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SOMMAIRE 1- Les problèmes et les blessures: les prévenir et les traiter page 02 2- Blessures musculaires sportives : qu’est-ce que c’est ? Page 04 3-Entorse : qu’est-ce que c’est ? Page 13 4- Troubles musculosquelettiques de l'épaule page 20 5-Troubles musculosquelettiques du coude page 26 6- Syndrome du canal carpien page 32 7-lombalgie page 38 8-Hernie discale page 47 9-Troubles musculosquelettiques du genou page 52 10-DOULEURES AU COU page 54 11-La fasciite plantaire page67 1

Blessures Du Sportif

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Page 1: Blessures Du Sportif

SOMMAIRE

1- Les problèmes et les blessures: les prévenir et les traiter page 02

2- Blessures musculaires sportives : qu’est-ce que c’est ? Page 043-Entorse : qu’est-ce que c’est ? Page 134- Troubles musculosquelettiques de l'épaule page 205-Troubles musculosquelettiques du coude page 266- Syndrome du canal carpien page 327-lombalgie page 388-Hernie discale page 47

9-Troubles musculosquelettiques du genou page 52 10-DOULEURES AU COU page 54 11-La fasciite plantaire page67

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I- Les problèmes et les blessures: les prévenir et les traiterDossier

Les bienfaits de l’activité physique sont à la fois nombreux et reconnus. Mais la pratique d’un sport comporte, hélas, le risque de se blesser. Malgré toute l’attention que l’on puisse prêter pour les prévenir, personne n’est à l’abri d’une « blessure sportive ».

Par Martin LaSalle

Vous vous adonnez à votre sport favori – peut-être n’en êtes-vous qu’à la période d’échauffement - lorsque soudain, un muscle ou une articulation vous fait souffrir.

Afin que vous en sachiez davantage sur le malaise qui vous affecte et sur les façons de le traiter et de mieux le prévenir, voici un aperçu des blessures sportives les plus fréquentes.

Blessures musculaires La crampe. Elle peut se produire tant au repos qu’à l’effort, mais elle est généralement un signe de fatigue. Il s’agit d’une contraction musculaire douloureuse, involontaire et passagère.

La contusion. Elle résulte d’un coup que reçoit un muscle en contraction. La douleur est alors localisée au point d’impact et s’accompagne généralement d’une enflure, parfois même d’une ecchymose. À titre d’exemple, le charley horse provoque une contusion.

L’élongation (ou claquage). Elle survient lorsqu’on étire ou contracte le muscle au-delà de sa capacité. Une élongation extrême peut entraîner la déchirure partielle ou complète.

Pour connaître les moyens de prévention et les traitements des blessures musculaires, consultez notre fiche.

Il est à noter que la majorité des lésions musculaires touchent les membres inférieurs et sont généralement attribuables à la pratique d’un sport, principalement les sports de contact (hockey, football, etc.) et ceux qui demandent des départs rapides (tennis, basket-ball, sprint, etc.).

L’entorse L’entorse est un étirement ou une déchirure qui affecte un ou plusieurs ligaments d’une articulation. Les ligaments forment des tissus fibreux très résistants et peu extensibles, qui unissent les os entre eux.

Ce sont les chevilles qui sont les plus susceptibles de subir une entorse.

Pour connaître les moyens de prévention et les traitements de l’entorse, consultez notre fiche.

Tendinite de l’épauleLa tendinite qui affecte le plus souvent l’épaule est la tendinite de la coiffe des rotateurs. Cette blessure survient généralement lorsque le tendon de l’un des quatre muscles de l’épaule est

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surutilisé à la suite de la répétition fréquente de mouvements faits de manière inadéquate. Cette tendinite affecte souvent les nageurs, les lanceurs (baseball, football, etc.) ou les personnes qui pratiquent un sport de raquette (tennis, squash, racquetball, etc.).

Pour connaître les moyens de prévention et les traitements de la tendinite de l’épaule, consultez notre fiche.

Tendinite du coudeCoude du joueur de tennis. Le terme médical de ce que plusieurs appellent le tennis elbow est l’épicondylite. L'épicondyle est une petite saillie osseuse de la face externe de l'humérus (l'os du haut du bras), situé près du coude. L’épicondylite survient lorsque le tendon des muscles extenseurs attachés à l'épicondyle est surmené. La douleur se situe surtout dans la région externe de l’avant-bras.

Coude du joueur de golf. Également connue sous le nom d’épitrochléite, cette forme de tendinite survient lorsque le tendon des muscles fléchisseurs attachés à l'épitrochlée est surmené. Ces muscles internes servent à plier les doigts, le poignet vers le bras, et à faire tourner l'avant-bras pour que la paume soit vers le bas (position de pronation). Cette affection touche les golfeurs, mais aussi les personnes qui pratiquent un sport de raquette, de même que les lanceurs au baseball. La douleur se situe dans la région interne de l'avant-bras.

Pour connaître les moyens de prévention et les traitements de la tendinite du coude, consultez notre fiche.

Syndrome du canal carpienPrincipal problème touchant les articulations de la main et du poignet, le syndrome du canal carpien est généralement causé par la répétition de certains mouvements de la main, comme celui de saisir ou de pincer des objets avec les doigts tandis que le poignet est fléchi. Les personnes pratiquant le golf, le canotage ou un sport en fauteuil roulant sont les plus à risque.

Le canal carpien, un tunnel formé par les os et par divers tissus du poignet (tendons, ligaments, etc.), sert de protection au nerf médian, qui donne leur sensibilité au pouce, à l'index, au majeur et à une partie de l'annulaire. Lorsque les tissus qui forment ce canal sont enflés ou enflammés, ils font pression sur le nerf médian, provoquant des engourdissements ou des douleurs dans la main.

Pour connaître les moyens de prévention et les traitements du syndrome du canal carpien, consultez notre fiche.

Lombalgie (douleurs au bas du dos)La lombalgie est une lésion à un muscle, à un tendon ou à un ligament du dos. Elle est provoquée par un effort ou une torsion inhabituelle, ou encore par l'accumulation de microlésions associées à des mouvements répétitifs. Chez les sportifs, elle peut être attribuable à trois causes.

Une dégénérescence discale. Il s’agit de l’usure des disques situés entre chacune des vertèbres chargées d’amortir les chocs à la colonne vertébrale. Cette affection est fréquente chez les plus de 60 ans.

Une subluxation vertébrale. Elle survient lorsqu’un disque intervertébral s'affaiblit et ne peut plus maintenir l'alignement des vertèbres qu'il relie. Dans le langage populaire, on parle de glissement de vertèbres. Les disques et vertèbres désalignés compriment les nerfs, ce qui explique la douleur.

Une hernie discale. Le gel contenu dans le disque intervertébral fait une saillie vers l'extérieur et comprime les racines nerveuses. De mauvaises postures, le surplus de poids, la grossesse et la dégénérescence discale en sont les principales causes.

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Il faut préciser que chez près de 90 % des personnes atteintes de lombalgie, aucune maladie spécifique n'est mise en cause. Bien souvent, il est impossible de déterminer avec précision l'origine du mal.

Pour connaître les moyens de prévention et les traitements des maux de dos, consultez nos fiches Lombalgie et Hernie discale.

Troubles du genouLe syndrome fémoro-rotulien. Ce syndrome est souvent attribuable à la pratique répétée de l'une ou l'autre des activités suivantes : monter ou descendre des escaliers, courir sur une pente ascendante, faire de longues randonnées pédestres, s'accroupir fréquemment ou pratiquer des sports où le saut est fréquent. Cette affection se caractérise par l'irritation des cartilages de l'articulation du genou, entre la rotule et le fémur (l'os de la cuisse). En médecine sportive, on estime qu'environ 25 % des athlètes souffrent un jour ou l'autre de ce syndrome.

Le syndrome de friction de la bandelette ilio-tibiale. Ce type de blessure apparaît à long terme à la suite de la pratique répétée de flexions et d'extensions du genou. Les cyclistes et les coureurs de fond sont particulièrement à risque. L'irritation et l'inflammation surviennent à la suite du frottement répété entre deux structures du genou, dans sa partie externe : la longue bande fibreuse située à la face externe de la cuisse (la bandelette ilio-tibiale) et une protubérance du fémur. Cette affection est communément appelée « syndrome de l'essuie-glace », parce que la sensation de la bandelette qui frotte l'os sous la peau est souvent comparée à celle de l'essuie-glace qui grince sur le pare-brise.

Il est important de préciser que ces deux types de blessures apparaissent progressivement à la suite d’une utilisation répétée de l'articulation du genou d'une manière inadéquate, de même que chez les personnes qui ont un mauvais alignement du genou. Ces affections sont rarement le résultat immédiat d'un traumatisme par accident ou d'un choc par contact, qui causent plutôt des blessures aux ligaments et aux ménisques.

Pour connaître les moyens de prévention et les traitements des troubles du genou, consultez notre fiche.

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II - Blessures musculaires sportives : qu’est-ce que c’est ?Nous avons rassemblé ici différents types de blessures aux muscles - de la crampe à la rupture complète d’un muscle - qui peuvent survenir dans la pratique d’une activité sportive. Ces blessures peuvent compromettre une activité de loisir ou les objectifs d’un sportif. Le traitement des blessures musculaires vise 3 buts : bénéficier d’une meilleure guérison, empêcher que la blessure devienne chronique et réduire le risque de récidive.

Chaque année, environ 9 % de tous les Québécois de 6 ans à 74 ans qui pratiquent une activité sportive ou de loisir subissent une blessure nécessitant la consultation d’un professionnel de la santé1. (Cette statistique regroupe tous les types de blessures accidentelles, incluant les fractures.)

Types de blessures musculaires• Crampe : contraction douloureuse, involontaire et passagère d’un ou de plusieurs muscles.

Elle peut survenir au repos ou à l’effort. Les crampes qui surviennent dans la pratique d’un sport ont une origine complexe. On croit qu’elles seraient le résultat d’une insuffisance d’apport d’oxygène ou d’électrolytes sanguins. Habituellement, elles sont un signe d’épuisement ou de déshydratation. Une crampe persistante est appelée contracture.

• Contusion : conséquence d’un coup reçu sur un muscle en phase de contraction. Elle se manifeste par une douleur musculaire localisée au point d’impact, de l’enflure et parfois une ecchymose (épanchement de sang sous la peau consécutif à une rupture des vaisseaux, appelé familièrement bleu). Ces manifestations sont d’autant plus importantes et profondes que le choc est fort. Lorsqu’elle survient dans les jambes, la contusion est communément appelée charley horse.

• Élongation : allongement traumatique du muscle. L’élongation survient durant une sollicitation excessive à la limite de l’étirement du muscle ou à la suite d’une contraction trop forte. Les muscles de l’arrière de la cuisse (les ischio-jambiers) sont les plus susceptibles de subir une élongation. Le terme claquage (un « clac » est souvent audible) est habituellement utilisé pour parler des élongations plus graves, qui peuvent mener à une déchirure partielle ou complète de fibres musculaires.

L'échographie et l'IRM (imagerie par résonance magnétique) sont les examens d'imagerie les plus adaptés pour faire le diagnostic lorsqu’on soupçonne une rupture complète du muscle.

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Le muscle

Sa représentation classique nous montre un tissu musculaire renflé en son milieu, qui se poursuit aux extrémités par 2 tendons. Il est formé de plusieurs fibres, fines, longues (certaines font la longueur du muscle), disposées parallèlement, groupées en faisceaux et séparées par du tissu conjonctif. Cette armature fibreuse permet la transmission de l’énergie de la fibre musculaire vers le tendon.

La principale caractéristique d’un muscle est sa capacité à se contracter en produisant le mouvement.

Les muscles sont constamment en contraction légère; c’est ce qu’on appelle le tonus musculaire. Ce tonus peut se modifier de façon pathologique au cours d’une blessure à des fibres musculaires ou à un tendon.

CausesLa majorité des lésions musculaires atteignent les jambes et sont attribuables à la pratique d’un sport, principalement les sports de contact (football, hockey, boxe, rugby, etc.), les sports potentiellement acrobatiques (surf des neiges, planche à roulettes, etc.) et ceux qui demandent des départs rapides (tennis, basket-ball, sprint, etc.). Elles peuvent être produites :

• en début d’exercice par un entraînement excessif ou insuffisant, un mauvais échauffement ou une mauvaise technique de préparation physique;

• en fin d’exercice par la fatigue, un déficit de souplesse du muscle, un allongement contrarié du muscle;

• par des mouvements brusques, violents et non coordonnés, particulièrement s’il y a déséquilibre entre la force des muscles agonistes (qui font le mouvement) et celle des muscles antagonistes (qui font le mouvement inverse) - par exemple, le biceps et le triceps;

• par un coup direct avec un objet dur (crampon, genou d’un autre sportif, poteau, etc.);• en raison d’un effort trop intense ou prolongé;• par une blessure musculaire antérieure mal guérie;• par du matériel d’entraînement inadapté.

Symptômes des blessures musculaires

Crampe musculaire• Un raidissement d’un muscle accompagné d’une douleur intense.• Une perte de mobilité des articulations liée au muscle.

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Contusion• Une douleur au point d’impact et une tache foncée sous la peau (brune, bleue, rougeâtre ou

jaunâtre), sans déchirure de la peau ni fracture.

Élongation ou claquage• Une raideur et une douleur vive, aiguë et brutale à un muscle. La douleur se manifeste à la

contraction du muscle, à l’étirement et à la palpation. L’atteinte impose l’arrêt de l’effort, mais permet toujours le mouvement. Plus la blessure est grave, plus la douleur est intense et plus la perte d’amplitude articulaire est importante.

• Si l’étirement est important, une enflure apparaît. Si la blessure se situe tout juste sous la peau, on voit parfois une petite ecchymose.

• En cas de déchirure importante ou de rupture, la douleur est comparable à un coup de poignard. L’ecchymose est souvent énorme. Le muscle n’est plus fonctionnel.

Personnes à risque• Toutes les personnes qui pratiquent un sport : des athlètes professionnels aux athlètes

amateurs et aux adeptes de sports de loisir.• Ceux qui entreprennent un programme d’exercices physiques (aérobiques ou musculaires),

seuls ou en groupes.

Facteurs de risqueContrairement à ce que l’on a longtemps cru, les étirements pratiqués avant l’activité physique ne diminuent pas le risque de blessure musculaire et pourraient même être un facteur aggravant s’ils sont effectués sur les muscles « à froid ». Il vaudrait mieux les faire après l’activité physique.

Par contre, un bon échauffement avant d’entreprendre une activité intense permettrait de réduire grandement les risques de blessure (voir plus bas Prévenir l’élongation et Les besoins de base du sportif).

• Un échauffement insuffisant avant la pratique d’un sport.• Une mauvaise hygiène de vie (manque de sommeil, alimentation déficiente, etc.), qui

engendre fatigue et faiblesse musculaire.• L’âge : l'élasticité et la solidité des muscles et des tendons diminuent avec l'âge.• L’utilisation d’anabolisants (substances entraînant un accroissement du système

musculaire), qui favorisent le développement de la fibre musculaire, mais fragilisent les tendons.

• Des problèmes psychologiques contrariant les sensations proprioceptives (sensations qui ont leur origine dans le corps et qui renseignent sur l’équilibre et les déplacements).

• Un problème postural.• La raideur musculaire.• Le manque d’hydratation.• Une physiothérapie incomplète ou mal conduite après une blessure.• Des exercices de musculation ou d’étirement inadaptés ou mal pratiqués.• La mauvaise qualité des installations sportives ou un équipement sportif inadéquat.

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Prévention des blessures musculaires

Prévenir les crampes musculaires• Évitez la déshydratation en buvant avant, durant et après l’exercice, par petites quantités.

L’hydratation aide à maintenir la circulation sanguine dans les fibres musculaires.• Alternez l’eau et les boissons pour sportifs, qui ont l’avantage de contenir des sels et des

minéraux. Les crampes peuvent être causées par un manque de sodium et de potassium dans le muscle. Conseil. Diluez les boissons pour sportifs, qui contiennent souvent trop de sucre. Ces boissons devraient être limitées aux activités intenses qui durent plus d’une heure.

• Reconnaissez les signes de fatigue et sachez vous arrêter avant que les crampes apparaissent.

• Progressez graduellement dans un sport. La fatigue musculaire qui survient lorsque le muscle n’est pas habitué à fournir la force demandée peut causer les crampes.

Prévenir les contusions• Portez les équipements de prévention : casque, protège-tibia, genouillères, chevillères, etc.

Prévenir l’élongation• Ayez une bonne hygiène de vie : adoptez une alimentation équilibrée et le maintien d’un

poids santé (l’obésité peut entraîner une contrainte ou une tension sur les muscles), avec un sommeil régulier.

• Ayez recours aux services d'un entraîneur compétent, que ce soit pour vous initier à un nouveau sport ou parfaire vos techniques.

• Évitez d'augmenter brusquement l'intensité dans la pratique d'une activité professionnelle ou d'un sport exigeant. En y allant progressivement, on laisse au corps le temps de s'adapter et l'on renforce les muscles tout en assouplissant les tendons.

• Respectez un temps de repos pour récupérer suffisamment après les entraînements et les compétitions.

• Adaptez votre activité sportive à votre forme physique et à votre âge.• Prévoyez un bon équipement et des chaussures qui corrigent les défauts d'appui éventuels.• Avant l’activité physique : préparez votre organisme à l’effort (cardiovasculaire,

musculaire, tendineux) avec un échauffement progressif de vos muscles et de vos tendons (environ 10 minutes). Un jogging léger ou de la marche rapide conviennent. L’intensité de la préparation dépend de l’intensité de l’activité qui sera ensuite réalisée. Consultez un entraîneur spécialisé dans le sport pratiqué.

• Après l’activité physique : faites une séance d’étirements progressifs, en effectuant alternativement une tension maintenue une vingtaine de secondes, puis un relâchement, et en prenant soin d’étirer lentement tous les muscles utilisés pendant l’activité physique. Les étirements sont des exercices très intéressants à condition de les effectuer de façon modérée.

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Traitements médicaux des blessures musculairesImportant. Respecter son traitement du début à la fin. Cela réduit le risque de blessures subséquentes et de myosite ossifiante, une complication irréversible qui peut se produire à la suite d’une contusion ou d’une élongation moyenne ou grave. Elle se caractérise par la formation de tissu osseux à l’intérieur du muscle.

Traitement des crampesLa première chose à faire pour faire cesser la crampe est d’étirer le muscle en faisant le mouvement contraire à celui qui a causé la crampe. Par exemple, en cas de crampe au mollet, il faudra fléchir le pied et les orteils vers le haut. Une fois la douleur calmée, on peut aussi pratiquer un léger massage et appliquer de la glace. L’application de glace permet à la fois de réduire la vitesse de contraction du muscle et de prévenir la réaction inflammatoire.

Traitement de l’élongation et de la contusionLe temps de cicatrisation de la fibre musculaire étant en moyenne de 12 jours, le repos sportif s’impose dans tous les cas d’accidents musculaires, et sera d’autant plus long que l’atteinte est plus importante. Dans les jambes, une élongation légère ou moyenne peut prendre jusqu’à 6 semaines pour guérir. L’élongation grave et la déchirure complète du muscle doivent être prises en charge immédiatement par une équipe médicale, qui entreprendra probablement une chirurgie lorsque la déchirure sera confirmée. Pour obtenir les meilleures chances de succès, la chirurgie doit être effectuée dans les premiers jours qui suivent la blessure. Il ne faut donc pas tarder avant d’aller consulter un médecin.

Les conseils suivants portent sur l’élongation légère à moyenne.

Phase aiguëAu cours des 3 jours (72 heures) qui suivent le traumatisme, le traitement de l’élongation vise à faire cesser l’hémorragie dans le muscle. Il se base sur 4 éléments principaux dont l’acronyme est GREC :

• Glace : pour soulager la douleur et réduire l'inflammation en resserrant les vaisseaux sanguins. Appliquer de la glace pendant 10 à 12 minutes, toutes les 1 ou 2 heures durant les 2 ou 3 premiers jours, tout en maintenant le membre élevé. Par la suite, réduire la fréquence à 3 ou 4 fois par jour. Continuer l’application de glace aussi longtemps que les symptômes persistent.

• Repos : le repos est important afin de prévenir l’aggravation de la blessure. Il faut cesser l’activité qui a causé le traumatisme, sans toutefois immobiliser complètement le membre atteint.

• Élévation : si la blessure se situe à la jambe ou à la cheville, maintenir la jambe élevée le plus possible. Cela aide l’enflure à se résorber en favorisant le retour veineux.

• Compression : pour limiter le gonflement et l'accumulation de fluide autour de la zone blessée. L’utilisation d’un bandage élastique remplit bien ce rôle.

Attention. Toute application de chaleur, tout étirement et tout massage sont formellement proscrits. La chaleur dilate les vaisseaux sanguins, donc amplifie le saignement et l’inflammation. Les étirements musculaires risquent d’aggraver les blessures d’élongation. Quant au massage (et

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même la palpation), il peut intensifier la douleur, aggraver les lésions et provoquer une hémorragie.

Conseils pour l’application de glace

La glace doit être appliquée de manière à bien épouser la forme de la zone blessée. Elle doit être placée dans un sac maintenu avec un bandage, sans trop serrer pour ne pas arrêter la circulation sanguine, mais suffisamment pour permettre une compression qui arrêtera le saignement. On peut appliquer directement sur la peau des cubes de glace contenus dans un sac en plastique, ou les mettre dans une serviette mince et mouillée. Il existe aussi des sachets de gel mou réfrigérants (Ice pak®) vendus en pharmacie qui peuvent s’avérer pratiques. Toutefois, lorsqu’on utilise ces produits, il ne faut pas les placer directement sur la peau, car il y a des risques d’engelure. Un sac de petits pois verts (ou de maïs en grains) surgelés, déjà dans un emballage plastique, est une solution pratique, puisqu’il se moule bien aux formes du corps et peut être appliqué directement sur la peau.Il est inutile d’appliquer des compresses froides ou des « sacs magiques », car ils ne sont pas assez froids et se réchauffent en quelques minutes.

Médicaments. En cas de douleur importante, prendre des médicaments analgésiques de type acétaminophène (Tylenol®). Ils ne remplacent toutefois pas la compression et l’application de glace.

Lorsque la réaction inflammatoire est importante, des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), comme l’ibuprofène (Advil®, Motrin®), peuvent être consommés sur une courte période : 2 ou 3 jours seulement. Il faut toujours surveiller leurs effets indésirables possibles sur l’estomac, qui peuvent être majeurs (brûlures d’estomac, hémorragie digestive, ulcères, etc.). S’informer également de leurs contre-indications.

Exercice physique. S'il existe un exercice pouvant être pratiqué sans exercer de tension sur la partie blessée, le sportif peut s’y adonner pour se maintenir en forme, mais il ne doit pas faire usage de la partie blessée.

