Grand Livre de Pierre

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    02-Aug-2015

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9tudes dgyptologieACADMIEDESINSCRIPTIONS ETBELLES-LETTRES

9tudes dgyptologie

9tudes dgyptologie

M M O I R E S D E L A C A D M I E D E S I N S C R I P T I O N S E T B E L L E S - L E T T R E S T O M E 4 1

chaire de Civilisation pharaonique : archologie, philologie et histoire

Ch. Wallet-Lebrun Le grand livre de pierre

Temple royal par excellence, Karnak a t difi au dbut du deuxime millnaire av. J.-C. pour affirmer le pouvoir de la dynastie thbaine, tout la gloire davoir runi nouveau les forces du pays et engage dans une politique ambitieuse, dont les effets se firent sentir jusquaux confins de lAsie mineure. Quatre sicles plus tard, cest un site quasiment en ruines quentreprirent de reconstruire les Thoutmsides sur le modle de la premire fondation, mais en lagrandissant, le hissant la hauteur du nouvel empire quils constituaient, lui aussi inscrit dans les traces du prcdent, mais plus tendu, plus fort, plus rayonnant. Puis Thbes perdra son rang de capitale politique pour ne plus tre quune lointaine rplique dHliopolis, toujours influente, certes, mais moins proche du pouvoir. Les pharaons y poursuivront toutefois la mme uvre dagrandissement et de dveloppement que leurs prdcesseurs. Certes, des histoires du temple et de ses cultes ont t crites, dont certaines sont, aujourdhui encore, des guides prcieux. Mais il a toujours manqu un inventaire publi, assorti dune rflexion continue sur ces documents par lesquels les acteurs eux-mmes dcrivent lhistoire du temple. Croiser cette documentation avec les donnes sorties du terrain et de la rflexion des chercheurs nest pas une mince affaire. Il nest que de parcourir les centaines de pages de bibliographie consacre au site pour sen faire une ide. Au-del de la collecte documentaire, cet ouvrage procde dune approche nouvelle dans les tudes que les gyptologues ont consacres larchitecture et la construction. Gnralement, en effet, cest une dmarche globale qui est prfre, les textes de Karnak servant expliquer des monuments qui ne sont pas Karnak. Christiane Wallet-Lebrun a choisi de privilgier le contexte local, se contraignant chercher dabord dans la ralit du temple lexplication des documents quelle prsente. Autant dire que cet ouvrage nest pas constitu seulement de la totalit des textes de construction et de leurs documents annexes, organiss chronologiquement et topographiquement et comments un par un. Chaque terme tudi est replac dans son contexte architectural, et cest un commentaire perptuel, une interrogation constante que le lecteur va suivre, page aprs page, document aprs document.

archologie philologie histoire

Le grand livre de pierreChristiane Wallet-Lebrun

Aibl

23 quai de Conti 75006 Paris www.aibl.fr diffusion De Boccard

5 rue Guy-de-la-Brosse 75005 Paris www.soleb.com livres@soleb.com diffusion Bleu autour

ditions Soleb

ISBN 978-2-9523726-9-1

m A I B L 41

9 782952 372695 100,00 euros

Aibl -Soleb

Le grand livre de pierreles textes de construction Karnak

Le grand livre de pierreles textes de construction KarnakChristiane Wallet-Lebrun

AIBL-Soleb

Sommaire

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Le grand livre de pierre

Introduction Avant-propos Prambule

11 17 23

Textes ddis Amon-RSsostris Ier (12/2) Sobekhotep IV (13/24) Ahmosis (18/1) Amenhotep Ier (18/2) Thoutmosis I (18/3) Thoutmosis II (18/4) Hatshepsout (18/5) Thoutmosis III (18/6) Amenhotep II (18/7) Thoutmosis IV (18/8) Amenhotep III (18/9) Toutnkhamon (18/12) Horemheb (18/14) Sthi I (19/2) Ramss II (19/3) Sthi II (19/5) Ramss III (20/2) Ramss IV (20/3) Ramss IX (20/8) Ramss XI (20/10) Smends I (21/1) Psousenns I (21/3) Sheshonq Ier (22/1) Pdoubast I (23/1) Shabaka (25/3) Taharqa (25/5) Psammtique II (26/3) Nectanbo I (30/1) Alexandre le Grand Philippe Arrhide Ptolme III vergte I Ptolme IV Philopator Ptolme VIII vergte IIer er er er er er

