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NOTE DE SYNTHÈSE

NOTE DE SYNTHÈSE - IMAGES MENA · accrue auprès des responsables politiques et de la société civile au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENA). ... 2 Les données concernant

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    NOTE DE SYNTHSE

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    PROPOS DE LENQUTE LEnqute internationale sur les hommes et lgalit des sexes Moyen-Orient et Afrique du Nord (IMAGES MENA) repose sur des tudes quantitatives et qualitatives menes auprs dhommes et de femmes dune tranche dge allant de 18 59 ans qui vivent en gypte, au Liban, au Maroc et en Palestine. Les partenaires de recherche locaux ayant particip cette enqute sont : (1) en gypte : El-Zanaty and Associates ; le Social Research Center de lUniversit amricaine du Caire (AUC) ; (2) au Liban : Connecting Research to Development (CRD) ; lABAAD ; (3) au Maroc : lAssociation Migration Internationale (AMI) ; Rajaa Nadifi (chercheuse indpendante) ; Galle Gillot (chercheuse indpendante) ; (4) en Palestine : lInstitute of Womens Studies, lUniversit de Beir Zeit.

    Lenqute multipays et sa diffusion ont t coordonnes par Promundo et ONU Femmes, sous lgide du Programme rgional dONU Femmes Hommes et femmes pour lgalit des sexes (Men and Women for Gender Equality) financ par lAgence sudoise de coopration internationale au dveloppement (ASDI), avec le soutien supplmentaire de la fondation Arcus Foundation, du ministre des Affaires trangres des Pays-Bas (par le biais de Prevention+), lInstitut des tats-Unis pour la paix ( United States Institute of Peace) et le Dpartement dtat amricain, en partenariat avec lONG Vital Voices et la Fondation Oak.

    PROPOS DE LENQUTE IMAGES LEnqute internationale sur les hommes et lgalit des sexes (IMAGES) [International Men and Gender Equality Survey (IMAGES)] est une tude multipays complte portant sur les ralits, les pratiques et les attitudes des hommes au regard des normes de genre, des politiques en matire dgalit des sexes, de la dynamique entre les sexes dans les mnages, de la prise en charge familiale et de la paternit, la violence inflige par un partenaire intime, de la diversit sexuelle et des impacts du stress sur la sant et lconomie, entre autres sujets. Promundo et le Centre international de recherche sur les femmes (ICRW - International Center for Research on Women) ont cr lenqute IMAGES en 2008. En 2017, lenqute IMAGES avait t mene dans plus de 30 pays, y compris la prsente enqute, qui porte sur quatre pays. Dautres tudes de partenaires, sinspirant dIMAGES, ont t conduites en Asie par le Programme des Nations Unies pour le dveloppement (PNUD), le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et dautres partenaires. Lenqute IMAGES porte tant sur les femmes que sur les hommes et cible gnralement des personnes interroges de 18 59 ans.

    PROPOS DES AUTEURS Promundo-US et ONU Femmes ont coordonn lenqute en partenariat avec les bureaux de pays dONU Femmes en gypte, au Liban, au Maroc et en Palestine.

    Les opinions exprimes dans la prsente publication sont celles des auteurs, et ne reprsentent pas ncessairement les points de vue des Nations Unies, y compris ceux dONU Femmes ou des tats Membres de lONU

    RFRENCE RECOMMANDE : S. El Feki, B. Heilman et G. Barker, d. (2017) Understanding Masculinities : Results from the International Men and Gender Equality Survey (IMAGES) Middle East and North Africa : Executive Summary. [Comprendre les masculinits : rsultats de lenqute internationale sur les hommes et lgalit des sexes - (IMAGES)] Moyen-Orient et Afrique du Nord : note de synthse . Le Caire et Washington, DC : ONU Femmes et Promundo-US.

    ONU Femmes et Promundo-US, 2017.

    Cette note de synthse, actualise le 15 mai 2017, a t produite pour et prsente lors de la Confrence rgionale sur les masculinits dans le monde arabe: Trajectoires vers la paix et lgalit des sexes. Veuillez consulter le rapport complet et les rsultats de lenqute sur le site : www.imagesmena.org

  • Comprendre les Masculinits :

    ONU FemmesPromundo-US

    2017

    NOTE DE SYNTHSE

    Rsultats deLENQUTE INTERNATIONALE SUR LES HOMMES ET LGALIT DES SEXES (IMAGES)[INTERNATIONAL MEN AND GENDER EQUALITY SURVEY - IMAGES]MOYEN-ORIENT ET AFRIQUE DU NORDlEgypte, le Liban, le Maroc, la Palestine

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    NOTE DE SYNTHSE

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    1. Aperu

    Ces dernires annes, les droits et les conditions des femmes et des filles ont suscit une attention accrue auprs des responsables politiques et de la socit civile au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENA). Malgr cet intrt, peu dtudes ont t menes sur les attitudes et les pratiques des hommes concernant leurs relations avec leur conjointe et leurs perspectives sur lgalit des sexes.1 Comme lindiquent cette enqute et beaucoup dautres, ce sont les hommes qui dominent ou contrlent frquemment les prises de dcisions dans les mnages, dans les espaces politiques et de leadership, et dans la vie quotidienne des femmes et des filles ; et pourtant les connaissances dont on dispose sur la nature systmatique des attitudes et pratiques masculines dans ces domaines sont encore relativement limites.

    Lenqute internationale sur les hommes et lgalit des sexes (IMAGES) dans la rgion MENA a t conue et mene afin de pouvoir combler ce dficit de connaissances. Plus prcisment, lenqute cherche rpondre aux questions suivantes : O en sont les hommes en matire dgalit des sexes dans la rgion MENA ? Comment les hommes de tous ges ainsi que les hommes jeunes par rapport leurs homologues plus gs, ragissent-ils face lamlioration progressive, mais significative de la position des femmes et des filles dans la rgion ? Quelle est lincidence des pressions politiques et conomiques, et leffet du Printemps arabe, sur les ides concernant la masculinit ? En rsum, que signifie le fait dtre un homme au Moyen-Orient et en Afrique du Nord en 2017, et pour lavenir ?

    Lenqute examine les attitudes et les pratiques des hommes et des femmes portant sur un ensemble de questions majeures, dont le soutien lgalit des sexes, le soutien aux politiques en faveur des droits des femmes, les prises de dcisions dans les mnages, le recours diverses formes de violence fonde sur le genre, la participation des hommes la prise en charge familiale et aux tches mnagres, les vulnrabilits selon le sexe en matire de sant, le stress li lemploi, la scurit physique et des conditions de vie difficiles, ainsi que lenfance, entre autres.

    2. Mthodologie

    IMAGES MENA repose sur des enqutes menes auprs denviron 10 000 hommes et femmes de 18 59 ans, qui vivent en gypte, au Liban, au Maroc et en Palestine, tant dans les zones urbaines que rurales (ainsi que dans les camps de rfugis, le cas chant). Tous les pays ont suivi une mthodologie dchantillonnage en grappes stratifi plusieurs degrs. Les taux de rponse taient levs (environ 90 pour cent ou plus) dans les quatre pays. Pour ce qui est du Liban et de la Palestine, les chantillons sont reprsentatifs lchelle nationale. En ce qui concerne lgypte et le Maroc, des rgions spcifiques de ces pays ont t slectionnes ; les chantillons reprsentent ces rgions de manire gnrale au sein de chaque pays. 2 Les donnes concernant lgypte, le Maroc et le Liban ont t saisies sur des appareils informatiques portatifs, et celles concernant la Palestine, sur des questionnaires imprims. La collecte des donnes a eu lieu entre avril 2016 et mars 2017.

    1. Pour consulter les dfinitions quONU Femmes confre lgalit des sexes et aux divers termes et expressions lis au genre qui figurent galement dans ce rapport, accdez au site : http://www.unwomen.org/fr/digital-library/publications/2015/02/gender-mainstreaming-issues

    2. Au Maroc, lenqute a t mene dans sept provinces et prfectures centres autour de Rabat : Rabat intra-muros, Sal, Knitra, Skhirate-Tmara, Khemisset, Sidi Kacem et Sidi Slimane. En gypte, lchantillon couvrait les emplacements suivants : Le Caire, Menufeya, Sharkia, Sohag et Beni Suef.

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    IMAGES MENA en bref : gypte, Liban, Maroc et Palestine Tranche dges : hommes et femmes de 18 59 ans vivant dans des zones urbaines et rurales,

    reprsentatifs de la dmographie nationale respective des pays slectionns.

    chantillon total : 9 767 personnes interroges 4 830 hommes et 4 937 femmes.

    Traduction, adaptation et application de lenqute : le questionnaire a t traduit dans des dialectes locaux arabes et a fait lobjet dessais pilotes dans les quatre pays. Des sujets complmentaires ont t ajouts au questionnaire principal sur la base des recommandations des partenaires de recherche locaux. Les donnes concernant lgypte, le Maroc et le Liban ontt saisies sur des appareils informatiques portatifs, et celles concernant la Palestine, sur des questionnaires imprims.

    Priode de collecte des donnes : avril 2016 mars 2017.

    Analyse des donnes : les donnes ont t analyses laide des logiciels Statistical Package for the Social Sciences (SPSS) et Stata.

    Recherches qualitatives : dans chaque pays, des recherches qualitatives ont t menes sparment sous forme de discussions de groupe et dentretiens individuels en vue de cartographier et danalyser les questions concernant les masculinits selon les diffrents contextes et pour trianguler les rsultats de lenqute.

    Limites : la longueur du questionnaire faisait partie des raisons mentionnes par les personnes qui ont refus de participer lenqute dans certains contextes. Le degr de sensibilit des questions concernant certains sujets dont la violence et la sexualit a galement pos des difficults pour les quipes de recherche. Mme si lenqute IMAGES sappuie sur plusieurs annes dexprimentation de mesures visant minimiser les prjugs sur la dsirabilit sociale et encourager les hommes et les femmes se sentir laise pour rpondre des questions dlicates, il sagit l daspects problmatiques que lon rencontre dans toute enqute portant sur de tels sujets.