Phase de réadaptationTraitements de physiothérapie. Dès le deuxième ou le troisième jour, un médecin ou un physiothérapeute recommandera des exercices spécifiques pour renforcer le muscle blessé et commencer à l’étirer doucement. Des massages doux peuvent être pratiqués à distance de la région douloureuse afin de lever les contractures musculaires (en aucun cas il ne faut masser la région douloureuse, sous peine d'aggraver les lésions). Toute forme de massage est contre-indiquée en cas de rupture musculaire. Selon la gravité de la blessure, des exercices faciles seront peu à peu réintégrés. La douleur est un bon guide pour régler l’intensité des activités. Par la suite, une rééducation et un entraînement régulier graduel sont entrepris. Leurs buts sont de permettre la cicatrisation de la lésion et de retrouver un muscle indolore, souple et fort.

Reprise des activités normalesL’activité normale doit être reprise seulement lorsque toute douleur a disparu, et que force et mobilité sont revenues à la normale. À long terme, il peut être bénéfique de continuer à faire les exercices de physiothérapie afin d'éviter que de tels événements ne se répètent.

Remarque. Les crèmes et les pommades offertes en vente libre pour soulager les douleurs musculaires par un effet de chaleur (Antiphlogistine®, Bengay®, Tiger Balm®, etc.) sont très peu utiles dans le traitement des blessures musculaires, autant en phase aiguë qu’en réadaptation9. La sensation de confort momentanée que ces produits peuvent procurer demeure très superficielle, car leur action se limite à la peau.

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L’opinion de notre médecinLes blessures musculaires peuvent être prévenues la plupart du temps en ayant une pratique sécuritaire de l’activité physique. L’échauffement accompli avant le sport (et non les étirements!) a un rôle capital dans la prévention.

Finalement, si malgré toutes ces précautions vous avez quand même subi une blessure musculaire, vous pouvez éviter qu’elle ne s’aggrave en appliquant la technique « GREC » et en évitant les massages, les étirements et la chaleur.

Dre Susan Labrecque, M.D.

Révision médicale (mai 2010) : Dre Susan Labrecque, M.D., diplômée en médecine sportive, M.Sc. Kinanthropologie, B.Sc. Éducation physique

Approches complémentairesMise en garde. Attention de ne pas masser le muscle qui vient de subir une élongation ou une contusion en appliquant l'un ou l'autre des traitements suivants. En effet, le massage est déconseillé dans les 72 heures qui suivent la blessure.

En traitementConsoude.

Broméline.

Vigne rouge.

Acupuncture, massothérapie, technique Alexander.

Arnica, hamamélis de Virginie, millepertuis.

Huile essentielle de lavande, emplâtre analgésique Tokuhon (Médecine traditionnelle chinoise).

Consoude (Symphytum officinale). La consoude s’utilise en application externe pour soulager les ecchymoses, les entorses et les douleurs musculaires. Cet usage bénéficie d’une reconnaissance par la Commission E allemande. La plante aurait aussi des propriétés anti-inflammatoires grâce à l'acide rosmarinique qu’elle renferme.DosageAppliquer, de 2 à 4 fois par jour, un onguent ou une lotion renfermant de la consoude (racine ou feuilles). Consulter notre fiche Consoude.Mise en garde

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La Commission E recommande de limiter l’usage topique de la consoude à un maximum de 6 semaines par année, pour éviter une possible accumulation de pyrrolizidines (une substance toxique pour le foie) dans l’organisme. Cette mise en garde ne s’applique toutefois pas au Canada, où les fabricants de crèmes et d’onguents à base de consoude doivent prouver que leurs produits ne contiennent pas de pyrrolizidines.

Broméline. La broméline est constituée d'un groupe d'enzymes présents dans l'ananas. De nombreuses études menées en Europe permettent d’affirmer que la prise de suppléments de broméline (seuls ou associés à d’autres enzymes) contribue à réduire l’inflammation et la douleur causée par des chirurgies, des hématomes et des contusions.DosagePrendre de 125 mg à 500 mg, 3 fois par jour.

Vigne rouge (Vitis vinifera). Au cours des années 1980, des chercheurs français ont mené des études afin d’évaluer l'utilité des oligo-proanthocyanidines (OPC) contenus dans l’enveloppe des pépins de raisin de la vigne rouge pour traiter les tuméfactions2-5. L’état actuel de la recherche ne permet cependant pas de confirmer leur efficacité à cet égard.

Arnica (Arnica montana). La Commission E et l’ESCOP approuvent l’usage de l’arnica par voie externe pour traiter entre autres les contusions et les douleurs musculaires. Au cours d'une étude préliminaire avec placebo, menée auprès de 12 volontaires, on a pu observer l'efficacité d'un gel d'arnica pour soulager les douleurs musculaires6.DosageL’arnica peut être appliquée sur la peau sous forme d’onguent, de gel ou d’autres façons. Voir notre fiche Arnica.

Hamamélis de Virginie (Hamamelis virginiana). L’ESCOP reconnaît l’usage de l’hamamélis de Virginie par voie externe pour soigner les contusions et les entorses. L’hamamélis renferme des tanins (l'hamamélitanine notamment) aux propriétés astringentes et hémostatiques, ce qui expliquerait son effet antihémorragique. On ne dispose par contre d’aucune étude clinique pour appuyer cet usage.DosageConsulter la fiche Hamamélis de Virginie.

Millepertuis (Hypericum perforatum). La Commission E approuve l’usage du millepertuis par voie externe pour soigner les contusions et les douleurs musculaires. Les Grecs anciens connaissaient très bien les propriétés de la plante pour le traitement des plaies et blessures. Toutefois, aucune étude clinique n’a été menée à cet effet.DosageAppliquer localement de l’huile de millepertuis, de 1 à 3 fois par jour.

Lavande (Lavandula sp.). L’huile essentielle de lavande a jadis été utilisée pour soulager les spasmes musculaires, les crampes et les contractures.DosageOn peut préparer une huile à massage en diluant de 1 à 4 gouttes d'huile essentielle dans 1 c. à table d'huile végétale. Masser légèrement les endroits atteints pour faire pénétrer.

Tokuhon. L’emplâtre analgésique Tokuhon est utilisé en Médecine traditionnelle chinoise pour soulager les douleurs associées aux foulures, aux entorses, aux maux de dos et aux contusions. Il contient entre autres du menthol et du camphre. Les emplâtres ont l'avantage de diffuser les principes actifs lentement, sous l'action de la chaleur de la peau. Leur action thérapeutique serait

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plus puissante que celle des huiles et des onguents. Santé Canada a d’ailleurs attribué un DIN (Drug Identification Number - numéro d'identification du médicament) au « Tokuhon Medicated Plaster », ce qui certifie qu'il est libre de contaminants et qu'il ne renferme pas de médicaments de synthèse.DosagePour usage externe seulement. Nettoyer et assécher l'endroit blessé avant de poser l'emplâtre. Couper un morceau de la grandeur désirée et appliquer sur la partie atteinte. Appliquer durant 1 à 2 heures tout au plus, de 3 à 4 fois par jour.

Les approches suivantes concernent les élongations musculaires. Elles sont contre-indiquées dans les 3 jours qui suivent la blessure (en phase aiguë), mais peuvent servir de traitement complémentaire en période de réadaptation. Consulter un professionnel dûment formé.

Acupuncture. L’acupuncture serait utile chez certaines personnes pour diminuer la douleur et aider à relâcher les tensions7.

Massothérapie. En phase de réadaptation, le massage est utilisé en physiothérapie. Par exemple, le drainage lymphatique permettrait d’éliminer les déchets métaboliques, ce qui accélérerait légèrement la guérison7. Le shiatsu, une forme de massage oriental où des pressions manuelles sont exercées sur les points d’acupuncture, peut être utilisé en prévention pour préparer l’ensemble musculosquelettique à l’effort ou encore en traitement de l’élongation pour soulager la douleur et les tensions musculaires7,8. Pour en savoir plus sur les différentes formes de massage, consulter la fiche Massothérapie, qui en offre une vue d’ensemble.

Technique Alexander. La technique Alexander peut contribuer à la guérison d’une blessure musculaire sportive. En outre, cette méthode d’éducation somatique serait d’une aide précieuse pour briser la chaîne des blessures à répétition8.

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Entorse : qu’est-ce que c’est ?La cheville est l’articulation la plus vulnérable à l’entorse. Une entorse est un étirement ou une déchirure d’un ou de plusieurs ligaments d’une articulation. Les ligaments sont les faisceaux de bandes de tissus fibreux, très résistants et peu extensibles, qui unissent les os entre eux. Ils donnent une stabilité aux articulations.

Les genoux et les poignets peuvent aussi subir un étirement ligamentaire. Ce type d’entorse advient surtout chez les sportifs.

La douleur, l’enflure et la difficulté à bouger l’articulation sont les principaux symptômes de l’entorse.

Dans la majorité des cas, le médecin peut poser le diagnostic après avoir questionné le patient et procédé à un examen physique. Si le médecin soupçonne une fracture, il propose une radiographie aux rayons X. Plus rarement, un test d’imagerie par résonance magnétique (IRM) est entrepris afin de voir l’état des ligaments.

Degrés de gravité• Entorse légère : un étirement des ligaments, souvent appelé foulure. À ce stade,

l’articulation est encore fonctionnelle.• Entorse modérée : un étirement des ligaments accompagné d’une déchirure partielle.• Entorse grave : une rupture complète du ou des ligaments avec possibilité d’arrachements

osseux.

Causes• Une flexion, une extension ou une torsion de l’articulation au-delà de son amplitude

normale. Par exemple, se fouler la cheville en marchant sur une surface accidentée.• Une tension extrême sur une articulation. Par exemple, un joueur de football ou de basket-

ball qui change brusquement de direction.• Un coup direct à une articulation.• Des entorses antérieures qui ont laissé un ligament affaibli.

Complications possiblesÀ long terme, les entorses à répétition peuvent causer de l’arthrose, une maladie caractérisée par la dégradation du cartilage, le tissu qui recouvre l’extrémité des os de toutes les articulations mobiles.

Symptômes de l’entorse

Entorse légère• Une douleur à l’articulation. Les mouvements sont possibles.• Un gonflement de l’articulation dans les heures qui suivent ou le lendemain.• L’absence d’ecchymose (bleu).

Entorse modérée• Une douleur à l’articulation. Les mouvements sont limités, mais possibles.• Un gonflement de l’articulation en moins de quatre heures.• Une ecchymose.

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Entorse grave• La perception d’un craquement ou d’une sensation de déchirure.• Une douleur intense, avec difficulté à bouger l’articulation.• Il est souvent impossible de mettre son poids sur le membre blessé.• Un gonflement rapide, en quelques minutes.• Une ecchymose.

Personnes à risque• Les athlètes professionnels, les athlètes amateurs et les gens qui suivent un programme

d’entraînement physique.• Les personnes qui ont déjà eu une entorse (ou d’autres blessures aux articulations).• Les gens qui ont un surpoids ou qui sont en mauvaise condition physique.• Les personnes âgées. Les réflexes sont plus lents en vieillissant, de sorte que les faux

pas – et les entorses – gagnent en fréquence avec l’âge.

Facteurs de risque• Un manque d’échauffement.• Un entraînement insuffisant ou mal conduit.• La fatigue musculaire. La tension sur l’articulation est plus importante lorsque les muscles

sont fatigués.• Un équipement inapproprié (par exemple, porter des souliers de marche plutôt que des

bottillons durant une randonnée en terrain accidenté).• Une surface de jeu en mauvais état.

Prévention de l’entorseMesures préventives de base

• Pratiquer régulièrement une activité physique. L’activité physique régulière contribue à renforcer les articulations.

• S’échauffer avant l’activité physique : préparez votre organisme à l’effort avec un échauffement progressif de vos muscles et de vos tendons durant environ 10 minutes. Un footing léger (course à pied entrecoupée de marche) convient. Consultez un entraîneur spécialisé dans le sport pratiqué.

• Reconnaître les signes de fatigue. Arrêtez-vous lorsqu’ils apparaissent. Lorsqu’on est fatigué, la vigilance est moindre.

• Respecter un temps de repos pour récupérer suffisamment après les entraînements et les compétitions.

• Adapter l’activité sportive à la forme physique.• Prévoir un bon équipement, et surtout, des chaussures adaptées à l’activité physique

pratiquée (souliers de marche, espadrilles, etc.).• Avoir une alimentation équilibrée qui fournit aux muscles tous les nutriments requis. Pour

en savoir plus sur les principes de base d’une alimentation saine, consultez notre article Comment bien manger?

Mesures pour prévenir les récidives

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• Traiter l’entorse sans tarder et entreprendre une réadaptation complète de l’articulation (force, souplesse et agilité) sont les meilleures façons de prévenir les récidives.

• Le port d’une orthèse spécialisée ou d’un « taping » peut parfois être nécessaire quelque temps, au moment du retour au jeu. Toutefois, les bandages de gaze, de tissu élastique ou d’autres matériaux souples sont inutiles parce qu’ils n’offrent pas suffisamment de soutien pour éviter les traumatismes ligamentaires.

• À long terme, il est possible de stabiliser l’articulation sujette à l’entorse par des exercices de renforcement (exercices de proprioception, exercices avec bandes élastiques ou sur planche d’équilibre). Consulter un physiothérapeute, un kinésiologue, un ostéopathe ou un chiropraticien.

Traitements médicaux de l’entorseLa guérison d’une entorse légère ou modérée prend normalement de deux à quatre semaines.

Phase aiguëAu cours des trois jours (72 heures) qui suivent le traumatisme, le traitement de l'entorse repose sur le principe RGCÉ. Le but de ce traitement est de faire cesser l'hémorragie typique de l’entorse modérée et grave.

Toute application de chaleur et tout massage sont formellement proscrits. Le massage (et même la palpation) risque d'exagérer la douleur, d'aggraver les lésions et de provoquer une hémorragie.

• Repos. Utiliser le membre blessé selon la tolérance. Il faut utiliser des béquilles pour diminuer la douleur durant la marche lorsqu’il s’agit d’une entorse du genou ou de la cheville. La douleur est le meilleur guide : mettre juste le poids qu’on peut endurer sans douleur et augmenter cette mise en charge graduellement. Dans certains cas, il est préférable d’immobiliser l’articulation (voir plus loin).

• Glace. Appliquer de la glace le plus tôt possible afin de minimiser l’enflure (voir les conseils ci-dessous). La glace soulage la douleur, réduit l'inflammation et diminue l’enflure en resserrant les vaisseaux sanguins. Cela peut également diminuer le saignement s’il y a eu déchirure des ligaments.

• Compression. Envelopper la région atteinte à l’aide d’un bandage élastique afin de réduire l’enflure et les ecchymoses et de soutenir les ligaments blessés. Ne pas serrer trop fort pour ne pas couper la circulation sanguine.

• Élévation. Maintenir le membre blessé en position surélevée. Le membre blessé doit être élevé de 10 cm plus haut que le coeur (être assis le pied déposé sur un tabouret n’est pas efficace). Si possible, maintenir l’élévation pendant deux à trois heures chaque jour, jusqu’à ce que la douleur et l’enflure diminuent. L'élévation favorise le retour du sang dans les veines et limite l'accumulation de liquide d’inflammation autour de la zone blessée.

Conseils pour l’application de glace

La glace doit être appliquée de manière à bien épouser la forme de la zone blessée. Elle doit être placée dans un sac maintenu avec un bandage, sans trop serrer pour ne pas arrêter la circulation sanguine, mais suffisamment pour permettre une compression qui arrêtera le saignement. On peut placer une serviette mouillée entre le sac et la peau. Laisser la glace en place durant 10 à 12 minutes. Rien ne sert de la laisser plus longtemps, car la glace ne resserre les vaisseaux sanguins

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que pendant environ 10 minutes, après quoi ils « regonflent ».Fréquence. Répéter ainsi toutes les heures ou toutes les deux heures en gardant continuellement l’articulation en élévation. Cette procédure doit être suivie plusieurs fois durant les deux premiers jours après une blessure. Continuer ensuite l’application de glace de trois à quatre fois par jour, jusqu’à ce que la douleur soit disparue, au repos comme à l’exercice.

Médicaments. Des médicaments analgésiques de type acétaminophène (Tylenol®, Atasol®) peuvent aider à soulager la douleur. Les médicaments anti-inflammatoires, comme l’ibuprofène (Advil®, Motrin®), sont classiquement employés dans la phase aiguë (pendant deux ou trois jours), en complément à la compression et à l’application de glace. Ils aident à soulager la douleur. Cependant, il n’y a pas de preuve qu’ils accélèrent la guérison. La réaction inflammatoire fait d’ailleurs partie du processus de réparation tissulaire. Les personnes qui prennent des anti-inflammatoires doivent faire attention à leurs effets sur l’estomac, qui peuvent être majeurs (douleurs à l’estomac, hémorragie digestive, ulcères, etc.). Bien suivre la posologie.

Immobilisation. Si le coude ou l’épaule est touché, soutenir le bras à l’aide d’une écharpe, mais éviter de l’immobiliser plus de deux ou trois jours, car ces articulations s’ankylosent très rapidement. Une entorse modérée exige l’emploi d’une orthèse afin de ne pas aggraver la lésion. Le médecin peut en prescrire une. L’orthèse limite les mouvements dans l’axe des ligaments lésés, mais permet les autres mouvements. Il en existe pour tous les types d’articulations. Il a récemment été démontré que l’immobilisation de la cheville à l’aide d’un plâtre durant 10 jours procure une récupération plus rapide en cas d’entorse modérée ou grave (les résultats à long terme sont cependant identiques)1.

Chirurgie. Elle est parfois envisagée en cas d’entorse grave, surtout chez les personnes qui utilisent l’articulation endommagée de façon intensive, comme les athlètes.

Période de réadaptationLa reprise des activités habituelles se fait de façon progressive. Des exercices de proprioception, des exercices avec des bandes élastiques et sur des planches d’équilibre favorisent la récupération et réduisent le risque de récidive. Ils aident les ligaments à retrouver toute leur capacité, diminuent la raideur et renforcent la musculature qui s’est souvent atrophiée par la limitation des activités.

La physiothérapie peut faire partie du traitement, mais n’est pas essentielle pour bien récupérer.

L’opinion de notre médecinLes blessures à la cheville sont très fréquentes et je parie que, dans la majorité des cas, les gens ne consultent pas un médecin. C’est très bien comme cela! Mais si vous n’arrivez pas à marcher avec votre cheville blessée, une consultation et des radiographies s’imposent. Une fois que l’on est assuré qu’il n’y a pas de fracture ni d’entorse grave, la majorité des personnes arrivent très bien à s’autotraiter en suivant les conseils mentionnés.

Si la douleur est très intense et que la marche est très douloureuse, je suis porté à recommander l’immobilisation plâtrée pour 10 jours ou le port d’une orthèse.

Par la suite, on peut faire des exercices à la maison pour favoriser la récupération.

Dr Dominic Larose, M.D.

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Révision médicale (juin 2009) : Dr Dominic Larose, M.D., Chaire Lucie et André Chagnon pour l'enseignement d'une approche intégrée en prévention, Université de SherbrookeRévision médicale (août 2004) : Dre Susan Labrecque, M.D., M.Sc. Kinanthropologie, diplômée en médecine sportive

Approches complémentairesMise en garde. Attention de ne pas masser les ligaments blessés en appliquant l'un ou l'autre des traitements suivants. Le massage est déconseillé dans les 72 heures qui suivent la blessure.

En traitementConsoude

Broméline

Vigne rouge

Arnica, hamamélis de Virginie

Emplâtre analgésique Tokuhon, gomme de pin

Consoude (Symphytum officinale). Des essais cliniques menés auprès de personnes souffrant d’une entorse, d’ecchymoses ou d’un étirement musculaire indiquent que l’application d’un onguent à base de consoude sur la blessure soulage la douleur et diminue l’enflure. Les études ont surtout porté sur des produits allemands (par exemple, Kytta® et Traumaplant®). Les feuilles et les racines de cette plante renferment de l’acide rosmarinique, un anti-inflammatoire bien connu.DosageConsulter notre fiche Consoude pour connaître la posologie ainsi que les précautions à prendre, car la consoude contient une substance toxique pour le foie.

Broméline. De nombreuses études menées en Europe et publiées au cours des années 1960 et 1970 permettent de croire que la broméline, seule ou associée à d’autres enzymes, peut être efficace pour réduire l’inflammation, soulager la douleur et accélérer la guérison des plaies. En ce qui concerne les entorses à la cheville, deux essais ont donné des résultats positifs10,11, mais une étude comparative à double insu avec placebo n’a pas été concluante12.DosagePar voie orale, prendre de 125 mg à 500 mg de broméline sous forme de capsules, trois fois par jour.ConseilChoisir un produit qui indique sur l’étiquette le degré d’activité enzymatique des suppléments - ce qui est maintenant obligatoire au Canada. Cette information est exprimée en UCL (unité de coagulation du lait) ou en UDG (unité de dissolution de gélatine) par gramme.

Vigne rouge (Vitis vinifera). Au cours des années 1980, les résultats d’études menées en France

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indiquaient que les OPC (oligo-proanthocyanidines) du pépin de raisin pouvaient être utiles pour traiter les tuméfactions consécutives à une blessure ou à une intervention chirurgicale2-4. L’état actuel de la recherche ne permet cependant pas de confirmer l’efficacité de l’extrait de pépins de raisin à cet égard. Voir la fiche Vigne rouge.

Arnica (Arnica montana). La Commission E et l’ESCOP approuvent l’usage de l’arnica par voie externe pour traiter les ecchymoses (les bleus), les oedèmes (l’enflure), les dislocations, les contusions et les troubles musculaires et articulaires. L’arnica est une plante vivace originaire des régions montagneuses de l'Europe et du sud de la Russie. DosageConsulter notre fiche Arnica.

Hamamélis de Virginie (Hamamelis virginiana). L’ESCOP reconnaît l’usage de l’hamamélis de Virginie par voie externe pour soigner les contusions et les entorses. L’hamamélis renferme des tanins (l'hamamélitanine notamment) aux propriétés astringentes et hémostatiques. DosageAppliquer sur la blessure un onguent, une lotion ou une crème contenant un extrait d’hamamélis, ou encore une compresse imbibée d’eau d’hamamélis. Pour plus de détails, consulter notre fiche Hamamélis de Virginie.

Emplâtre analgésique Tokuhon. L’emplâtre analgésique Tokuhon est utilisé en Médecine traditionnelle chinoise pour soulager les douleurs associées aux foulures, aux entorses, aux maux de dos et aux contusions. Il contient entre autres du menthol et du camphre. Les emplâtres ont l'avantage de diffuser les principes actifs lentement, sous l'action de la chaleur de la peau.DosagePour usage externe seulement. Nettoyer et assécher l'endroit touché avant de poser l'emplâtre. Couper un morceau de la grandeur désirée et appliquer sur la région atteinte. Appliquer durant une à deux heures tout au plus, de trois à quatre fois par jour.

