Medievales - Num 18 - Printemps 1990

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    L'association ENT'REVUES organise la quatrime Quinzaine de la Revue, du 7 au 24 mai 1990, qui comportera principalement :

    - des manifestations autour des revues dans des librairies et des biblio- thques de toute la France.

    - L'organisation du premier Salon de la Revue, les 12 et 13 mai, dans la grande Salle vitre (1000 m2) de l'cole des Beaux Arts Paris, 14, rue Bonaparte. Il runira environ 200 revues franaises et trangres de posie, de littrature, de sciences humaines et d'ides. Des dbats, tables rondes, signatures animeront cette manifestation. Les revues y seront prsentes avec leurs fonds. Une vente de revues anciennes aura lieu cette occasion.

    Pour tout renseignement et dossier d'inscription : Franoise Dufournet ou Andr Chabin Ent'revues 45 rue de l'Abb Grgoire 75006 Paris

    (1) 45 48 76 83

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  • MDIVALES

    Revue semestrielle publie par les Presses Universitaires de Vincennes-Paris VIII avec le concours

    du Centre National de la Recherche Scientifique et du Centre National des Lettres

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    DanelleP REGNlSf-BOHLER fll- Bernard ROSENBERGER

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    ^monn^ABRAHAM-THISSE |

    Franois JACQUESSON KRL I Bruno LAURIOUX BW / .1 MJTOp^MgS Laurence MOULINIER WBJJm ^V . Odile REDON

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    LadTiORDYNSKY-CAILLAT

    Les manuscrits, dactylographis aux normes habituelles, ainsi que les ouvrages pour comptes rendus, doivent tre envoys :

    MDIVALES Presses Universitaires de Vincennes Universit Paris VIII 2, rue de la Libert, 93526 Saint-Denis Cedex 02

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  • SOMMAIRE N 18 PRINTEMPS 1990

    ESPACES DU MOYEN AGE

    Un problme d'histoire culturelle : perception et reprsentation de l'espace au Moyen Age

    Patrick GAUTIER DALCH 5

    Perception et exploitation d'un espace forestier : la fort de Bre- teuil (xic-xve sicles)

    Mathieu ARNOUX 17

    Plurima Orbis Imago . Lectures conventionnelles des cartes au Moyen Age

    Pascal ARNAUD 33

    Entre l'espace ptolmaque et l'empirie : les cartes de Fra Mauro Wojciech IWACZAK 53

    L'espace nubien et thiopien sur les cartes portulans du XIVe sicle

    Bertrand HIRSCH 69

    ESSAIS ET RECHERCHES

    Rhtorique et testaments : formes antrieures de l'utopie ? (2e partie)

    Denis HE 93

    Temps, lieux et espaces. Quelques images des XIVe et XVe sicles Christine LAPOSTOLLE 101

    Notes de lecture 121

    Cahiers de Fanjeaux n 22, Raymond Lulle et le pays d'Oc (D. Lett) ; Dominique Iogna-Prat, Agni Immaculati . Recherches sur les sources hagiographiques relatives Saint Maieul de Cluny (G. Buhrer-Thierry) ; Chiara Frugoni, Francesco. Un'altra storia (A. Boureau).

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  • Mdivales 18, printemps 1990, p. 5-15

    Patrick GAUTIER DALCH

    UN PROBLME D'HISTOIRE CULTURELLE : PERCEPTION ET REPRSENTATION

    DE L'ESPACE AU MOYEN AGE

    En 1987, l'occasion de l'exposition Age of Chivalry , la grande mappemonde jusque-l conserve en la cathdrale de Hereford fut expose la Royal Academy of Arts de Londres. Par sa taille et par le nombre de ses vignettes, elle attirait l'attention des visiteurs qui se pressaient devant elle. Qui connaissait l'objet ne pouvait man- quer d'observer plutt les ractions de la foule, o dominait un int- rt fait d'amusement attendri devant la navet de l'iconographie, et de curiosit pour l'aspect aberrant du dessin des continents et des pays.

    Face aux monuments de la gographie et de la cartographie mdi- vales, la plupart des doctes n'ont pas une attitude bien diffrente1. L'histoire des reprsentations spatiales du Moyen Age continue vhi- culer quelques lieux communs sculaires qui, pour l'essentiel, remon- tent aux Lumires, et dont l'histoire sera d'ailleurs intressante crire quelque jour. Au mieux, les uvres qui ont l'espace de V orbis terra- rum pour objet sont prises pour des catalogues de curiosits permet- tant de dfinir et d 'illuster la culture ou la mentalit mdivale2. Dans le domaine des connaissances gographiques, elles