    GYPTE MAROC LIBAN PALESTINE

    Hommes 1 380 1 200 1 050 1 200

    Femmes 1 402 1 200 1 136 1 199

    TOTAL 2 782 2 400 2 186 2 399

    TABLEAU A Tailles des chantillons

    Pour plus dinformations sur la mthodologie complte et les dtails de lenqute, consultez le rapport complet figurant sur le site : www.imagesmena.org

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    3. Rsultats dans lensemble des pays

    Lenqute IMAGES MENA est la premire tude de ce genre dans la rgion arabe adopter une perspective comparative globale sur la vie des hommes en tant que fils, maris et pres, chez eux et au travail, dans la vie publique et prive permettant de mieux comprendre comment ils peroivent leur statut dhomme ainsi que leurs attitudes et actions envers lgalit des sexes. Il est tout aussi important de noter quIMAGES prsente les perspectives des femmes sur ces mmes sujets. La richesse des rsultats quantitatifs et qualitatifs de lenqute (dont une partie figure dans ce rapport, et qui sont galement prsents plus en dtail dans des rapports nationaux complmentaires publis sparment) complte un nombre croissant dtudes portant sur les hommes et les masculinits dans la rgion arabe.

    Les rsultats dIMAGES MENA ne sattardent pas sur les strotypes et les prjugs qui caractrisent trop souvent les perceptions extrieures sur les hommes et les femmes dans la rgion arabe, et qui occultent la complexit de la dynamique des identits de genre et des relations entre les sexes dans la rgion. Les quatre pays couverts dans cette premire phase de lenqute IMAGES MENA lgypte, le Liban, le Maroc et la Palestine sont divers, reprsentant chacun un contexte politique, conomique et social particulier qui est essentiel aux analyses par pays prsentes dans le rapport complet. Cette diversit renforce les rsultats de lenqute, qui rvlent un vaste ventail, la fois lintrieur et entre les pays, des perceptions que les hommes et les femmes ont sur la faon dont voluent actuellement les rles et les droits lis au genre dans leur propre vie et dans le monde qui les entoure.

    Une majorit des hommes interrogs dans les quatre pays soutient une grande varit dattitudes traditionnelles ingalitaires. Toutefois, une minorit non ngligeable un quart ou plus des hommes interrogs dans chaque pays se montre favorable au moins certains des aspects de lgalit et de lautonomisation des femmes. Ces hommes remettent en question la violence lgard des femmes, ils sont daccord avec certaines lois qui protgent les droits des femmes, soutiennent les femmes occupant des postes de direction et, souvent, ils souhaiteraient consacrer plus de temps la prise en charge de leurs enfants. Un grand nombre dhommes interrogs ainsi que plusieurs femmes prsentent un mlange dattitudes et de pratiques aussi bien galitaires quingalitaires. Cela dit, trop dhommes dans la rgion continuent de dfendre des normes qui perptuent la violence lgard des femmes ou qui les confinent des rles conventionnels, et la faon dont ils manifestent ces attitudes est prjudiciable, non seulement pour les femmes et les enfants, mais aussi pour eux-mmes. Le chemin sannonce long et sem dembches avant que la plupart des hommes et un grand nombre de femmes galement parviennent accepter pleinement lgalit des sexes dans tous les domaines.

    Malgr tous ces dfis, les voies du progrs sont de plus en plus videntes. Les recherches qualitatives menes dans le cadre dIMAGES MENA mettent lhonneur des hommes et des femmes qui sortent des sentiers battus. Malgr la prvalence des attitudes et des pratiques ingalitaires des hommes dans les quatre pays, ces recherches prouvent clairement lexistence dhommes et de femmes depuis ceux qui font partie de llite aux plus marginaliss dont les expriences de vie dmontrent que lgalit des sexes est possible. En effet, leurs voix affirment que lgalit des sexes nest pas une importation de ltranger , mais plutt quelle peut merger des socits elles-mmes, si toutefois les circonstances sont favorables.

    Les principaux rsultats de lenqute, numrs par thme majeur, sont prsents ci-aprs :

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    Deux tiers trois quarts ou plus des hommes soutiennent lide selon laquelle le rle le plus important dune femme est de soccuper de la maison.

    DES FISSURES DANS LARMURE : LES NORMES DE GENRE ET LAUTONOMISATION DES FEMMES

    La plupart des hommes interrogs dans les quatre pays ont, pour lessentiel, des opinions ingalitaires quand il leur est demand de sexprimer sur les rles des femmes. Par exemple, deux tiers trois quarts ou plus des hommes soutiennent lide selon laquelle le rle le plus important dune femme est de soccuper de la maison. Bien souvent, les femmes intriorisent ces mmes opinions ingalitaires : environ la moiti ou plus des femmes des quatre pays adhrent cette ide. Par ailleurs, une grande majorit dhommes pense que leur rle est de surveiller et de contrler les mouvements des femmes et des filles dans leur mnage, une pratique que la plupart des hommes se rappellent avoir dveloppe ds leur enfance. Dans certains pays, la majorit des femmes non seulement affirme mais semble aussi mme accepter la tutelle que leur imposent les hommes ; alors que dans dautres pays les femmes remettent en cause cette ide, dans la thorie voire dans la pratique.

    Le taux de participation conomique des femmes dans la rgion MENA est lun des plus faibles au monde. Compte tenu de linstabilit conomique et des taux de chmage levs chez les jeunes (de 15 25 ans) que la rgion a connus ces dernires annes, il nest pas surprenant que trois quarts ou plus des hommes dans les quatre pays, et les femmes des taux trs similaires, soutiennent la priorisation des hommes par rapport aux femmes dans laccs lemploi. Les femmes sont encore largement dfinies tant par les hommes que par les femmes par leurs rles dpouses et de mres avant tout, plutt que par leurs accomplissements professionnels ou sur le lieu de travail.

    Pourtant, il y a des fissures dans larmure. Dans lensemble des pays tudis dans lenqute, environ la moiti des hommes ou moins pensaient quune femme marie devrait bnficier du mme droit de travailler quun homme. Dans le mme temps, une majorit dhommes dans les quatre pays accepterait que leur patron soit une femme et se disait dispose travailler dans des lieux intgrant la problmatique genre. Toutefois, cette acceptation est, en grande partie, thorique : il ressort de lenqute quun grand nombre dhommes dans la rgion soutiennent le travail des femmes en dehors du foyer condition semble-t-il quils demeurent les principaux soutiens de la famille et que leurs pouses continuent assumer la plus grande part des tches de prise en charge et de lorganisation de la vie familiale.

    Quels hommes sont les plus enclins soutenir lgalit des sexes ? De manire gnrale, les hommes plus riches, qui ont suivi des tudes suprieures, dont la mre est plus instruite et dont le pre excutait des tches mnagres traditionnellement rserves aux femmes sont davantage enclins adopter des attitudes galitaires du point de vue du genre. En gypte et au Maroc, les hommes issus des zones urbaines ont dmontr des attitudes un peu plus galitaires. En Palestine, en gypte et au Maroc, les attitudes des hommes jeunes et des hommes plus gs en matire de genre sont similaires, alors quau Liban, les hommes plus jeunes ont des opinions un peu plus galitaires.

    Dans prs de la moiti des pays o lenqute IMAGES a t mene (dans dautres rgions du monde), les hommes jeunes dmontraient des attitudes et certaines pratiques cls systmatiquement plus galitaires que celles de leurs homologues plus gs; ce qui na pas t le cas dans trois des quatre pays o sest droule lenqute IMAGES MENA. En dautres termes, au Maroc, en Palestine et en gypte, les opinions des jeunes hommes sur lgalit des sexes sont trs similaires ceux des hommes plus gs. Pourquoi les jeunes hommes dans les pays cibls par lenqute IMAGES MENA ne sont-ils pas aussi favorables lgalit de genre que ceux de nombreuses autres rgions du monde? Les raisons sont multiples et dpendent du contexte du pays concern. Un grand nombre de jeunes hommes dans ces trois pays indiquent avoir des difficults trouver un emploi et, de ce fait, il leur est difficile de se conformer limage socialement reconnue de lhomme soutien financier . Ces difficults peuvent se traduire par de vives ractions contre lgalit des sexes. Les avis ingalitaires des jeunes hommes peuvent galement dcouler dun climat gnral de conservatisme religieux

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    dans lequel la gnration de jeunes a atteint la majorit. Bien que dautres tudes menes dans la rgion aient tabli lexistence de tendances similaires et quelles aient prsent des facteurs similaires, des tudes complmentaires sont ncessaires pour examiner ce phnomne.

    Si les opinions des jeunes hommes ne semblent pas aboutir des perspectives galitaires du point de vue du genre dans la majorit des pays tudis, quels facteurs permettent dy parvenir ? Lducation ressort comme tant llment cl, tant pour les hommes que pour les femmes. linstar des hommes, les femmes plus instruites, dont les mres sont plus instruites et dont les pres excutaient davantage de tches traditionnellement fminines dans leur maison denfance taient gnralement plus enclines avoir des opinions galitaires. Contrairement aux hommes, les jeunes femmes dans chaque pays ont toutefois des opinions plus galitaires que leurs homologues plus ges. On peut donc en conclure que les jeunes femmes dans la rgion aspirent plus dgalit, mais que leurs homologues masculins ne partagent pas ou ne soutiennent pas de telles aspirations. Ces divergences entre les sexes se manifestent dans les espaces publics et privs dans lensemble des pays, avec dimportantes variations selon le pays.

    LES CYCLES DE LA VIOLENCE FONDE SUR LE GENREComme lont rvl dautres tudes, les femmes dans lensemble de la rgion sont frquemment victimes dactes de violence fonde sur le genre, en particulier sous forme de violence perptre par un partenaire intime et de harclement sexuel dans les lieux publics. Dans les quatre pays considrs, environ 10 45 pour cent des hommes ayant dj t maris ont dclar avoir recouru la violence physique contre une conjointe, et un nombre pratiquement identique de femmes ont affirm avoir t exposes ce type de violence. Sans compter les taux de violence motionnelle levs, tout aussi prjudiciables pour la vie des femmes : entre 20 et 80 pour cent des hommes reconnaissaient avoir dj inflig une forme de violence motionnelle leur pouse. Dans les quatre pays, de mme que dans dautres rgions du monde3, les hommes qui avaient vu leur pre recourir la violence contre leur mre, et ceux qui avaient subi une forme de violence la maison tant enfants sont considrablement plus enclins perptrer des actes de violence conjugale dans leurs relations dadultes.

    Les causes profondes de la violence fonde sur le genre dans ces pays, de mme que dans dautres rgions du monde, trouvent leur explication dans le pouvoir limit des femmes, les attitudes favorables la violence et les expriences trs violentes vcues pendant lenfance. Dans les quatre pays, la moiti trois quarts des hommes ont dclar avoir subi des violences physiques chez eux tant enfants, et deux tiers ou plus ont affirm avoir t soumis des violences physiques infliges par des enseignants ou par dautres lves lcole. Dans les quatre pays, les femmes avaient galement subi ce type de violence physique, mais des niveaux moindres que ceux des hommes.

