Newsletter Violence

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Pour des millions d’enfants dans le monde, la violence est une réalité quotidienne. Chaque jour, ils subissent des actes violents dans les lieux où ils devraient se sentir le plus en sécurité : à l’école, dans leur quartier et même dans leur propre foyer.La violence à l’encontre des enfants ne peut en aucun cas être considérée comme « normale ».

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  • Stop aux violences faites aux enfants dans le SudPour des millions denfants dans le monde, la violence est une ralit quotidienne. Chaque jour, ils subissent des actes violents dans les lieux o ils devraient se sentir le plus en scurit : lcole, dans leur quartier et mme dans leur propre foyer. On estime que :

    3 40 millions denfants sont maltraits chaque anne.3 4 enfants sur 5 subissent des chtiments corporels dans leur foyer. Dans 3 cas sur 10, il sagit de punitions trs violentes.3 Au moins un enfant sur 5 interrogs rpond avoir t maltrait verbalement ou physiquement au cours du mois prcdent.3 150 millions de filles et 73 millions de garons de moins de 18 ans ont un jour t victimes de violence sexuelle.

    Du 4 au 12 mai 2009, Plan Belgique organise une campagne pour lutter contre ces violences quotidiennes infliges aux enfants. Elles sont inacceptables quelle quen soit la nature. Il est donc de la responsabilit des autorits, des organisations et des citoyens de lutter contre ce fardeau qui pse sur les enfants dans le monde entier. La violence lencontre des enfants ne peut en aucun cas tre considre comme normale .

    P l a n B e l g i Q U e

    N

    10 |

    MAI

    200

    9

    Chaque enfant compte.

  • Stop aux violences faites aux enfants

    La violence lgard des enfants svit partout dans le monde, aucune socit ny chappe. Il sagit dune ralit aux visages multiples : au-del des brutalits physiques, il y a aussi les mauvais traitements psychologiques et motionnels. Ces actes peuvent tre plus ou moins visibles et plus ou moins banaliss.

    Ces dernires annes, les mdias, les politiques et lopinion publique se sont largement intresss certains types de violence trs visibles, notamment : lutilisation denfants soldats, la prostitution enfantine, les formes extrmes de travail des enfants Autant de violations des droits de lenfant qui mritent lattention quon leur porte.

    Des millions denfants sont cependant quotidiennement confronts une violence plus insidieuse. Peu couverte par les mdias, elle touche pourtant beaucoup d'enfants et compromet leur dveloppement. Partout dans le monde, ils sont nombreux tre quotidiennement maltraits ou abuss sexuellement par leur famille. Trop souvent encore, en milieu scolaire, des enfants subissent

    Certains types de violence lencontre des enfants, comme

    lexploitation sexuelle, la traite et limpact

    des conflits arms, ont provoqu lindignation gnrale au cours des dix dernires annes.

    lattention octroye ces situations trs visibles a contribu donner plus

    de poids aux intrts des enfants dans les

    dbats internationaux. nanmoins, lattention accorde aux violences faites aux enfants reste limite et fragmentaire. la violence inflige aux enfants dans les foyers,

    les coles et autres institutions ainsi que

    dans leur quartier reste gnralement absente de lagenda international .

    Prof. PAuLo SrgIo PINhEIro, AuTEur DE LTuDE DES NATIoNS

    uNIES Sur LA VIoLENCE LENCoNTrE DES ENfANTS.

    des chtiments corporels, sont harcels, intimids sexuellement ou mme viols.La violence nest pas ncessairement physique : de nombreux enfants sont insults, menacs ou ngligs par leurs parents. Dans les coles, les humiliations, lexclusion ou les brimades de camarades de classe et denseignants sont frquentes.

    Chaque jour, des enfants sont donc victimes de violences physiques, sexuelles et psychologiques prcisment l o ils devraient se sentir en scurit : lcole, dans leur quartier et mme dans leur propre foyer.

    En fonction de facteurs dfinis, certaines communauts sont davantage exposes la violence. Cette dernire est en effet plus prsente dans les communauts pauvres, confrontes la pnurie de lemploi, linsalubrit des logements ainsi quau manque de possibilits scolaires et de facilits sociales. La prsence darmes, labus dalcool et le machisme sont galement des facteurs aggravants.

    La violence lgard des enfants est nanmoins toujours inacceptable. Mme si des raisons lexpliquent, tout acte de violence inflig aux enfants reste une violation de leurs droits.

    Violence au quotidien dans le Sud

    Jeu de rle au Togo visant briser le tabou de la violence

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  • la violence et les enfants dans la Convention relative aux droits de lenfant

    les enfants ont le droit dtre protgs contre toute forme de violence physique, psychologique ou sexuelle, dexploitation ou de ngligence. Les tats doivent prendre toutes les mesures ncessaires pour leur garantir ce droit. Dans tous les secteurs et tous les niveaux, des efforts sont indispensables. Mais la socit civile et les citoyens ont galement leurs responsabilits prendre.