    1. Il convient d'carter de ce jugement certains travaux : ceux de Anna-Dorothe von den BRiNCKEN, notamment l'utile synthse rcente : Kartographische Quellen. Welt -, See- und Regionalkarten (Typologie des sources du Moyen Age occidental , fase. 51), Turnhout, 1988, ainsi que la plupart des tudes concernant le Moyen Age rassembles dans J.B. Harley, D. Woolward, The History of Cartography, t. I, Chicago, 1987 ; J. -G. Arentzen, Imago mundi cartographica. Studien zur Bildlichkeit mittelalterlicher Welt- und kumenekarten unter besonderer Bercksichtigung des Zusammenwirkens von Text und Bild , Munich, 1984, ( Mnstersche Mittelalter-Schriften , Bd. 53). 2. L exemple le plus rcent est donn par l'ouvrage de A.J. Gourevitch, Kate- gorii srednevekovoj kul'tury , Moscou, 1972, p. 33 sqq. (trad, franaise Les catgories de la culture mdivale , Paris, 1983, p. 38 sqq.), dont les prsupposs thoriques,

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    seraient caractrises par la prminence du symbolique et de l'imagi- naire. Au pire, et c'est le jugement le plus courant, on continue reprocher aux auteurs mdivaux d'tre des gographes de cabinet , qui se bornent recopier les textes de l'Antiquit et refusent de regar- der le monde qui les entoure.

    Ce mpris persistant ne laisse pas d'tonner. D'abord, parce que le grand nombre des textes qui le contredisent devrait inciter y regar- der d'un peu plus prs. Surtout, parce que l'abandon d'une certaine ingnuit dans d'autres secteurs de la recherche historique aurait d porter mettre en doute la pertinence d'une telle attitude. Gogra- phes de cabinet ? Mais on ne sache pas que le Moyen Age ait tou- jours privilgi, dans quelque autre discipline que ce soit, le recours l'autopsie, l'observation directe et attentive de la ralit : d'un mot, il est vain de demander aux auteurs du Moyen Age des rsul- tats qui ne se peuvent concevoir qu'aprs Galile et Descartes. Et quelle ralit ? Notre notion courante de la ralit n'est gure qu'une illusion, fonde sur les russites de la science et des techniques et sur les reconstructions implicites qu'elles dterminent3. Prenons l'exem- ple de la carte gographique. Il est certain qu'une carte routire nous permet de nous dplacer d'un point un autre, et qu'il semble donc y avoir une adquation parfaite entre la ralit et sa reprsentation. Mais on a trop souvent oubli que, plus que tout autre objet, la repr- sentation cartographique est fonde sur la convention, et que cette convention est trs rarement perue4. Cette observation ne vaut d'ail- leurs que pour autant que l'on ait appris lire la carte, capacit qui, comme on sait, est assez peu partage5.

    Le thme qui fait l'objet de ce dossier a suscit une norme lit- trature. Elle est souvent rptitive, l'essentiel, dans le domaine des tudes monographiques, ayant dj t crit au XIXe sicle. Il ne faut pas hsiter affirmer que la plupart des travaux qui se bornent dcrire telle ou telle partie du monde en tant qu'elle se reflte dans la littrature et dans la cartographie, ou encore le contenu informatif de telle ou telle uvre, n'ont strictement aucun intrt. La tche, aujourd'hui, est triple. Il faut chercher et diter les textes qui dor-

    mlange de Kant et d'Althusser qui reprsentaient sans doute le point extrme de la modernit permise dans PU.R.S.S. des annes 1970, sont eux-mmes dignes d'une lec- ture ethnologique.

    3. Le caractre scandaleux de cette affirmation n'est d qu' la persistance, sp- cifique la France, d'une thorie inductiviste qui mconnat les dveloppements de la philosophie des sciences postrieurs Poincar.

    4. Une experience grossiere, mais instructive, consiste a demander au premier venu si la Corse est plus proche du littoral franais ou des ctes italiennes. Le choix gn- ral de la premire rponse vient de l'habitude de reprsenter l'le dans un carton situ en bas et droite de la carte de France.

    5. Que la carte soit aujourd'hui prise pour du rel, on en aura une autre preuve dans le fait que certains n'hsitent pas crire, par exemple, que le Nil s'coule du nord au sud, erreur d'ailleurs impensable au Moyen Age, et qui provient, l'vidence, de l'orientation au nord des cartes modernes.

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    ment encore, inconnus, dans les manuscrits ; beaucoup sont suscepti- bles de remettre en cause les ides reues. Il faut raliser des mono- graphies, mais en s' appuyant sur la connaissance prcise et de pre- mire main des espaces considrs6. Il faut enfin avoir conscience des questions souleves par des textes d'apparence trop nave pour que Ton continue reproduire leur contenu, sans autre rflexion. Ces ques- tions sont d'ordre pistmologique, et relvent, non pas de l'histoire de la gographie, discipline assez vieillie, mais plus gnralement de l'histoire de la culture et des techniques intellectuelles.

    Les articles ici runis corrigent par l'exemple la vision rductrice que l'on vient de dnoncer, tout en posant quelques problmes fon- damentaux d'une vritable histoire des reprsentations gographiques mdivales, encore largement terra incognita. On les passera rapide- ment en revue en les regroupant sous trois rubriques. D'abord, le pro- blme du passage la reprsentation cartographique, partir de la perception des espaces concrets. Ensuite, la nature et l' utilisation des cartes mdivales. Enfin, le rapport de la culture liv