Gomme de pin (Pinus strobus). Anciennement, on utilisait la gomme de pin pour traiter les entorses. Il n'existe pas, à notre connaissance, de recherches scientifiques sur la gomme de pin.DosageAppliquer la gomme, recouvrir d'un morceau de flanelle et garder trois jours. Répéter au besoin.RemarqueAu bout de trois jours, le corps aura absorbé la gomme et le cataplasme s'enlèvera alors sans difficulté. D'où l'importance de respecter le mode d'emploi.

Sites d’intérêtCanadaOrdre professionnel de la physiothérapie du QuébecRépertoire électronique des physiothérapeutes ou thérapeutes spécialisés en réadaptation physique.www.oppq.qc.ca

Guide Santé du gouvernement du QuébecPour en savoir plus sur les médicaments : comment les prendre, quelles sont les contre-indications et les interactions possibles, etc.www.guidesante.gouv.qc.ca

États-UnisAmerican Podiatric Medical AssociationComment prévenir les blessures – par type de sport.www.apma.org

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Troubles musculosquelettiques de l'épauleVoir la section spéciale Articulations (sport et travail)

• Qu’est-ce que c’est? • Symptômes • Personnes à risque • Facteurs de risque • Prévention

• Traitements médicaux • L’opinion de notre médecin • Approches complémentaires • Sites d’intérêt • Références

Qu’est-ce que c’est?haut

La présente fiche traite plus particulièrement de la tendinopathie de la coiffe des rotateurs, le trouble musculosquelettique qui affecte le plus souvent l’articulation de l’épaule.

Cette affection survient lorsqu’un tendon de l’épaule a été trop sollicité. Lorsqu’on reproduit souvent les mêmes mouvements ou que l’on force de manière inappropriée, de petites blessures surviennent dans les tendons. Ces microtraumatismes entraînent de la douleur et provoquent aussi une diminution de l’élasticité des tendons, parce que les fibres de collagène réparatrices ne sont pas d’aussi bonne qualité que le tendon original.

Les nageurs, les lanceurs au baseball, les menuisiers et les plâtriers sont les personnes les plus à risque d’en souffrir du fait qu’ils sont appelés à lever fréquemment le bras en exerçant une forte pression vers l’avant. Des mesures préventives permettent généralement de l’éviter.

Remarque. Dans le langage courant, cette affection est plus connue sous le nom de tendinite de la coiffe des rotateurs. Or, le suffixe « ite » indique la présence d’inflammation. Puisque l’on sait maintenant que la majorité des blessures aux tendons ne s’accompagnent pas d’inflammation, on parlera plutôt de tendinose ou de tendinopathie - ce dernier terme recouvrant l’ensemble des blessures aux tendons, donc les tendinoses et les tendinites. Le terme tendinite devrait être réservé aux rares cas induits par un traumatisme à l’épaule qui provoque une inflammation du tendon.

Un peu d’anatomie

L’articulation de l’épaule comprend quatre muscles qui constituent ce que l’on nomme la coiffe des rotateurs : le sous-scapulaire, le sus-épineux, le sous-épineux et le petit rond (voir le schéma). C’est le plus souvent le tendon sus-épineux qui est à l’origine de la tendinopathie de l’épaule.

Le tendon est un prolongement du muscle qui le rattache à l’os. Il est puissant, flexible et peu élastique. Il se compose en grande partie de fibres de collagène et renferme quelques vaisseaux

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sanguins.

Voir aussi notre article intitulé Anatomie des articulations : notions de base.

Causes• Une surutilisation du tendon par la répétition fréquente de gestes effectués de manière

incorrecte. • Une variation trop rapide de l’intensité d’un effort imposé à une articulation mal préparée

(manque de force ou d’endurance). Très souvent, on retrouve un déséquilibre musculaire entre les muscles qui « tirent » l’épaule vers l’avant - qui sont généralement forts -, et les muscles à l’arrière - plus faibles. Ce déséquilibre amène l’épaule dans une position inadéquate et entraîne un stress supplémentaire sur les tendons, les rendant plus fragiles. Le déséquilibre est souvent accentué par une mauvaise posture.

Complications possiblesBien qu’il ne s’agit pas d’une affection grave en soi, on devrait la soigner rapidement sous peine de créer une série de problèmes plus sérieux, comme :

• Une capsulite rétractile : l’inflammation de la capsule articulaire - l’enveloppe fibreuse et élastique qui entoure l’articulation -, ce qui se traduit par une raideur ou une perte de mobilité anormale de l’articulation (ankylose). Il s’agit de la complication la plus courante. Elle est surtout liée au manque de mouvement du bras.

• Une bursite : l’inflammation d’une bourse séreuse, un petit coussin rempli de liquide synovial qui empêche le contact direct entre l’os et le tendon.

• Une déchirure du tendon.

Dans certains cas, l’amplitude des mouvements du bras est réduite. De plus, les muscles de l’épaule peuvent progressivement perdre du volume, faute d’être utilisés. On souffre alors d’atrophie musculaire. L'inflammation peut alors s’installer dans les tissus voisins de l’articulation.

Il ne faut surtout pas attendre d’avoir atteint ce stade pour consulter. Plus la blessure au tendon est rapidement traitée, meilleurs seront les résultats. En outre, cela évitera des douleurs et des complications.

Symptômes• Une douleur sourde et diffuse dans l’épaule, qui irradie souvent vers le haut du bras. La

douleur est surtout ressentie lors des mouvements.• Très souvent, la douleur s’intensifie durant la nuit, parfois au point de créer de l’insomnie.• Une perte de la mobilité de l’épaule.

Personnes à risque• Les personnes qui sont appelées à lever fréquemment le bras en exerçant une certaine force

vers l’avant : les menuisiers, les soudeurs, les plâtriers, les peintres, les nageurs, les joueurs de tennis, les lanceurs au baseball, etc.

• Les ouvriers et les athlètes de plus de 40 ans. Avec l’âge, l’usure des tissus et la baisse d’apport sanguin vers les tendons augmentent le risque de tendinose et de ses complications.

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Facteurs de risqueAu travail

• Une cadence excessive.• Des quarts de travail prolongés.• L’utilisation d’un outil inapproprié ou la mauvaise utilisation d’un outil.• Un poste de travail mal conçu ou des positions de travail incorrectes.• Une musculature insuffisamment développée pour l’effort demandé.

Dans les activités sportives

• Un échauffement inexistant ou insuffisant.• Une activité trop intense ou trop fréquente.• Une mauvaise technique de jeu.• Une musculature insuffisamment développée pour l’effort demandé.

PréventionMesures préventives de base

Recommandations générales• Prévoir des exercices d’échauffement pour augmenter la température corporelle avant de

se livrer à une activité qui sollicite beaucoup l’épaule (exercer une force vers l’avant avec le bras en position élevée). Par exemple, des sautillements, de la marche rapide, etc.

• Prendre des pauses fréquemment.

Prévention en milieu de travail• Faire appel aux services d’un ergonome ou d’un ergothérapeute afin d’implanter un

programme de prévention. Au Québec, les experts de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) peuvent guider les employés et les employeurs dans cette démarche (voir les Sites d’intérêt).

Prévention chez les sportifs• Faire appel aux services d’un entraîneur qui se spécialise dans la discipline sportive que

l’on pratique ou d’un médecin spécialisé en médecine sportive afin d’apprendre les techniques adéquates et sécuritaires. Pour les joueurs de tennis, par exemple, il pourrait suffire d’utiliser une raquette plus légère ou de modifier la technique de jeu.

• Un sportif qui veut augmenter l’intensité de son entraînement devrait le faire de manière progressive.

• Pour diminuer le risque de tendinopathie, il peut être nécessaire de renforcer les muscles de l’épaule (y compris les muscles de la coiffe des rotateurs, en particulier des rotateurs externes), ce qui a pour effet de diminuer le stress sur les ligaments, la capsule articulaire et les structures osseuses.

• Développer et maintenir une bonne force musculaire dans le tronc, les jambes et les bras. Ces muscles sont essentiels pour produire de la force dans un bras levé au-dessus de la tête. Une bonne musculature de tout le corps diminuera le stress exercé sur l’épaule.

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Traitements médicauxIl est important de consulter un médecin en cas de douleur à l’épaule, surtout si la douleur apparaît soudainement après une chute, un faux mouvement, etc. Le praticien sera en mesure de déterminer s’il s’agit d’une simple tendinopathie, si le tendon est déchiré ou s’il y a une fracture. Les tendons pourraient subir des dommages irréversibles s’ils continuaient d’être sollicités, et ce, malgré la prise de médicaments. Par ailleurs, en raison de la nature parfois diffuse de ce type de douleur, les symptômes ressentis à l’épaule pourraient être liés à un problème de vertèbres cervicales ou, plus grave encore, à des troubles pulmonaires ou cardiaques.

Phase aiguëLa durée de la phase aiguë de la blessure varie. Elle est d’environ 7 à 10 jours. Au cours des 48 à 72 premières heures, il est primordial de soulager sans tarder la douleur et l’inflammation qui pourrait être présente. La blessure reste fragile et les tissus sont plus facilement irritables qu’à l’habitude.

Voici quelques conseils :

• Mettre l’épaule au repos en évitant les gestes qui ont conduit à la lésion. Cependant, il faut éviter l’arrêt complet des mouvements. En effet, si le repos est une composante essentielle du traitement, une inactivité prolongée peut raidir l’articulation (ankylose). Ainsi, il ne faut jamais immobiliser le bras à l’aide d’une écharpe ou d’une attelle. La capsulite rétractile est la complication la plus fréquente de l’immobilisation de l’épaule.

• Appliquer de la glace sur l’épaule 3 ou 4 fois par jour, pendant 10 à 12 minutes. Il est inutile d’appliquer des compresses froides ou des sacs magiques (ils ne sont pas assez froids et se réchauffent en quelques minutes). Continuer l’application de glace aussi longtemps que les symptômes persistent. Note. Bien que l’inflammation ne soit pas la principale source du problème, il est bon d’utiliser la glace car il y a souvent des épisodes inflammatoires passagers qui peuvent être facilement maîtrisés de cette façon.

Trucs et mise en garde pour l’application de froid

On peut appliquer directement sur la peau des cubes de glace contenus dans un sac en plastique ou dans une serviette mince et mouillée. Il existe également des sachets de gel mou réfrigérants (Ice Pak®) vendus en pharmacie, qui peuvent s’avérer pratiques. Toutefois, lorsqu’on utilise ces produits, il ne faut pas les placer directement sur la peau, car il y a des risques d’engelure. Un sac de petits pois verts (ou de maïs en grains) surgelés est une solution pratique et économique, puisqu’il se moule bien aux formes du corps et peut être appliqué directement sur la peau.

Médicaments. Durant cette phase, le médecin peut suggérer de prendre un médicament analgésique (Tylenol®, Aspirine® ou autres) et vous orienter vers un physiothérapeute. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens offerts en vente libre (par exemple, l’ibuprofène : Advil®, Motrin® ou autres) ou obtenus sur ordonnance ont rarement leur place dans le traitement de la tendinopathie, à moins qu’elle soit la conséquence d’un traumatisme (chute, accident, etc.).

Phase de réadaptationLes traitements de physiothérapie doivent commencer dès que le diagnostic de tendinopathie de l’épaule est connu. La physiothérapie permet de réduire l’inflammation, de bien orienter les nouvelles fibres de collagène, de prévenir l’ankylose ou de recouvrer la mobilité perdue. Cela peut se faire à l’aide de massages, de frictions, d’ultrasons, de courants électriques ou de laser. Par la

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suite, l’accent sera mis sur le renforcement musculaire tout en continuant de travailler sur la mobilité de l’articulation.

Pour un résultat optimal, la personne doit participer de façon active à son traitement en reproduisant à la maison les exercices enseignés.

Lorsque la physiothérapie et les exercices pratiqués à domicile ne réussissent pas à résoudre le problème, le médecin a parfois recours à une injection de cortisone dans l’articulation.

En cas de capsulite rétractile

Les exercices de mobilisation et d'étirement demeurent le principal traitement à suivre. Plus on les commence tôt, meilleur sera le résultat. La physiothérapie peut aider à recouvrer de l’amplitude. Si la mobilité est vraiment très limitée et que la physiothérapie n'arrive pas à régler le problème, une ou quelques infiltrations de cortisone aideront à relâcher les tissus, ce qui facilitera la pratique des exercices, essentiels au traitement.

Retour aux activités normalesL’activité normale, qui comprend les mouvements à l’origine de la tendinopathie, est reprise progressivement lorsqu’on a recouvré toute l’amplitude de ses mouvements et que la douleur est enrayée.

Un suivi en physiothérapie et la poursuite des exercices de renforcement et d’étirement après la reprise normale des activités permet de prévenir les rechutes.

ChirurgieLa chirurgie est rarement nécessaire. Généralement, l’on y a seulement recours lorsque les traitements habituels n’ont pas donné les résultats escomptés après plusieurs mois de traitements.

Mise en garde. Une réadaptation incomplète ou un retour trop rapide aux activités normales ralentit le processus de guérison et augmente le risque de récidive. Le respect du traitement - repos, glace, médicaments analgésiques, physiothérapie - entraîne le plein retour aux capacités antérieures chez la majorité des personnes.

L’opinion de notre médecinLes tendinopathies de l’épaule sont le plus souvent liées à une activité physique trop intense pour la capacité des tendons. D’où la nécessité de faire les exercices de renforcement, même une fois les symptômes soulagés. Sinon, le problème risque de se reproduire, car votre tendon ne sera pas plus fort qu’il l’était au moment de la blessure.

Si vous ressentez une douleur à l’épaule, peu importe la cause, la plus grande erreur que vous puissiez commettre serait de l’immobiliser. Si vous avez plus de 35 ans et que vous gardez votre bras immobile le long du corps, même quelques jours, vous vous dirigez tout droit vers une capsulite rétractile. Cette pathologie est beaucoup plus incapacitante et prend beaucoup plus de temps à guérir qu’une tendinopathie

Dre Susan Labrecque, M.D.

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Révision médicale (juillet 2009 et avril 2004) : Dre Susan Labrecque, M.D., diplômée en médecine sportive, M.Sc. Kinanthropologie, B.Sc. Éducation physique, Chaire Lucie et André Chagnon pour l’enseignement d'une approche intégrée en prévention, Université de Sherbrooke

Approches complémentaires

Arnica (Arnica montana). La Commission E reconnaît aux fleurs d’arnica des vertus anti-inflammatoires et analgésiques, et elle en permet l’usage topique pour traiter les troubles articulaires.Dosage- Plusieurs fois par jour, on applique sur l’épaule des compresses ou des cataplasmes imbibés d’une infusion préparée en mettant 2 g de fleurs séchées dans 100 ml d’eau bouillante (infuser de 5 à 10 minutes et laisser refroidir avant l’utilisation). - On peut également tremper la compresse ou le cataplasme dans une solution composée de teinture d’arnica et d’eau, à raison d’une partie de teinture pour 3 à 10 parties d’eau. - On trouvera également dans le commerce des onguents à base d’arnica. Ces préparations devraient renfermer de 20 % à 25 % de teinture ou 15 % d’huile d’arnica pour avoir un effet.

Griffe du diable (Harpagophytum procumbens). La Commission E et l’ESCOP ont reconnu l’efficacité de la racine de cette plante africaine pour soulager les douleurs arthritiques et musculosquelettiques.DosageOn recommande de suivre ce traitement pendant au moins deux ou trois mois afin de profiter pleinement de ses effets.

Gomme de pin (Pinus sp). Autrefois, on utilisait la gomme de pin pour traiter les douleurs articulaires et musculaires (entorses, muscles endoloris, tendinopathies, etc.). À notre connaissance, aucune recherche scientifique n’a été conduite sur la gomme de pin.DosageAppliquer la gomme, recouvrir d’un morceau de flanelle et garder trois jours. Répéter au besoin.RemarqueAu bout de trois jours, le corps aura absorbé la gomme et le cataplasme s’enlèvera alors sans difficulté. D’où l'importance de respecter le mode d’application.

Saule blanc (Salix alba). L’écorce du saule blanc renferme de la salicine, la molécule qui est à l’origine de l’acide acétylsalicylique (Aspirine®). Elle a des vertus analgésiques et anti-inflammatoires. Bien qu’elle soit utilisée depuis des millénaires pour traiter les affections des tendons, aucun essai clinique n’a été mené pour confirmer cet usage.Dosage

Thérapies manuelles. La plupart du temps, une partie du problème est directement liée au tendon de l’épaule, tandis qu’une autre est entretenue par un trouble d’origine cervicale (dans la région du cou). Les thérapies manuelles (ostéopathie, chiropratique, physiothérapie) peuvent souvent être utiles. Ainsi, des manipulations des vertèbres cervicales ou un relâchement des tensions musculaires peuvent procurer un soulagement des douleurs de l’épaule, parce qu’ils corrigent un dysfonctionnement qui peut contribuer au problème. Il est rare que la douleur soit uniquement d’origine cervicale.

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Troubles musculosquelettiques du coudeVoir la section spéciale Articulations (sport et travail)

• Qu’est-ce que c’est? • Symptômes • Personnes à risque • Facteurs de risque • Prévention

• Traitements médicaux • L’opinion de notre médecin • Approches complémentaires • Sites d’intérêt • Références

Qu’est-ce que c’est?

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Les épicondylalgies, longtemps appelées épicondylite et épitrochléite, se manifestent par des douleurs au coude, qui irradient parfois jusqu’au poignet.

Ces blessures ont récemment été renommées, car on sait maintenant que la réaction inflammatoire n’est pas le facteur prédominant. Par conséquent, le suffixe « ite », qui signifie « inflammation », a été remplacé par « algie », pour « douleur ». Dans le cas des blessures décrites ici, on assiste plutôt à une diminution de la qualité des tissus conjonctifs des tendons. Notez que le terme tendinite est également inapproprié dans ces cas-ci et qu’il est préférable de parler de tendinose.

Généralement, les épicondylalgies surviennent à la suite de la répétition fréquente d’un même mouvement de la main et du poignet. Pensons au tennis, au désherbage du jardin, à l’usage professionnel du marteau, au transport de valises lourdes, au maniement de la souris d’ordinateur et à la frappe des touches du clavier, etc. Habituellement, c’est le fait de forcer le poignet vers le bas ou vers le haut qui devient nocif.

TypesÉpicondylalgie externe ou « coude du joueur de tennis » (anciennement appelée épicondylite). Elle touche de 1 % à 3 % de la population aux États-Unis. On la connaît aussi sous le terme anglais de tennis elbow. Cependant, le tennis n’est pas la principale cause d’une épicondylalgie externe. D’ailleurs, les joueurs en sont aujourd’hui rarement atteints étant donné que la majorité d’entre eux exécutent leur revers à deux mains et utilisent des raquettes beaucoup plus légères qu’avant. La douleur est surtout localisée dans la partie extérieure de l’avant-bras, dans la région de l’épicondyle. L’épicondyle, aussi appelé épicondyle externe, est une petite saillie osseuse de la face externe de l’humérus, située près du coude (voir le schéma).

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L’épicondylalgie externe est la conséquence d’un surmenage des muscles extenseurs du poignet. Ces muscles permettent de redresser les doigts et de plier le poignet vers le haut.

Épicondylalgie interne ou « coude du golfeur » (anciennement appelée épitrochléite). Plus rare, cette affection représente de 10 % à 20 % des épicondylalgies. Elle touche les golfeurs, mais aussi les personnes qui pratiquent un sport de raquette, les lanceurs au baseball et des travailleurs manuels. La douleur se situe dans la partie intérieure de l’avant-bras, dans la région de l’épitrochlée. L’épitrochlée, aussi appelée épicondyle interne, est une petite saillie osseuse de la face interne de l’humérus (voir le schéma).

L’épicondylalgie interne est la conséquence d’un surmenage des muscles fléchisseurs du poignet. Ces muscles permettent de plier les doigts vers la paume et le poignet vers le bras.

Voir aussi notre article intitulé Anatomie des articulations : notions de base .

CausesLorsqu'on reproduit souvent les mêmes gestes ou que l’on force de manière inadéquate, de petites blessures apparaissent dans les tendons. Ces microtraumatismes entraînent une diminution de l’élasticité des tendons, parce que les fibres de collagène réparatrices ne sont pas d’aussi bonne qualité que le tendon original.

L’usure du coude ou l’irritation des nerfs dans le voisinage du coude pourrait aussi être la cause de douleurs et d’inflammation. Même si ces lésions ne provoquent pas toutes les fois une inflammation des tendons, les tissus avoisinants peuvent s’enflammer et nuire à l’articulation du coude.

ÉvolutionLa douleur persiste habituellement pendant quelques semaines, parfois plusieurs mois. Dans 1 % des cas, les symptômes se prolongent pendant plus d’un an.

Complications possiblesUne épicondylalgie non soignée ou mal soignée laisse des lésions qui peuvent engendrer des douleurs chroniques, qui sont beaucoup plus difficiles à guérir.

Symptômes

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• Une douleur irradiant depuis la partie extérieure (épicondylalgie externe) ou intérieure (épicondylalgie interne) du coude vers l’avant-bras et le poignet. La douleur s’accentue lorsqu'on agrippe un objet ou qu’on donne une poignée de main. La douleur irradie parfois lorsque le bras est immobile.

• Une sensibilité au toucher dans la région extérieure (épicondylalgie externe) ou intérieure (épicondylalgie interne) du coude.

• Rarement, il y a une légère enflure du coude.

Personnes à risque

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Épicondylalgie externe (coude du joueur de tennis)

• Les menuisiers, les maçons, les opérateurs de marteaux-piqueurs, les ouvriers de chaînes de montage, les personnes qui utilisent souvent un clavier d’ordinateur et une souris disposés de manière peu ergonomique, etc.

• Les joueurs de tennis et les personnes qui pratiquent d’autres sports de raquette.• Les musiciens jouant d’un instrument à cordes ou de la batterie.• Les personnes de plus de 30 ans.

Épicondylalgie interne (coude du golfeur)

• Les joueurs de golf, en particulier ceux qui frappent souvent le sol avant la balle.• Les personnes qui pratiquent un sport de raquette. Au tennis, les joueurs qui utilisent souvent

un coup droit brossé ou lifté (topspin) sont plus à risque.• Les sportifs dont les lancers demandent un mouvement de coup de fouet du poignet, comme

les lanceurs au baseball, les lanceurs de poids, les lanceurs de javelot...• Les joueurs de quilles.• Les travailleurs qui soulèvent fréquemment des objets lourds (transport de valises, de caisses

lourdes, etc.).

Facteurs de risque

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Au travail

• Une cadence excessive qui empêche l’organisme de récupérer. • Des quarts de travail prolongés. Lorsque la fatigue gagne les épaules, le réflexe est de

compenser par le poignet et le muscle extenseur de l’avant-bras.• Des mouvements de la main et du poignet qui demandent une grande force.• L’utilisation d’un outil inapproprié ou la mauvaise utilisation d’un outil.• Un poste de travail mal conçu ou des positions de travail incorrectes (positions fixes ou

poste de travail à l’ordinateur aménagé sans tenir compte de l’ergonomie, par exemple).