    La violence que les hommes et les femmes ont vcue tant enfants mne la violence sur leurs propres enfants. Sur lensemble des quatre pays, 29 50 pour cent des hommes et 40 80 pour cent des femmes ont dclar avoir recouru une forme de punition physique ou dautres formes de violence lgard de leurs propres enfants. Les taux plus levs de punition physique inflige par les femmes contre leurs enfants sont clairement lis au fait que les femmes assument la majorit des tches de prise en charge familiale. La violence lgard des enfants diffre galement selon le genre : dans la plupart des pays, les pres ont tendance infliger davantage de punitions physiques leurs fils.

    Lautre forme de violence fonde sur le genre la plus prvalente dans la rgion est le harclement sexuel dans les espaces publics principalement sous la forme de remarques connotation sexuelle, dune traque/prise en filature ou de regards insistants. Entre 31 et 64 pour cent des hommes ont confi avoir dj commis de tels actes, et 40 60 pour cent des femmes ont affirm en avoir dj subi. Interrogs sur les raisons pour lesquelles ils ont commis une telle violence, la vaste

    3. Pour des informations complmentaires, veuillez consulter le site : http://openknowledge.worldbank.org/handle/10986/16694

    10% 45% des hommes ayant dj t maris ont dclar avoir recouru la violence physique contre une conjointe.

    La moiti au trois quarts des hommes ont dclar avoir subi des violences physiques chez eux tant enfants.

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    majorit des hommes jusqu 90 pour cent dans certains pays a indiquait quils lavaient fait pour samuser, et deux tiers trois quarts dentre eux ont reproch aux femmes de shabiller de manire provocante .

    Les hommes jeunes, les hommes plus instruits et les hommes qui ont subi des actes de violence tant enfants sont plus enclins pratiquer le harclement sexuel dans les espaces/ lieux publics. Les femmes plus instruites et celles qui vivent dans des zones urbaines ont davantage tendance indiquer quelles ont t victimes de telles violences. Cette constatation, selon laquelle davantage dhommes plus instruits sont plus enclins pratiquer le harclement sexuel (le taux le plus lev tant celui des hommes qui ont suivi des tudes secondaires, dans trois des quatre pays considrs) et que davantage de femmes plus instruites sont supposes avoir t davantage victimes dharclement sexuel mrite des recherches plus approfondies.

    QUI DTIENT LE CONTRLE ? LES PRISES DE DCISIONS DANS LES MNAGESLes femmes et les hommes dans les quatre pays ont dclar systmatiquement que ce sont les hommes qui prennent la plupart des dcisions majeures dans leur mnage, bien que, dans lensemble, ils ont affirm disposer dun pouvoir de dcision sur ces questions suprieur celui que les femmes leur reconnaissaient. En comparaison avec les hommes, les femmes ont dclar systmatiquement quelles avaient moins de contrle sur leur dcision de se marier avec la personne de leur choix et quand elles le souhaitaient, et que leur pre avait le dernier mot dans la plupart des cas. Mme si les hommes bnficient dune autonomie plus importante dans le choix dune conjointe, ils ont galement dclar subir une forte pression pour couvrir les cots croissants du mariage et pour subvenir aux besoins de leur famille, alors que les taux de chmage sont en hausse.

    Les hommes sattendent contrler les liberts personnelles de leur pouse, depuis leur tenue vestimentaire et leurs sorties jusqu la frquence de leurs rapports sexuels. Deux tiers 90 pour cent des hommes ont dclar exercer ces diverses formes de contrle, tat de fait que leurs femmes ont confirm.

    LA PATERNIT, LES TCHES MNAGRES ET LA PRISE EN CHARGE FAMILIALE En ce qui concerne les tches mnagres et la prise en charge des enfants, les attitudes se matrialisent en actions ou en absence dactions. La vaste majorit des soins quotidiens dispenss aux enfants et des autres tches dans le mnage est assure par les femmes, dans les quatre pays. Seulement un dixime un tiers des hommes ont dclar avoir rcemment accompli une tche conventionnellement plus fminine chez eux, tell que la prparation du repas, le nettoyage ou la toilette des enfants. Dans les quatre pays, les hommes dont le pre participait aux tches mnagres et de dispense de soins traditionnellement rserves aux femmes, ainsi que les hommes qui avaient appris accomplir ces tches tant enfants, taient bien plus enclins dclarer avoir contribu des tches de cette nature dans leur propre relation conjugale.

    Dans deux pays lgypte et le Liban il se peut que les femmes travaillant en dehors de chez elles incitent les hommes participer aux tches mnagres et de dispense de soins quotidiennes. Parmi la plus faible proportion (10 pour cent) dhommes en gypte dont lpouse travaille plein temps, 45 pour cent ont dclar participer aux tches domestiques, soit un taux bien plus lev que celui des hommes dont les femmes nont pas demploi. De mme au Liban, les hommes dont lpouse travaille plein temps ont dclar assumer davantage de tches mnagres. Il est possible que ces hommes taient dj prdisposs avoir des opinions plus galitaires (en acceptant que leur pouse travaille)

    Seulement un dixime un tiers des hommes ont dclar avoir rcemment accompli une tche conven-tionnellement plus fminine chez eux, telle que la prpar-ation du repas, le nettoyage, ou la toilette des enfants.

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    ou que les femmes travaillant en dehors de leur foyer poussent les hommes assumer davantage de tches mnagres. Quel que soit le cas, mme si les hommes dont lpouse travaille en dehors de leur foyer excutent une plus grande part des tches mnagres, les femmes actives continuent assumer un double fardeau.

    En revanche, les tendances en matire de paternit sont encourageantes. Plus de 70 pour cent des hommes dans tous les pays ont dclar se rendre au moins certaines des visites prnatales avec une pouse enceinte (bien que la participation des hommes puisse reflter un certain degr de contrle masculin et de tutelle patriarcale, outre lattention et la prvenance dont atteste une telle implication). Dans tous les pays tudis dans le cadre de cette enqute, la moiti des hommes ou plus ont dclar que leur travail les empchait de passer plus de temps avec leurs enfants. Par ailleurs, 40 pour cent ou plus des hommes interrogs dans les quatre pays ont affirm parler avec leurs enfants de questions personnelles importantes dans leur vie ; ceci dmontre une intimit motionnelle qui nest pas toujours associe au comportement masculin. Cela indique que la paternit pourrait permettre dimpliquer les hommes de la rgion dans la vie de leurs enfants de manire plus positive, galitaire et non violente et, en fin de compte, dans la promotion de lgalit des sexes.

    LES VULNRABILITS EN MATIRE DE SANT ET LE BIEN-TRE SELON LE GENREOutre les relations hommes-femmes, la dynamique familiale et la violence fonde sur le genre, lenqute IMAGES aborde des questions portant sur des problmes de sant spcifiques et compare les vulnrabilits des hommes et celles des femmes en matire de sant. Dans lensemble des quatre pays, la majorit des hommes (deux tiers trois quarts) et la moiti deux tiers des femmes ont dclar que leur tat de sant tait meilleur que celui des leurs homologues respectifs du mme ge. Dans les quatre pays, jusqu un quart des hommes fument, lun des principaux facteurs de maladie dans la rgion, avec des implications pour les hommes eux-mmes et pour les femmes qui sen occupent. Jusqu deux tiers des hommes qui fument estiment quils fument trop, et jusqu la moiti des hommes fumeurs dclarent quils ont dj eu des problmes de sant lis au tabagisme.

    Les hommes et les femmes ont fortement tendance prsenter des signes de dpression. De 35 52 pour cent des femmes ont rpondu un critre de dpistage des symptmes de dpression, tout comme 26% 38% des hommes. Les impacts des conflits et du chmage taient frquemment voqus comme contribuant, voire aggravant les symptmes de dpression chez les hommes. Les femmes comme les hommes rfugis syriens au Liban ont dclar que les hommes en particulier avaient limpression davoir perdu leur identit masculine suite au conflit et au dplacement. Ce stress mental dcoulait au moins en partie de lincapacit des hommes remplir le rle de soutien financier impos par la socit. Par exemple, la majorit des hommes en Palestine dclarait tre frquemment stresss ou dprims en raison du manque de travail ou de revenus. Au Liban, environ 37 pour cent des hommes rfugis syriens ont dclar quils avaient abandonn leurs recherches demploi, et les taux de stress au travail et de symptmes de dpression taient galement levs au sein de la population libanaise. En un mot, environ 20 pour cent la moiti des hommes interrogs dans les quatre pays ont confi quils se sentaient honteux face leur famille en raison de leur manque de travail ou de revenus.

    En rsum, les rsultats font ressortir dimportants niveaux de stress et la prvalence de problmes de sant mentale chez les hommes et les femmes, ainsi que des tendances spcifiques selon le genre. Dans la plupart des pays, les rsultats montrent quune grande proportion dhommes sont soumis une pression norme (principalement conomique), et quils ont peu daccs des soins de sant formels, y compris des services de sant mentale, notamment en ce qui concerne le tabagisme et la consommation de drogues.

    La moiti des hommes ou plus ont dclar que leur travail empitait sur le temps consacr leurs enfants.

    De 40% 51% des femmes prsentent des symptmes de dpression, tout comme 20% 28% des hommes.

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    LA (LIN)SCURIT PUBLIQUE ET SON INCIDENCE SUR LES RELATIONS ENTRE LES HOMMES ET LES FEMMES

    Dans son tmoignage des ralits prsentes dans la rgion, en particulier dans les pays touchs par des conflits et des dplacements, lenqute IMAGES MENA aborde des questions touchant la scurit publique et aux incidences des conflits, en examinant les impacts spcifiques de ces aspects sur les femmes, sur les hommes et sur leurs relations.

    Dans les quatre pays considrs, des nombres quasi identiques dhommes et de femmes font part de leurs fortes craintes pour leur bien-tre et leur scurit et pour ceux de leur famille. Dans lensemble des pays, au moins deux tiers des hommes et des femmes interrogs ont confi avoir de telles craintes.

    En Palestine, 65 pour cent des hommes et 55 pour cent des femmes ont dclar avoir vcu une ou plusieurs des 12 formes de violence et dautres expriences lies loccupation au cours des cinq dernires annes. Ces dernires annes ont t marques par une hausse de la violence lie loccupation contre les Palestiniens, notamment au cours des guerres menes par Isral contre la Bande de Gaza en 2012 et en 2014 qui ont tu plusieurs milliers de personnes, bless plusieurs dizaines de milliers dautres et cot des milliards de dollars de dommages et de pertes au total.4 propos de leur propre exprience de la violence lie loccupation, les personnes interroges ont expliqu comment, de nombreux gards, loccupation avait directement affect leur vie. Les hommes sont plus enclins que les femmes dclarer avoir perdu des terres ; avoir t harcels, dtenus ou blesss par des soldats ou des colons ; avoir des difficults accder des services de sant ; et avoir perdu leur emploi ou des possibilits damliorer leur ducation du fait de loccupation.

