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Quels apportspour les historiens ?

Les plans généraux de Paris

Quels matériaux pour les médiévistes

LAMOP – 13 mars 2015Aurélia Rostaing

Réalité topographique des plans généraux de Paris de l’époque moderne

Les plans de Paris,une source nécessaire

pourl’histoire des jardins

du XVIIe siècle

mais pas suffisante

Pour appréhender de manière aussi complète que possible lesaspects formels d’un jardin disparu ou modifié dans le temps, il faut,idéalement, un plan du jardin, des vues (au sol ou depuis unbâtiment) et une description, si possible proches dans le temps(quelques années), ainsi qu’un ordre de grandeur (dimensions).

Il faut évaluer la fiabilité des modes de représentation disponibles etleur degré de précision, surtout pour les détails.

Certains plans de Paris (Mérian, Gomboust) correspondent assezbien à des descriptions non illustrées (marchés d’entretien ou deplantation de jardin, procès-verbal de visite d’expert de la Chambredes bâtiments). D’autres plans sont assez largement schématiques.

Restent hors du champ d’un plan en deux dimensions :

le rapport à l’espace, les rapports de volumes, les niveaux deterrain, les végétaux, la taille et la disposition des arbres, lesmotifs des broderies des buis, les parfums, les bruits, les couleurs,les effets visuels et sonores des jeux d’eau, le réseau hydrauliquesouterrain.

Bref, tous les détails intéressants, où la prospection géophysiqueet l’archéologie peuvent prendre en partie le relai, avec lesarchives et d’autres sources iconographiques que les plans.

Charles Estienne,Jean Liébaut, La Maison Rustique, 1583(parterres françois)

Tout ce que vous ne

verrez jamais sur un plan ancien de

Paris(avant

Mérian)

Les Tuileries, Serres, 1600

Enfin Mérian

vint

Le Grand Jardin (nos Tuileries actuelles)

1599 un millier de charmes, ormes, tilleuls1601 plantation de la grande allée de mûriers1605 galerie de charpente (600 m)1609 aménagement de nouveaux parterres

Le jardin des Cyprès (Jardin neuf, vers la place du Carrousel)

1600 six parterres sur dix restent à fairepalissades de troènes et de cyprès 1601 mur de soutènement avec belvédères1605 terrassement de quatre carrés1608 gel des cyprès1609 aménagement de huit parterres de broderie de buis et de rue avec des palissades de genévriersfontaine

Les Tuileries, projet, v. 1609

Etat absent

de Mérian

Carré : ca. 132 m. de côté

Rond d’eau : ca. 18 m. de diamètre

Petit parterre :

ca. 62 m. par 40

Le jardin du Palais cardinal (actuel Palais royal)

1629 plantation d’un parterre de fleurs et d’un parterre de buis en broderie suivant un dessin de Boyceau de La Barauderie (Jean Le Nôtre, Simon Bouchard, Pierre Desgots)1633 fourniture de 2 500 pieds d’ormes ypréaux (Martin Boquet, Claude Mollet)1634 plantation d’un parterre de buis en broderie (quatre carrés et une demi-lune sur un dessin de Jean Le Nôtre), par celui-ci1634 devis pour le rond d’eau (57 m.) et le bassin de la fontaine (12 m. de diamètre) 1635 aplanissement d’allées et plantation de charmes (Pierre I Desgots)

Merci Gomboust

Hôtel de Guénégaud, rue desFrancs-Bourgeois (musée de laChasse et de la Nature)

1636 plantation d’un parterrede buis en broderie

Le jardin de l’hôtel de Vendôme

1630 marché de livraison de charmes et de charmilles parMichel I Le Bouteux, et marché de terrassement (pièce de terrede 89 m. « par le bout d’embas », 68 m. « d’un costé en montantvers la porte des Filles de la Passion » (couvent limitrophe desCapucines, fondé en 1606 par la duchesse de Mercœur, àl’ouest), et 117 m. « en descendant vers le jeu de longuepaulme »).

89 m ?

68 m ?

117 m ?