Dans l’exercice d’un sport

• Une musculature insuffisamment développée pour l’effort demandé.• Une mauvaise technique de jeu.• L’utilisation d’un équipement qui ne correspond pas à la taille et au niveau de jeu.• Une activité trop intense ou trop fréquente.

Préventionhaut

Mesures préventives de base

Recommandations générales• Garder la forme physique en faisant des exercices qui stimulent les rythmes cardiaque et

respiratoire (marche, course, vélo, natation, etc.).• Renforcer les muscles extenseurs et fléchisseurs du poignet est un élément primordial de la

prévention. Consulter un physiothérapeute, un kinésiologue ou un éducateur physique.

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• Faire des exercices d’échauffement de tout le corps avant le sport ou le travail.• Prendre fréquemment des pauses.

Prévention au travail• Choisir des outils adaptés à l’anatomie. Porter une attention particulière aux dimensions du

manche des outils.• Opérer une rotation des tâches de travail.• Faire appel aux services d’un ergonome ou d’un ergothérapeute afin d’implanter un

programme de prévention. Au Québec, les experts de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) peuvent guider les employés et les employeurs dans cette démarche (voir les Sites d’intérêt).

Conseils d’ergonomie pour le travail à l’ordinateur

• Éviter d’avoir les poignets cassés (pliés vers le haut) lors du travail au clavier et avec la souris. On trouve dans le commerce divers modèles d’appuis-bras ergonomiques. Notez que les repose-poignets seraient à éviter, car ils entraînent très souvent une extension du poignet.

• Bien s’appuyer sur le dossier de chaise, le dos droit, pour prévenir le réflexe de faire porter du poids sur les poignets.

• Utiliser modérément la roulette de défilement des souris qui en sont munies. Son utilisation répétitive demande un effort accru aux muscles extenseurs de l’avant-bras.

• Si la souris offre deux boutons principaux, la configurer afin que le bouton le plus utilisé soit celui de droite et utiliser l’index pour cliquer. La main est ainsi dans une position plus naturelle.

Prévention chez les sportifsL’idéal est de faire appel aux services d’un entraîneur sportif compétent afin d’apprendre les techniques sécuritaires et efficaces. Celui-ci pourra aussi enseigner divers exercices pour étirer et renforcer les tendons. Voici tout de même quelques pistes de prévention.

Pour les sports de raquette

• Choisir une raquette qui correspond à sa taille et à son niveau de jeu. Une raquette trop lourde augmente le risque d’épicondylalgie, de même qu’un manche trop petit ou trop large. Consulter un professionnel.

• Un sportif qui veut augmenter la cadence de son entraînement devrait le faire de manière progressive.

• Bien ajuster la tension dans le cordage de la raquette : un cordage trop tendu accroît le stress sur l’avant-bras.

• Veiller à développer et à maintenir une bonne force musculaire du tronc. Chez certains joueurs de tennis, les muscles du haut du dos sont faibles et n’offrent pas assez de puissance dans l’épaule. Pour compenser cette faiblesse, ces joueurs utilisent plus souvent des coups qui donnent un effet à la balle (des coups coupés ou brossés; slice ou topspin), attribuables aux mouvements du poignet.

• Adopter une bonne position pour frapper la balle. Une frappe « en retard » crée un stress supplémentaire dans le coude, comme le fait de cogner la balle tandis que le coude est plié vers soi. Cela peut être la conséquence d’un mauvais jeu de pieds ou d’une mauvaise

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anticipation du jeu.• La balle doit toucher la raquette le plus possible au centre pour réduire les vibrations, qui

sont absorbées par le poignet et le coude.• Éviter de jouer avec des balles de tennis mouillées.• Jouer contre un adversaire dont le niveau de jeu est similaire au nôtre.• Lors du retour au jeu à la suite d’une blessure, mettre une bande épicondylienne rigide à un

ou deux pouces sous le coude. Cela peut aider à réduire la tension sur les tendons douloureux, mais ne remplace pas les traitements.

Au golf

• L’apprentissage d’une bonne technique de jeu est le meilleur moyen de prévenir l’épicondylalgie chez les golfeurs. Souvent, c’est la fin du mouvement d’accélération (qui précède tout juste l’impact du bâton sur la balle de golf) qui doit être corrigé, car le stress sur le coude est puissant à ce moment-là. Consulter un entraîneur sportif.

Traitements médicauxIl est important de consulter un médecin en cas de douleur au coude. Les tendons peuvent subir des dommages irréversibles s’ils continuent d’être sollicités, et cela, malgré la prise de médicaments.

Phase aiguëLa durée de la phase aiguë de la blessure varie. Elle est d’environ 7 à 10 jours. Au cours des 48 à 72 premières heures, il est important de soulager sans tarder la douleur et l’inflammation qui pourraient être présentes. La blessure reste fragile et les tissus sont plus facilement irritables qu’à l’habitude.

Voici quelques conseils :

• Mettre le coude au repos en évitant les gestes qui ont conduit à la lésion. Cependant, il faut éviter l’arrêt complet des mouvements. En effet, si le repos est une composante essentielle du traitement, une inactivité prolongée peut raidir les articulations (ankylose). Ainsi, il ne faut jamais immobiliser le bras à l’aide d’une écharpe ou d’une attelle.

• Appliquer de la glace sur le coude de trois à quatre fois par jour, pendant 10 à 12 minutes. Il est inutile d’appliquer des compresses froides ou des sacs magiques (ils ne sont pas assez froids et se réchauffent en quelques minutes). Continuer l’application de glace aussi longtemps que les symptômes persistent.

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Trucs et mise en garde pour l’application de froid

On peut appliquer directement sur la peau des cubes de glace dans un sac en plastique ou dans une serviette mince et mouillée. Il existe également des sachets de gel mou réfrigérants (Ice pak®) vendus en pharmacie, qui peuvent s’avérer pratiques. Toutefois, lorsqu’on utilise ces produits, il ne faut pas les placer directement sur la peau, car il y a des risques d’engelure. Un sac de petits pois verts (ou de maïs en grains) surgelés est une solution pratique et économique, puisqu’il se moule bien aux formes du corps et peut être appliqué directement sur la peau. Puisque, dans le cas de l’épicondylalgie, la blessure est située très près de la peau, on peut aussi utiliser cette méthode : faire geler de l’eau dans un verre en styromousse rempli à ras-bord; enlever la bordure de styromousse en haut du verre pour découvrir la glace sur 1 cm d’épaisseur; masser la zone atteinte avec la surface de la glace dégagée.

Médicaments. Durant cette phase, le médecin peut suggérer la prise d’un analgésique (Tylenol®, Aspirine® ou autres) ou d’un anti-inflammatoire non stéroïdien comme l’ibuprofène disponible en vente libre (Advil®, Motrin® ou autres), le naproxen (Naprosyn®) ou le diclofénac (Voltaren®) obtenus sur ordonnance. Il ne faut pas prendre les anti-inflammatoires plus de deux ou trois jours. Les analgésiques peuvent être pris plus longtemps.

Sachant désormais que les épicondylalgies s’accompagnent rarement d’inflammation, les injections de cortisone n’ont plus vraiment leur place dans les traitements.

Phase de réadaptationLes traitements de physiothérapie doivent commencer dès que le diagnostic d’épicondylalgie est connu. La physiothérapie permet de réorienter les fibres de collagène, de prévenir l’ankylose et de recouvrer la mobilité perdue. Cela peut se faire à l’aide de massages, de frictions, d’ultrasons, de courants électriques, de laser, etc.

Une fois la douleur diminuée, l’accent est mis sur le renforcement musculaire tout en continuant de travailler sur la mobilité de l’articulation. Il est particulièrement important de renforcer les muscles extenseurs (pour les épicondylalgies externes) et fléchisseurs (pour les épicondylalgies internes) du poignet. Pour ce type de blessure, il a été prouvé que le renforcement excentrique, c’est-à-dire de forcer pendant que le muscle s’allonge, est à la base du traitement.

Il pourrait être nécessaire, dans les cas plus graves, de porter une orthèse (attelle) conçue pour diminuer la tension sur les muscles épicondyliens lors des mouvements du poignet qui sont à l’origine du problème. Les bandes épicondyliennes rigides, qui ressemblent à des bracelets qu’on place sous les coudes, sont beaucoup plus utilisées. Il faut toutefois se méfier des modèles en tissus (avec ou sans rondelle dure) ou des bandes élastiques vendus en pharmacie, qui sont inefficaces. Mieux vaut les acheter dans les magasins spécialisés en appareils orthopédiques.

Retour aux activités normalesL’activité normale (les mouvements qui ont provoqué la blessure) est reprise progressivement, lorsqu’on a recouvert toute l’amplitude de ses mouvements et que la douleur est contrôlée. Un suivi en physiothérapie permet de prévenir les rechutes. Il est cependant primordial de continuer les exercices de renforcement.

ChirurgieLa chirurgie est pratiquée de façon rarissime. Généralement, on y a seulement recours lorsque les traitements habituels n’aboutissent à aucun résultat satisfaisant après plusieurs mois. Il faut savoir que les résultats sont souvent décevants.

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processus de guérison et augmente le risque de récidive. Le respect du traitement - repos, glace, médicaments analgésiques, physiothérapie, exercices de renforcement - entraîne le plein retour aux capacités antérieures chez la majorité des personnes.

L’opinion de notre médecinL’épicondylalgie externe ou interne est une blessure de surutilisation où l’on retrouve très peu d’inflammation. C’est pourquoi les anti-inflammatoires sont peu efficaces. Le traitement de base repose plutôt sur le renforcement excentrique.

Voici l’exercice qui vous sera le plus utile : tandis que votre avant-bras (côté blessé) repose sur une table, prenez un poids léger dans votre main. Le poids peut être une boîte de conserve. Vous faites l’exercice paume vers le haut si vous avez une épicondylalgie interne et paume vers le bas en cas d’épicondylalgie externe. Aidez-vous de l’autre main pour monter le poids en pliant le poignet (l’avant-bras demeure à plat sur la table). En redescendant, retenez la charge à une seule main (côté blessé). Il est essentiel de ne pas forcer quand la main monte, seulement en descendant, sinon on risque d’accroître la douleur. Faites trois séries de 15 répétitions chaque jour durant plusieurs semaines. Vous viendrez ainsi à bout du problème et réduirez votre risque de récidive puisque vos muscles seront plus forts

Dre Susan Labrecque, M.D.

Révision médicale (juillet 2009 et avril 2004) : Dre Susan Labrecque, M.D., diplômée en médecine sportive, M.Sc. Kinanthropologie, B. Sc. Éducation physique, Chaire Lucie et André Chagnon pour l'enseignement d'une approche intégrée en prévention, Université de Sherbrooke

Approches complémentaires

En traitementAcupuncture

Arnica

Gomme de pin, saule blanc

Thérapies manuelles

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Syndrome du canal carpienVoir la section spéciale Articulations (sport et travail)

• Qu’est-ce que c’est? • Symptômes • Personnes à risque • Facteurs de risque • Prévention

• Traitements médicaux • L’opinion de notre médecin • Approches complémentaires • Sites d’intérêt • Références

Syndrome du canal carpien : qu’est-ce que c’est?

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Le syndrome du canal carpien se manifeste par des engourdissements et des fourmillements dans les doigts, et par une perte de force musculaire dans le poignet et la main touchés. Il est causé par la compression du nerf médian dans le poignet.

Les femmes sont 3 fois plus nombreuses que les hommes à en être atteintes. Cette affection touche environ 11 % des femmes et 3,5 % des hommes15. Elle apparaît généralement au début de la cinquantaine, ou sinon entre 75 ans et 85 ans. Les symptômes apparaissent progressivement.

CausesL’origine du syndrome du canal carpien est souvent multifactorielle. Le risque est plus élevé chez les travailleurs exposés aux situations suivantes :

• la répétition de mouvements du poignet et de l’avant-bras durant des périodes prolongées;• les mouvements qui demandent une force importante dans la main;• les postures contraignantes pour la main;• la manipulation d’outils électriques qui vibrent.

Pour le moment, on ne sait pas si le travail à l’ordinateur peut contribuer au problème. En effet, les études menées jusqu’à présent n’ont pas établi de lien évident entre l’utilisation courante du clavier et le syndrome du canal carpien18,19. Cependant, l’usage fréquent de la souris (plus de 20 heures par semaine) augmenterait le risque, selon une étude17.

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Ce trouble musculosquelettique peut aussi résulter d’une blessure au poignet, d’arthrite au poignet ou de complications neurologiques d’un diabète.

Par ailleurs, la ménopause, la grossesse et l’hypothyroïdie engendrent des fluctuations hormonales qui créent un environnement propice au syndrome du canal carpien. Durant la grossesse, la rétention des fluides crée une pression supplémentaire sur le nerf médian du bras.

Un nerf comprimé

Le canal carpien, un tunnel formé par les os et par divers tissus du poignet (tendons, ligaments, etc.), sert de protection au nerf médian, qui donne leur motricité et leur sensibilité au pouce, à l'index, au majeur et à une partie de l'annulaire (voir le schéma). Lorsque les tissus qui forment ce canal sont enflés ou enflammés, ils font pression sur le nerf médian, provoquant des engourdissements ou des douleurs dans la main. Voir aussi le texte Anatomie des articulations : notions de base.

ÉvolutionLa durée des symptômes varie selon la cause. On peut généralement traiter le syndrome du canal carpien efficacement sans qu’il en résulte une diminution permanente du volume des muscles de la main (atrophie).

Des chercheurs ont observé, dans le cadre d’une étude, que dans le tiers des cas, le syndrome du canal carpien disparaissait spontanément, sans traitement16.

Si les symptômes s’aggravent avec le temps et ne diminuent pas avec les traitements usuels, une chirurgie peut être envisagée.

Symptômes• Des engourdissements ou des picotements à la main et aux doigts (surtout au pouce, à

l’index et au majeur).• Une douleur au poignet et à la paume, qui irradie vers les doigts ou vers l'avant-bras

(parfois jusqu’à l’épaule).• Une douleur et des engourdissements qui s’intensifient durant la nuit.• Une douleur qui s’intensifie lorsqu’on utilise la main ou le poignet, comme durant la

conduite d’un véhicule ou lorsqu’on tient le téléphone.• Une difficulté à saisir les objets, même légers.• Chez les femmes, une augmentation de la douleur avant les menstruations, durant les

derniers mois de la grossesse et peu après l’accouchement.

Personnes à risque• Les personnes qui, dans le cadre de leur travail, opèrent de la machinerie qui produit de la

vibration, les préposés à l’entretien ménager, les travailleurs de l’industrie alimentaire, les travailleurs sur les chaînes de fabrication, les préposés au service (aliments et boissons), les chauffeurs de camions et d’autobus et possiblement les personnes qui travaillent à l'ordinateur en utilisant beaucoup la souris (plus de 20 heures par semaine).

• Les personnes dont un membre de la famille proche a déjà souffert de cette affection. Certaines caractéristiques physionomiques, comme la forme du poignet, peuvent accroître le risque.

• Les personnes qui s’adonnent à des loisirs comme le jardinage, les travaux d'aiguille, les jeux vidéo, le golf, le canotage et les sports en fauteuil roulant.

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• Les femmes enceintes et celles qui sont en ménopause.

Facteurs de risque• Certaines maladies telles que le diabète, l’arthrite rhumatoïde ou l’hypothyroïdie, si elles ne

sont pas traitées ou contrôlées.• La prise de contraceptifs oraux.• Les blessures au poignet.

PréventionMesures préventives de base

• Reposer régulièrement les mains et les poignets durant l’exécution de tâches répétitives. En profiter pour étirer doucement le poignet.

• Changer fréquemment de position et si possible, alterner les mouvements d’une main à l’autre.

• Éviter de forcer avec les mains lorsqu’elles sont trop rapprochées ou trop éloignées du corps. Éviter aussi d’employer une force exagérée (il faut, par exemple, appuyer sur les touches d’une caisse enregistreuse ou d’un clavier d’ordinateur avec légèreté).

• Ne pas appuyer les poignets sur des surfaces trop dures durant de longues périodes.• Tenir les objets à pleine main plutôt que de les pincer du bout des doigts.• S’assurer que les poignées des outils ne soient pas trop grosses ou trop petites pour la main.• Éviter d’utiliser longtemps des outils qui vibrent fortement.• Faire traiter sans tarder les maladies qui peuvent causer le syndrome du canal carpien.• Porter des gants pour les travaux manuels qui se font dans un endroit où la température est

froide. La douleur et la raideur risquent davantage d’apparaître au froid.• Éviter d'avoir les poignets « cassés » (pliés vers le haut) lorsque l’on manipule la souris

d’un ordinateur. On trouve, sur le marché, différents modèles de repose-poignets et de coussins ergonomiques. Ajuster aussi la hauteur de la chaise.

• Si on utilise une souris munie de deux boutons principaux, configurer la souris afin que le bouton le plus utilisé soit celui de droite et utiliser l'index pour cliquer. La main est ainsi dans une position plus naturelle.

• Obtenir les services d’un ergonome au besoin.

Traitements médicauxL’électromyogramme (EMG) est parfois utilisé pour confirmer le diagnostic lorsque les symptômes ne sont pas typiques ou avant de procéder à une chirurgie. Il s’agit d’un examen fait par un neurologue qui permet de mesurer la vitesse de conduction nerveuse dans le poignet. Cet examen permet de savoir si c’est bien le nerf médian qui est touché, et à quel degré.

Il faut d’abord traiter toute maladie ou blessure qui pourrait être la cause du syndrome. Les douleurs au poignet et à la main disparaissent généralement dès qu’on traite, par exemple, l’hypothyroïdie qui les avait engendrées.

ReposEn l’absence d’une blessure ou d’une autre maladie associée, le traitement consiste d’abord à reposer le poignet atteint en interrompant l’activité répétitive qui en est la cause ou en en modifiant

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le rythme et l’intensité.

Le médecin propose parfois le port d’une attelle durant la nuit. L’attelle empêche de plier le poignet et ainsi de comprimer le nerf médian en dormant.

Soulagement de la douleur Appliquer de la glace là où la douleur est ressentie, durant 10 à 12 minutes, quelques fois durant la journée. Pour améliorer l’apport sanguin aux nerfs et réduire la douleur, il est conseillé de procéder à une hydrothérapie de contraste une fois par jour : immerger la main et le poignet durant 3 minutes dans un bol d’eau chaude, puis durant 30 secondes dans l’eau froide. Répéter l’exercice trois fois de suite.

Si nécessaire, les médicaments analgésiques (aspirine ou acétaminophène) ou les anti-inflammatoires (Advil®, Motrin®, etc.) pourront aussi aider à soulager la douleur. Ils n’ont toutefois aucun effet sur la guérison.

Dans les cas plus graves, il peut arriver que le médecin suggère une injection de cortisone à l’entrée du canal carpien. Ce traitement procure un soulagement durant 3 mois, en moyenne.

Quelques conseils

- Utiliser davantage la main non douloureuse.- Modifier la position de travail.- Trouver une nouvelle manière d’utiliser la main atteinte, avec un outil différent.- Réduire la consommation de tabac. Le tabagisme accentue les symptômes et ralentit la récupération.- Voir les autres mesures décrites dans la section Prévention.

RéadaptationSi les moyens précédents ne suffisent pas à faire disparaître les symptômes, un programme de physiothérapie pourrait être bénéfique, bien que son efficacité n’ait pas été démontrée de façon évidente. Le but du traitement est de diminuer la réaction inflammatoire dans les tissus avoisinant le nerf médian et de renforcer les muscles des articulations du poignet et de la main.

ChirurgieSi les douleurs persistent au bout de plusieurs mois de traitement et que le travail rend à risque de récidive, on pourra envisager une intervention chirurgicale suivie de séances de physiothérapie. La chirurgie consiste à entailler le ligament qui fait pression sur le nerf médian.

La chirurgie peut se pratiquer par une incision d’environ 5 cm (2 po) au poignet ou par endoscopie, avec deux petites incisions (une sert à introduire un tube muni d’une minuscule caméra et l’autre, l’instrument chirurgical).

Un soulagement durable de la douleur, des engourdissements et des fourmillements se produit chez plus de 90 % des personnes qui entreprennent la chirurgie1. L’intervention comporte toutefois certains risques, comme celui d’endommager un nerf de façon temporaire (un cas sur 100) ou permanente (un cas sur 1 000).

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L’opinion de notre médecin

Le syndrome du canal carpien est certainement le premier diagnostic à envisager en cas d’engourdissement des mains. Mais voyez votre médecin, car il y a d’autres causes possibles.

Le port d’une attelle et parfois l’injection de cortisone sont recommandables pendant que l’on révise la posture au travail et que l’on tente d’éliminer tout facteur aggravant. N’oubliez pas qu’une personne sur trois en guérit spontanément!

Il n’en reste pas moins que certains patients auront besoin d’une chirurgie. Celle-ci produit de bons résultats. Elle évite que le nerf perde toute sa fonction, dans les cas où il est resté comprimé trop longtemps, et que les muscles de la main s’atrophient.

Dr Dominic Larose, M.D.

Révision médicale (juillet 2009) : Dr Dominic Larose, M.D., Chaire Lucie et André Chagnon pour l'enseignement d'une approche intégrée en prévention, Université de SherbrookeRévision médicale (juin 2004) : Dre Susan Labrecque, M.D., M.Sc. Kinanthropologie, diplômée en médecine sportive

Chiropratique. Les preuves de l’efficacité des manipulations chiropratiques à traiter le syndrome du tunnel carpien sont encore bien minces2. Une étude à simple insu comportant 91 participants a démontré que le traitement chiropratique augmentait le confort et améliorait la sensation dans les doigts comparativement au traitement classique seul (anti-inflammatoires et attelle au poignet durant la nuit)3. Des cas ont été rapportés où la chiropratique avait soulagé la douleur4,5.

Vitamine B6. Au cours des années 1980, des chercheurs ont remarqué que la déficience en vitamine B6 était plus fréquente parmi les personnes atteintes du syndrome du tunnel carpien que dans la population générale6. Toutefois, la prise de suppléments de vitamine B6 (ou pyridoxine) a mené à des résultats contradictoires dans les études cliniques7-9.

Huile essentielle de menthe poivrée (Mentha x piperita). La Commission E, l’Organisation mondiale de la Santé et l'ESCOP reconnaissent l’usage de l’huile essentielle de menthe par voie externe pour soulager les douleurs musculaires, névralgiques ou rhumatismales.DosageFrictionner la région douloureuse avec 2 ou 3 gouttes d'huile essentielle, pure ou diluée dans un peu d'huile végétale. On peut aussi utiliser des crèmes, huiles, onguents ou teintures contenant l’huile essentielle. Consulter notre fiche Menthe poivrée.

Yoga. Étirer son corps régulièrement (incluant les mains et les poignets) en pratiquant des exercices de yoga aiderait à diminuer la douleur causée par le syndrome du canal carpien, améliorerait la flexibilité et augmenterait la force du poignet11,12. Cinq minutes d’étirements par jour suffiraient à atténuer les symptômes. Une étude préliminaire dirigée par la chercheuse Maria Garkinkel, aussi instructrice de yoga Iyengar, a démontré que la pratique de yoga à raison de deux séances par semaine (l’étude durait 8 semaines) est plus efficace que l’utilisation d’une attelle au poignet et que l’absence de traitement pour diminuer les symptômes du syndrome du canal carpien13.