    Au Liban, les hommes rfugis syriens sont deux trois fois plus enclins que les hommes libanais dclarer quils avaient dj t arrts, emprisonns ou dtenus par la police, ou quils avaient subi une certaine forme de violence dans des espaces publics (soit dans leur pays dorigine soit ailleurs). Les rsultats des recherches qualitatives, portant la fois sur les hommes rfugis syriens et sur les hommes dorigine libanaise, indiquent que les difficults financires, les dplacements dus aux conflits et le chmage jouent un rle dans la violence que les hommes infligent leur pouse et leurs enfants.

    Les hommes dans les quatre pays considrs se dplacent souvent, lintrieur ou en dehors de pays, par choix ou sous la pression de conditions de vie difficiles. Au total, entre 7 et 26 pour cent des hommes dans les quatre pays ont dclar avoir dj migr, soit dans leur propre pays ou ltranger, pour travailler, tudier ou vivre pendant au moins six mois. Bien que la dcision de se dplacer en raison dun conflit diffre du choix dmigrer dans le but de travailler ou dtudier, la mobilit des hommes, quelle quen soit la raison, a des incidences non ngligeables sur les relations dans leur foyer.

    Lun des rsultats bien quil soit nuanc selon la situation de labsence des hommes qui migrent en qute de travail, qui se dplacent en raison dun conflit ou qui sont emprisonns est que leur pouse endosse souvent de nouveaux rles en dehors du foyer, tout en assumant de surcrot chez elle un rle plus important dans les prises de dcisions du mnage. Lors des entretiens qualitatifs, parmi les personnes interroges qui taient affectes par un conflit, il est ressorti que les hommes ntaient plus en mesure dapporter un soutien financier (que ce soit partiellement ou totalement) pendant le conflit ou lors du dplacement li au conflit, et que les femmes avaient d assumer le rle de soutien de famille. Dans certains cas, tant donn que les femmes, qui risquent moins de se faire arrter ou harceler par les forces de scurit, bnficiaient dune plus grande libert de mouvement, les hommes en taient devenus dpendants.

    4. Pour des informations complmentaires, veuillez consulter le site : http://documents.banquemondiale.org/curated/fr/563181468182960504/Economic-monitoring-report-to-the-ad-hoc-liaison-committee

    Entre 7% et 26% des hommes dans les quatre pays ont dclar avoir dj migr, soit dans leur propre pays ou ltranger, pour travailler, tudier ou vivre pendant au moins six mois.

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    LES CHEMINS VERS LGALIT DES SEXES : QUEST-CE QUI AMNE CERTAINS HOMMES TRE PLUS GALITAIRES ?

    Dans lensemble des quatre pays considrs, environ la moiti des hommes et une proportion quasi similaire de femmes adhraient laffirmation selon laquelle lgalit des sexes ne fait pas partie de nos traditions ou de notre culture .5 Dans le mme temps, les hommes, et en particulier les femmes, ont de nombreuses opinions galitaires du point de vue du genre et soutiennent certaines politiques et lois qui entrinent lgalit pour les femmes dans leur pays.

    Quest-ce qui permettrait de faire progresser lgalit des sexes dans la rgion ? Dans le cadre de lenqute, les quipes de recherche ont conduit des entretiens qualitatifs avec des femmes plus mancipes et des hommes plus galitaires (identifis par le biais de contacts de la communaut et dorganisations non gouvernementales, et dfinis comme des hommes qui affichent des opinions et exercent des pratiques plus galitaires que la plupart des hommes dans leur contexte social, et des femmes qui occupent des postes de direction ou dont la profession est traditionnellement masculine). Les rsultats de ces entretiens soulignent limportance des expriences de vie et de linfluence de la famille, et tiennent compte des circonstances des personnes interroges: certains hommes ont d endosser une plus grande part de la prise en charge familiale parce quils avaient perdu leur emploi en raison dun dplacement, dun conflit ou de la situation du march du travail. Dautres hommes ont ralis que leur pouse tait rsiliente et capable suite leur (les hommes) absence, soit parce quils avaient migr pour du travail soit, dans le cas de la Palestine, parce quils avaient t faits prisonniers politiques.

    Les modles exemplaires dans les familles sont importants : les pres qui encouragent leurs filles se lancer dans des professions non traditionnelles ou travailler en dehors du foyer, ou qui autorisent leurs filles choisir leur mari, semblent contribuer lmergence de femmes plus mancipes. Dans certains pays, lon a constat que les hommes ayant ou ayant eu un pre plus galitaire et plus impliqu, ou dont les circonstances de vie les avaient forcs endosser de nouveaux rles dans leur mnage, ont fait preuve dattitudes et de pratiques plus galitaires. Cest grce ces hommes qui inversent la tendance , la minorit non ngligeable dhommes qui croient dj en lgalit, et aux jeunes femmes qui aspirent des conditions galitaires, que le mouvement en faveur de lgalit des sexes pourrait se concrtiser et stendre progressivement des cercles de plus en plus larges dhommes et de femmes. Dautres hommes ont parl de la manire dont ils taient parvenus prendre conscience du problme dinjustice entre les sexes dans leur travail ou dans les messages quils avaient perus dans les mdias.

    Les entretiens qualitatifs ont mis en lumire des expriences de tendresse, daffection profonde et de participation la prise en charge familiale de la part des hommes, ainsi que des hommes qui ont soutenu leurs filles pour quelles prennent leur propre dcision quant au choix de leur futur mari. Ils ont relat les expriences dhommes en Palestine qui avaient t emprisonns par les forces de scurit israliennes et qui avaient pris conscience des capacits de leur pouse grer leur mnage et travailler en leur absence, ou qui taient anxieux de pouvoir sortir de prison temps pour tre avec leur pouse au moment de la naissance de leur enfant. Certains entretiens, conduits auprs dhommes rfugis syriens, ont laiss transparatre leur ressenti sur la perte de leur statut de soutien de famille, et leur sentiment dtre masculs davoir dpendre de laide humanitaire et de leur pouse certains sont toutefois parvenus accepter ce nouveau schma organisationnel entre les sexes. Les hommes en gypte sont favorables ce que leur pouse tudie et travaille, et ceux du Maroc dfendent avec passion lquit entre les sexes qui, selon eux, tait inhrente une socit juste. Certes, ces hommes ne reprsentent certainement pas une majorit, mais ils jouent un rle dterminant dans le futur bien-tre tant des femmes que des hommes.

    5. Pour la formulation exacte de la question, veuillez consulter le rapport complet sur le site : www.imagesmena.org

  • 14

    4. Rsultats spcifiques aux pays

    Cette section prsente les principaux rsultats de lenqute par pays. Le rapport complet offre davantage de dtails sur le contexte des politiques relatives lgalit des sexes, sur les nuances des rsultats (regroupant les rsultats qualitatifs et quantitatifs), ainsi que sur les recommandations et conclusions spcifiques aux pays.

    Les hommes et, dans une moindre mesure, les femmes, ont des points de vue ingalitaires sur lgalit des rles et des droits entre les femmes et les hommes. Sur la base dun classement moyen de 0,9 pour les hommes et de 1,3 pour les femmes sur lchelle des hommes galitaires [(Gender Equitable Men GEM)]6 (3,0 correspondant au classement le plus galitaire en matire de genre), les rsultats obtenus montrent que la majorit des gyptiens adopte des attitudes patriarcales lgard des droits et des relations des hommes et des femmes. Les hommes plus aiss, ceux qui sont plus instruits et ceux qui vivent dans des zones urbaines ont tendance avoir des opinions plus galitaires, de mme que les jeunes femmes, urbaines, clibataires et plus instruites. Les hommes qui, au cours de leur enfance, voyaient leur pre participer aux tches mnagres se positionnent galement plus haut sur lchelle.

    Les hommes sont rticents ce que les femmes travaillent en dehors du foyer et ce quelles participent aux diffrents aspects de la vie politique et publique. Toutefois, deux tiers ou plus des hommes interrogs soutiennent lgalit dans lducation pour les garons et les filles ainsi quun salaire gal pour un travail gal, et ils dclarent quils seraient disposs travailler avec des collgues femmes si celles-ci accdaient au march du travail.

    Les femmes demeurent celles qui soccupent des tches mnagres, alors que les hommes prennent la majorit des dcisions lies au mnage. Ces schmas dbutent ds lenfance, les hommes et les femmes reproduisant souvent les modles tablis par leurs parents. Les hommes comme les femmes ont dclar avoir plus de pouvoir et de contrle sur les prises de dcisions lies au mnage que veut bien ladmettre lautre sexe.

    Malgr les carts entre les sexes concernant la prise en charge familiale au quotidien, les hommes aimeraient en faire davantage. Bien que plus de 60 pour cent des hommes dclarent passer trop peu de temps avec leurs enfants en raison de leur travail, prs de la moiti participent galement certains aspects de la prise en charge des enfants. Prs de la moiti des hommes et des femmes se disent favorables la mise en place dun cong de paternit pay.

    Les hommes et les femmes ont dclar que les taux de violence subie pendant leur enfance taient levs. Presque un tiers des hommes ont t battus tant enfants, et plus de 80 pour cent ont t punis physiquement par leurs enseignants. Les filles taient moins exposes la violence physique lcole, mais elles ltaient davantage chez elles.

    Lgypte

    6. Lchelle des hommes galitaires [(Gender Equitable Men GEM)] est un instrument valid qui permet dvaluer les attitudes lgard du genre, et qui a t adapt et valid dans le cadre denqutes ralises auprs de mnages dans plus de 20 pays. Pour des informations complmentaires, veuillez consulter le site : http://promundoglobal.org/resources/measuring-gender-attitude-using-gender-equitable-men-scale-gems-in-various-socio-cultural-settings/

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    Lincertitude conomique et la faible participation des femmes au march du travail signifient que les hommes subissent une pression norme pour subvenir aux besoins de leur famille. Prs de 80 pour cent des hommes sont les principaux soutiens de famille. Plus de la moiti des hommes ont dclar se sentir frquemment stresss par le manque de travail et sinquitent de ne pas tre en mesure de satisfaire les besoins quotidiens de leur famille. Plus de 60 pour cent des hommes interrogs sinquitent de leur capacit assurer les besoins quotidiens de leurs familles, entre autres proccupations.