27 41 45 47 53 61 67 89 173 189 199 217 219 221 241 261 269 291 295 303 315 319 323 327 329 335 339 341 343 347 351 353 355

Sommaire 9

Textes ddis aux autres divinitsPtah R-Horakhty Mout Khonsou (em-Ouaset-Neferhotep) Mat Osiris Montou Khonsou-pa-khered Opet Thot Geb Khonsou-pa-ir-sekherou 361 371 375 389 417 421 437 443 445 449 452 453 457

Conclusion Index, lexiques et bibliographieIndex des noms ddices, de parties ddices et de portes Lexique franais-gyptien Lexique gyptien-franais Bibliographie et abrviations

473 479 485 509

Plans de localisation des textesPlan de localisation des textes ddis Amon-R Plan des structures osiriennes et de localisation des textes ddis Osiris Plan de localisation des textes ddis Ptah 532 534 530

Plans-bilanAmenhotep Ier, Thoutmosis Ier et Hatshepsout Thoutmosis III, Amenhotep II et Thoutmosis IV Amenhotep III et Horemheb Sthi I et Ramss II Sthi II et Ramss III Ramss IX et Sheshonq Ier Shabaka et Taharqa Nectanbo I et Tibreer er

535 536 537 538 539 540 541 542

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Introduction

Ce livre est, comme lcrit elle-mme son auteur, le fruit dun long cheminement. Long par la dure, mais aussi par la voie que Christiane WalletLebrun a d suivre pour nous donner cette analyse des textes de construction de Karnak. Le temps est fruit des alas de la vie, et nul ne peut revenir sur le pass. Mais le presque demi-sicle qui spare de dbut cette tude de sa publication donne celle-ci une profondeur quelle naurait probablement pas su atteindre dans le dbut des annes soixante-dix, soit moins dune dizaine dannes aprs la publication du magnique Essai dexgse de Paul Barguet. Lorsque celui-ci parcourait le temple, dans les annes quil passa en gypte comme membre scientique de lInstitut franais dArchologie orientale, peu aprs la seconde guerre mondiale, il faisait uvre de pionnier. Car, si les premiers grands connaisseurs de Karnak, de Mariette Chevrier, en passant par Legrain, Pillet ou Daressy, avaient acquis une connaissance profonde du temple et de ses ddales, personne navait encore entrepris de recensement aussi systmatique et exhaustif des reliefs, des btiments et de leur histoire. Tous ceux qui ont eu le bonheur de travailler dans lenceinte de Karnak savent quel d Amon rclame ceux qui lui consacrent leur nergie. Le territoire du dieu est depuis le milieu du XIXe sicle un chantier ininterrompu, dont les soucis ont bien trop souvent, pour ceux qui en ont eu la charge, relgu au second plan les travaux de synthse. Ils sont pourtant les plus mme de comprendre et de dmler, force de les avoir parcourues, mesures, tudies les mailles si complexes de cet immense jeu de construction, perptuellement remani pendant plus de deux millnaires. Temple royal par excellence, Karnak a t di au dbut du deuxime millnaire av. J.-C. pour afrmer le pouvoir de la dynastie thbaine, tout la gloire davoir runi nouveau les forces du pays et engage dans une politique ambitieuse, dont les effets se rent sentir jusquaux conns de lAsie mineure. Quatre sicles plus tard, cest un site quasiment en ruines quentreprirent de reconstruire les Thoutmsides sur le modle de la premire fondation, mais en lagrandissant, le hissant la hauteur du nouvel empire quils constituaient, lui aussi inscrit dans les traces du prcdent, mais plus tendu, plus fort, plus rayonnant.