Arnica. Lors d’un essai à double insu avec placebo auprès de 37 sujets opérés pour le syndrome du

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canal carpien, une combinaison d’arnica homéopathique par voie orale et de gel phytothérapeutique d’arnica en application topique a mieux soulagé la douleur que le placebo10. L’effet anti-inflammatoire de l’arnica serait attribuable au gel, car au cours d’un essai similaire ne comprenant pas l’application d’un gel, la préparation homéopathique n’a pas eu plus d’effet que le placebo14

LombalgieVoir la section spéciale Articulations (sport et travail)

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Lombalgie : qu’est-ce que c’est?La lombalgie, qui désigne les douleurs au bas du dos, est très courante. En effet, plus de 90 % des personnes souffriront un jour ou l’autre d’un mal de dos, et cela, le plus souvent passé la vingtaine, avec l’adoption d’habitudes de vie sédentaires.

Chez la grande majorité des gens, la douleur se situe aux lombaires. Cette région du dos, constamment sollicitée, supporte une part importante du poids corporel.

Le mal de dos est un problème complexe que souvent la médecine classique à elle seule n’arrive pas à soulager. Dans bien des cas, et surtout si la douleur est chronique, une approche globale qui tient compte autant des facteurs psychologiques et émotifs que physiques est nécessaire. On peut ainsi parvenir à diminuer la douleur ou, du moins, apprendre à mieux vivre avec elle.

La colonne lombaire

La colonne lombaire est constituée de cinq vertèbres, de petits os cylindriques superposés et vides en leur centre (voir le schéma ci-dessus). La moelle épinière passe dans cette cavité. La moelle est constituée d’un faisceau de fibres nerveuses motrices, sensitives et associatives. L’espace entre les vertèbres est coussiné par un disque de tissus souple qui renferme un gel ayant pour fonction de permettre la mobilité des vertèbres, tout en évitant qu'elles ne se frottent les unes contre les autres. L’ensemble est entouré de muscles, tendons et ligaments dont le rôle est d’assurer la stabilité et la mobilité des délicates articulations de la colonne.

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CausesLa lombalgie n’est qu’un symptôme. Il est donc important de bien cerner la source du mal pour trouver le meilleur traitement. Les causes de la lombalgie sont très variées. Bien souvent, il est difficile de déterminer avec précision l’origine du mal.

Voici les sources de douleur les plus fréquentes.

• Une lésion à un muscle, à un tendon ou à un ligament. Un effort ou une torsion inhabituelle ou l’accumulation de microlésions causées par des mouvements répétitifs peuvent en être la cause. Les personnes en mauvaise forme physique sont les plus à risque.

• La dégénérescence discale. Entre chacune des vertèbres, on trouve des sortes de petits coussins, appelés disques intervertébraux. Ils permettent d’amortir les chocs et donnent une flexibilité à la colonne vertébrale. Avec le vieillissement, les disques perdent de leur élasticité. On remarque une dégénérescence discale chez presque toutes les personnes de plus de 60 ans. Certains sportifs vivent aussi ce problème autour de la quarantaine, surtout ceux qui pratiquent une activité entraînant une pression sur la colonne vertébrale.

• Une hernie discale. Une partie du gel contenu dans le disque intervertébral fait saillie vers l’extérieur et comprime les racines nerveuses. De mauvaises postures, le surplus de poids, la grossesse et la dégénérescence discale sont les principales causes de hernie discale.

• Un problème gynécologique. De nombreuses femmes ont des maux de dos de façon périodique ou constante, en raison de règles douloureuses, d’endométriose, etc.

• Le glissement d’une vertèbre sur une autre vertèbre (spondylolisthésis). Cette situation peut se produire en raison d’une faiblesse congénitale dans les structures vertébrales ou à la suite d’un traumatisme.

• De l’arthrite, de l’arthrose ou de l’ostéoporose. Ces problèmes de santé sont courants chez les personnes âgées. Si l’ostéoporose de la colonne vertébrale est importante, cela peut causer une fracture vertébrale.

Peu importe l’origine du mal de dos, il se produit souvent une contraction des muscles situés près de la région endolorie. Il s’agit d’un réflexe de protection. Cette contraction peut elle-même entraîner de la douleur. Un cercle vicieux peut alors s’enclencher et contribuer à rendre les douleurs chroniques.

Catégories de douleur

• Douleur aiguë : une douleur qui peut durer jusqu’à quatre semaines (communément appelée lumbago). Bien qu’elle soit de courte durée, la douleur lombaire aiguë peut occasionner beaucoup d'inconfort, imposer un arrêt de travail pendant quelques jours et gêner considérablement les activités quotidiennes.

• Douleur subaiguë : une douleur qui persiste généralement de quatre semaines à trois mois, de manière plus ou moins constante.

• Douleur chronique : une douleur constante qui dure plus de trois mois. Les causes de la douleur lombaire chronique sont parfois difficiles à déterminer. Les personnes qui en souffrent doivent souvent envisager d’apporter des modifications importantes à leur mode de vie.

Pour en savoir plus sur la douleur chronique, consulter notre dossier : Quand on a mal tout le temps...

Quand consulter un médecin?Quand les douleurs lombaires :- sont toujours présentes trois jours après leur apparition, malgré l’autotraitement prodigué (voir la

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section Traitements médicaux);- sont constantes et intenses, principalement la nuit;- irradient dans une jambe ou dans les deux;- causent une faiblesse, un engourdissement ou un fourmillement dans une jambe ou dans les deux;- causent l’apparition de problèmes intestinaux ou urinaires;- causent des douleurs abdominales;- sont la conséquence d’une chute ou d’un coup au dos;- sont accompagnées d’une perte de poids inexpliquée.

Symptômes de la lombalgieEn raison de l’anatomie complexe de la colonne lombaire et des multiples causes de douleurs au bas du dos, les symptômes peuvent varier considérablement d’une personne à l’autre. Pour une même affection, deux personnes peuvent décrire leur douleur de manière fort différente.

• Si la douleur au bas du dos survient brutalement et se manifeste par une contraction subite et intense des muscles, c'est généralement le signe d'une lésion musculaire, d'une entorse ligamentaire, de la rupture ou du déplacement d’un disque.

• Si la douleur culmine le matin et s'atténue avec les mouvements et les étirements, il peut s'agir d'un traumatisme musculaire ou encore d’arthrose.

• Lorsque la douleur descend le long de la partie postérieure de l'une ou des deux jambes, il s'agit d’une névralgie sciatique. La douleur est alors exacerbée par la toux, l’éternuement ou l’effort. Ce type de douleur peut être le signe d’une hernie discale.

• Si la douleur dans la partie inférieure du dos est plus intense la nuit et n'est pas soulagée par des exercices, elle peut être causée par la pression exercée par de l’inflammation, un organe malade ou une tumeur.

Personnes à risque• Les personnes dont le travail demande de passer de longues heures en position assise ou

debout.• Les travailleurs appelés à soulever ou à tirer de lourdes charges.• Les travailleurs qui doivent fréquemment se pencher vers l’avant ou effectuer des torsions

latérales du torse.• Les femmes enceintes, qui supportent un poids supplémentaire de 9 kg à 12 kg au ventre et

dont les hormones commandent un relâchement des tissus musculaires (principalement à la région pelvienne pour faciliter l’accouchement, mais aussi près de la colonne vertébrale).

• Les personnes dont un parent a souffert de dégénérescence discale, d’arthrose ou d’ostéoporose.

Facteurs de risque• Le manque d’entraînement physique ou le surentraînement.• L’embonpoint.• Les mauvaises postures.• Le port de chaussures à talons hauts.• Le tabagisme, car il contribue à l’ostéoporose.• Le stress prolongé. Des émotions refoulées ou une situation de travail insatisfaisante

contribuent aux douleurs lombaires. Le stress augmente les tensions musculaires dans le dos.

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Prévention de la lombalgieMesures préventives de base

Quelques moyens pour réduire les tensions musculaires au dos et réduire le risque de lombalgie.

Un mode de vie sain• Maintenir un poids santé ou perdre du poids si l’on fait de l’embonpoint. Faites notre test

pour connaître votre indice de masse corporelle (IMC).• Faire régulièrement de l’exercice et s’échauffer avant d’entreprendre une activité physique.

Il s’agit du meilleur moyen de conserver la force et la souplesse du dos. Porter une attention particulière à la musculature de l’abdomen et du dos, qui constitue un corset naturel de la colonne vertébrale tout en la protégeant des chocs. Il importe d’apprendre les exercices sous la supervision d’un instructeur qualifié. Mal exécutés, les exercices peuvent déclencher ou aggraver une lombalgie.

• Se réserver des moments de détente.

Une bonne posture• Rester conscient de sa posture en tout temps. Le dos est bien droit, le regard vers l’avant,

les épaules vers l’arrière. • Pour soulever un objet lourd, s’accroupir en fléchissant les genoux tout en maintenant le

dos bien droit, et se relever en dépliant les jambes tout en tenant l'objet près du corps. Éviter les mouvements de torsion.

• Pour pelleter la neige, garder le dos le plus droit possible. Pour ce faire, placer la main le plus bas possible sur le manche, plier les genoux pour ramasser la neige, se servir du genou comme levier lorsque la charge est lourde, et éviter les mouvements de torsion du dos lorsqu’on rejette la neige.

Au travail• Si l'on doit rester longtemps en position debout, se servir d'un tabouret bas sur lequel on

posera les pieds à tour de rôle, en alternant toutes les cinq à dix minutes.• Si l'on doit rester assis durant de longues heures au bureau ou au volant d'un véhicule, faire

des arrêts pour se dégourdir et s’étirer.• Utiliser des chaises à dossier droit qui soutiennent bien le bas du dos.• Utiliser une chaise pivotante afin de minimiser les mouvements de torsion.

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• Ajuster la hauteur de la chaise ou poser les pieds sur un petit tabouret de telle sorte que les genoux soient un peu plus élevés que les hanches.

• Pour le travail à l’ordinateur, régler la hauteur de l’écran de manière à ce que les yeux soient fixés droit devant et la tête, relativement droite.

Pensez-y• Privilégier les sacs à dos aux sacs à main, et utiliser les deux épaules pour porter le sac à

dos.• Pousser les objets lourds plutôt que les tirer.• Éviter de porter des chaussures à talons hauts (plus de 5 cm). Porter plutôt des chaussures

bien ajustées, qui offrent un bon soutien.

Mesures pour prévenir les récidives

Voir la section Approches complémentaires.

Traitements médicaux de la lombalgie

Reposer le dosEn phase de douleur aiguë, on tente de maîtriser la douleur. Il est important d’éviter les mouvements brusques et de reposer le dos. On risque, sinon, d’aggraver sa blessure.

Il ne s’agit pas de rester immobile. Au contraire, marcher un peu contribue habituellement au soulagement, mais cela dépend du degré de douleur.

Les positions qui reposent le mieux la colonne lombaire sont les suivantes :

• couché sur le côté, genoux repliés, un oreiller sous la tête et un autre entre les genoux (les femmes enceintes peuvent ajouter un oreiller sous leur ventre);

• couché sur le dos, sans oreiller sous la tête, avec un ou plusieurs oreillers sous les genoux et une serviette roulée ou un petit coussin dans le creux du bas du dos.

Il est important de ne pas prolonger indûment la période de repos au-delà d’un ou deux jours et de reprendre ses activités dès que possible. L’inaction et l’immobilité contribuent à l’atrophie et à l’affaiblissement des muscles du dos. Elles peuvent compromettre la mobilité normale des articulations de la colonne lombaire.

Des applications de glace sur la colonne lombaire diminuent également l’inflammation.

MédicamentsPour maîtriser la douleur temporairement et sur une courte période, on peut prendre des analgésiques (acétaminophène, comme Tylenol®), de l’Aspirine® (effet analgésique et anti-inflammatoire), des anti-inflammatoires (ibuprofène, dont Advil®, Motrin®) ou des relaxants musculaires (par exemple, Robaxacet® ou Robaxisal®) en vente libre.

Si la douleur est intense et tenace, le médecin pourra prescrire des antidouleurs plus puissants. Des injections de cortisone à proximité de la zone douloureuse sont parfois données en cas de douleurs chroniques et pour traiter les hernies discales.

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Physiothérapie et exerciceOn entreprend un programme de physiothérapie dès que le patient peut se déplacer. Au début, les séances pourront se limiter à des mobilisations douces, à l’application de chaleur dans la région lombaire et à de la neurostimulation électrique transcutanée (TENS), une technique qui consiste à stimuler les nerfs par un léger courant électrique afin de soulager la douleur. Progressivement, le patient apprendra une série d'exercices qu’il sera appelé à répéter quotidiennement à la maison afin de réadapter et de rééduquer les muscles et les articulations de la colonne lombaire.

Les personnes atteintes de douleurs lombaires subaiguës ou chroniques qui maintiennent une activité physique (exercices d’étirements et de renforcement, marche, etc.) guérissent plus rapidement1,2. Par contre, en cas de douleur lombaire aiguë, l’exercice ne semble pas diminuer la douleur1. La marche, la natation et le cyclisme de route (avec une bicyclette bien ajustée à sa taille) sont des sports doux pour le dos.

Important. En cas de lombalgie, éviter de pratiquer les sports qui malmènent le dos, comme le judo, la lutte, l’aviron (canot, kayak, chaloupe, etc.), le jogging, les sports de raquette (tennis, badminton, racquetball, etc.), la danse aérobique, l’équitation, le vélo de montagne, les poids et haltères et le trampoline.

Approches corps-esprit (mind-body)Lorsque les douleurs sont chroniques, on doit souvent apporter des changements majeurs à son mode de vie : changement d’emploi ou de carrière, renoncement à certaines activités, apprentissage de nouvelles postures, adhésion à un programme d’exercices, etc. En outre, le lien entre les émotions et les douleurs lombaires semble de plus en plus clair aux yeux des spécialistes du dos.

Les approches corps-esprit peuvent aider à entreprendre ce virage important. L’auteur d’une synthèse d’études sur le contrôle de la douleur mentionne que ces approches constituent un traitement complémentaire valable pour soigner les douleurs lombaires chroniques3. En plus de diminuer l’intensité de la douleur, elles permettent de mieux contrôler le stress, d’apprendre à se détendre et à avoir une attitude plus positive3,4. La thérapie cognitivo-comportementale est une des approches les plus utilisées.

ChirurgieLorsqu’un nerf est comprimé, on peut le décomprimer par chirurgie. On procédera à l’opération en phase aiguë si un nerf lié au sphincter de la vessie ou de l’anus est touché. Autrement, si la compression du nerf provoque une faiblesse musculaire dans les jambes ou aux pieds, on peut aussi y recourir lorsque la situation ne s’améliore pas avec le temps et les autres traitements. En général, on décide de ne pas opérer si la compression provoque uniquement de la douleur, sans faiblesse musculaire. Selon les études, ce type de chirurgie ne soulage pas efficacement la douleur à long terme.

Des recherches ont lieu actuellement sur des disques de remplacement composés de cobalt et de chrome.

Réintégration au travailSi la lombalgie a provoqué un arrêt de travail prolongé, il est possible d’obtenir de l’aide auprès d’organismes qui facilitent la réintégration au travail. Ils veilleront entre autres à ce que les exigences de l’emploi soient bien adaptées aux capacités physiques de la personne. Ils peuvent aussi offrir des conseils en matière d’ergonomie. Se renseigner auprès de son médecin.

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L’opinion de notre médecinMême si la cause du mal de dos est inconnue, il est primordial de le soulager efficacement pour empêcher l’apparition d’un syndrome de douleur chronique. Il n'est pas utile « d'endurer son mal » le plus longtemps possible, au contraire. Il est important de prendre des analgésiques régulièrement, sans attendre que la douleur devienne intolérable. Il faut à la fois prévenir l'apparition de la douleur et maintenir un état sans douleur.

Par ailleurs, quand on souffre d’un mal de dos chronique, il n'est pas toujours facile de bien évaluer les changements de son propre état. Il est alors très utile de tenir un journal de bord. Chaque jour, on note l'intensité de la douleur (sur une échelle de 0 à 10), les endroits douloureux, les circonstances d'augmentation ou de diminution des douleurs, leur durée, etc. Il sera ainsi plus facile de savoir si un traitement, quel qu'il soit, est vraiment efficace pour soi, en comparant dans son journal avant et après le traitement. Si un traitement n'a aucun effet après un mois, il est rarement utile de le poursuivre. Le maximum de bienfait est habituellement atteint en trois mois.

Dr Paul Lépine, M.D., D.O.

Révision médicale (mars 2009) : Dre Luce Pélissier-Simard, M.D., M.Sc. épidémiologie, et Dr André Plante, M.D., Chaire Lucie et André Chagnon pour l'enseignement d'une approche intégrée en prévention, Université de SherbrookeRévision médicale (octobre 2006) : Dr Paul Lépine, M.D., D.O.

Approches complémentairesImportant. Consulter d’abord un médecin afin de découvrir une possible cause physiologique du mal de dos. Les traitements non conventionnels suivants ont été testés chez des personnes souffrant de douleurs lombaires qui n’étaient pas liées à une maladie spécifique.

En traitementChiropratique, ostéopathie.

Hydrothérapie (cures thermales), cayenne, griffe du diable, saule blanc.

Acupuncture, massothérapie.

Technique Alexander.

Écoles du dos, tai-chi, yoga.

Le mal de dos vient en tête de liste des affections pour lesquelles les gens ont recours aux

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médecines alternatives et complémentaires5. L’acupuncture, la phytothérapie, la massothérapie et les manipulations spinales (par la chiropratique ou l’ostéopathie) sont les thérapies les plus populaires. De plus en plus, les médecins encouragent les gens souffrant de douleurs lombaires chroniques à faire l’expérience d’approches complémentaires, car souvent les traitements classiques à eux seuls ne suffisent pas à faire disparaître les douleurs.

L’une ou l’autre des plantes nommées ci-dessous peuvent aussi être utilisées pour soulager la douleur et diminuer l’inflammation.

Chiropratique. L'efficacité de la chiropratique pour traiter les lombalgies, particulièrement les manipulations de la colonne vertébrale, a fait l'objet de plusieurs revues systématiques6-12,42. Parmi celles-ci, une revue très exhaustive, incluant des études cliniques aléatoires, des revues systématiques, des méta-analyses et des études de cohorte, a comparé la chiropratique à des traitements classiques ou à des placebos42. Que ce soit pour les lombalgies aiguës ou chroniques, la technique de manipulation rachidienne (de la colonne vertébrale) semble plus efficace que les traitements placebos ou inactifs pour soulager la douleur et améliorer l’état fonctionnel des patients. De plus, l’addition d’un programme d’exercices spécifiques semble accélérer et améliorer les résultats et diminuer la réapparition périodique des douleurs.Contre-indicationsLa chiropratique est généralement considérée comme sécuritaire pour traiter les douleurs au bas du dos. Elle est toutefois contre-indiquée en cas de syndrome de la queue de cheval, une forme grave de sciatique, ou de fracture vertébrale.

Ostéopathie. L’ostéopathie est une médecine manuelle qui vise à équilibrer les structures internes en utilisant un toucher d’une grande finesse. Une méta-analyse d’essais cliniques randomisés conclut que cette approche réduit la lombalgie plus efficacement qu'un traitement placebo23. En outre, on y fait état de plusieurs études au cours desquelles l'ostéopathie s’est avérée plus efficace que les traitements classiques. Elle permet parfois de réduire la dose de médicaments antidouleurs24. De plus, il semble que cet effet serait significatif à court comme à moyen terme, les recherches ayant démontré des effets bénéfiques qui durent au-delà de trois mois.

Cayenne (Capsicum frutescens). L’application externe de capsaïcine, l’un des ingrédients actifs du cayenne, aide à soulager les douleurs lombaires, selon quelques études25-27. Il faut toutefois noter que, selon les auteurs d'une méta-analyse, la capsaïcine n'a qu'une efficacité faible à modérée contre les douleurs musculosquelettiques27. Ces chercheurs soulignent cependant qu'elle peut être utile comme adjuvant ou comme seul traitement pour les personnes qui ne répondent pas ou qui sont intolérantes aux autres traitements. La Commission E reconnaît l'usage externe du cayenne pour soulager les douleurs musculaires aux épaules, aux bras et à la colonne vertébrale.DosageAppliquer sur les parties atteintes, jusqu'à quatre fois par jour, une crème, une lotion ou un onguent renfermant de 0,025 % à 0,075 % de capsaïcine. On trouve également, dans les boutiques chinoises, des emplâtres au capsicum qu'on applique sur les articulations ou sur les muscles douloureux.Notes- Il faut souvent compter 14 jours de traitement avant que l'effet thérapeutique se fasse pleinement sentir.- Il arrive que la première application cause une vive sensation de douleur qui s'estompe par la suite. Interrompre les applications si cette sensation persiste après deux traitements ou si des rougeurs apparaissent.- Bien se laver les mains après usage. Comme la substance irritante est peu soluble dans l'eau, du

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savon ou un peu de vinaigre sont nécessaires pour nettoyer la peau.

Griffe du diable (Harpagophytum procumbens). Les résultats de plusieurs essais cliniques, avec ou sans groupe placebo, indiquent que la racine de griffe du diable peut améliorer la mobilité et soulager la douleur dans les cas de troubles musculosquelettiques, notamment l'arthrose et les maux de dos28-34. Elle aurait une action anti-inflammatoire et favoriserait la détente musculaire. La Commission E et l’ESCOP ont reconnu l’efficacité de cette plante africaine pour soulager les douleurs arthritiques et musculosquelettiques.DosageOn prend habituellement un ou deux comprimés de 500 mg, trois fois par jour, soit 1,5 g à 3 g par jour. Les dosages peuvent varier selon le type d'extrait. Suivre les indications du fabricant.NoteOn recommande de suivre ce traitement pendant au moins deux ou trois mois afin de profiter pleinement de ses effets.

Hydrothérapie (cures thermales). Les auteurs d'une méta-analyse publiée en 2006 se sont penchés sur cinq essais cliniques portant sur les effets de la balnéothérapie et des traitements en spa pour le soulagement des douleurs lombaires13. Les résultats de ces études démontrent que les deux types de thérapies diminuent la douleur. Un essai clinique publié en 2005 a comparé les effets de deux types de balnéothérapie, soit avec une eau minérale riche en soufre, soit avec une eau ordinaire, auprès de 60 sujets souffrant de douleurs lombaires chroniques14. Les sujets ont reçu des bains de 30 minutes chaque jour, pendant 15 jours consécutifs. Chez les patients traités avec l'eau minérale riche en soufre, les résultats ont révélé des améliorations en ce qui concerne l'intensité de la douleur, la gravité des spasmes, la rigidité des muscles paravertébraux ainsi que la mobilité et la rigidité lombaire. Par contre, chez les patients traités avec l'eau ordinaire, seule l'intensité de la douleur a été réduite. Consulter notre fiche Hydrothérapie.