1630 Renard reçoit 1,5 ha entre le mur des Tuileriesà l’est, le bastion de la porte de la Conférence àl’ouest, le mur du chemin y menant au sud, et le murdes bâtiments de la ménagerie au nord.1631 Renard fait enclore la garenne du côté dufossé, à l’ouest.1631-1632 Le Bouteux fait aplanir le boulevard dubastion sur 80 m, transporter des terres sur l’allée dela terrasse, pour la rendre de même niveau qu’unevieille terrasse, et engazonner les terrasses.

1635 Le Bouteux veut ôter ses plantes : arbres etarbrisseaux à fruits et à fleurs, jasmins et myrtes enpalissade, bulbeuses et tubéreuses, grenadiers,figuiers nains, des jasmins et des orangers.Renard est propriétaire des lauriers-cerises, d’unlaurier-tin, d’un jasmin d’Espagne jaune, des rosiersmuscats doubles à cent feuilles, des narcisses ettulipes de Perse, des hépatiques doubles, de 150jacinthes bleues, de quelques jacinthes blanches,des orangers en terre, dans l’orangerie).

1643 (Rucellai) : « au bout de la grande allée desTuileries, un guichet ouvre sur un autre jardin qui estaussi au roi […] se tenant sur un boulevard de laville, proche la porte neuve, [Renard] s’est servi de lahauteur du terre-plein pour faire une bellepromenade, ou allée bordée d’ormes, et au fond, enmontant par un bel escalier à l’angle du terre-plein,on a la vue du jardin peuplé de quantités de jasminsd’Espagne et autres fleurs rares ».

1658 toisé pour l’indemnisation de la destruction du jardin

132 m de long,3 m de haut160 m de long,

3 m de haut

1644 Jean Varin achète quatre terrains se succédantperpendiculairement à la Grande Galerie sur le fosséde l’enceinte de Charles V (ca. 146 m sur le rempartjusqu’à la rue Saint-Nicaise).

Son jardin est dans la moitié sud du fossé, encontrebas du mur de soutènement construit en1601. Il est détruit en 1665 en prévision des travauxdu Louvre.

Hôtel de Louvois(construit en 1669rue de Richelieu)

Hôtel de Louvois(construit en 1669rue de Richelieu)

Hôtel de La Bazinière, puis de Bouillon (1681), rue Saint-Louis (de Turenne)

Rien chez Jouvinni Bullet

Hôtel de Beauvilliers (Saint-Aignan), rue du Temple

Rien chez Jaillot

Hôtel Boucherat, rue Neuve-Saint-Louis (de Turenne)

Jaillot

Hôtel de Condé, rue Neuve-Saint-Lambert (rue de Condé)

1716 « Ledit jardin est disposé en son entrée d’un grand quarré departerre planté de six quarrés de buys en broderie et plate bande avecarbrisseaux traversé de plusieurs allées dont le principal au millieu deladite entree est garny d’un bassin de pierre circulaire avec jet d’eaue etun petit parterre particulier a costé planté de platte bande de buys etcompartimens de gazon ou est un bassin a jet d’eaue »

Hôtel de Condé, rue Neuve-Saint-Lambert (de Condé)

Les marchés de 1673 et 1693 décrivent les végétaux, pas la disposition des lieux

Une histoire des jardins façon timbre-poste Intérêt et limites des plans de Paris

pour l’étude des jardins du XVIIe siècle

L’échelle d’un plan de Paris n’est pas celle des plantations sur leterrain (échelle archéologique 1:1).

Les plans de Paris constituent une source où les jardins représentéssont, sauf exception (Mérian, Gomboust), stéréotypés ou plus oumoins schématiques (d’après quelles sources ? observation in situ,documents domaniaux, plans gravés des parterres ?).

Les plans de Paris permettent de visualiser des relations devoisinage, des emprises foncières, la réalité topographique del’espace urbain (cf. le bastion des Tuileries), des rapports d’échelleentre les jardins urbains, et entre les jardins, les friches et l’espacebâti ; de repérer de manière sommaire les pointsd’approvisionnement en eau, à défaut de livrer des informationsfines sur le réseau hydraulique ou les niveaux de terrain.

Cette source est moins détaillée que des relevés d’architectes ou desplans d’arpentage ; mieux vaut l’utiliser en appui d’autres sources.Etant donné la fréquence probable de replantation des jardins,mieux vaut éviter d’utiliser des plans postérieurs de vingt à trenteans à la période considérée.

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rostaing_aurelia@yahoo.fr