    Les hommes et les femmes sont proccups par la situation prsente et le sont encore davantage par lavenir. La quasi-totalit des hommes et des femmes ont dclar craindre pour leur propre scurit, et presque trois quarts dentre eux sinquitent des perspectives davenir de leur famille. Environ 40 pour cent des femmes et 20 pour cent des hommes prsentent des symptmes de dpression.

    Le soutien la mutilation gnitale fminine est lev. Environ 70 pour cent des hommes et plus de la moiti des femmes approuvent la pratique. Plus de deux tiers des hommes et des femmes ont dclar que la dcision de faire subir leurs filles une excision avait t prise de concert avec leur conjoint(e).

    Les hommes comme les femmes ont dclar que les hommes ont trs frquemment recours la violence lgard des femmes. Prs de la moiti des hommes ont dclar avoir dj eu recours la violence physique lgard de leur pouse. Plus de 70 pour cent des hommes et des femmes ont affirm estimer quune pouse devrait tolrer la violence pour prserver lunit familiale.

    Le harclement sexuel dans les espaces publics est une pratique commune chez les hommes, et les femmes urbaines en sont souvent victimes. Plus de 60 pour cent des hommes ont confi avoir dj harcel sexuellement une femme ou une fille, et une proportion similaire de femmes ont dclar avoir dj t victimes de ce type dattentions non dsires. Plus de femmes que dhommes estiment que cest la victime qui provoque le harclement.

    Malgr les attitudes et les pratiques en faveur du privilge masculin, entre un quart et un tiers des hommes ont affirm soutenir des aspects dgalit des femmes. Il est essentiel de comprendre qui sont ces hommes et pourquoi ils sont diffrents pour pouvoir laborer de nouveaux programmes et politiques visant impliquer les hommes dans un changement social.

  • 16

    Le Liban est confront de nombreux obstacles qui entravent linstauration de lgalit des sexes, notamment les impacts gnraux des conflits rgionaux et la prsence de prs de 2 millions de rfugis dans le pays.7 Les pressions quexerce la crise des rfugis syriens se rpercutent directement sur les relations au sein des mnages, par la pression conomique que ressentent les hommes et, pour certains dentre eux, par limpression quils ont dtre masculs.

    Des pourcentages relativement importants dhommes et de femmes libanais soutiennent lgalit des sexes, bien que de nombreux hommes aient encore des opinions ingalitaires. Les rfugis syriens au Liban ont des opinions lgrement plus ingalitaires. Parmi les hommes qui ont t interrogs, ceux qui taient plus jeunes, plus instruits , plus riches, dont les mres avaient un haut niveau dducation et dont les pres participaient aux tches mnagres traditionnellement fminines pendant leur enfance ont des opinions plus galitaires. Les hommes ont des ides quelque peu plus conservatrices sur les rles et les droits sexuels par rapport aux femmes, notamment en ce qui concernait la vie sexuelle des hommes.

    De nombreuses personnes interroges avaient subi diffrentes formes de violence pendant leur enfance ; ces expriences sont lies dautres formes de violence, dont le recours des hommes au harclement sexuel dans les espaces publics. 58 pour cent des hommes et 37 pour cent des femmes ont dclar avoir subi une ou plusieurs formes de ngligence ou de maltraitance motionnelle ou physique chez elles tant enfants. Les garons en particulier peuvent avoir t exposs la violence et des punitions corporelles : la moiti des hommes interrogs ont dclar avoir reu des gifles ou des fesses la maison pendant leur enfance.

    La quasi-majorit des femmes ont dclar quelles lavaient le linge et nettoyaient la cuisine ou le salon ainsi que la salle de bain ou les toilettes, alors que seulement 26 pour cent des hommes ayant dj t maris ont dclar avoir dj excut ces tches. Les rsultats qualitatifs indiquent que les changements des moyens de subsistance, une pouse employe, la migration et dautres facteurs peuvent amener certains hommes entreprendre davantage de tches mnagres, mais la tendance globale reflte une ingalit gnralise dans ce domaine.

    Bien que les pres assument une part limite des tches quotidiennes de prise en charge familiale, il y a des exceptions, et celles-ci montrent certaines voies possibles vers lgalit. De mme que pour les tches mnagres, les femmes ont dclar simpliquer beaucoup plus que les hommes dans la prise en charge familiale au quotidien. Lors des entretiens qualitatifs, les hommes et les femmes ont prsent toutefois des exemples dhommes assumant ce travail, principalement lors dun conflit ou dune guerre empchant les hommes de jouer le rle de soutien de famille ou lorsque les femmes sont moins capables dentreprendre ce travail en raison dune grossesse, dune maladie ou dune blessure.

    Prs de 60 pour cent des femmes ont affirm avoir dj subi une forme de harclement sexuel dans lespace public ; un tiers des hommes ont dclar avoir dj perptr ce type de harclement. Les hommes adoptant des attitudes ingalitaires et ceux qui avaient subi des violences chez eux tant enfants sont considrablement plus enclins dclarer avoir inflig une forme de harclement sexuel.

    Le Liban

    7. Pour plus de renseignements, veuillez consulter le rapport complet sur le site : www.imagesmena.org

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    Les symptmes de dpression sont courants chez les hommes (28 pour cent) et chez les femmes (40 pour cent), les hommes syriens prsentant des taux de dpression plus levs que leurs homologues libanais. Les effets du conflit sont frquemment cits pour justifier les symptmes de dpression. Les femmes et les hommes syriens ont dclar que les hommes avaient limpression davoir perdu leur identit suite au conflit. Environ 37 pour cent des hommes syriens dclaraient avoir abandonn leurs recherches demploi. La population libanaise prsente galement un taux lev de stress professionnel et de symptmes de dpression.

    De nombreuses personnes interroges craignaient pour leur bien-tre physique et conomique. Environ 96 pour cent des hommes et 97 pour cent des femmes syriens et libanais ont dclar tre inquiets pour la scurit de leur famille . Outre les niveaux levs de proccupations en matire de scurit dans lchantillon complt, de nombreuses personnes sollicites ont refus de participer lenqute, pour des raisons de scurit et pour dautres considrations inconnues. De plus, la proportion de personnes interroges qui avaient dj t maries est lgrement infrieure aux attentes dans lchantillon dorigine. Pour rsoudre ce problme, les chercheurs ont men une tude connexe, en ne se focalisant que sur des chantillons dhommes et de femmes ayant dj t maris ainsi que sur les relations de couple et la violence inflige par un partenaire intime.

  • 18

    Les hommes et, dans une moindre mesure, les femmes, expriment des points de vue partags sur lgalit de rles et de droits entre les femmes et les hommes. Avec une note moyenne de 1,2 pour les hommes et de 1,7 pour les femmes sur lchelle GEM (3,0 correspondant au point de vue le plus galitaire en matire de genre), les rsultats obtenus montrent que la majorit des hommes adopte une vision patriarcale sur de nombreux aspects lis aux droits et aux relations entre les hommes et les femmes. Les hommes dont le niveau dducation est suprieur et dont la mre est galement plus instruite ont tendance prsenter des points de vue plus galitaires.

    Les hommes sont favorables au travail des femmes en dehors de chez elles et leur participation la vie politique et publique. Plus des trois quarts soutiennent lgalit dans lducation des garons et des filles, et plus de la moiti croient en lgalit du droit au travail entre les femmes et les hommes maris. La plupart des femmes, remettent, quant elles, en cause les normes qui limitent leur rle la sphre domestique, et sont davantage en faveur de leur droit travailler et occuper des postes de responsabilit publics.

    Les femmes demeurent celles qui soccupent des tches mnagres, alors que les hommes prennent la majorit des dcisions lies au mnage, seuls ou de concert avec leur pouse. Ces schmas dbutent ds lenfance, les hommes et les femmes reproduisant souvent les modles tablis par leurs parents. Les hommes comme les femmes ont dclar avoir plus de pouvoir et de contrle sur les dcisions lies au mnage que ne veut bien ladmettre lautre sexe.

    Malgr les carts entre les sexes concernant la prise en charge familiale quotidienne, les hommes expriment le souhait den faire davantage. Bien que plus de la moiti des hommes indiquent passer trop peu de temps avec leurs enfants en raison de leur travail, prs de la moiti participent certains aspects de la prise en charge des enfants. Plus de 80 pour cent des hommes et des femmes se sont dclars favorables la mise en place dun cong de paternit pay.

    Les hommes et les femmes ont dclar que les taux de violence subie pendant leur enfance taient levs. Plus de 60 pour cent des hommes ont t battus tant enfants, et plus de 80 pour cent ont t punis physiquement par leurs enseignants. Les filles taient moins exposes la violence physique lcole, mais ltaient autant que leurs homologues masculins la maison.

    Les hommes sont les principaux soutiens de la famille, mais les femmes et les jeunes ressentent galement une pression financire. Deux tiers des hommes constituent le principal soutien financier de leur famille. Les femmes, et les hommes de moins de 35 ans, ont dclar se sentir frquemment stresss par le manque de travail, et environ deux tiers des hommes et des femmes sinquitent de ne pas tre en mesure de satisfaire les besoins quotidiens de leur famille.

    Les hommes et les femmes sont proccups par la situation prsente et le sont encore davantage par lavenir. La quasi-totalit des hommes et des femmes ont dclar craindre pour leur propre scurit, et plus de trois quarts sinquitaient des perspectives davenir de leur famille. Environ la moiti des femmes et un quart des hommes montrent des signes de dpression.

    Les hommes comme les femmes ont dclar que les hommes ont trs frquemment recours la violence lgard des femmes. Plus de la moiti des hommes ont dclar avoir dj t motionnellement abusifs lgard de leur pouse, et 15 pour cent ont rapport avoir dj eu

    Le Maroc

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    recours la violence physique son encontre. Plus de 60 pour cent des hommes et prs de la moiti des femmes pensent quune pouse devrait tolrer la violence pour prserver lunit familiale.

    Le harclement sexuel dans lespace public est une pratique commune chez les hommes, et les femmes urbaines en sont souvent victimes. Plus de la moiti des hommes ont confi avoir dj harcel sexuellement une femme ou une fille, et plus de 60 pour cent des femmes dclarent avoir dj t victimes de ce type d attentions non dsires. Les femmes sont plus nombreuses que les hommes estimer que cest lapparence de la victime qui provoque le harclement.

    Le Maroc traverse actuellement une priode de transition o les lois devancent les pratiques, et les hommes et les femmes voient leurs rles changer sans savoir o se situer. Alors que les hommes soutiennent largement la mise en place de lois en faveur des droits politiques, conomiques et sociaux des femmes, cette position sur lgalit des sexes dans les politiques publiques est dcale par rapport aux attitudes et aux pratiques de la sphre prive, qui ont tendance tre plus conservatrices vis--vis des droits et des rles attribus aux femmes. Les hommes et les femmes interrogs parlent dune crise de la masculinit . Tous prouvent des difficults trouver leurs marques entre leurs rles et leurs droits respectifs dans la sphre publique et dans la sphre prive.