Saule blanc (Salix alba). L’écorce du saule blanc renferme de la salicine, la molécule à l’origine de l’acide acétylsalicylique (Aspirine®). Elle possède des vertus analgésiques et anti-inflammatoires. Des essais cliniques indiquent que l’écorce de saule permet d’apaiser les douleurs lombaires35-37. Les effets antidouleur du saule blanc ont parfois été similaires à ceux des médicaments de synthèse. La Commission E et l’ESCOP reconnaissent son utilité pour faire baisser la fièvre, soulager les douleurs rhumatismales et le mal de tête. DosageConsulter notre fiche Saule blanc.

Acupuncture. L’acupuncture est un traitement de plus en plus utilisé pour soulager les douleurs de toute sorte. Elle stimulerait notamment la production d’endorphines, des substances aux propriétés calmantes et antidouleur. Une méta-analyse regroupant 22 études cliniques randomisées comparait l'effet de l'acupuncture à d'autres traitements ou à des placebos15. Il en ressort que l'acupuncture serait aussi efficace pour soulager les douleurs lombaires chroniques que les thérapies habituellement employées. En ce qui concerne les douleurs lombaires aigües, les résultats sont peu abondants et peu concluants.

Massothérapie. Plusieurs chercheurs ont étudié les effets thérapeutiques du massage dans le traitement des douleurs lombaires16-21. Les résultats ne leur permettent pas d’en arriver à un consensus sur l’efficacité de la massothérapie, étant donné la variabilité de la qualité des études

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menées jusqu’à présent. Il semble tout de même que le massage soulage les douleurs lombaires subaiguës et chroniques, surtout s’il est combiné à des activités physiques et à de l’information éducative sur la prévention des maux de dos22. Le massage aide à relâcher les tensions musculaires et améliore la circulation sanguine, ce qui expliquerait en partie son effet antidouleur. Il existe plusieurs types de massages thérapeutiques. Consulter notre fiche Massothérapie.

Technique Alexander. Cette technique d’éducation somatique vise à désapprendre certaines habitudes de posture pour réduire les tensions musculaires, améliorer l’équilibre et réduire la fatigue et les douleurs. Même si l'efficacité de la technique Alexander est encore loin d'être démontrée pour le soulagement des douleurs lombaires38,39, on l'intègre avec succès à des protocoles multidisciplinaires visant à diminuer l'inconfort des personnes souffrant de cette affection40.

Disciplines corporelles. Bien que leur efficacité n’ait pas été démontrée durant des essais cliniques, plusieurs disciplines corporelles apportent un soulagement relatif aux personnes souffrant de douleurs lombaires41. Parmi les plus populaires, citons le tai-chi et le yoga.

Écoles du dos. Soulignons le succès observé avec ce qu’il est désormais convenu d’appeler les « écoles du dos » : des programmes de prise en charge et de soutien des patients souffrant de lombalgie41. On y enseigne comment prendre soin de son dos, quels mouvements éviter, etc. (voir les Sites d’intérêt).

Hernie discale

• Qu’est-ce que c’est? • Symptômes • Personnes à risque • Facteurs de risque • Prévention

• Traitements médicaux • L’opinion de notre médecin • Approches complémentaires • Sites d’intérêt • Références

Hernie discale : qu’est-ce que c’est?Le terme hernie est utilisé pour décrire une multitude d’affections caractérisées par la saillie d’un organe ou d’une partie d’organe hors de son site normal : hernie à l’aine, hernie ombilicale, etc. Dans cette fiche, il est question de la hernie discale, c’est-à-dire de la saillie d’une portion d’un disque intervertébral.

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Une hernie discale peut survenir si les pressions qui agissent sur le disque intervertébral sont trop élevées. Elle peut aussi apparaître en raison de l’âge et de l’usure, ou si le dos est sollicité constamment par des mouvements répétitifs.

Bien que la hernie discale puisse toucher n’importe quelle région de la colonne vertébrale, près de 95 % des hernies discales surviennent au bas du dos. Dans ces cas, la hernie peut alors provoquer des douleurs dans la région lombaire : une lombalgie. Si la hernie comprime l’une des racines du nerf sciatique, elle peut s’accompagner de douleurs le long d’une jambe : c’est la sciatique.

Qui est touché?La hernie discale touche surtout les individus âgés de 35 ans à 55 ans. Les hommes sont plus nombreux à souffrir d’une hernie discale que les femmes, étant donné qu’ils sollicitent davantage leur force physique à travers leur métier ou le sport. Il est difficile d’évaluer la prévalence de la hernie discale puisque certaines passent inaperçues. Les données actuelles permettent de croire qu’une personne sur 50 en est atteinte un jour ou l’autre.

Causes• La dégénérescence des disques intervertébraux avec l’âge. Avec l’âge, la colonne vertébrale

perd de sa tonicité, de son élasticité et de sa hauteur.• Une action brusque dans une mauvaise posture, comme soulever une lourde charge en

position de torsion du tronc.• Le surplus de poids et la grossesse, qui augmentent les tensions sur la colonne vertébrale.• Une prédisposition héréditaire : plusieurs membres d’une famille sont parfois atteints. Les

personnes prédisposées ont tendance à souffrir d’une hernie discale plus précocement, parfois même avant l’âge adulte. Les anomalies génétiques entraîneraient une faiblesse des structures qui composent la colonne vertébrale.

Comment se forme une hernie discale?

• Entre chacune des 24 vertèbres de la colonne vertébrale se trouve un disque intervertébral qui assure le rôle d'amortisseur de chocs et donne sa souplesse à la colonne. Il est formé en périphérie d'une structure fibreuse et solide qui contient un noyau gélatineux.

• L’anneau fibreux, qui a pour rôle de retenir le noyau gélatineux à l’intérieur du disque vertébral, s’assèche, se fissure et se rompt. Cela entraîne la sortie du noyau gélatineux (voir le schéma).

• Si la fuite vient comprimer une racine nerveuse, la douleur se fait alors sentir sur le trajet du nerf atteint.

• Certaines hernies discales passent inaperçues, car elles ne touchent pas les nerfs. • Enfin, il arrive que la hernie comprime la moelle épinière, mais cela survient plus rarement.

ÉvolutionGénéralement, les hernies guérissent en l’espace de six semaines, avec de bons soins et quelques précautions.

Néanmoins, si la hernie est associée à une grande faiblesse ou à une paralysie des bras ou des jambes ou encore à des problèmes d’incontinence ou de rétention intestinale ou urinaire, celle-ci nécessite une intervention médicale urgente.

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Symptômes de la hernie discaleGrâce aux tests d’imagerie médicale, on sait maintenant que deux personnes qui ont un problème de hernie identique n’auront pas nécessairement les mêmes symptômes. Pour certaines personnes, la hernie passe inaperçue, tandis que pour d’autres elle est terriblement douloureuse.

• Hernie discale située au bas du dos : des douleurs lombaires (lombalgie) accompagnées ou pas d’une douleur dans la jambe le long du nerf sciatique (névralgie sciatique).

• Hernie discale située au cou : une raideur et des douleurs au cou. La douleur s’étend parfois aux épaules ou aux bras. Des fourmillements, des engourdissements ou une sensation de faiblesse peuvent être ressentis dans le bras et l’avant-bras.

• La douleur a tendance à s’exacerber dès qu’on sollicite les muscles du dos : lorsqu’on se penche vers l'avant, qu’on éternue ou qu’on déploie un effort. La douleur s’accentue également en position assise prolongée, en position debout ou couché sur le ventre.

Personnes à risque• Les personnes qui pratiquent des métiers ou des sports exigeants physiquement. • Les femmes enceintes.• Les personnes dont un proche parent souffre de hernie discale.

Facteurs de risque• Négliger son dos : mauvaises postures, manque de musculature, mouvements risqués, etc.

Prévention de la hernie discaleMesures préventives de base

Voici quelques conseils de base pour avoir un dos en santé. On réduit ainsi le risque de hernie discale ainsi que le risque de récidive.

Un mode de vie sain• Faire régulièrement de l’exercice et s’échauffer avant de commencer.• Exercer la musculature du tronc. Faire travailler les abdominaux aide, mais d’autres types

d’exercices sont nécessaires pour solliciter les muscles plus profonds qui soutiennent la colonne vertébrale. Demander l’aide d’un professionnel dûment formé (entraîneur, physiothérapeute, kinésiologue). On risque sinon de se blesser.

• Maintenir un poids santé ou perdre du poids si l’on fait de l’embonpoint. Faites notre test IMC pour connaître votre indice de masse corporelle.

• Se réserver des moments de détente.

Une bonne posture• Rester conscient de sa posture en tout temps. Le dos est bien droit, le regard droit, les

épaules vers l’arrière.• Pour soulever un objet lourd, ne pas incliner le torse vers l'avant et éviter les mouvements

de torsion. S’accroupir en fléchissant les genoux tout en maintenant le dos bien droit. Se relever en tenant l'objet près du corps.

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• Pour pelleter la neige, garder le dos le plus droit possible. Pour ce faire, placer la main près de la plaque de métal et plier les genoux pour ramasser la neige. Se servir du genou comme levier lorsque la charge est lourde. Éviter les mouvements de torsion du dos lorsqu’on rejette la pelletée de neige.

Au travail

• Si l'on doit rester longtemps en position debout, se servir d'un tabouret bas sur lequel on posera les pieds à tour de rôle, en alternant toutes les cinq à dix minutes.

• Si l'on doit rester assis durant de longues heures au bureau ou au volant d'un véhicule, s’accorder des périodes de repos pour se dégourdir et s’étirer.

• Utiliser des chaises à dossier droit qui soutiennent le bas du dos.• Ajuster la hauteur de la chaise ou poser les pieds sur un petit tabouret de telle sorte que les

genoux soient un peu plus hauts que les hanches.• Utiliser une chaise pivotante afin de minimiser les mouvements de torsion.

Pensez-y• Privilégier les sacs à dos aux sacs à main, et utiliser les deux épaules pour porter le sac à

dos.• Pousser les objets lourds plutôt que de les tirer.• Éviter de porter des chaussures à talons hauts (plus de 5 cm). Porter plutôt des chaussures

bien ajustées, qui offrent un bon soutien.

Traitements médicaux de la hernie discaleLe traitement de la hernie discale comporte principalement une mise au repos, la renonciation aux comportements à risque pour le dos et la prise de médicaments pour soulager la douleur et réduire l’inflammation. Dans la majorité des cas, ces mesures sont suffisantes pour réduire les symptômes et guérir la hernie discale. La chirurgie est rarement nécessaire.

Reposer le dosLe repos au lit peut être prescrit pour un jour ou deux maximum en phase de douleur aiguë. Il est cependant préférable de ne pas prolonger ce repos au-delà d’un ou deux jours et de reprendre ses activités dès que possible. L’inaction et l’immobilité peuvent causer l’atrophie et l’affaiblissement des muscles du dos et compromettre la mobilité normale des articulations de la colonne lombaire.

Les positions qui reposent le mieux la colonne lombaire sont les suivantes :

• couché sur le côté, genoux repliés, un oreiller sous la tête et un autre entre les genoux (les femmes enceintes peuvent ajouter un oreiller sous leur ventre);

• couché sur le dos, sans oreiller sous la tête, avec un ou plusieurs oreillers sous les genoux et une serviette roulée ou un petit coussin dans le creux du bas du dos.

MédicamentsPour maîtriser la douleur temporairement et sur une courte période, on prend généralement des analgésiques (acétaminophène : Tylénol® ou acide acétylsalicylique : Aspirine®), des anti-inflammatoires (comme l’ibuprofène : Advil®, Motrin®, par exemple) ou des relaxants musculaires (Robaxacet®). Si la douleur est intense et tenace, le médecin pourra prescrire des

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antidouleurs ou des anti-inflammatoires plus puissants. Des applications de glace à la colonne, près de la hernie, aident aussi à diminuer la douleur (mais non l’inflammation, logée trop profondément).Note. Il est important que les femmes enceintes consultent leur médecin avant de prendre l’un ou l’autre de ces médicaments.

Médicaments par injection. Pour venir à bout des douleurs persistantes, des injections épidurales de corticostéroïdes ou d’analgésiques sont parfois prescrites. L’injection d’enzymes (la chymopapaïne) dans le disque intervertébral peut aussi être pratiquée. Les enzymes dégradent la portion du disque qui fait saillie et qui comprime le nerf, ce qui permet d’éviter la chirurgie. Par contre, les enzymes tendent à être moins utilisés, car ils peuvent provoquer des réactions allergiques importantes.

PhysiothérapieUne fois les symptômes atténués, le médecin pourra prescrire des séances de réadaptation afin d’accélérer la guérison complète. Il s’agit essentiellement d’exercices qui permettent d’améliorer la posture, de renforcer la musculature du dos et de l’abdomen et d’assouplir le corps.

ChirurgieLes traitements chirurgicaux sont employés si les douleurs persistent et sont incommodantes, s’il y a une faiblesse musculaire persistante dans un bras, une jambe, un orteil, etc., ou en cas de symptômes plus graves.

La chirurgie permet d’éliminer la pression qu’exerce le disque intervertébral sur les racines nerveuses. Différentes techniques sont utilisées. La discectomie consiste à faire l’ablation complète ou en partie du disque intervertébral. Cette opération se pratique à travers une petite incision cutanée. Parfois, le chirurgien pratique en parallèle une laminectomie, c’est-à-dire une résection d'une partie de la vertèbre.

La chirurgie comporte certains risques : contracter une infection, subir une lésion à un nerf, avoir des cicatrices fibreuses ou créer un stress sur d’autres vertèbres.

L’opinion de notre médecinOn vous a diagnostiqué une hernie discale. Votre crise aiguë a été traitée selon les principes énoncés dans cette fiche. Vous vous êtes très probablement évité une chirurgie et vous en êtes heureux.

Cependant, le plus difficile est devant vous! Il vous faudra éviter la récidive. Pour ce faire, vous devrez probablement changer certaines habitudes de vie (perdre du poids, faire de l’exercice de façon soutenue et régulière, corriger vos mauvaises postures, etc.). Ces changements peuvent être très difficiles à réaliser, surtout si vous êtes sédentaire. Je suis certain que vous en êtes capable. À preuve, cherchez dans votre passé comment vous vous y êtes pris pour réussir à modifier d’autres aspects de votre vie. Trouvez les conditions gagnantes, cernez les obstacles, cherchez de l’aide. Abonnez-vous à un centre sportif, payez-vous un entraîneur privé compétent qui saura vous prescrire des exercices efficaces, appropriés à votre état. Vos douleurs au dos diminueront probablement (quelle libération!) et surtout, vous risquez moins d’avoir une récidive de hernie discale.

Si vous êtes déjà en forme, il serait peut-être indiqué d’apprendre à mieux vous servir de vos muscles et de vos mouvements. Il vous faudra aussi changer vos habitudes malsaines pour votre dos. Tentez de porter une attention régulière à votre dos afin que tout cela s’intègre à votre routine.

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Bonne chance

Dr André Plante, M.D.

Révision médicale (mars 2009) : Dr André Plante, M.D., Chaire Lucie et André Chagnon pour l'enseignement d'une approche intégrée en prévention, Université de SherbrookeRévision médicale (mai 2004) : Dr Paul Lépine, M.D. D.O.

Approches complémentairesLe manque d’études cliniques sur les approches complémentaires de la hernie discale nous empêche d’en faire état. Puisque la hernie peut causer une sciatique, une lombalgie ou des troubles musculosquelettiques du cou, consulter à ce propos les fiches du même nom.

Mise en garde. Les personnes qui désirent recourir à des manipulations spinales (chiropratique, ostéopathie ou autres) pour traiter leur hernie discale doivent prendre certaines précautions afin de ne pas aggraver leur état. D’abord, choisir un thérapeute dûment formé. Pour la chiropratique, s’informer auprès de l’Ordre professionnel des chiropraticiens. Pour l’ostéopathie, s’informer auprès du Registre des ostéopathes du Québec ou du Registre des ostéopathes de France. Il importe également d’informer le thérapeute de son état avant le début des traitements.

Troubles musculosquelettiques du genouVoir la section spéciale Articulations (sport et travail)

• Qu’est-ce que c’est? • Symptômes • Personnes à risque • Facteurs de risque • Prévention

• Traitements médicaux • L’opinion du médecin • Approches complémentaires • Sites d’intérêt • Références

Veuillez noter que les douleurs articulaires attribuables à l’arthrose du genou ne sont pas abordées dans ce qui suit. À ce sujet, voir notre fiche Arthrose.

Qu’est-ce que c’est?Le genou est la plus grosse articulation du corps et c’est lui qui assure notre mobilité et notre stabilité. Les genoux sont souvent malmenés par les sportifs et les athlètes de haut niveau, qui sollicitent de manière répétée ces articulations et les soumettent aux coups et aux contacts. Le tiers

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des blessures sportives a d’ailleurs trait aux genoux1.

La présente fiche décrit deux troubles fréquents du genou : le syndrome fémoro-rotulien et le syndrome de friction de la bandelette ilio-tibiale.

Ces deux types d’affections se manifestent progressivement. Elles sont rarement le résultat immédiat d’un traumatisme accidentel ou d’un choc par contact, qui provoquent généralement des blessures aux ligaments et aux ménisques.

Pour bien comprendre ce qui suit, il peut être utile de se reporter à notre article Anatomie des articulations : notions de base .

TypesLe syndrome fémoro-rotulien. On estime qu’un quart des athlètes souffrent un jour ou l’autre de ce syndrome. Le syndrome fémoro-rotulien se caractérise par l’irritation des cartilages de l’articulation du genou, entre la rotule et le fémur (l’os de la cuisse). Généralement, le syndrome apparaît lorsque cette articulation est surutilisée ou qu’elle est sollicitée de manière trop violente, comme lorsqu’on augmente subitement l’intensité d’un exercice, ou encore lorsqu’il y a un mauvais alignement entre la rotule et le fémur.

Principales causes- Un affaissement prononcé de la voûte plantaire (la cambrure du pied), qui fausse l’alignement du genou, est une cause fréquente. Des facteurs héréditaires ou biologiques sont à l’origine du problème. - Un déséquilibre des forces musculaires exercées sur la rotule, qui produit un trouble d’alignement dynamique (pendant le mouvement), est également une cause fréquente.- La pratique répétée de l’une ou l’autre des activités suivantes : monter ou descendre des escaliers, courir sur une pente ascendante, faire de longues randonnées pédestres, s’accroupir fréquemment ou pratiquer des sports où le saut est fréquent. Ces activités constituent un problème pour les personnes qui ont un défaut d’alignement de la rotule et pour celles qui sont mal préparés physiquement.- Un traumatisme au genou à la suite d’une chute sur les rotules ou d’un accident de la route.

Le syndrome de friction de la bandelette ilio-tibiale. Ce type de blessure apparaît à long terme à la suite de la pratique répétée de flexions et d’extensions du genou. L’irritation et l’inflammation surviennent à la suite du frottement répété de deux structures du genou, dans sa partie externe : la longue bande fibreuse située à la face externe de la cuisse (la bandelette ilio-tibiale) et une protubérance du fémur. Cette affection est communément appelée « syndrome de l’essuie-glace », parce que la sensation de la bandelette qui frotte l’os sous la peau est souvent comparée à celle de l’essuie-glace qui grince sur le pare-brise de façon répétitive. Les sportifs les plus à risque sont les coureurs de fond (de 4 % à 7 % en sont atteints7) et les cyclistes.

Principales causes- Un problème d’alignement du genou est très courant.- Un manque de souplesse de la bandelette ilio-tibiale et des muscles qui s’y rattachent (le tenseur du fascia lata et le moyen fessier) est presque toujours en cause.- La pratique d’activités qui demandent des flexions et extensions répétées du genou, comme la course de fond et le cyclisme.

Complications possiblesUne blessure au genou non soignée peut dégénérer en douleur chronique. Un processus de compensation par la jambe non douloureuse s’installe, ce qui peut entraîner d’autres problèmes biomécaniques.

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SymptômesSyndrome fémoro-rotulien

• Une douleur alentour de la rotule, à l’avant du genou. Il peut s’agir de douleurs aiguës et occasionnelles, de douleurs récurrentes ou chroniques. Lors de ses premières manifestations, la douleur apparaît après plutôt que durant l’activité, mais si le problème n’est pas traité, les symptômes s’intensifient et sont présents aussi pendant l’activité.

• Certaines personnes ressentent des crépitations dans le genou : des bruits de grattements très fins qui se produisent dans l’articulation, accompagnés ou non de douleurs. Parfois, les craquements se font très bruyants.

• Une douleur à la rotule en position assise lorsqu’il n’y a pas assez d’espace pour étendre les jambes (comme au cinéma), appelée aussi « signe du cinéma ».

• Des périodes soudaines où le genou « lâche ».• La douleur augmente lorsqu’on emprunte des escaliers ou qu’on s’accroupit.• L’enflure est rare.

Syndrome de friction de la bandelette ilio-tibiale.

• Une douleur au genou, ressentie dans la partie externe (latérale) du genou. Elle est rarement doublée d’une douleur à la hanche. La douleur est exacerbée par l’activité physique (comme la course à pied ou la bicyclette). Habituellement, son intensité oblige d’arrêter l’activité.

Personnes à risqueSyndrome fémoro-rotulien

• Les sportifs, et plus particulièrement les joueurs de soccer, les coureurs de fond, les cyclistes, les volleyeurs, les basketteurs et les nageurs de brasse. Ce syndrome s’observe souvent, mais pas exclusivement, chez les sportifs qui ont un affaissement prononcé de la voûte plantaire, qui fait en sorte que le poids est surtout mis du côté interne du pied.

• Les personnes qui s’adonnent fréquemment à la randonnée pédestre.• Les livreurs et les facteurs, appelés à gravir de nombreuses fois des escaliers.• Les poseurs de céramique ou de revêtements de plancher qui travaillent accroupis plutôt

qu’agenouillés.• Les adolescents; on observe une fréquence accrue de cette affection durant la période de

forte croissance de leur ossature.

Syndrome de friction de la bandelette ilio-tibiale

• Les personnes qui ont un problème d’alignement du genou.• Les sportifs, et plus particulièrement les coureurs de fond (les plus à risque), les cyclistes et

les joueurs de tennis.• Les personnes qui ont une malformation structurelle des os des jambes, en forme d’arc (les

genoux s’écartent l’un de l’autre).• Les personnes qui ont un affaissement prononcé de la voûte plantaire, qui fait en sorte que le

poids est surtout mis du côté interne des pieds.• Les personnes qui s’adonnent de temps en temps à la randonnée en montagne.

Facteurs de risqueHabituellement associés à une surutilisation de l’articulation du genou ou à une augmentation de l’intensité dans la pratique d’un sport ou d’une activité professionnelle, ces syndromes peuvent

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aussi être la conséquence d’une atrophie ou un manque de souplesse des muscles ou des tissus proches de l’articulation du genou.

