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Attachée de presse : Claire Jomier - 05 59 46 63 01 - [email protected] Direction de la communication, du dialogue citoyen et de l’attractivité territoriale Tél. : 05 59 46 60 40 Courriel : [email protected] Le 5 février 2016 DOSSIER DE PRESSE L’ÉVÈNEMENT CARLOS SAURA

DP Carlos Saura - · PDF fileLe réalisateur espagnol Carlos Saura, mondialement connu pour Cría cuervos, Noces de sang ou L’Amour sorcier, ... Henri Cartier-Bresson, Inge Morath,

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  • Attache de presse : Claire Jomier - 05 59 46 63 01 - [email protected]

    Direction de la communication, du dialogue citoyen et de lattractivit territoriale Tl. : 05 59 46 60 40 Courriel : [email protected] Le 5 fvrier 2016

    DOSSIER DE PRESSE

    LVNEMENT CARLOS SAURA

  • Attache de presse : Claire Jomier - 05 59 46 63 01 - [email protected]

    Le ralisateur espagnol Carlos Saura, mondialement connu pour Cra cuervos, Noces de sang ou LAmour sorcier, est galement clbre pour ses photographies. La Ville de Bayonne prsente Espaa aos 50, qui runit 92 clichs de Saura, au DIDAM du 6 fvrier au 24 avril 2016. A loccasion de cette exposition-vnement, LAtalante et LAutre Cinma prsentent un cycle de films marquants de Saura. Le DIDAM accueille Espaa aos 50 en avant-premire avant son exposition Sgovie, Barcelone et Madrid. Les uvres de Carlos Saura photographe au DIDAM, et de Carlos Saura ralisateur LAtalante, se font cho sur la rive droite de lAdour, confirmant nouveau la vocation de ces deux lieux phares damplifier la rsonance entre cinma et arts visuels. Espaa aos 50 marque le lancement dune anne espagnole Bayonne, qui, dans le cadre de Donostia 2016, capitale europenne de la culture, accueillera du 2 juin 2016 au 25 septembre une collaboration entre la Ville et la Fondation DSS2016 : la double exposition Trait de Paix , une reprsentation de la paix dans lhistoire de lart, sera prsente au Muse Basque et de lhistoire de Bayonne et au DIDAM. Lexposition de photographies de Carlos Saura, qui met en lumire huit sries en noir et blanc sur lEspagne daprs-guerre (Cuenca, lAndalousie, Madrid, la Castille), revt une dimension toute particulire au quartier Saint-Esprit, marqu par cinq sicles dimmigrations espagnoles. Exils religieux, politiques, de guerres ou de travail sont autant de consquences qui marquent les instabilits politiques et conomiques de lEspagne depuis lInquisition. Ce mouvement migratoire est particulirement marqu partir de la Guerre civile dEspagne. Ds 1936, des milliers de migrants espagnols affluent la frontire ou arrivent Bayonne par cargos. Aprs la Seconde Guerre mondiale, des familles sinstallent durablement et occupent des emplois plutt industriels. La prsence ibrique anime pleinement la vie associative et culturelle de Saint-Esprit aujourdhui. Lexposition est coproduite avec La Fbrica-Madrid. Fonde en 1994, cette entreprise de gestion culturelle a pour objectifs la promotion et le dveloppement de la cration contemporaine. Pablo Berastegui, actuellement directeur gnral de Donostia 2016, a par ailleurs dirig pendant six ans le festival PHotoEspaa, l'un des plus importants festivals internationaux de photo, cr par La Fbrica. PHotoEspaa exposera Espaa aos 50 Sgovie en juin prochain.

