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  • LA VILLE GALLO-ROMAINE

    CHATELET de Gourzon en Haute-Marne

    TOME 1

    Les Fouilles de p.-C. GRIGNON au XVIIIO Sicle

    Textes prksentks

    par Louis LEPAGE

    Mitions du CERPHM 15, avenue Benoft-Frachon

    SAINT-DIZIER 1990

  • Pub1 s du Centre d9Etudes et de Re hes de Prhistoire Haut-Marnaise

    Cahier N' 1. La ncn~pole mrJrovingienne de Saint-Blin.

    Cahier N' 2. Le camp de. la Vergentiere a' Cohons, Fouilles 1964.

    Cahier N' 3. Le Lamp de la Vergentire Cohona, tude odontologiquc des dolmens 1 & 2.

    Cahier N' 4. La collection Lallemand au Mus& de Saint- Dizier.

    Cahier N' 5. Le camp

  • AVANT-PROPOS

    La "Mon~agrie du Chrrlet" est situe dans la partie nord du departement de la Haute-marne. Elle couvre vingt-deux hectares situes sur les communes de Gourzon, Laneuville h Bayard et Fontaines-sur-Marne. L'ensemble a et6 class Monument historique. Les premires fouilles furent entreprises en 1772 et poursuivies jusqu'en 1774. Des subventions octroyees par le Roi permirent I'execution de ces travaux. Les fouilles cesserept cette annee la, a la suite d'une visite d'un prince de Rohan qui trouva les ruines insignifiantes. Pierre-Clement Grignon, mattre de Forge Bayard, publia le resultat de ses travaux dans deux "bulletins" qui parurent presque immediatement. "Trentes rues, un grand temple, dix huit aedicules, cent vingt huit maisons, soixante trois caves, quarante deux citernes, soixante treize puits, deux fours de otier, une fosse de fonderie pour les P metaux, quatre conduites d'eau en pierre et en bois, deux p aces spacieuses et un vaste batiment pour les bains publics" : tel est l'inventaire la Prvert, donne par Grivaud de la Vincelle. Un "Dis Pater" en bronze et une inscription votive au dieu Oumiorix sont au Louvre, tandis qu'un jupiter h la Roue, une Venus et un Hercule sont conserves au Museee des Antiquites Nationales. Grignon composa un manuscrit de 168 dessins et lavis en neuf cahiers, il comptait faire une publication exhaustive de ses travaux. Ce manuscript etait en possession de M. Bordier en 1876, qui le presenta une seance de la Societe des Antiquaires de France. Le cabinet de Grignon fut rachete a rs son deces par I'abbe de Tersan, qui en dessina une partie en vue d'une publication. Ce fut rivaud de la Vincelle qui acheva l'oeuvre commencee et qui publia 130 planches en 1819.

    cP En 1820, le chevalier E. Durand acquit en vente publique la collection de I'abbe Campion de Tersan. II en fit don en 1825 au Musee du Louvre. Par la suite, des fouilles furent executees et relatees avec plus ou moins de methode ar l'abbe Phulpin, Pothier, l'abbe Gelin, I'abbe Fourot, les frres Colson, Paul et Regis, /' e docteur Chaussinand etc ... Sans compter les innombrables fouilles sauvages de ces demitres annees. Les vestiges conserves se trouvent dans les musees de Langres (collection Colson), de Saint-Dizier (fouilles Gelin et Fourot), de Chaumont, une partie des objets decouverts par Grignon se trouvent compris dans les collections des musees du Louvre h Paris et des Antiquites Nationales Saint-Germain-en-Laye. Les textes ecrits, sur les fouilles realises sur le ChAtelet, sont abondants et de qualite inkgale. On

    trouve de nombreuses redites, toutefois il s'agit d'une masse de documents irremplaable pour iI'etude de I'archtologie champenoise. Ces documents sont maintenant tous hors commerce et il est quasi exceptionnel de les trouver chez les bouquinistes ou les antiquaires. Dans le tome premier, nous avons reedite les deux premiers "bulletins" de Grignon aux-quels nous joignons les planches publiees en 1819 par Grivaod de la Vincelle. Cet ouvrage resulte de I'idee premiere de Grignon mais sa mort l ge de 61 ans n'a pas permis la realisation de ce rojet. Une biographie de Grignon que nous avons publiee rkcemment dans les Memoires de la

    Eociete Academique de la Marne, dont Grignon fut menbre, precde ces textes. Dans cette edition, nous nous sommes permis de rectifier l'orthographe des textes formant les deux bulletins de Grignon. Nolis n'avons pas touche au texte lui-meme , bien que certaines formulations soient desuettes et difficilement compr~hensibles de nos jours. Quel ues sous-titres ont 13.5 ajouts A ceux du texte de Grignon pour en faciliter la lecture. Par ail 9 eurs certaines attributions d'objets ou de divinites soient totalement erronees. A titre d'exemple, nous citerons

  • qu'une hipposandale a t prise pour un porte-lampe. Il va de soi que le lecteur fera ses interpretations personnelles. Pour ce qui est de l'outillage en fer, nous pouvons apporter un important coefficient de confiance aux attributions de Grignon, sa profession de maftre de forge fait de lui un specialiste dans ce domaine. Nous avons jug utile d'tablir un index dtaill, accompagne d'une liste des planches et de l'inventaire, se rapportant au Chtelet, des bas-reliefs, statues et bustes de la Gaule romaine publi par le colonel Esprandieu. II ne fait aucun doute que ces annexes rendront de grands services aux chercheurs. II convient de signaler que le texte de Grivaud de la Vincelle est bien incomplet comme il apparaPt ici. La suite du dveloppement devant accompagner les planches de cet album n'est jamais paru. Les prochains tomes, dont nous envisageons l'dition, contiendront les travaux raliss sur le Chtelet au cours des XIXeme et XXeme siecles. Il s'agit de s qui ont prcd la date de parution des diffrents articles et parfois de c C'est en hommage 2 tous ces chercheurs disparus que nous publions ces textes.