Une mauvaise démarche, une technique de course inappropriée ou l’usage d’une bicyclette mal adaptée à la taille du cycliste peuvent également constituer de grands facteurs de risque.

PréventionMesures préventives de base

Recommandations générales• Éviter d'augmenter brusquement l'intensité dans la pratique d’une activité professionnelle

ou d’un sport exigeants pour les genoux. En agissant progressivement, on laisse au corps le temps de s’adapter et l'on renforce les muscles, tout en assouplissant les tendons des genoux.

• Avoir recours aux services d’un entraîneur professionnel afin de s’assurer que l'on applique les bonnes techniques ou que l'on adopte une démarche et des postures convenables.

• Porter des chaussures qui correspondent au sport pratiqué.• Si nécessaire, corriger un défaut de structure (pronation exagérée des pieds ou autre) en

portant des orthèses plantaires souples.

Syndrome fémoro-rotulien• Pour les cyclistes, bien ajuster la hauteur du siège et utiliser les cale-pieds. Un siège trop

bas est une cause fréquente de ce type de blessure au genou. Il est également recommandé d’utiliser des vitesses plus faciles et de pédaler plus rapidement, que de forcer sur une vitesse élevée.

Syndrome de friction de la bandelette ilio-tibiale• Après une séance d’exercices, et plusieurs fois par jour, faire des étirements de la

bandelette ilio-tibiale et des muscles fessiers. S’informer auprès d’un entraîneur sportif ou d’un physiothérapeute.

• Les cyclistes devraient utiliser une bicyclette adaptée à leur taille et faire les réglages nécessaires afin d’adopter une position ergonomique.

• Les coureurs de fond peuvent diminuer le risque de blessure au genou en privilégiant les surfaces planes. Donc, limiter les montées et les descentes en terrain vallonné.

• Les coureurs de fond qui s’entraînent sur une piste ovale devraient régulièrement alterner le sens de leur parcours pour éviter de toujours imposer un stress sur la même jambe dans les courbes. Ceux qui courent sur les routes et toujours face à la circulation subissent aussi un déséquilibre. Ils ont constamment un pied plus bas que l’autre, car les routes ont généralement une pente descendante vers l’accotement pour faciliter l’évacuation de l’eau. Il est donc bon de varier les circuits.

• Les adeptes de la randonnée en montagne devraient faire quelques randonnées plus faciles avant de s’attaquer à de hautes montagnes.

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Traitements médicauxNote. Il est important de consulter un médecin en cas de douleur au genou. Plus le traitement est retardé, plus il sera ardu. Un diagnostic précis permet d’entreprendre un traitement rapide et d’éviter ainsi l’aggravation des symptômes. La prise d’anti-inflammatoires à elle seule ne ralentit pas l’aggravation de la blessure et est insuffisante pour obtenir une guérison. La plupart du temps, les symptômes disparaissent. Un bon suivi médical est nécessaire.

Phase aiguëLa durée de la phase aiguë de la blessure varie. Elle est d’environ 7 à 10 jours. Elle commence par une phase d’inflammation aiguë qui s’étend de 48 à 72 heures, au cours de laquelle il est primordial de soulager au plus vite la douleur et l’inflammation. Par la suite, l’inflammation est encore présente, mais moins prononcée. La blessure reste fragile et les tissus sont plus facilement irritables qu’à l’habitude.

Voici quelques conseils :

• Mettre le genou au repos relatif en lui évitant les mouvements qui ont conduit à la lésion. Il s’agit d’une composante essentielle du traitement. Toutefois, une inactivité prolongée peut raidir l’articulation, en plus de diminuer la force musculaire indispensable à la stabilité du genou. Le genou ne devrait jamais être mis au repos complet, et encore moins immobilisé.

• Appliquer de la glace sur le genou pendant 10 à 12 minutes, toutes les une ou deux heures durant les deux ou trois premiers jours. Par la suite, réduire la fréquence à trois ou quatre fois par jour. Il est inutile d’appliquer des compresses froides ou des « sacs magiques », car ils ne sont pas assez froids et se réchauffent en quelques minutes. Continuer l’application de glace aussi longtemps que les symptômes persistent.

Trucs et mise en garde pour l’application de froid

On peut appliquer directement sur la peau des cubes de glace contenus dans un sac en plastique, ou les mettre dans une serviette mince et mouillée. Il existe aussi des sachets de gel mou réfrigérants (Ice pak®) vendus en pharmacie qui peuvent s’avérer pratiques. Toutefois, lorsqu’on utilise ces produits, il ne faut pas les placer directement sur la peau, car il y a des risques d’engelure. Un sac de petits pois verts (ou de maïs en grains) surgelés, déjà dans un emballage plastique, est une solution pratique et économique, puisqu’il se moule bien aux formes du corps et peut être appliqué directement sur la peau.

Médicaments. Durant cette phase, le médecin peut occasionnellement suggérer des médicaments analgésiques (Tylenol®, Aspirine® ou autres) ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens, comme l’ibuprofène (Advil®, Motrin® ou autres) offert en vente libre, le naproxen (Naprosyn®) ou le diclofénac (Voltaren®) obtenus sur ordonnance. Il ne faut pas prendre les anti-inflammatoires plus de deux ou trois jours. Si les symptômes sont sérieux, le médecin vous recommandera de consulter un physiothérapeute.

Phase de réadaptationLe traitement de ces deux syndromes s’appuie sur des exercices physiques à domicile. Essentiellement, les exercices visent à étirer la bandelette ilio-tibiale (pour le syndrome du même nom) et à renforcer les quadriceps en insistant sur la trajectoire de la rotule (pour le syndrome fémoro-rotulien). Le programme de réadaptation comprend des exercices d’étirement, de renforcement et de proprioception. S’informer auprès d’un physiothérapeute, d’un entraîneur sportif ou de son médecin.

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Pour ces deux syndromes, les traitements de physiothérapie sont réservés aux cas plus graves qui ne répondent pas au programme d’exercices à domicile. La physiothérapie permet de réduire l’inflammation, de prévenir l’ankylose ou de recouvrer la mobilité perdue. Par la suite, lorsque l’inflammation aura diminué, l’accent sera mis sur le renforcement musculaire, tout en continuant de travailler sur la mobilité de l’articulation.

Pour un résultat optimal, la personne doit participer de façon active à son traitement en reproduisant à la maison les exercices enseignés.

L’utilisation d’un bandage est peu avantageuse dans la grande majorité des troubles du genou. Qui plus est, pour le syndrome fémoro-rotulien, le bandage est fortement déconseillé parce qu’il crée une pression supplémentaire sur la rotule, ce qui ne peut qu’accentuer les symptômes.

Retour aux activités normalesL’activité normale (les mouvements qui ont causé la blessure) est reprise progressivement, lorsqu’on a recupéré toute l’amplitude de ses mouvements et que toute douleur est enrayée. La poursuite des exercices à domicile après la reprise normale des activités permet de prévenir les rechutes.

ChirurgieLa chirurgie est rarement nécessaire et l’on y a de moins en moins recours en raison des résultats décevants à long terme.

Mise en garde. Une réadaptation incomplète ou un retour trop rapide aux activités normales ralentit le processus de guérison et augmente le risque de récidive. Le respect du traitement - repos relatif, glace, médicaments analgésiques, exercices à domicile - entraîne le plein retour aux capacités antérieures chez la majorité des personnes.

L’opinion du médecinhaut

Ces deux blessures, même si elles ne sont pas graves, sont souvent très incapacitantes. Il est important de comprendre qu’elles sont presque toujours liées à un problème d’entraînement. La plupart du temps, l’activité a commencé de façon trop intense. On en fait trop, trop vite!

Dans les deux cas, il n’y a pas de solution miracle. Il faut :

- étirer la bandelette ilio-tibiale pour qu’elle passe à proximité du fémur, sans s’y frotter;

- renforcer les muscles de la cuisse (quadriceps) pour équilibrer les forces sur la rotule afin qu’elle reste dans l’espace qui lui est réservé sur le condyle fémoral;

- enfin, étirer les muscles à l’avant et à l’arrière de la cuisse pour diminuer la pression sur la rotule.

Dre Susan Labrecque

Révision médicale (juillet 2009 et avril 2004) : Dre Susan Labrecque, M.D., diplômée en médecine sportive, M.Sc. Kinanthropologie, B. Sc. Éducation physique, Chaire Lucie et André

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Chagnon pour l'enseignement d'une approche intégrée en prévention, Université de Sherbrooke

Approches complémentaireshaut

Note. Les exercices de renforcement, d’étirement et de proprioception constituent la base du traitement de ces deux troubles musculosquelettiques du genou et doivent absolument être intégrés dans l’approche thérapeutique globale.

En traitementAcupuncture

Arnica, griffe du diable

Boswellie, gomme de pin, saule blanc

Ostéopathie

Acupuncture. Une étude laisse supposer que les traitements d’acupuncture combinés avec la physiothérapie sont plus efficaces que la physiothérapie seule pour réduire les symptômes et améliorer les capacités physiques. D’une durée d’un an, cette étude a été menée auprès de 75 personnes souffrant d’un syndrome fémoro-rotulien durant l’activité physique (depuis en moyenne 6 ½ ans)6. Aucune étude clinique n’est recensée sur Pubmed en ce qui a trait à l’acupuncture comme traitement du syndrome de friction de la bandelette ilio-tibiale.

Arnica (Arnica montana). La Commission E reconnaît aux fleurs d’arnica des vertus anti-inflammatoires et analgésiques, et elle en permet l’usage topique pour traiter les troubles articulaires.DosageOn trouve dans le commerce des onguents à base d’arnica. Ces préparations devraient renfermer de 20 % à 25 % de teinture ou 15 % d’huile d’arnica pour avoir un effet. On peut aussi appliquer sur le genou des compresses ou des cataplasmes imbibés d’une infusion préparée en mettant 2 g de fleurs séchées dans 100 ml d’eau bouillante (infuser de 5 à 10 minutes et laisser refroidir avant l’utilisation). Consulter la fiche Arnica.

Griffe du diable (Harpagophytum procumbens). La Commission E et l’ESCOP ont reconnu l’efficacité de la racine de cette plante africaine pour soulager les douleurs arthritiques et musculosquelettiques. La majorité des études réalisées jusqu’à présent ont porté sur des problèmes de douleurs lombaires et arthritiques. La griffe du diable réduirait la production des leucotriènes, des substances impliquées dans le processus d’inflammation.DosageConsulter notre fiche Griffe du diable.NoteOn recommande de suivre ce traitement pendant au moins deux ou trois mois afin de profiter

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pleinement de ses effets.

Boswellie (Boswellia serrata). Dans les médecines traditionnelles de l’Inde et de la Chine, la résine qui exsude du tronc de ce grand arbre à encens originaire du subcontinent indien (qui pousse également en Afrique du Nord et au Moyen-Orient) est employée comme anti-inflammatoire. Pour en savoir davantage, consulter notre fiche Boswellie.DosagePrendre de 300 mg à 400 mg, trois fois par jour, d’un extrait normalisé à 37,5 % d’acides boswelliques. NoteLes effets thérapeutiques pourront mettre de quatre à huit semaines avant de se manifester pleinement.

Gomme de pin (Pinus sp). Autrefois, on utilisait la gomme de pin pour traiter les douleurs articulaires et musculaires (entorses, muscles endoloris, tendinites, etc.). À notre connaissance, aucune recherche scientifique n’a été conduite sur la gomme de pin.DosageAppliquer la gomme, recouvrir d’un morceau de flanelle et garder trois jours. Répéter au besoin.RemarqueAu bout de trois jours, le corps aura absorbé la gomme et le cataplasme s’enlèvera alors sans difficulté. D’où l'importance de respecter le mode d'emploi.

Saule blanc (Salix alba). L’écorce du saule blanc renferme de la salicine, la molécule qui est à l’origine de l’acide acétylsalicylique (Aspirine®). Elle a des vertus analgésiques et anti-inflammatoires. Bien qu’elle soit utilisée depuis des millénaires pour traiter les affections des tendons, aucun essai clinique n’a été mené pour confirmer cet usage. Plusieurs essais appuient cependant son efficacité à soulager la lombalgie3-5.DosageConsulter notre fiche Saule blanc.

Ostéopathie. Dans le cas du syndrome de friction de la bandelette ilio-tibiale, les symptômes sont parfois entretenus par un léger déséquilibre du bassin qui peut être amélioré par des mobilisations en ostéopathie.

La glucosamine et la chondroïtine jouissent d’une certaine popularité auprès des personnes atteintes d’un trouble articulaire. Bien qu’il existe des preuves de l’efficacité de ces suppléments pour soulager les douleurs de l’arthrose légère ou modérée du genou, d’après nos recherches (mai 2009), aucun essai clinique n’a évalué leur capacité à traiter les autres types de douleurs au genou.

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Douleurs au cou : de multiples origines

haut

Les douleurs au cou, ou cervicalgies, peuvent avoir de multiples origines. Elles peuvent être attribuables à une entorse cervicale, à un torticolis ou à de l’arthrose, par exemple. Bien souvent, elles s’accompagnent d’une raideur qui limite les mouvements du cou.

La douleur est parfois ressentie dans tout le haut du corps, en particulier au haut du dos et aux épaules. Les symptômes varient selon l’endroit atteint : les vertèbres, les tendons, les ligaments, les muscles ou les nerfs.

La plupart du temps, les douleurs au cou se dissipent en l’espace de quelques jours à quelques semaines (de huit à douze semaines au plus). Cependant, il se peut qu’elles durent plus longtemps si les vertèbres du cou sont touchées par l’arthrose ou par une autre maladie chronique, comme l’arthrite rhumatoïde.

Le cou est formé de sept vertèbres, dont le nom va de C1 à C7 (voir le schéma ci-dessus). Entre les vertèbres se trouvent les disques intervertébraux. Ces disques renferment un gel qui donne au cou sa mobilité et qui lui permet de mieux absorber les chocs. Sans les disques intervertébraux, on sentirait les vertèbres frotter les unes contre les autres. L’ensemble est entouré de muscles, de tendons et de ligaments, dont le rôle est d’assurer la stabilité, le soutien et la mobilité des articulations délicates de la colonne vertébrale.

PrévalenceSi elle est moins fréquente que la douleur au dos, la douleur au cou touche tout de même de 10 % à 20 % de la population adulte1,2.

Les troubles musculosquelettiques du cou à l’origine des douleurs affectent un nombre croissant de gens. Ce phénomène s’expliquerait surtout par le vieillissement de la population et par le fait que de plus en plus de travailleurs passent de longues heures devant l’ordinateur3.

TypesVoici les causes les plus courantes de douleurs aiguës au cou (des douleurs qui durent depuis peu de temps, indépendamment de l’intensité de la douleur).

• Les tensions et les raideurs musculaires. Le fait de maintenir une posture durant plusieurs heures ou de faire des gestes répétitifs tout en ayant une mauvaise posture entraîne des contractions musculaires prolongées dans les épaules et dans la nuque, qui risquent de devenir douloureuses.

• L’entorse cervicale. On l’appelle communément coup du lapin ou whiplash. Elle peut survenir au moment d’un accident de voiture (en cas de mouvement extrême du cou vers l’avant, puis vers l’arrière) ou d’un fort impact pendant la pratique d’un sport. Le rétablissement se fait habituellement en quatre à six semaines. Des douleurs qui ne s’estompent pas sont le plus souvent causées par le manque de mouvement. En effet, les gens qui ont des douleurs cervicales sont portés à garder le cou immobile, ce qui augmente la tension sur les muscles.

• Le torticolis. Le torticolis résulte d’une contraction musculaire involontaire, d’un spasme, qui se produit sur le côté ou à l’arrière du cou. La tête reste coincée dans une certaine position. Tout mouvement du cou devient presque impossible. Le plus souvent, le torticolis

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survient soudainement, parfois dans une période de stress élevé. Plus rarement, il peut résulter d’une entorse ou d’une hernie discale.

Important. La méningite cause parfois de fortes raideurs au cou qui peuvent être confondues avec un torticolis. En cas de fièvre, de vomissements, de maux de tête graves et d’hypersensibilité à la lumière, consultez un médecin sans tarder.

Voici les causes les plus courantes de douleurs chroniques au cou, c’est-à-dire qui durent depuis plusieurs semaines ou mois (attention, le mot « chronique » ne signifie pas que ces douleurs ne se guérissent pas).

• L’arthrose des vertèbres du cou. L’arthrose cervicale est plus fréquente chez les femmes. Elles en souffrent habituellement après l’âge de 35 ans. Chez les hommes, l’arthrose survient plus tard, vers la cinquantaine. De petites bosses se forment sur les vertèbres. Celles-ci entravent parfois la transmission des influx nerveux. Toutes sortes de troubles peuvent en découler : des maux de tête, des vertiges au moment des changements de position de la tête, des bourdonnements d’oreilles, des problèmes mineurs de vision, etc. À partir de la cinquantaine, on détecte des signes d’arthrose cervicale légère chez à peu près tout le monde. Mais, la plupart du temps, l’arthrose au cou causée par le vieillissement n’entraîne pas de douleur.

• Une maladie chronique systémique. Environ 10 % des cas de douleurs au cou seraient causés par une forme d’arthrite1.

Symptômes des douleurs au cou

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On peut présenter l’un ou l’autre des symptômes suivants.

• Une douleur et une raideur au cou. • Des mouvements du cou limités, parfois d’un côté plus que de l’autre. • Des douleurs au haut de la nuque, au haut du dos, aux épaules et aux bras. • Des vertiges et des maux de tête. • Lorsque la racine d’un nerf est comprimée ou enflammée : des sensations

d’engourdissement, des fourmillements ou une faiblesse dans un bras ou dans une main.

Personnes à risque

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• Les femmes sont un peu plus sujettes aux maux de cou que les hommes. • Les personnes pratiquant des sports de contact (football, boxe, hockey, etc.) et les joueurs

de soccer qui se renvoient la balle en se servant de la tête. L’accumulation de petits incidents accroît, avec le temps, le risque d’arthrose des vertèbres du cou.

• Certains types de travailleurs, plus précisément ceux qui doivent maintenir le cou en position de flexion ou d’extension de façon prolongée (par exemple, les peintres, les tireurs de joints et les personnes qui travaillent au microscope). Le travail à l’ordinateur augmente aussi le risque de douleurs au cou et au haut du corps, surtout quand on est assis pendant plusieurs heures et qu’on a une mauvaise posture.

• Les personnes qui ont eu plusieurs petits incidents au cou risquent davantage, avec le temps, que de l’arthrose apparaisse dans les vertèbres du cou.

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Facteurs de risque

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Les facteurs de risque sont fort similaires à ceux des maux de dos4.

• L’obésité. • Le tabagisme. Il augmente le risque d’ostéoporose et de fractures; il réduit la densité

minérale osseuse; il cause la dégénérescence de la colonne vertébrale. • Un degré élevé d’insatisfaction ou de stress au travail. • La pratique intense de certaines activités physiques dans des postures inadéquates. • Un problème à la colonne vertébrale (scoliose, lordose, etc.). • L’utilisation d’un oreiller inadéquat (trop plat, trop épais ou ne soutenant pas bien la tête).

Prévention des douleurs au cou

Mesures préventives de base

Pour éviter les problèmes musculosquelettiques au cou, il faut poser plusieurs petits gestes au quotidien :

• Pratiquer de l’exercice physique durant ses loisirs. Cela peut prévenir la plupart des douleurs au cou, selon les chercheurs6. En effet, les travailleurs sédentaires qui ont un faible degré d’activité physique durant leurs loisirs courent plus le risque d’avoir des problèmes au cou et aux épaules.

• Ne pas rester en position assise trop longtemps sans changer de position. Se réserver des moments de détente toutes les heures pour s’étirer le dos, le cou, les jambes et les bras.

• Bien adapter son poste de travail à sa taille : ajuster sa chaise, la hauteur de l’écran d’ordinateur et du clavier, soutenir ses avant-bras, etc.

• Accomplir des mouvements sécuritaires quand on exerce un métier où de la force physique est déployée. S’informer auprès d’un professionnel dûment formé.

• Dans la voiture, bien ajuster la hauteur de l’appuie-tête. Les yeux doivent être à la mi-hauteur de l’appuie-tête.

• Pratiquer des exercices pour renforcer les muscles du cou et du tronc. • Prendre conscience de sa posture et la corriger au besoin. • Lorsqu’on pratique un sport, se protéger par un équipement et par un entraînement

musculaire adéquats. • Éviter de dormir sur le ventre.

Obtenir des conseils personnalisés, auprès d’un spécialiste de la médecine sportive, d’un physiothérapeute ou d’un ergothérapeute permet une meilleure prévention5.

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Traitements médicaux

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Si la douleur au cou ne diminue pas après avoir prodigué durant quelques jours les traitements suggérés ci-dessous, il est conseillé de consulter un médecin ou un physiothérapeute.

Phase aiguëRepos. Durant quelques jours, éviter les mouvements du cou de grande amplitude. Faire tout de même des étirements légers, dans les directions non douloureuses (tourner le cou pour regarder vers la gauche, puis vers la droite; fléchir le cou vers l’avant, ramener au centre, puis fléchir vers l’épaule gauche, et vers la droite; éviter les mouvements de rotation de la tête). Le collier cervical est à proscrire, car il crée une faiblesse des muscles et contribue à prolonger le temps de guérison. Un repos prolongé contribue en outre à raidir l’articulation.

Glace. Appliquer de la glace sur la région douloureuse trois ou quatre fois par jour, pendant 10 à 12 minutes, atténue la réaction d’inflammation. Il est bon de le faire tant que les symptômes aigus persistent. Il est inutile d’utiliser des compresses froides ou des « sacs magiques » : ils ne sont pas assez froids et ils se réchauffent en quelques minutes.

Trucs et mise en garde pour l’application de froid

On peut appliquer sur la peau des cubes de glace enveloppés dans un sac de plastique ou dans une serviette mouillée (choisir une serviette mince). Il existe également des sachets de gel mou réfrigérants (Ice pak®) vendus en pharmacie. Ces produits sont parfois pratiques, mais il ne faut pas les placer directement sur la peau : cela pourrait causer une engelure. Un sac de petits pois verts ou de maïs congelés est une autre solution pratique et économique : il se moule bien aux formes du corps et peut être appliqué directement sur la peau.

Médicaments pour soulager la douleur (analgésiques). L’acétaminophène (Tylénol®, Atasol®) suffit souvent pour soulager une douleur légère ou modérée. Les anti-inflammatoires, comme l’ibuprofène (Advil®, Motrin®, etc.), l’acide acétylsalycilique (Aspirine®), le naproxène (Anaprox®, Naprosyn®) et le diclofénac (Voltaren®), ont aussi un effet analgésique. Par contre, ils causent davantage d’effets indésirables et doivent donc être utilisés avec modération.

Les relaxants musculaires peuvent aussi aider, mais ils provoquent de la somnolence (par exemple, Robaxacet® et Robaxisal®). Pour pallier cet effet, il est recommandé de les prendre au coucher ou à faible dose durant le jour. Ils ne devraient pas être utilisés plus de quelques jours. Ces médicaments renferment un analgésique (acétaminophène pour le Robaxacet®, et ibuprofène pour Robaxisal®). Il faut donc éviter de les prendre en même temps qu’un autre analgésique.