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    I - Espaa aos 50

    1. Lexposition prsente par sa commissaire, Oliva Mara Rubio :

    Espaa aos 50 est un travail documentaire, un album photographique sur les villages et les hommes que Carlos Saura a dcouverts au cours de ses divers voyages travers le pays. Ces images nous ramnent une poque qui semble lointaine et des lieux que nous reconnaissons peine. Une Espagne misrable, avec ses villages aux rues non goudronnes, aux maisons de brique et de pierre, une Espagne de paysans qui se protgent du froid avec des couvertures, dhommes dont les uniques moyens de transport sont des charrettes tires par des nes ou des mules, une Espagne de mendiants, de femmes vtues de noir Mais aussi une Espagne de gens ouverts, simples et travailleurs. Une Espagne qui reflte la vie et les coutumes locales, ses mises mort, ses vachettes et ses courses de jeunes taureaux, ses corridas, ses ftes - comme la Semana Santa ou les Fallas - et ses rites. Une Espagne dune grande richesse culturelle, au croisement dinfluences diverses, comme par exemple celle des Arabes qui occuprent une partie de la pninsule pendant plusieurs sicles. Dans les annes cinquante, lEspagne fut un pays qui intressa de nombreux photographes, autant espagnols - Ramn Masats, Catal-Roca, Joan Colom - qutrangers. Avec louverture des frontires, due des vnements de politique internationale, arrivrent en Espagne de nombreux photographes devenus par la suite des icnes de lhistoire de la photographie : Eugene Smith, dont le travail sur la ville de Deleitosa, en Estrmadure, fut lobjet dune polmique et dun grand reportage dans la revue amricaine Life, Henri Cartier-Bresson, Inge Morath, qui ralisa plusieurs voyages dans toute la pninsule et dont les travaux furent runis dans un livre publi dans les annes 90, Brassa, qui visita lAndalousie et fit un reportage important sur la Semana Santa , Elliott Erwitt, Robert Frank ou Herbert List, entre autres. Tous rendent compte dans leurs reportages de cette Espagne triste et noire, pauvre, mais qui conserve ses rites, ses ftes et ses coutumes. Comme eux, Carlos Saura porte un regard bienveillant sur cette Espagne et ses populations qui ont souffert les ravages de la guerre civile, de la pauvret, de la rpression et du manque de liberts du franquisme. Reconnu internationalement pour ses films, dont beaucoup ont obtenu des prix importants dans les festivals internationaux les plus prestigieux comme Cannes, Donostia - San Sebastin, Berlin ou New York Carlos Saura a toujours concili son travail de ralisateur avec celui de photographe. Il dbuta dans la photographie trs jeune et sa premire exposition la Real Sociedad Fotogrfica de Madrid eut lieu en 1951. Pendant plusieurs annes Carlos Saura travailla comme reporter professionnel, en couvrant les festivals de musique et de danse de Grenade et de Santander. Le journal ABC publia lune de ses photos en couverture et le magazine Paris-Match lui proposa un poste de photographe permanent. Carlos Saura a ralis des portraits, a photographi la ville et ses habitants, ses villages, son environnement familial et social, la rue. Depuis lors il na jamais cess dutiliser son appareil, faisant des portraits de sa famille et de son environnement, photographiant ses tournages et ralisant des photographies peintes quil appelle "fotosaurios".

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    2. Lexposition prsente par Carlos Saura :

    Il est invitable que la tristesse nous saisisse quand nous constatons les changements du temps qui passe, sur nos proches et sur nous-mmes, que nous voyons comment disparat le regard clair et transparent des enfants et des adolescents, comment se transforment les paysages et les villes, comment disparaissent les lieux qui avaient une signification spciale pour nous, et comment il nous arrive de nous retrouver, soudainement, face la photographie de ltre cher qui un jour disparut de notre vie et qui, maintenant, nous sourit. Rien ne peut, comme la photographie, raviver la mmoire et le souvenir : il suffit de regarder attentivement une photographie du pass pour quapparaisse immdiatement une partie de lhistoire que nous portons tous en nous. Je suis un photographe occasionnel qui, trop timide pour tre un photoreporter et sans la patience du pcheur pour tre un paysagiste la manire de Weston ou de Ansel Adams, sest content de se promener avec un appareil et de capturer les images qui attiraient son attention : la photographie a t mon carnet de notes. Ma vocation photographique fut prcoce par impratif amoureux. Je mexplique : 9 ans je fis ma premire photo avec une ICA 6X9 de mon pre qui comme je le dcouvris plus tard avait un dfaut de mise au point. Ctait limage dune petite fille dont jtais amoureux et qui vivait prs de chez moi, Madrid. Je dcidai que je devais lui montrer mon amour et, en me cachant, je la pris en photo. Une photo un peu floue que je lui envoyai avec une lettre damour qui ne reut jamais de rponse. Jappris alors deux choses : la valeur de la photographie comme tmoignage et la fragilit des sentiments. Je pris got la photographie et travaillai, au dbut, avec des plaques de cristal parce quil tait plus facile de se procurer une caisse de plaques quun rouleau de pellicule. Plus tard, jutilisai, comme tout le monde, des pellicules ; toujours en noir et blanc. Jai fait trs peu de photographies en couleur avant larrive des appareils numriques, car je ne voulais pas que dautres que moi manipulent mes photos.

  • Attache de presse : Claire Jomier - 05 59 46 63 01 - [email protected]

    Les avances technologiques ont transform la photographie argentique en une relique, mais je suis nostalgique de la chambre noire, avec sa lumire rouge de maison close. Jai pass une partie de ma vie dans cette lumire crpusculaire, entour des odeurs caractristiques du rvlateur, du fixateur et de lacide actique. Comme les chats, jai fini par voir dans la pnombre, en morientant facilement dans lobscurit pendant que je chargeais les pellicules dans les rservoirs de rvlateurs ou que je dveloppais les ngatifs. Je me rappelle limpatience qui me saisissait en voyant comment, dun papier blanc et immacul, surgissait, dans le bac du rvlateur, limage de la photographie que javais faite un jour. Ctait un miracle ! En photographie, comme en presque tout, jai t un autodidacte et jai avanc au prix derreurs, de contrarits mais aussi de nombreuses satisfactions. Pendant les annes de pnurie, jappris que le ngatif tait un bien prcieux et coteux et que chaque prise reprsentait une photographie en moins. Dans certains de mes rouleaux de 36 photographies des annes 50 il y a vingt images exploitables en grand format, toutes diffrentes. Cette conomie de moyens reste une constante dans mon travail. On sait, au moment dappuyer sur le dclencheur, si la photographie valait la peine. Cela fait longtemps que jen suis venu la conclusion quen photographie, comme en de nombreuses choses, tout a t fait, ds le dbut, et que nous ne