiliss pour lestimation des apports en AG trans :

    - le scnario 1 correspond une estimation sans correction des valeurs manquantes ; - le scnario 2 intgre une correction des valeurs manquantes.

    Le scnario 1 correspond la mthodologie de simulation utilise pour lestimation des apports en AG trans dans le cadre du rapport de lAfssa (Afssa 2005a). La comparaison des deux scnarios a permis de vrifier la validit de lattribution de valeurs non nulles aux valeurs manquantes. Pour ce qui concerne le scnario 2, la consolidation des donnes de composition a t ralise en tenant compte, au niveau de chaque groupe daliments