  • 20

    La ralit de la vie des Palestiniens y compris les relations et la dynamique entre les sexes a t faonne par loccupation isralienne prolonge. Loccupation est devenue le cadre structurel danalyse central pour tous les lments de la vie politique, conomique et sociale en Palestine. Les rsultats de lenqute IMAGES en Palestine doivent tre interprts dans ce cadre contextuel.

    Les attitudes ingalitaires du point de vue du genre demeurent courantes en Palestine, bien que les femmes aient des opinions plus galitaires que les hommes. Par exemple, environ 80 pour cent des hommes et 60 pour cent des femmes conviennent que le rle le plus important dune femme est de soccuper de son foyer. Toutefois, les hommes plus riches, qui sont plus instruits et dont le pre participait aux tches mnagres traditionnellement fminines dans le foyer adoptent des attitudes plus galitaires. Notamment, il ny a aucune diffrence dans les attitudes lies au genre entre les hommes jeunes et gs.

    Dans le mme temps, de nombreux signes indiquent des opinions plus galitaires. Par exemple, environ trois quarts des femmes et la moiti des hommes conviennent quune femme marie devrait bnficier du mme droit que son mari travailler en dehors du foyer. La plupart des personnes interroges, hommes et femmes, rejettent lide selon laquelle il est plus important de scolariser les garons que les filles lorsque les ressources sont faibles, entre autres signes dopinions galitaires en Palestine. Dans la pratique, de nombreux hommes contribuent galement aux tches mnagres traditionnellement fminines et partagent le pouvoir de dcision avec les femmes. Moins de 20 pour cent des hommes et des femmes pensent quil est dshonorant que des hommes soccupent des enfants ou des travaux domestiques.

    Plusieurs hommes (interrogs dans les entretiens qualitatifs) qui avaient t emprisonns pour des raisons politiques par les forces de scurit israliennes ont soulign que, pendant leur absence, les femmes avaient fait preuve de capacits exceptionnelles en supportant un fardeau de responsabilits domestiques deux trois fois plus lourd. Les capacits des femmes grer leur mnage, prendre en charge des enfants et gagner un revenu simultanment leur ont valu un plus grand respect et une apprciation accrue de la part de ces hommes. Ce nouveau respect a amen certains hommes assumer des tches mnagres traditionnellement fminines, telles que nourrir les enfants, leur donner un bain ou changer les couches dun bb. Dans les cas des familles de ces prisonniers politiques, la transformation des rles quassument les femmes pendant labsence de leur mari a suscit une apprciation accrue des femmes et un changement de la perception lgard de leurs capacits (des femmes) assumer diffrents rles. Dans le mme temps, cette transformation a galement entran une rvaluation des travaux domestiques assums par les hommes, qui se reflte dans la volont dun grand nombre danciens prisonniers partager ces tches avec les femmes.

    Les hommes et les femmes sont nombreux estimer que lgalit des sexes na pas t ralise en Palestine. Trois quarts des hommes et prs de 87 pour cent des femmes sont daccord avec la dclaration suivante : En tant que Palestiniens, nous devons dployer davantage defforts afin de promouvoir lgalit des femmes et des hommes .

    59 pour cent des femmes et 42 pour cent des hommes pensent que les femmes devraient tre davantage reprsentes dans le pouvoir politique. En revanche, une majorit dhommes et de femmes conviennent toutefois que les femmes sont trop motives pour tre des dirigeantes .

    La Palestine

  • 21

    Parmi les personnes interroges, 35 pour cent des hommes et 22 pour cent des femmes ont dclar avoir vu leur mre se faire battre par leur pre ou par un autre homme membre de leur famille pendant leur enfance. Davantage dhommes que de femmes ont subi des violences physiques infliges par une personne de leur foyer tant enfants. Les hommes ont t soumis davantage dintimidations et dautres formes de violence lcole que les femmes, 57 pour cent des hommes affirmant avoir t punis physiquement par un enseignant (contre 30 pour cent des femmes), et 24 pour cent des hommes indiquant avoir subi des intimidations lcole (contre 14 pour cent des femmes).

    La majorit des personnes interroges craint pour sa propre scurit et pour celle de sa famille. En outre, environ 70 pour cent des femmes et 78 pour cent des hommes sinquitent de ne pas tre en mesure de subvenir aux besoins quotidiens essentiels de leur famille. Ces craintes et proccupations se manifestent paralllement la menace constante quimpose loccupation qui pse sur de nombreux aspects de la vie des Palestiniens.

    Les niveaux de pouvoir et dautonomie des hommes et des femmes prsentent dimportantes diffrences lors de lorganisation et de la planification dun mariage. 44 pour cent des hommes ont dclar avoir eu le dernier mot sur lorganisation de leur propre mariage, contre seulement 5 pour cent des femmes. Environ 25 pour cent des hommes et 39 pour cent des femmes ont affirm que la dcision prise au sujet de leur mariage avait t partage entre eux et leur conjoint(e). En outre, la majorit des hommes (88 pour cent) et des femmes (82 pour cent) estime que la dcision finale sur le mariage devrait revenir au couple, et non la famille.

  • 22

    Par rapport ces dernires dcennies, le niveau de participation des femmes aux tudes suprieures a augment en Palestine, de mme que leur participation au march du travail rmunr. Cependant, la rpartition des tches au sein du mnage baisse sensiblement selon le sexe. On peut associer ce phnomne laggravation de la situation politique et conomique sous loccupation isralienne. Les femmes ont dclar des niveaux levs de participation la quasi-totalit des tches mnagres, mais les hommes se focalisent principalement sur des activits en dehors du foyer. Les hommes dont le pre participait aux tches mnagres traditionnellement rserves aux femmes ainsi que les hommes qui avaient appris accomplir ces tches tant enfants sont bien plus enclins contribuer ces tches dans leur propre relation conjugale.

    Bien que les femmes assument la majorit des tches de prise en charge familiale des enfants au quotidien, les hommes expriment le souhait de simpliquer davantage. Lun des rsultats encourageants est que plus de 60 pour cent des hommes interrogs dans lchantillon ont affirm parler avec leurs enfants de questions personnelles importantes dans leur vie ; ceci reflte une intimit motionnelle qui nest pas toujours associe au comportement masculin.

    La plupart des personnes interroges 65 pour cent des hommes et 55 pour cent des femmes ont dclar avoir subi une ou plusieurs formes spcifiques de violence et dautres preuves lies loccupation au cours des cinq dernires annes. Les hommes taient plus enclins que les femmes dclarer avoir perdu des terres ; avoir t harcels, dtenus ou blesss par des soldats ou des colons ; prouver des difficults accder des services de sant ; et avoir perdu leur emploi ou des possibilits damliorer leur ducation du fait de loccupation, mais la violence et les preuves lies loccupation ont t trs frquemment mentionnes par toutes les personnes interroges.

    Prs dun homme sur cinq (17 pour cent) a indiqu avoir dj perptr un acte de violence physique lencontre dune conjointe. 22 pour cent des femmes ont affirm avoir dj subi une telle violence. Les hommes ayant t les tmoins dactes de violence infligs leur mre chez eux au cours de leur enfance sont statistiquement bien plus enclins indiquer avoir commis des actes de violence en tant que partenaire intime dans leurs relations dadultes.

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    5. Conclusions et chemins vers lgalit

    Dans lensemble des pays objet de lenqute, environ la moiti des hommes et une proportion similaire de femmes estiment que lgalit des sexes ne faisait pas partie de nos traditions ou de notre culture .8 Dans le mme temps, les hommes, et en particulier les femmes, ont de nombreuses opinions en faveur de lgalit de genre et soutiennent ladoption dun plus grand nombre de politiques et de lois qui entrinent lgalit pour les femmes dans leur pays. Quels facteurs pourraient inciter les hommes accepter lgalit des sexes dans la rgion ?

    Les tudes qualitatives comprenaient des entretiens individuels avec des femmes plus mancipes et des hommes plus galitaires . Les rsultats soulignent limportance des circonstances : certains hommes ont d endosser davantage de tches de prise en charge familiale parce quils avaient perdu leur emploi en raison dun dplacement, dun conflit ou de la situation du march du travail. Dautres hommes ont ralis que leur pouse tait rsiliente et capable suite leur (les hommes) absence, soit parce quils avaient migr pour du travail soit, dans le cas de la Palestine, parce quils avaient t faits prisonniers.

    Les modles exemplaires dans les familles et les expriences vcues au cours de la petite enfance sont importants. Les modles exemplaires dans les familles sont importants : les pres qui encouragent leurs filles se lancer dans des professions non traditionnelles ou travailler en dehors du foyer, ou qui autorisent leurs filles choisir leur mari semblent contribuer lmergence de femmes plus mancipes. Peut-tre plus que tout autre facteur, le fait davoir eu un pre impliqu et les circonstances de vie qui ont forc les hommes endosser de nouveaux rles dans leur mnage taient des facteurs promouvant des attitudes et des pratiques plus galitaires chez les hommes. Ce sont ces hommes qui inversent la tendance , la minorit non ngligeable dhommes qui croient dj en lgalit, et les jeunes femmes aspirant des conditions galitaires, qui pourront au final encourager la progression vers lgalit des sexes dans la rgion.

    Les hommes et les femmes interrogs lors de lenqute IMAGES MENA reconnaissent que la virilit aujourdhui nest plus ce quelle tait. Bon nombre dhommes dplorent ce quils considrent comme le dclin et leffondrement de leur autorit domestique ainsi que laffaiblissement de leur statut de soutien financier, alors que certaines femmes remettent en cause le fait que des lois et des politiques plus favorables lgalit de genre puissent rellement faire une diffrence dans leur vie quotidienne et, quand bien mme ce serait le cas, elles se demandent si une telle diffrence serait ncessairement plus bnfique.

    Bien que la crise de la masculinit soit un sujet de dbat populaire, en ralit, les hommes et les femmes se trouvent un tournant de leur vie, tentant de trouver leurs repres dans un monde en pleine volution. Pour une grande part de la population de la rgion, les relations fondes sur le genre, de mme que dans la vie en gnral, sont en proie des tensions. Lorganisation des familles largies continue de cder la place des structures de familles nuclaires. Les conflits, le chmage lev des jeunes, lincertitude politique et linstabilit conomique sont autant de facteurs qui influencent les relations au sein des mnages ainsi que les identits, les attitudes et les pratiques des hommes. Les hommes en particulier font face un dilemme complexe : dun ct, ils saccrochent un pass qui ne correspond plus au prsent et, de lautre, ils ne savent souvent que penser dun changement susceptible dallger le lourd fardeau dobligations patriarcales que leur impose la socit ou ne sont pas disposs laccepter.