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Le grand livre de pierre

Puis Thbes perdra son rang de capitale politique pour ne plus tre quune lointaine rplique dHliopolis, toujours inuente, certes, mais moins proche du pouvoir. Les pharaons y poursuivront toutefois la mme uvre dagrandissement et de dveloppement que leurs prdcesseurs : sans modier profondment le tmnos proprement dit, qui nous est parvenu dans le schma conu par Thoutmosis III sur le modle de Ssostris Ier, mais en transformant, en ajoutant, en dmontant, en remodelant, se livrant un impressionnant jeu de construction et de dconstruction, perptuellement renouvel jusqu la n du premier millnaire av. J.-C. Les hritiers dAlexandre furent plus proccups de la Mditerrane que de la chra, simplement parce que le centre de gravit du monde stait dplac plus au nord que Thbes. Mais ils furent loin de se dsintresser de lgypte, dont les richesses vinrent nourrir les nouveaux matres, et qui leur donnait accs aux nouveaux partenaires de ce monde largi : par la valle du Nil, vers les pays du Sud, par la mer Rouge vers les Indes lointaines. Ce dplacement des ples principaux mit Karnak relativement lcart des voies frquentes, et si les tombes des pharaons et la statue de Memnon attirent les touristes romains, les autels dAmon sont alors de moins en moins honors et la construction de plus en plus rare. Le grand chantier de Karnak sendort pour des sicles. Certes, des histoires du temple et de ses cultes ont t crites, dont certaines sont, aujourdhui encore, des guides prcieux. Mais il a toujours manqu un inventaire publi, assorti dune rexion continue sur ces documents par lesquels les acteurs eux-mmes dcrivent lhistoire du temple. Croiser cette documentation avec les donnes sorties du terrain et de la rexion des chercheurs nest pas une mince affaire. Il nest que de parcourir les centaines de pages de bibliographie consacre au site pour sen faire une ide 1. Aussi, lorsque Christiane Wallet-Lebrun dcida de reprendre et de remanier le travail quelle avait jadis soutenu en thse lcole pratique des hautes tudes, cest avec grand plaisir que nous lavons accueillie, Franois Larch et moi-mme, Karnak. Ces retrouvailles avec le terrain lui ont permis autant de vrier et de complter le travail quelle avait prsent que de rchir la mthodologie suivie, ainsi qu la faon la plus adquate de restituer ces documents en les rendant accessibles au public. En renouant avec le temple, elle renouait aussi avec la communaut des chercheurs attachs ltude de celui-ci.

1 On trouvera la liste exhaustive de celle-ci, compile par Alain Arnaudis, sur le site de la chaire dgyptologie du

Collge de France : http://www.egyptologues.net/chaire/enseignement/cours.htm.

Introduction 13

Comme beaucoup de chantiers archologiques en effet mais peut-tre un peu plus tant donn lampleur et la diversit des recherches qui y sont conduites , Karnak est un lieu dchanges pluridisciplinaires particulirement actif. Chacun y enrichit son regard de celui de lautre, et bien souvent larchitecte, le tailleur de pierres ou le restaurateur apprend lgyptologue, lui permettant de mesurer ses interprtations laune de la ralit. Ces changes fructueux se poursuivent encore, et louvrage de Christiane Wallet-Lebrun en sera dsormais une nouvelle base. Au-del de la collecte documentaire, cet ouvrage procde dune approche nouvelle dans les tudes que les gyptologues ont consacres larchitecture et la construction. Gnralement, en effet, cest une dmarche globale qui est prfre, les textes de Karnak servant expliquer des monuments qui ne sont pas Karnak. Christiane Wallet-Lebrun a choisi de privilgier le contexte local, se contraignant chercher dabord dans la ralit du temple lexplication des documents quelle prsente. Autant dire que cet ouvrage nest pas constitu seulement de la totalit des textes de construction et de leurs documents annexes, organiss chronologiquement et topographiquement et comments un par un. Chaque terme tudi est replac dans son contexte architectural, et cest un commentaire perptuel, une interrogation constante que le lecteur va suivre, page aprs page, document aprs document. Nicolas Grimal

