L'Initié dans le Nouveau Monde - Paroles .1 L'Initié dans le Nouveau Monde _____ Introduction L'accueil

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    L'Initi dans le Nouveau Monde______________________________________________________________________________

    Introduction

    L'accueil fait L'Initi a t tout la fois flatteur, instructif et singulier... Pas moins de trois personnes diffrentes prtendirent en tre l'auteur et confirent cette information l'un de mes amis qui se trouvait tre dans le secret. Celui-ci, considrablement amus, me transmit leurs paroles, sans divulguer leurs noms, je dois le dire ; il ne trahit pas davantage auprs de ces confidents l'identit vritable de l'auteur. La malhonntet de tels fraudeurs n'est pas sans avoir son ct flatteur, et ces derniers n'ont nullement craindre, que, par voie de reprsailles, je les trahisse en abandonnant l'anonymat lors de la publication de ce second volume de L'Initi, qui est sur le point d'entamer sa carrire hasardeuse. Au contraire, je leur suis reconnaissant de m'aider ainsi maintenir mon dguisement littraire.

    Mais s'il a engendr ce genre amusant de malhonntet, L'Initi a eu d'autres rsultats moins tranges et plus satisfaisants, alors mme qu'ils ont suscit quelque embarras l'auteur ; car j'ai reu, par l'entremise de mes diteurs, nombre de lettres dont les auteurs me demandaient soit la faveur d'une entrevue , soit de bien vouloir obtenir de mon Matre des messages eux destins. En certains cas, ils ont t jusqu' spcifier quelle sorte de message ils dsiraient ou ne dsiraient pas ; plusieurs, mme, ont dclar qu'ils ne se satisferaient nullement d'exhortations du genre moralisant .

    A certains de ces correspondants, j'ai rpondu de mon mieux ; quant d'autres, j'ai jug prfrable de les traiter par le silence, sachant qu'un jour ou l'autre, ils apprendront que l'on ne saurait poser d'ultimatum un Matre et que le seul message qu'ils pourraient attendre de lui est celui qui conviendrait le mieux leurs besoins spirituels. Quant accorder des entrevues, en risquant ainsi de divulguer mon identit, j'ai pris la prcaution, avant d'accder de telles requtes, de consulter mon Matre ; et il ne m'a conseill de le faire que dans des cas fort rares. Il semble que ces qumandeurs de messages et d'entrevues ne se rendent pas compte des difficults que j'ai rsoudre. Bien qu'en achevant le dernier chapitre de L'Initi, j'aie donn nettement comprendre aux lecteurs que mon Matre est all habiter dans une autre partie du monde, ne me laissant aucune espce d'adresse, certains de ces lecteurs semblent admettre que je suis dans l'enviable situation de pouvoir le visiter chaque fois que l'envie m'en prend, et de l'appeler au tlphone - tlphone matriel... ou psychique. Mais la vrit est tout autre, ainsi que le premier chapitre du prsent volume et son pilogue le montreront.

    Tout d'abord, mon Matre demeure des milliers de kilomtres de mon pays ; ensuite, je dpends maintenant entirement de sa volont pour toute communication qui pourrait s'tablir entre nous. Il lit tout fait clairement dans ma conscience: il est, par consquent, trs bien renseign sur mes besoins spirituels, sur les lettres et requtes que je reois. Aussi, lorsqu'il sent que tel ou tel individu pourrait tre aid spirituellement, soit par une entrevue avec moi, soit par une lettre crite en termes judicieusement choisis, il tablit entre nous deux la communication par le moyen de laquelle je puis l'interroger sur la conduite tenir. Dans certains cas difficiles, il m'a mme dict la lettre ; en d'autres, il m'a conseill de rappeler mes correspondants cette vrit occulte: c'est que lorsque l'lve est prt, le Matre apparat, et que, tout en l'ignorant eux-mmes, ils sont maintenant, dj, suivis et guids.

    Quelques mots d'explication sont ncessaires, quant au contenu de cette suite de L'Initi. Si les causeries que j'ai appeles confrences n'ont pas t faites dans l'ordre o cet ouvrage les donne, ces quelques changements ne sont motivs que par le souci d'une prsentation meilleure

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    et respectant mieux les exigences de la forme littraire. Un petit nombre seulement des causeries auxquelles j'ai assist figurent ici, et j'ai mme d en retrancher certaines parties, uniquement destines aux initis de l'Ordre particulier que mon Matre reprsente. Bien que le prsent livre ait t crit il y a dj plusieurs annes, le Matre me fit alors savoir que les temps n'taient pas encore mrs pour sa publication. Ce dlai a t heureux, en un sens, car autrement l'pilogue du livre n'aurait pu tre crit. - Je dois relever que mon Matre n'employait pour ainsi dire jamais la nomenclature thosophique, mais empruntait toute sa terminologie au sanscrit. Il substituait au nom de Matre celui de Gourou . Toutefois, comme de nombreux termes thosophiques sont, aujourd'hui, en vogue et que je dsire viter d'ajouter cet ouvrage un glossaire, j'ai remplac la plupart des termes techniques utiliss par mon Matre par des expressions thosophiques beaucoup plus courantes.