    L.L.

    Nota : Dans ce volunie, les planches de l'album de Grivaud de la Vinceiie ont etc reduites avec un coefficient de 0,7 %. Il convient d'utiliser ce rapport avant de se servir des echelle ou pour rktablir les dimensions relles des objets presques tous graves a l'chelle 1/1.

  • Pierre-Clkment GRIGNON "Archologue du XVIII sic1e"l

    Par

    Louis LEPAGE

    C'est Samt-Dizier que naquit Pierre-Cl6mnt. le 24 aodt 1723, de Pierre Grignm, chevin de la ville et Marie-Anne Marisy. La famille Grignon tait dj tahlie Saint-Dizier en 1642.

    1 De sa jeunesse nous ne savons que pzu de choses : il eut Rouelle comme maftre et w u e n t a son laboratoire jusqu'en 1744, anne o il se mine Saint-Dizier, avec Mane-Reine Mathieu, fille de Jean-Baptiste Mathieu, chevin, et de Pimette Bouland, habitant 3, rue des Jardiniers. ActueUement, rue. Robert-Dehaut (nouveUe dnomination), au p' 3, se trouve une belle maison bourgeoise du XVIII' sihle. Le heurtoir a t dat de 1746. Est-ce la maison Mathieu?

    Ap2s avoir voyag dans plusieuia pro\ inceh pour y ohserver la nature et les arts, Grignon devint matre des forges de Bayard et niarchand de hoia en grch pour la probision de Paris.

    II travaille de nomhreuss ~nncs, puia se met ~nre, tout d'abord sur la mtallurgie, les sciences naturelles; il tentera alors l'aventure archlogiyue

    l i ~ C'tait un ami de Buffoii qui voyait en lui ' u n homme intelligent et probe". L II sera galement matre dys forges de Tonance (sic) et on lui attribue aussi la direotion des forges NrowiUe et . .

    Souppes (sic) (1775- 1786) .

    I

    I 1 Ce texte a fait I'ohjet d'une premi2rc puhliation parue dans les mmoires de la S w i M d'Agriculture, commerce, Sciences et Arts di1 d2partement de la Marne, tome CIII, anne 1988, p. 193-209.2 pl. h.t. sous le. titre Piem-Clment Grignon, memhrz dc la Socit6 Littraire devenue Acadbmie de Chlons, "archologue du XVIII' si2cle.

    2 Rouelle Guillaume (1703-1770) Chimiste. Avait le gnie de taire penser: il fut galement mathe de Lavoisier.

    3 Arch. na!. , F 12 1303 et 1304. N&rouville et Souppes-sur-Lomg ( Seme-et-Mamr /. On peut s'ti~nner de la date de 1786, postrieure de dellx an% au dcs de Grignon. il y a pu avoir conlusion avec Ongnon fils qui fut gbrant des forges de Button (1774- 1777) et s'intressa, en 1785, aux minea de hulaincourt (Arch. nat., F 14 7792, doss. Haute-Marne, soua- dossier 4.)

  • Biographie de P.C. GRIGNON Louis LEPAGE

    GRIGNON ENCYCLOPEDISTE

    Grignon tait membre comspondan 1' Acadmie des Jnsnptions et Belles Lettres de Pans (cette demiare s'est scindb pour devenir l'Acadmie Franaise et !'Acadmie des inscriptions et Belles Lettres de I ' Institut de France). II tajt galement membre associ de la Socit Littraire de Chlons puis de 1'Acadmie de Chlons et de celle

    F . Comme sa biographie le montre, Grignon ne s'est pas content d'tudes archologiques. C'tait avant tout un mtallurgiste passiorn par l'art des forges. En ce domaine ii a des ides de prcurseur; il essaie de pallier an manque d'ouvrages de rfrences par une sne d'articles et de communications qui en font l'un des meilleurs spcialistes de son poque. Bien que bon nom n'apparaisse pas dans l'Encyclopdie de Diderot et d'Alambert, il a patticipe g son laboration, en commentant notamment une grande parhe des planches sur la sidrurgie. Il tait ami de Bouchu et de Buffon, tous deux matres de forges. Ses comptences en la matire seront d'ailleurs monnues : il sera nomm inspecteur gnral des Manufactures B fer du royaume.

    Grignon, cologiste, s'inquihte de la consommation de charbon de bois qui induit une deforestation importante (61.284 hectares annuels). II propose des modifications de hauts foumeaux et en sxpCrimente un, en 1761, "qui si il tait gknralis8, permettrait une konomic unnuelle, pour la Champagne, de @ois cent cinquante arpents da bois de ving

  • Biographie de P.-C. GRIGNON Loub LBPA(IG

    Notre auteur aborde vraiment toutes les branches de la science, puisqu'il dcrit, le premier, la parasitose du aapaud par le diptre Lucilia bnfonivora Moniez. II tait encore des observations sur des &maux anormaux ou des infeotions diverses. Gkiralement toutes ses constatations sont rapportes l'Acadmie des Sciences. Si, dans bien des cas, il ne rela