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Avant-propos

Ce recueil est la refonte intgrale dun travail nous ayant valu lobtention dun diplme de lcole Pratique des Hautes tudes (Ve Section) le 7 novembre 1976 entrepris en octobre 1971, Karnak, o nous avons occup le poste de documentaliste au centre franco-gyptien dtude des temples de Karnak (CFEETK), de lautomne 1971 lautomne 1973. Le sujet nous avait t suggr par Serge Sauneron et Jean Yoyotte, qui nous renouvelons ici nos remerciements pour leur conance. Il sagissait de runir (copie, traduction, commentaire) tous les textes de construction relatifs au temple dAmon-R reprs, de faon illustrer la trs belle tude de Paul Barguet : Le Temple dAmon-R Karnak. Essai dexgse, RAPH XXI, Le Caire, 1962. La tche, dambition modeste, tait dune certaine ampleur, dautant que nous tions charge dajouter les textes de construction relatifs aux autres temples de Karnak. Pour ce qui tait des copies, nous devions procder la ralisation dun maximum de fac-simils. Le travail nous prit six ans. Nous avons attendu trs longtemps pour envisager de le publier. Non seulement parce que nous ntions rattache aucune institution susceptible den assumer la charge. Mais aussi, et surtout, parce que notre tude nous avait conduite nous interroger plus souvent quautre chose : dune part, nous navions pas de rponses aux questions poses par Paul Barguet ; dautre part, certaines des rponses de ce savant ne nous paraissaient pas si assures, mais nous ne pouvions rien proposer de mieux. Et cest ainsi que le prsident de notre jury, le Professeur Jean Leclant, a pu, trs justement, regretter labsence de conclusion en forme . De fait, nous nen avions pas ; aujourdhui encore, dailleurs, nous nen pouvons prsenter que quelques lments. Avant toute chose, il fallait procder de longues et minutieuses enqutes lexicographiques, autrement dit dpouiller le maximum de textes de construction de toutes poques relatifs aux autres sites dgypte 1. Il fallait du temps aussi ; le temps de dbusquer nos ides reues, fatalement acquises durant toute formation, les plus viciatrices tant, bien sr, les plus familires, surtout les sduisantes, naturellement. Lt 1991, de retour dun sjour de dix ans ltranger, parfois trs loin de toute bibliothque gyptologique digne de ce nom (ainsi au Niger, de 1982 1984) handicap lgrement compens par un fonds de livres offert par notre mcne (1973-1979), Madame Anne GrnerSchlumberger, qui nous ddions ce livre, faute de pouvoir la remercier de vive voix

1 Nous pressentions dj quil fallait prendre le contre-pied de la mthode traditionnelle parfaitement illustre par le trs prcieux

ouvrage de P. Spencer, 1984 consistant appliquer aux autres sites dgypte ce que lon croyait enseign par Karnak.

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Le grand livre de pierre

puisquelle est dcde en 1993 nous envisagemes enn, sur les amicales pressions de collgues amricains, de publier ce travail. compte dauteur, naturellement. Ce qui sest avr impliquer la cration dun cours priv. En 1995, contact tait repris avec le CFEETK, en la personne de lun de ses nouveaux directeurs : Nicolas Grimal, retrouv au Congrs de Cambridge. Notre projet de publication recevait tout son appui. Et pour commencer, une premire mission nous tait accorde. De retour de cette mission de quatre semaines en dcembre 1996-janvier 1997, nous tions convaincue de la ncessit de modier la formule de copie des textes. Dans la premire version, se cotoyaient fac-simils (daprs photographies destampages au latex), calques de fac-simils dautrui, copies la manire de pour les textes de trs grand module (les architraves, par exemple) excluant les estampages, trop onreux, et, pour les objets dans les muses d...