Un médecin est en mesure de suggérer la catégorie de médicament contre la douleur qui convient le mieux, au besoin. En cas de douleurs plus fortes, il peut prescrire des analgésiques opioïdes (des dérivés de la morphine). Lorsqu’il y a des douleurs neurologiques, des médicaments anticonvulsivants ou d’autres médicaments qui agissent sur les neurotransmetteurs peuvent être prescrits.

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Durant la phase aiguë, des massages doux peuvent aider à soulager temporairement les tensions.

RéadaptationLorsque la douleur au cou diminue (après 24 à 48 heures), il est bon de pratiquer des exercices d’étirement prudents et progressifs, plusieurs fois par jour. Des traitements donnés par un physiothérapeute permettent une disparition plus rapide des symptômes. Ceux-ci incluent habituellement des exercices, des massages, des mobilisations douces, de la neurostimulation électrique transcutanée, ou TENS (transcutaneous electrical nerve stimulation), et d’autres types d’électrothérapie.

Il peut être utile d’appliquer de la chaleur sur les muscles juste avant d’entreprendre les exercices d’étirement (à l’aide d’une compresse humide réchauffée au four ou d’un bain chaud). La chaleur détend les muscles. Une fois les exercices terminés, on peut appliquer de la glace.

Il semble que le fait de combiner la marche à un programme de physiothérapie et à des exercices d’étirements faits à la maison permet de mieux soulager la douleur au cou.

Injections de corticostéroïdesDans certains cas, on peut songer à cette option si les traitements précédents se sont avérés inefficaces. Les corticostéroïdes ont une action anti-inflammatoire.

En cas de douleurs chroniques Journal des symptômes. Il est bon d’être attentif aux situations qui font naître les douleurs, de les noter et d’en discuter avec son médecin ou un physiothérapeute. S’aggravent-elles le matin ou en fin de journée? L’aménagement du poste de travail devrait-il être évalué par un ergonome? Un état de stress permanent créerait-il des tensions dans les trapèzes et dans le cou?

Chirurgie. En cas de compression d’une racine nerveuse dans la région du cou qui causerait des engourdissements ou une faiblesse dans les bras, une chirurgie peut être indiquée. Un disque intervertébral abîmé peut aussi être retiré par chirurgie. On fusionne alors les vertèbres entre elles.

L’opinion de notre médecin

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La majorité des douleurs au cou, bien que parfois très souffrantes, sont habituellement sans gravité. Il est important de se rappeler que la pire erreur serait d’arrêter de bouger. La glace, les analgésiques et les exercices d’étirement vont aider à soulager la douleur.

Puisque les positions statiques causent souvent des douleurs au cou ou au-dessus des omoplates, il est bon de s’arrêter périodiquement et de prendre quelques secondes pour faire des exercices lorsqu’on travaille à l’ordinateur. En faisant des exercices dès qu’on sent un inconfort, on évite que les muscles deviennent trop tendus et difficiles à soulager par la suite.

Dre Susan Labrecque, M.D.

Révision médicale (juin 2009) : Dre Susan Labrecque, M.D., diplômée en médecine sportive,

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M.Sc. Kinanthropologie, Chaire Lucie et André Chagnon pour l'enseignement d'une approche intégrée en prévention, Université de Sherbrooke.

Approches complémentaires

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En traitementAcupuncture, chiropratique, ostéopathie

Massothérapie

Arnica, griffe du diable, menthe poivrée (huile essentielle), huile de millepertuis, saule blanc

Éducation somatique, techniques de relaxation

Acupuncture. Une méta-analyse rassemblant les résultats de dix essais cliniques contrôlés indique que l’acupuncture soulage les douleurs chroniques au cou8 de façon plus efficace qu’un traitement placebo. Les effets bénéfiques de l’acupuncture ont surtout été observés à court terme. On ne sait donc pas si ces effets persistent avec le temps. De plus, selon les auteurs de la méta-analyse, la qualité méthodologique des études est plutôt faible.

Chiropratique. De nombreuses études sur les effets de la manipulation cervicale ont été publiées. La mobilisation (mise en mouvement douce) et les manipulations cervicales réduiraient la douleur et l’incapacité fonctionnelle9. Toutefois, selon les auteurs de revues de littérature scientifique, le manque de qualité des études ne permet pas de conclure avec certitude à l’efficacité de la chiropratique dans le traitement des douleurs cervicales10-13. Mentionnons que l’approche chiropratique inclut des conseils sur l’ergonomie et la posture, et des exercices à pratiquer régulièrement pour prévenir et traiter le problème.

Ostéopathie. Quelques études indiquent que l’ostéopathie soulage des douleurs aiguës ou chroniques d’origines diverses14-21. À titre d’exemple, un essai clinique aléatoire, effectué auprès de 58 patients ayant mal au cou depuis moins de trois semaines, montre que cette approche pourrait être aussi efficace qu’un analgésique connu pour traiter une douleur musculosquelettique aiguë20. D’autres études indiquent que l’ostéopathie peut soulager les maux de tête21, et les douleurs du cou et du dos16. Cependant, des études plus rigoureuses et de plus grande envergure devront être réalisées pour valider ces résultats.

Massothérapie. Les études menées jusqu’à présent ne permettent pas de conclure à l’efficacité de la massothérapie pour ce qui est de soulager une douleur chronique au cou22,23.

Arnica (Arnica montana). La Commission E allemande a approuvé l’usage par voie externe de

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l’arnica dans le traitement des troubles musculaires et articulaires, entre autres. L’ESCOP reconnaît aussi que l’arnica soulage efficacement les douleurs causées par une entorse ou des rhumatismes.DosageConsulter notre fiche Arnica.

Griffe du diable (Harpagophytum procumbens). La Commission E allemande approuve l’usage de la racine de griffe du diable, par voie interne, dans le traitement des troubles dégénératifs du système locomoteur (squelette, muscles et articulations). L’ESCOP reconnaît également son efficacité dans le traitement de la douleur accompagnant l’arthrose. Plusieurs essais cliniques indiquent que des extraits de cette plante soulagent la douleur liée à l’arthrose et aux maux de dos (voir la fiche Griffe du diable). Cependant, aucune étude n’a été menée auprès de sujets ayant mal au cou. La griffe du diable réduirait la production de substances impliquées dans l’inflammation.DosagePrendre de 3 g à 6 g par jour de comprimés ou de capsules de poudre de racine de griffe du diable, en mangeant. On peut aussi consommer la griffe du diable sous forme d’extrait normalisé : prendre alors de 600 mg à 1 200 mg d’extrait par jour, en mangeant.Remarques- On trouve surtout la griffe du diable sous forme de capsules ou de comprimés de poudre de racine, habituellement normalisés à 3 % de gluco-iridoïdes, ou à 1,2 % à 2 % d’harpagoside.- On recommande de suivre ce traitement pendant au moins deux ou trois mois afin de profiter pleinement de ses effets.

Huile essentielle de menthe poivrée (Mentha x piperita). La Commission E, l’Organisation mondiale de la Santé et l’ESCOP reconnaissent que l’huile essentielle de menthe poivrée a plusieurs effets thérapeutiques. Prise par voie externe, elle contribue à soulager les douleurs musculaires, névralgiques (situées le long d’un nerf) ou rhumatismales.DosageFrictionner la partie atteinte avec une des préparations suivantes : - 2 ou 3 gouttes d’huile essentielle, pure ou diluée dans de l’huile végétale; - crème, huile ou onguent contenant de 5 % à 20 % d’huile essentielle; - teinture contenant de 5 % à 10 % d’huile essentielle.Répéter au besoin.

Huile de millepertuis (Hypericum perforatum). La Commission E reconnaît l’efficacité de l’huile de millepertuis, en usage externe, dans le traitement des douleurs musculaires. Les bienfaits de cette utilisation traditionnelle n’ont cependant pas été confirmés par des études scientifiques.DosageUtiliser une huile de millepertuis achetée dans le commerce ou faire macérer des fleurs de millepertuis dans une huile végétale (voir notre fiche Millepertuis dans la section Herbier médicinal).

Saule blanc (Salix alba). L’écorce du saule blanc renferme de la salicine, la molécule qui est à l’origine de l’acide acétylsalicylique (Aspirine®). Elle a des vertus analgésiques (qui atténuent ou suppriment la douleur) et anti-inflammatoires. La Commission E et l’ESCOP reconnaissent l’efficacité de l’écorce de saule dans le soulagement, par voie interne, de douleurs au cou causées par l’arthrose ou par une maladie rhumatismale. DosageConsulter notre fiche Saule blanc.

Éducation somatique. L’éducation somatique regroupe plusieurs approches visant à assurer une plus grande conscience corporelle et une plus grande aisance dans les mouvements. Certaines associations la recommandent pour soulager les douleurs chroniques : en effet, en pratique, cette approche a des bienfaits physiques et psychologiques25. L’éducation somatique peut aussi être utilisée de façon préventive. Elle aide notamment à avoir une meilleure posture et facilite la respiration. La gymnastique holistique de la Dre Ehrenfried, la technique Alexander et le

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Feldenkrais font partie des approches de l’éducation somatique.

Relaxation et détente. La respiration profonde ou la relaxation progressive aident énormément à relâcher les tensions musculaires24. Voir notre fiche Réponse de relaxation.

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Fasciite plantaire et épine de Lenoir

• Qu’est-ce que c’est? • Symptômes • Personnes à risque • Facteurs de risque • Prévention

• Traitements médicaux • L’opinion de notre médecin • Approches complémentaires • Références

La fasciite plantaire : qu’est-ce que c’est?

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La fasciite plantaire, aussi appelée aponévrosite plantaire, est une affection douloureuse du pied. On la définit comme une inflammation du fascia plantaire, l’enveloppe fibreuse du tendon qui forme la cambrure du pied (du latin fascia = bande). Le rôle du fascia plantaire consiste à soutenir et à protéger le tendon de la plante du pied.

Assez fréquente, la fasciite plantaire est la deuxième cause de douleur aux pieds chez les Canadiens. Ce sont les sportifs qui en sont le plus souvent atteints, car ils sollicitent fréquemment toutes les structures de leurs pieds.

Les personnes qui en ont souffert une fois conservent une fragilité. Elles ont donc intérêt à prévenir sa réapparition.

CausesLe plus souvent, les excès de charge ou d'étirements sont responsables de la fasciite plantaire. De petites déchirures se produisent alors dans le fascia plantaire. L'inflammation apparaît pour réparer la membrane fibreuse, mais cause aussi une douleur aiguë et persistante qui risque de produire d'autres dommages au pied.

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Les situations suivantes peuvent causer une fasciite plantaire.

• La pratique intensive de sports, en particulier la course à pied ou le jogging, le saut, les sports d'équipe (volley-ball, etc.), le ski, le tennis, la danse aérobique et l'entraînement sur un simulateur d'escalier.

• La marche ou la station debout prolongée sur des surfaces dures. • Les pieds creux ou les pieds plats. • Un coussin plantaire qui s’amincit avec l’âge. • Un déséquilibre biomécanique causé par un port de chaussures qui soutiennent mal la voûte

plantaire et le talon. C’est particulièrement le cas des chaussures dont les semelles ou les talons sont trop durs, ainsi que de celles dont les contreforts trop mous ne stabilisent pas suffisamment les talons durant la marche ou en station debout.

• L’obésité.

Par ailleurs, on sait que le vieillissement normal du fascia plantaire joue un rôle majeur. Celui-ci perd de sa souplesse avec l'âge. Il est donc plus susceptible de subir des déchirures.

Conséquences possiblesLorsque la fasciite plantaire est chronique, une épine de Lenoir peut apparaître (voir le schéma ci-dessus). Il s’agit d’une petite excroissance osseuse qui se forme à l’endroit où le fascia plantaire rejoint l’os du talon (le calcanéum). On l’appelle aussi épine calcanéenne ou exostose calcanéenne.

Environ la moitié des personnes qui souffrent d’une fasciite plantaire ont aussi une épine de Lenoir. Par ailleurs, on estime qu’environ 15 % des adultes au pays ont une épine de Lenoir sans avoir de douleur ou d’autres problèmes aux pieds.

Dans de très rares cas, l'épine de Lenoir forme une excroissance osseuse très large que l'on peut sentir sous la peau et qui crée une pression locale - au point d'ailleurs qu'il faille parfois en faire l'excision. Reste que le plus souvent, la douleur que l'on associait jadis à cette excroissance s'explique en réalité par l'inflammation du fascia qui a provoqué sa formation. Lorsque celle-ci est guérie, l'épine de Lenoir demeure, mais ne provoque aucune douleur.

Certaines complications peuvent provenir des traitements reçus. Par exemple, les injections de cortisone peuvent entraîner une rupture du fascia plantaire. La cambrure du pied s’affaisse. La douleur n'est plus ressentie au même endroit et avec la même intensité. Une orthèse plantaire est alors prescrite. De plus, une intervention chirurgicale pour traiter la fasciite plantaire peut entraîner de l'invalidité, mais dans de très rares cas seulement.

Symptômes de la fasciite plantaire

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• Une douleur, parfois forte, ou une sensibilité au talon. • Cette douleur se manifeste surtout le matin, au lever. La douleur peut disparaître pour

revenir ensuite après une période d'activité physique.

Personnes à risque

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• Les personnes qui ont les pieds plats ou les pieds creux.

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• Les personnes de 45 ans et plus (surtout les femmes). • Les femmes enceintes, en raison de leur poids accru. • Les personnes atteintes d’une maladie qui engendre des lésions inflammatoires et des

troubles aux pieds, notamment le diabète et la polyarthrite rhumatoïde.

Facteurs de risque

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• La pratique de certains sports, en particulier la course à pied et le jogging. • L’obésité. • Le port de chaussures inadaptées ou usées. • L’absence de période d'échauffement et d'étirement avant l'entraînement. • Un travail exigeant une station debout prolongée ou la manutention d’objets lourds.

Prévention de la fasciite plantaire

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Mesures préventives de base

Les conseils suivants permettront de prévenir l'apparition de la fasciite plantaire ainsi que sa récidive, de même que l'épine de Lenoir – ou épine calcanéenne - qui peut y être associée.

• Faire régulièrement des exercices d'assouplissement du tendon d'Achille ainsi que des muscles du mollet et du pied - peu importe que l'on pratique ou pas un sport exigeant.

• Être prudent en matière de pratique sportive. En plus d'avoir des chaussures adéquates, il est important de tenir compte des recommandations suivantes :- Faire des exercices d'étirement et d’échauffement avant toute activité physique un tant soit peu exigeante et prolongée.- Augmenter graduellement les distances lorsqu’on fait du jogging.- Éviter de courir longtemps sur des terrains en pente, sur des surfaces dures (asphalte) ou inégales. Préférer les chemins de terre battue.- Respecter son besoin de repos.

• Maintenir un poids santé pour éviter de surmener le fascia plantaire. • Porter des chaussures qui soutiennent bien la voûte plantaire et qui absorbent les chocs en

fonction du type de travail ou d'activité physique. Dans le cadre d’une enquête menée par l’American Orthopaedic Foot and Ankle Society, huit femmes sur dix ont affirmé avoir des douleurs aux pieds en raison de leurs chaussures1. Pour plus de confort, on peut insérer dans les chaussures une talonnette ou un coussinet en forme d'anneau pour protéger le talon, ou ajouter une semelle pour bien soutenir la voûte plantaire. On en trouve en pharmacie. On peut aussi se faire confectionner une semelle moulée sur mesure par un spécialiste du pied.

• Remplacer ses chaussures dès les premiers signes d'usure. Quant aux souliers de course, ils doivent être renouvelés après environ 800 kilomètres d'utilisation, car les coussinets s'usent.

• Éviter de se tenir trop longtemps debout, surtout si l'on porte des chaussures à semelles dures.

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Traitements médicaux de la fasciite plantaire

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Les traitements donnent presque toujours de bons résultats, mais cela peut prendre plusieurs mois avant de parvenir à une guérison complète.

Application de glaceAppliquer un sac de glace pour soulager l'inflammation durant 5 à 15 minutes. Éviter d'appliquer le sac directement sur la peau. S'installer pour que les pieds soient plus élevés que le corps. Le meilleur moment pour appliquer la glace est en fin de journée ou après une activité physique.

ExercicesL'omnipraticien, le podiatre (podologue) ou le physiothérapeute peuvent conseiller des exercices d’étirement du tendon d’Achille et du fascia plantaire, ce qui favorise à la fois la guérison et la prévention des récidives. En voici quelques-uns2 :

En position assise- Déposer un mouchoir en papier sur le plancher, puis le saisir avec les orteils. Faire cela plusieurs fois.- Placer une bouteille ou une balle de tennis sous la voûte plantaire. Une fois que la douleur a diminué, il s'agit de faire rouler une balle de golf directement sous le talon. - Passer une serviette sous le pied comme si on le tenait en écharpe, puis allonger la jambe tout en tenant solidement la serviette. Tirer sur la serviette pour ramener le pied vers soi, puis relâcher.

En position deboutS'installer debout en face d'un mur à une distance d'environ 60 cm. Puis poser la paume des mains contre le mur. Faire ensuite les deux exercices suivants l'un après l'autre et à plusieurs reprises :- Tout en fléchissant la jambe gauche vers l'avant, glisser le pied droit vers l'arrière en le gardant complètement au sol, sans lever le talon (Figure 1). Maintenir la position durant 30 à 60 secondes. Ensuite, alterner avec l'autre pied. - Plier le genou de manière à ce qu'il soit aligné avec les orteils afin de tendre le tendon d'Achille (Figure 2). Rester dans cette position durant 30 à 60 secondes.

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Médicaments

• Anti-inflammatoires non stéroïdiens classiques. L'aspirine ou l'ibuprofène (Advil®, Motrin®, Apo-Ibuprofen®, etc.) permettra de soulager temporairement la douleur.Important. On évitera de faire de l'exercice après avoir pris un anti-inflammatoire, car on risque de se blesser en forçant trop sous l'effet analgésique de ce type de médicaments.

• Injections de cortisone. Si les autres traitements ne s’avèrent pas efficaces, des injections de cortisone peuvent aider à réduire la douleur en réduisant l’inflammation. Ce traitement procure un soulagement sans toutefois garantir la guérison. Les injections peuvent être répétées, en respectant un intervalle d’au moins trois mois entre chacune d’entre elles. Bien que cela survienne rarement, l’injection peut causer des complications comme l’amincissement du coussinet graisseux qui protège le talon ou la rupture du fascia plantaire. C’est pourquoi on ne les utilise qu’après avoir tenté d’autres traitements.

Dispositifs de soutien• Attelle. Il existe des attelles spéciales qui se portent durant la nuit et qui servent à soutenir et

étirer le fascia plantaire. On peut aussi en porter une le jour; elle remplace alors le plâtre. • Plâtre. Parfois, on installe un plâtre durant quatre à six semaines pour forcer le repos du

fascia plantaire. • Bandage adhésif pour le sport. On peut soutenir la voûte plantaire avec ce type de

bandage, en particulier lorsqu'il s'agit de faire des étirements ou de continuer à faire de l'exercice tout en laissant reposer le fascia plantaire.

ChirurgiePour la fasciite plantaire comme pour l'épine de Lenoir, la chirurgie n’est utilisée qu'en dernier recours. Elle n’est envisagée qu’après 1 an de traitements sans soulagement.

La chirurgie consiste à sectionner partiellement le fascia plantaire à l’aide d’une incision, ce qui réduit la tension sur le fascia. Cette intervention est une réussite dans 95 % des cas. Mais, elle provoque souvent un affaissement de la cambrure du pied.

L'ablation de l'épine de Lenoir s'impose parfois lorsque celle-ci forme une excroissance osseuse très large qui crée une pression locale.

Conseils et soins à domicile

• Masser régulièrement le fascia plantaire pour l'assouplir, mais en évitant de le faire trop vigoureusement. Il faudra notamment pratiquer ce type de massage avant et après une activité physique exigeante.

• Quand la douleur apparaît, réduire l'intensité des activités physiques. Choisir des activités qui sollicitent peu la voûte plantaire, comme la natation, la musculation et la bicyclette (avec certaines réserves).

• En soirée, prendre un bain de pieds à l'eau tiède.

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• Éviter de marcher pieds nus tant que la douleur ne s'est pas complètement dissipée. Porter des pantoufles, par exemple, protège le talon.

L’opinion de notre médecin

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Lorsque j'annonce à un patient un diagnostic de fasciite plantaire, je lui dis souvent : j'ai une bonne nouvelle et une mauvaise nouvelle à vous annoncer. La bonne nouvelle est que la douleur disparaîtra. Elle disparaît en effet dans 90 % des cas. La mauvaise nouvelle : il faudra être patient! En général, la guérison se produit après 6 à 9 mois de traitements. Malheureusement, aucun traitement ne procure de résultat instantané.

J'ai tendance à recommander une injection à la cortisone seulement si un bon programme comprenant l’application de glace, des étirements, des médicaments anti-inflammatoires et parfois une orthèse plantaire n’améliore pas l’état. Je conseille de plus en plus le port d’orthèse durant la nuit.

Certains patients sont parfois très inquiets parce qu'ils ont entendu des « histoires d'horreur » à propos de l'épine de Lenoir. Il est bon de remettre les pendules à l'heure : la réalité est que la majorité des patients ira finalement bien. Aucun de mes patients depuis 25 ans n'a eu recours à une chirurgie, mais je n’hésiterais pas à la recommander au besoin.

Dr Dominic Larose, M.D.

Révision médicale (juillet 2007) : Dr Dominic Larose, M.D., Chaire Lucie et André Chagnon pour l'enseignement d'une approche intégrée en prévention, Université de Sherbrooke.Révision médicale (novembre 2005) : Dr Paul Lépine, M.D., D.O.

Approches complémentaires

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Ostéopathie. L'ostéopathie est surtout reconnue pour sa capacité à soigner les douleurs liées au système musculosquelettique. Cette forme de thérapie manuelle examine les dysfonctions par la palpation et des tests de mouvement afin de redonner une bonne motilité aux articulations, aux tissus et aux organes. D’après un essai clinique préliminaire ayant porté sur 20 personnes souffrant d’une fasciite plantaire, l’ostéopathie pourrait contribuer à réduire la douleur3. Cependant, l’effet analgésique ne persistait pas, et s’observait seulement tout juste après le traitement. Ce même type de manipulation s’était révélé utile pour soulager la tendinite d’Achille dans le cadre d’une autre étude4.

Acupuncture. L’acupuncture pourrait aider à soulager la douleur causée par l'épine de Lenoir, d’après le Dr Andrew Weil5.

Semelles magnétiques. Le Dr Andrew Weil rapporte que des semelles magnétiques, qui contiennent des aimants, semblent soulager certains patients5,6. Ce type de semelles s'utilise dans l'espoir de soulager l'arthrite, les maux de dos et d'autres douleurs. Toutefois, aucune étude n'a encore démontré leur efficacité.

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