    Je puis ajouter, en terminant, que, pendant que j'crivais le prsent volume, j'ai reu un message d'approbation et d'encouragement de l'un des Matres de l'Himalaya, qui se dclarait extrmement heureux que L'Initi et enfin une suite. Puisse cet ouvrage se trouver digne d'une bndiction procdant d'aussi Haut!

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    Chapitre 1

    Le revoir

    Environ douze annes s'taient coules, depuis que j'avais vu pour la dernire fois mon Matre, L'Initi connu sous le nom de Justin Moreward Haig. Dans sa lettre d'adieu, il m'avait crit: Un autre genre de travail est dsormais mon lot. Vous et moi, nous ne nous reverrons plus d'un certain temps, du moins dans notre forme physique: mais chaque fois que vous aurez besoin de mon aide, j'en serai averti aussitt et rpondrai votre appel.

    Il a certainement tenu parole, bien que mes propres facults psychiques ne m'aient pas toujours permis de recueillir les bienfaits de cette promesse. Il arriva, en effet, un moment o il semblait que j'eusse perdu les quelques pouvoirs occultes qui s'taient dvelopps en moi. La raison m'en a t rvle plus tard ; mais, au moment mme, je fus pour le moins trs intrigu de ce phnomne. Avoir perdu le sentiment de la prsence de son Matre, c'est en vrit chose tragique, pour ceux qui sont mme de sentir tout ce qu'un Matre reprsente dans la vie de son disciple. Nanmoins, je dois me rendre cette justice que la perte de mes modestes facults, dans ce domaine, ne me troubla gure, - car Il m'avait souvent rpt que le dsir de possder des pouvoirs psychiques s'avre presque toujours comme un obstacle sur le sentier de la Conscience spirituelle, moins qu'il ne soit inspir par un dsir entirement dsintress. Aussi n'avais-je jamais essay de dvelopper en moi ce genre de facult, mme lorsqu'une spirite de mes amies me demanda de faire partie du petit groupe qu'elle avait form dans un but de dveloppement psychique. Je tmoignai fort peu d'empressement, objectant que si mon Matre le jugeait bon, mes pouvoirs psychiques me reviendraient, de toute faon, au moment voulu.

    Or, voici qu'un jour, je reus une enveloppe adresse la machine et portant le timbre des tats-Unis. Je n'en prouvai nulle surprise, car j'ai en Amrique quelques connaissances dont je reois de temps autres des nouvelles. Mais ma surprise fut immense - sans vous parler de mes autres sentiments - lorsque, en ouvrant l'enveloppe, je lus ceci :

    Le ... 1920.

    Mon fils,

    Maintenant que l'inconcevable et sanglant enfantillage que l'Humanit honore du nom de guerre semble, enfin, toucher son terme, je voudrais vous proposer de faire les arrangements ncessaires en vue de me rejoindre aux tats-Unis pour un sjour de plusieurs mois, en tout cas ; mais je vous demande de faire en sorte d'y arriver le plus tt possible. J'ai vous faire une proposition concernant votre volution future: il s'agit d'une dmarche sans laquelle je crois qu'il vous serait presque impossible de raliser d'autres progrs dans l'incarnation prsente. Quoique durant ces dernires annes vous n'ayez gure senti ma prsence, j'ai, pour ma part, veill sur vous, observant le cours de votre vie intrieure ; et je puis vous dclarer, en toute loyaut, que c'est votre foi intime qui a rendu possible la proposition dont je vous parlerai. Il peut se prsenter des difficults sur votre chemin, mais je ne vous demande que de conserver la foi qui vous a, jusqu'ici, si bien soutenu: prenez la dcision de faire ce voyage - et je puis vous certifier que l'aide surgira!

    Mon ami, je vous envoie ma bndiction et j'attends votre rponse. Puissiez-vous choisir sagement! C'est l'espoir de celui qui reste votre,

    J. M. H.

    PS. Excusez cette lettre dactylographie ; mais, dans ce pays-ci, le temps prime tout!

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    Cette lettre n'appelle aucun commentaire. Il y avait, en vrit, de grands obstacles surmonter, pour ce dpart, - obstacles financiers surtout, qui, au moment mme, me semblrent tout fait irrductibles... Nanmoins, les circonstances volurent, et elles me rservaient une surprise du genre de celles qu'on peut qualifier de bonnes aubaines .

    La parole de mon Matre est pour moi la loi: je lus et relus plusieurs fois sa lettre, anim des sentiments les plus exubrants, -et deux heures ne s'taient pas coules, que je lui avais dj rpondu! Par quels moyens et quelle date exacte je partirai, crivais-je, je suis bien incapable de le prvoir ; mais une chose est certaine, c'est que je viendrai. - Or, moins de trois semaines plus tard, je voguais sur l'Atlantique, et, ce qui est le plus inou, laissant derrire moi la Banque un crdit plus lev que celui que j'y avais eu depuis bien des annes...

    C'est dans l'air trs frais, mais ensoleill, d'une merveilleuse matine d'octobre que je fis mon entre dans le port de Boston. Aprs toutes les histoires entendues de la bouche de mes compagnons de voy