    Dans de nombreux pays objet de lenqute IMAGES MENA, les changements structurels publics dont certains sont considrables remettent en cause lorganisation entre les sexes. Pour la plupart,

    8. Pour la formulation exacte de la question, veuillez consulter le rapport complet sur le site : www.imagesmena.org

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    ces changements nont toutefois pas eu dincidence sur la sphre domestique prive ou ils nont pas autant transform que prvu les attitudes des personnes interroges. Certains de ces pays ont connu des bouleversements et mouvements populaires majeurs, des crises de lemploi, des guerres ou une occupation continue entre autres facteurs structurels, ces lments ont indniablement eu un impact sur le schma organisationnel entre les sexes, notamment sur la capacit des hommes prendre conscience de la responsabilit quils assument traditionnellement pour assurer la scurit physique et financire de leur famille. Pour les femmes, cette dynamique et ces bouleversements leur ont occasionnellement permis daccder de nouveaux espaces sociaux et de bnficier de nouvelles possibilits, tant au niveau conomique que sur dautres plans, mais rarement sans sacrifices de leur part et de celle de leurs homologues masculins.

    Les modles de pense et de comportement sont souvent transmis dune gnration lautre, avec des effets positifs et ngatifs. Toutes les enqutes IMAGES ont dclar que la violence engendre la violence, et que laffection engendre laffection, et cest galement le cas de lenqute MENA. Dans chacun des quatre pays examins, une importante proportion de personnes interroges ont dclar avoir vcu diverses expriences de violence tant enfants. De nombreuses personnes interroges avaient t les tmoins de violences infliges leur mre, et ont dclar avoir subi des punitions physiques ou des violences caractrises chez elles, des intimidations ou des punitions physiques lcole et des actes de violence dans les communauts de leur enfance. Les hommes interrogs relatent une enfance qui semble avoir t particulirement violente en dehors des effets dvastateurs de la violence lie loccupation figurant dans lenqute sur la Palestine, ou du conflit vcu par les rfugis syriens. Comme lavaient indiqu des enqutes IMAGES antrieures, les consquences intergnrationnelles de cette violence sont videntes : les hommes qui sont tmoins de la violence et qui la subissent tant enfants sont bien plus enclins recourir la violence dans leurs relations dadultes.

    Dans le mme temps, le corolaire le plus encourageant dans ce rsultat est galement valable dans les pays objet de lenqute MENA : les hommes qui ont vu leur pre soccuper des enfants et assumer dautres tches mnagres et ceux qui ont appris excuter ces tches au cours de leur enfance sont plus enclins les reproduire en tant que mari et pre. En rsum, la prise en charge familiale et la rupture de la division obsolte des rles selon le sexe qui sopre lorsque les hommes entreprennent ces tches est transmise par les pres leurs enfants. Les mres et les femmes font la diffrence en poussant les hommes galement soutenir lgalit des sexes : les hommes dont les mres taient plus instruites ont davantage tendance adopter des pratiques et des attitudes plus galitaires et, dans deux pays, il semble que le fait que les femmes travaillent en dehors du foyer incite les hommes assumer une plus grande part des tches mnagres.

    Les conclusions font ressortir certaines recommandations cls pour la rgion, ci- nonces aprs :

    1. FAIRE PRESSION SUR LES PRINCIPALES SOURCES DINFLUENCE SOCIALE POUR CHANGER LES NORMES SOCIALES QUI PROMEUVENT DES MASCULINITS INGALITAIRES

    Comme il est indiqu dans lensemble du rapport, la majorit des hommes et environ la moiti (ou plus) des femmes soutiennent la division traditionnelle entre les sexes, par laquelle les hommes soutiennent la famille et les femmes assument la prise en charge familiale. Nombreux sont les hommes et les femmes qui, dans les quatre pays, sont inquiets ou ne savent que penser des changements de ce schma organisationnel entre les sexes. Pour changer ces attitudes, il ne faut pas se limiter mettre laccent sur les individus. Cela doit passer par un engagement auprs des dirigeants religieux, politiques et communautaires ; des producteurs de mdias nouveaux et traditionnels ; et du secteur priv. Il sagit galement de travailler avec les femmes et avec les hommes ; dans leur rle de responsables de la prise en charge familiale et de mres, les femmes exercent une influence considrable sur la perptuation des normes sociales. Parmi les recommandations spcifiques figurent :

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    Utiliser des mdias nouveaux et traditionnels pour remettre en cause les strotypes et les rles conventionnels des hommes, sappuyer sur les tendances positives existantes en faveur du changement, telles que celles qui sont numres dans les tudes qualitatives.

    Sengager auprs des figures religieuses avec un discours religieux progressiste en vue de remettre en cause les strotypes sexistes et de promouvoir des versions galitaires de la masculinit.

    Introduire des discussions portant sur une masculinit plus galitaire dans les programmes de formation religieuse et dans les mdias religieux progressistes ainsi que dans dautres pistes dducation religieuse afin daider les hommes et les femmes mieux comprendre les possibilits ouvertes lgalit des sexes qui sont inhrentes leur foi.

    Sappuyer sur les uvres littraires et artistiques et sur les expressions culturelles qui comprennent dj des messages de masculinits positives et sassocier aux mdias de masse, aux mdias sociaux, aux enfants et aux jeunes producteurs de mdias ainsi qu dautres producteurs artistiques pour intgrer des messages portant sur le changement des normes lies la masculinit.

    2. INVITER LES HOMMES SOUTENIR UN PROGRAMME POLITIQUE COMPLET EN FAVEUR DES DROITS DES FEMMESNombreux sont les hommes qui, dans les quatre pays, soutiennent, du moins en thorie, certaines lois et politiques qui seraient en faveur dune galit totale pour les femmes. Cette constatation souligne limportance stratgique de lengagement des hommes en tant quallis dans le soutien au programme politique complet en faveur des droits des femmes. Parmi les recommandations spcifiques concernant cet engagement figurent :

    Complter les rformes lgislatives sur les droits des femmes notamment celles qui portent sur la violence fonde sur le genre par des dbats publics et des campagnes de sensibilisation dans le but damener les hommes comprendre pourquoi un tel changement est ncessaire et percevoir les avantages quils pourraient en retirer.

    Identifier et soutenir les principaux hommes dirigeants politiques, tant dans le secteur public que dans la socit civile, en tant quallis concrets de lautonomisation des femmes. Ces initiatives pourraient comprendre la mise en uvre et lorganisation de campagnes sinspirant de la campagne HeForShe dONU Femmes.

    Faire participer les hommes des programmes et des plateformes qui sont orients et impulss par lObjectif de dveloppement durable no 5 de lONU, qui vise parvenir lgalit des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles . Cette dmarche implique de collaborer activement avec les hommes et de les responsabiliser dans les rles quils ont jouer pour accomplir cet objectif ; dliminer toutes les formes de discrimination et de violence ainsi que les pratiques prjudiciables infliges aux femmes et aux filles ; et de soutenir lgalit totale des femmes et des filles aux niveaux social, conomique et politique.

    Etablir des alliances entre le nombre restreint dorganisations non gouvernementales (ONG) qui travaillent dj avec les hommes et les femmes et les ONG plus tablies uvrant pour les droits des femmes.

    Organiser des formations de sensibilisation lgalit des sexes pour les responsables de lapplication des lois (principalement les hommes) y compris la police, les avocats et les juges en vue de les encourager mettre en vigueur ces lois de manire proactive, et pour encourager leur soutien aux efforts de promotion de laccs des femmes aux professions traditionnellement masculines.

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    3. CHANGER LA MANIRE DONT LES GARONS ET LES FILLES SONT SOCIALISS, DANS LEURS FOYERS ET DANS LE SYSTME SCOLAIRE

    Les rsultats de lenqute IMAGES, couvrant lensemble des quatre pays, confirment que les schmas conditionnant lenfance, entre les expriences de violence et de domination des hommes dans les prises de dcisions au sein du mnage, se reproduisent lge adulte. Les hommes qui ont t les tmoins dactes de violence ou qui en ont subis tant enfants sont plus enclins reproduire ces actes une fois adultes, une association qui se vrifie tant pour les hommes ayant recours la violence contre leur conjointe que pour ceux pratiquant le harclement sexuel dans les espaces publics. linverse, les hommes qui, au cours de leur enfance, avaient un pre attentionn et impliqu dans les tches mnagres ont davantage tendance reproduire ces comportements bienveillants lge adulte. Compte tenu du taux lev dactes de violence qui sont infligs aux garons et aux filles ou dont ils sont les tmoins chez eux et lcole, les difficults sont immenses. Pour changer ces enfances souvent violentes et ingalitaires, les mesures suivantes simposent :

    Remettre en cause et liminer les strotypes sexistes concernant les rles sociaux, politiques et conomiques des hommes et des femmes dans les textes et les programmes scolaires, et envisager dinstaurer des programmes ducatifs scolaires sexotransformateurs pour les garons et pour les filles.

    largir les formations dispenses aux enseignants en y intgrant des rgles disciplinaires non violentes pour les enfants et introduire des politiques qui tiennent les enseignants pour responsables sils recourent la violence contre des enfants.

    Former les enseignants et dautres membres du personnel scolaire reconnatre des maltraitances infliges des enfants et intervenir le cas chant.

    Lancer des campagnes et des initiatives dans les coles pour sensibiliser les garons et les filles ds le plus jeune ge au partage des tches mnagres et de dispense de soins.

    Sappuyer sur des programmes de formation parentale fonds sur des lments concrets et dj en place, dans la rgion et lchelle mondiale, pour encourager et soutenir les parents tant les mres que les pres lever leurs enfants de manire galitaire, quel que soit leur sexe, duquer leurs enfants sans recourir la violence et plaider en faveur de lois qui interdisent toutes les formes de violence lgard des enfants.

    4. DONNER AUX JEUNES LES MOYENS DE DEVENIR DES AGENTS DU CHANGEMENT EN FAVEUR DE LGALIT DES SEXESLa conclusion selon laquelle les jeunes hommes dans trois des pays qui ont fait lobjet de lenqute adoptent des attitudes qui sont aussi (et parfois plus) ingalitaires que celles des hommes plus gs atteste des difficults que pose lengagement des jeunes hommes en tant quallis dans linstauration de lgalit pour les femmes. De leur ct, les jeunes femmes ont tendance adopter des attitudes considrablement plus galitaires lgard de lgalit des sexes par rapport aux femmes plus ges, ce qui reflte leur aspiration participer au changement social. Pour impliquer les jeunes en tant quagents du changement en faveur de lgalit des sexes, les mesures suivantes simposent :

    Intgrer des cours dans les coles secondaires et dans les universits, qui misent sur les capacits des lves/tudiants porter un regard critique sur la transformation des normes et des pratiques ingalitaires en matire de genre.