    Plusieurs dispositions de la Convention internationale relative aux droits de lenfant (CIDE) rfrent explicitement au droit des enfants une intgrit physique et personnelle ainsi quau droit dtre protg contre la violence.

    art 19. Les tats parties prennent toutes les mesures lgislatives, administratives, sociales et ducatives appropries pour protger lenfant contre toute forme de violence, datteinte ou de brutalits physiques ou mentales, dabandon ou de ngligence, de mauvais traitements ou dexploitation, y compris la violence sexuelle (). Lobservation gnrale n8 relative au droit des enfants tre protgs contre les chtiments corporels interdit toute forme de violence lencontre des enfants, aussi lgre quelle soit (par exemple les claques pdagogiques ).

    art 28. Chaque enfant a droit une ducation. Dans ce cadre il faut veiller ce que la discipline scolaire soit applique dune manire compatible avec la dignit de lenfant en tant qutre humain et conformment la CIDE.

    Le Comit des droits de lenfant souligne dans son interprtation que toutes les formes de punition physique et les autres formes dhumiliation et de punitions dangereuses lcole doivent tre prohibes.

    art 34. Les enfants doivent tre protgs contre toutes les formes dexploitation et de violence sexuelle.

    art 39. Les tats parties prennent toutes les mesures appropries pour faciliter la radaptation physique et psychologique et la rinsertion sociale de tout enfant victime de toute forme de ngligence, dexploitation ou de svices ().

    En plus des droits explicites la protection, les droits la vie, au dveloppement et la participation jouent galement un rle important dans la lutte contre les violences faites aux enfants. Leurs droits une identit, des soins de sant dcents, un enseignement de qualit intgrant les dimensions extrascolaires, un niveau de vie digne de ce nom, lexpression de leur opinion et la participation dans toutes les matires qui les concernent : tous ces droits sont indissociables de la prvention, de laide aux victimes et du combat gnral de la violence inflige aux enfants.

    Tous les enfants ne sont pas logs la mme enseigne face la violence. Il y a en effet diffrents facteurs qui en influencent la forme et lintensit.

    Le genre joue un rle important. Alors que les garons sont plus souvent la proie de violences physiques, les filles sont plus frquemment victimes dabus sexuels. Dans les pays o elles ont un statut infrieur, les filles courent davantage le risque dtre ngliges. Nanmoins, dans certains pays, les garons sont touchs par des formes plus extrmes de violence.

    Les revenus, le niveau de formation et le type dducation des coupables potentiels sont galement des facteurs dterminants.

    Les modles comportementaux ont eux aussi une influence. Souvent, ils trouvent essentiellement leur origine dans les normes et attitudes sociales prdominantes lgard des enfants. Dans certaines cultures, par exemple, il est dfendu aux enfants de contredire les adultes.

    un certain nombre de tendances et volutions plus gnrales augmentent le risque de violence contre les enfants : la migration, les pidmies (par exemple, de sida), les catastrophes naturelles et la prsence darmes, dalcool et de drogues dans une communaut. Certains groupes denfants sont extrmement vulnrables, notamment les enfants porteurs du VIh/SIDA ou dun handicap, les enfants des rues, les orphelins, les enfants issus de minorits ou de familles marginalises.

    Facteurs

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  • Dissimule et taboue

    la violence lgard des enfants est souvent dissimule. Il est rare que les actes de violence soient rapports ou quune enqute soit mene ce sujet. Dans de nombreux pays, on note un manque dinstitutions auxquelles les victimes peuvent se rfrer pour dnoncer la violence subie (ex. centres de confiance). Mme quand des organes comptents existent, lampleur du problme est systmatiquement sous-estime.En outre, quand des organismes offrant la possibilit de dnoncer la violence existent, ils sont peu connus ou peu accessibles pour les jeunes victimes. Laccs est encore plus limit pour les enfants qui connaissent des situations particulirement difficiles comme les enfants issus de minorits ou de familles plus pauvres, les orphelins ou les enfants vivant en milieu rural.

    Souvent, la violence lgard des enfants est socialement accepte. Elle fait partie des traditions, de la culture ou des coutumes pdagogiques dune population. Dans certains pays, aucune interdiction lgale na t proclame sur la violence lgard des enfants. Les auteurs de ces actes de violence rpts sont gnralement des membres de la famille et/ou des connaissances : parents, enseignants, camarades, moniteurs, voisins.

    Les adultes se rendent rarement compte du mal quils causent. Ils justifient leur comportement violent par lducation quils ont eux-mmes

    reue : Nous avons vcu la mme chose et cela ne nous a pas fait de mal ! , dclarent-ils souvent. Tant les adultes que les enfants considrent gnralement la violence comme une partie normale ou ncessaire de lducation. Ils ne prennent pas conscience du fait que la violence est toujours une violation des droits de lenfant.

    De plus, les