    Soutenir la cration de campagnes et de mouvements militants dirigs par les jeunes afin de promouvoir lgalit des sexes dans la rgion.

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    Soutenir les formations au leadership destines aux jeunes hommes et femmes dans le cadre de cycles dtudes universitaires axs sur le genre, de programmes sexotransformateurs et dopportunits de stages et de mentorat pour jeunes leaders. Le peu de cours sur les tudes de genre, proposs dans les universits des pays objet de lenqute IMAGES MENA, auraient tout gagner intgrer ltude des hommes et des masculinits dans leurs programmes, et nouer des partenariats avec des institutions universitaires en particulier celles qui se trouvent dans les pays du Sud qui disposent dune exprience tendue de ces domaines.

    Utiliser des programmes axs sur le sport et les secteurs existants de dveloppement des jeunes pour promouvoir lgalit des sexes et intgrer des formations sensibles la dimension de genre dans leurs activits.

    5. BRISER LES CYCLES DE VIOLENCE FONDE SUR LE GENRE PAR LA MISE EN UVRE ET LINTENSIFICATION DE MESURES DE PRVENTION FONDEES SUR DES DONNEES PROBANTES

    IMAGES MONA atteste de taux levs de violence inflige par des hommes contre des femmes dans leur foyer et par des hommes contre des femmes dans lespace public. De plus en plus dlments factuels dmontrent lefficacit de certains programmes de prvention primaire de la violence fonde sur le genre, qui devraient tre adapts, tests, mis en uvre et gnraliss dans la rgion MENA, en complment des programmes visant la rponse aux violences.9 Parmi ceux-ci figurent, notamment mais non exclusivement, des programmes visant :

    intensifier les mesures de prvention communautaires qui transforment les normes promouvant la violence et inviter les dirigeants communautaires prvenir la violence fonde sur le genre et responsabiliser les hommes qui recourent cette violence ;

    apporter un appui psychosocial et dautres formes de soutien aux enfants et aux jeunes qui sont les tmoins dactes de violence chez eux ;

    largir et mettre en uvre des programmes de cartographie participative au niveau local et dimplication des hommes tmoins dactes de violence pour dnoncer le harclement sexuel dans les espaces publics, et dvelopper davantage de programmes visant rendre les villes sres pour les femmes et les filles ;

    mettre en uvre et intensifier des programmes de prvention de la violence fonde sur le genre pour les jeunes hommes et femmes, les employeurs et les enseignants dans les coles et sur les lieux de travail ;

    tester et valuer les initiatives de prvention de la violence fonde sur le genre, telles que celles qui promeuvent les droits des femmes, y compris lautonomisation conomique des femmes, paralllement des activits de sensibilisation destines aux maris.

    6. PROMOUVOIR LA PARTICIPATION DES HOMMES LA PRISE EN CHARGE FAMILIALE ET LIMPLICATION TOTALE DES FEMMES SUR LE LIEU DE TRAVAIL

    Les rsultats de lenqute IMAGES MENA confirment le fardeau trs ingalitaire des tches de dispense de soins non rmunrs assum par les femmes et la participation extrmement limite de celles-ci au march du travail formel, qui caractrisent la rgion. Dans le mme temps, les rsultats soulignent que nombreux sont les hommes qui apprcient et accordent de limportance leur rle de pre et de responsable de la famille, et que limplication des hommes dans la prise en charge

    9. Pour des informations complmentaires, veuillez consulter le site : http://www.unwomen.org/-/media/headquarters/attachments/sections/library/publications/2015/prevention_framework_unwomen_nov2015.pdf

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    familiale pourrait devenir le principal moteur du changement intergnrationnel des relations entre les sexes dans la rgion. Par ailleurs, en gypte et au Liban, un grand nombre dhommes dont lpouse travaille assument progressivement davantage dactivits domestiques. Par consquent, il est vident que la promotion de lgalit dans la rgion doit passer par deux fois plus defforts concerts, pour promouvoir la participation des femmes sur le lieu de travail et la participation des hommes aux tches mnagres et la prise en charge familiale. Pour y parvenir, les mesures suivantes simposent :

    Crer des protocoles et former des professionnels de la sant afin dimpliquer les hommes en tant que pres dans le systme de sant public, sur le lieu de travail et dans les programmes de dveloppement de la petite enfance.

    Plaider en faveur de congs de maternit et de paternit ainsi que de politiques et de services de soutien favorables la famille pour les parents qui travaillent, par exemple en faveur de services de garde denfants subventionns.

    largir les formations de prparation lentre sur le lieu de travail, la gnration de revenus et au leadership au profit des femmes, paralllement des activits de sensibilisation des hommes au soutien aux femmes et aux filles sur le lieu de travail et occupant des postes de direction.

    Former les hommes assumant des postes de hauts dirigeants sur le lieu de travail ainsi que les responsables politiques, pour les inciter encourager le leadership des femmes et crer des lieux de travail favorables aux femmes.

    7. MOBILISER LE SECTEUR DE LA SANT AFIN DEN FAIRE UN POINT DENTRE POUR IMPLIQUER LES HOMMES EN TANT QUALLIS EN FAVEUR DE LGALIT DES SEXES

    Les rsultats de lenqute IMAGES font ressortir les nombreuses vulnrabilits des femmes et des hommes en matire de sant ainsi que la rticence des hommes solliciter des soins de sant. En outre, lors des entretiens qualitatifs, les hommes ont dclar des niveaux considrables de stress et des symptmes de dpression du fait de leur incapacit remplir leur rle de soutien de famille. Les femmes ont affirm que le stress des hommes se reportait souvent sur elles sous forme de violence motionnelle et physique. Ainsi, des efforts doivent tre dploys pour promouvoir la sant des hommes et les encourager solliciter de laide et pour impliquer les hommes en tant quallis de la sant des femmes et des enfants. Pour y parvenir, les mesures suivantes simposent :

    Impliquer les hommes en tant quallis dans le cadre des besoins des femmes en matire de sant reproductive et de ceux des hommes eux-mmes.

    laborer un programme de formation et des protocoles pour que les systmes de sant soient favorables aux hommes et former des professionnels de sant afin quils soient sensibles aux besoins des hommes et des femmes en matire de sant mentale.

    Utiliser le taux lev de participation des hommes aux visites prnatales comme un point daccs permettant de les impliquer dans la sant maternelle et infantile et dintroduire les hommes eux-mmes dans le systme de sant.

    8. ACCROTRE LATTENTION PORTE AUX HOMMES ET AUX FEMMES QUI SONT TOUCHS PAR DES DPLACEMENTS ET DES CONFLITS AINSI QU LEURS BESOINS SEXOSPCIFIQUES ET LIS AUX CONFLITS

    Les rsultats des tudes menes auprs des communauts et des populations touches par des conflits au Liban et en Palestine attestent de taux levs de stress, de traumatisme, de violence et

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    de besoins insatisfaits en matire de revenus, dducation et de services de sant. De plus, les rsultats font ressortir le manque dattention qui est accorde aux ralits sexospcifiques des hommes dans ces contextes. Une mesure humanitaire plus approprie incluant une comprhension des masculinits devrait :

    Former les travailleurs du secteur humanitaire de manire impliquer les hommes en tant quallis en faveur de lgalit des sexes dans les contextes de post-conflit, et afin de comprendre les effets des dplacements sur les hommes.

    Apporter aux hommes et aux femmes un soutien sexospcifique sur le plan psychosocial et traumatique, y compris des services de thrapie de groupe, individuels et communautaires.

    Impliquer les hommes qui prsentent des capacits dadaptation positives et qui sont les voix de la rsistance face aux conflits et la violence, y compris la violence fonde sur le genre, en tant que mentors et ducateurs pairs pour les autres hommes et garons.

    Dpister les troubles mentaux ventuels chez les hommes et les femmes et valuer leur exposition la violence et au traumatisme.

    Sappuyer sur les possibilits quoffrent les relations des hommes avec leurs enfants ainsi que leur implication en tant que pres pour attnuer les effets du dplacement.

    9. MENER DES RECHERCHES APPLIQUES COMPLMENTAIRES SUR LES HOMMES ET LES MASCULINITSLes tudes sur les hommes et lgalit des sexes qui ont t menes jusquici dans la rgion sont relativement limites, et trs peu figuraient dans le cadre denqutes nationales ou en cours. IMAGES MENA ne prtend pas tirer des conclusions finales sur le sujet, mais cherche simplement prsenter certains types de questions qui pourraient tre intgres dans de futures collectes de donnes sur lgalit des sexes, la violence, la sant et dautres sujets. Parmi les propositions spcifiques de travaux complmentaires figurent :

    Mener des recherches en vue danalyser comment les hommes et les garons sont reprsents dans les mdias, en complment des vastes travaux existants sur la reprsentation des femmes dans les mdias, et utiliser ces informations pour collaborer avec des producteurs de contenu mdiatique.

    Utiliser les rsultats de lenqute IMAGES et dautres tudes afin de tirer parti des propos positifs exprims sur lgalit des sexes, qui existent dj dans la rgion MENA.

    Intgrer des questions sur les attitudes et les pratiques des hommes concernant lgalit des sexes dans les enqutes existantes, reprsentatives lchelle nationale, et utiliser les donnes qui en ressortent pour orienter et soutenir des changements politiques en faveur de lgalit totale pour les femmes et les filles.

    Enfin, il est important de noter que les attitudes et les actions des hommes peuvent samliorer. Bien que la majorit des hommes, qui ont t interrogs dans les quatre pays concerns, dfend des attitudes et des rles traditionnels distincts selon le sexe, sur chacun des sujets abords, un quart ou plus dentre eux expriment des opinions plus ouvertes et plus galitaires. Les actions des hommes qui se montrent plus progressistes dans leurs pratiques ceux qui, par exemple, simpliquent dans la prise en charge des enfants au quotidien sont, dans la majorit des cas, des choix pragmatiques fonds sur les circonstances plutt que le produit dune perception idologique de lgalit des sexes. Le dfi quil reste relever consiste identifier et soutenir ces exemples quotidiens dgalit et les hommes qui les donnent, dans leur propre intrt, mais galement dans celui des gnrations futures qui devraient suivre leur exemple.