Co C e MMa r ie RReine d de ss C Cœ urs - La Porte ?· puissante des cieux dépêcherait plutôt des…

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    Juillet-aot 2015 Fraternit Sacerdotale Saint-Pie X n 124

    Bulletin mensuel des membres de la Tradition catholique

    CCoonnffrrrriiee MMaarriiee RReeiinnee ddeess CCuurrss

    F.S.S.P.X. Le Moulin du Pin F - 53290 BEAUMONT-PIED-DE-BOEUF Grignion de Montfort et les saints anges gardiens

    Le mot de laumnier

    Chers membres et amis, La trs sainte Vierge Marie est la Reine des

    anges. Saint Louis-Marie Grignion de Montfort le proclame hautement : Marie commande dans les cieux sur les anges et les bienheureux Telle est la volont du Trs-Haut quIl a faite la Souveraine du ciel et de la terre 1

    Il voit, des yeux de la foi, ces cratures toutes spirituelles se prosterner aux pieds de Marie : Tous les anges dans les cieux lui crient incessamment, comme dit saint Bonaventure : Sancta, sancta, sancta Maria Dei Genitrix et Virgo ; et lui offrent millions de millions de fois tous les jours la Salutation des anges : Ave Maria, etc., en se prosternant devant elle et lui demandant pour grce de les honorer de quelques-uns de ses commandements. 2

    Il enseigne comment les anges sont au service de la Vierge. Marie conduit et dirige ses fidles es-claves en leur donnant de bons conseils ; si ce nest pas par elle-mme quelle leur donne ces conseils, cest par le ministre des anges, qui nont pas de plus grand honneur et plaisir que dobir quelquun de ses commandements pour descendre sur terre et secourir quelquun de ses serviteurs. 3

    Il considre encore Marie comme Gnrale des armes du Trs-Haut4 ; ses serviteurs peuvent compter sur elle : Cette bonne Mre et Princesse puissante des cieux dpcherait plutt des bataillons de millions danges pour secourir un de ses servi-teurs quil ft jamais dit quun fidle serviteur de Marie, qui sest confi en elle, a succomb la ma-lice, au nombre et la force de ses ennemis. 5

    Voici un exemple pratique de sa dvotion aux saints anges. En 1706, durant son retour de Rome, il demande lhospitalit un cur : Il salue le matre de cans et, dans la sainte audace de son esprit de foi, il se met genoux pour rciter un Ave Maria et loraison Visita, quaesumus, Domine habitationem istam. Cest--dire : Nous vous supplions, Sei- 1 Trait de la vraie dvotion la Sainte Vierge [VD], n 28. 2 VD 8. 3 VD 204. 4 VD 28. 5 VD 210.

    gneur, de visiter cette demeure, et den loigner toutes sortes dembuches de lennemi ; que vos saints anges y habitent afin de nous conserver en paix, et que votre bndiction soit sur nous. 6

    En 1711 La Rochelle, en raison de son zle, le missionnaire est le sujet dun phnomne surnatu-rel : Vers la fin de la mission quil prchait aux hommes, il devait se rendre un soir chez un sculp-teur qui il avait fait quelques commandes. Ayant t informs de son projet, les trois sires se postrent dans une ruelle obscure, troite et peu frquente, pour lui porter un mauvais coup. Au jour convenu, M. de Montfort, accompagn de M. des Bastires et de frre Mathurin, se dirigeait vers la maison du sculpteur quand, lentre de la ruelle, il sarrta soudain, se trouvant, disait-il, absolument incapable davancer. On dut faire un long dtour. Ni le Pre, ni ses compagnons ne comprirent ce phnomne. Quelques annes plus tard, M. des Bastires en eut lexplication. Dans une chambre de Poir-sur-Vie, en Vende, il surprit la conversation dun voyageur, ex-primant le regret davoir jadis manqu le mission-naire, aprs lavoir guett dans une rue de La Ro-chelle depuis sept heures du soir jusqu onze heures. 7 Cette protection mystrieuse nest-elle pas, tout simplement, le fruit dune intervention de son bon ange gardien ?

    Enfin, la dvotion du Pre Grignion lange gardien se manifeste encore dans le Testament spiri-tuel des Dispositions pour bien mourir : Je proteste votre divine Majest, en prsence du saint ange que vous mavez donn pour me garder, que je veux mourir dans la foi et les sentiments de lglise catho-lique, apostolique et romaine, dans lesquels tous vos saints et amis sont dcds. 8

    Avec une telle dvotion, il nest pas tonnant que Montfort ait clbr sa premire messe comme un ange lautel 9 !

    Abb Guy Castelain+ 6 Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, par le Pre Louis Le Crom [LC], Clovis, 2003, pp. 226-227. 7 LC, pp. 351-352. 8 Dispositions pour bien mourir, n 43, uvres compltes, Le Seuil, p. 1784. 9 Tmoignage de M. Blain, Abrg de la vie de Louis Marie Grignion de Mont-fort, p. 197 du manuscrit. Centre international montfortain, Rome, 1973, p. 107.

  • Prire lange gardien, en posie, par Montfort

    Pote, saint Louis-Marie de Montfort a trans-form sa prire lange gardien en pome :

    Saint ange, je vous remercie, De vos soins et de vos secours, Continuez-les moi, je vous prie, Pendant le reste de mes jours.

    Offrez au Seigneur mes prires, Conduisez-moi dans tous mes pas, Supportez-moi dans mes misres, Soutenez-moi dans mes combats.

    Tenez-moi toujours compagnie Pour surmonter mes ennemis, Afin quun jour, en lautre vie, Nous soyons pour jamais unis.

    Cantique n 70 du recueil du Pre Fradet, s.m.m.

    Lange gardien dans les lettres du Pre Grignion

    Saint Louis-Marie Grignion de Montfort ma-nifestait une grande dvotion aux anges gardiens, mais sa dvotion nallait pas seulement celui qui Dieu lavait Lui-mme confi. Elle sintressait aussi lange qui Dieu avait confi son prochain. Cest ce qui ressort de quelques pices de sa correspondance.

    Il termine une lettre de 1701 sa sur Guyonne-Jeanne, sa prfre quil appelait Louise, par ceci : Je salue votre bon ange gardien (Lettre [L] n 7, uvres Compltes [OC], p. 21). Mme conclusion la fin dune lettre du 3 octobre 1701 M. Leschassier, suprieur du Sminaire de Saint-Sulpice Paris (L 10, OC, p. 30). A lautomne 1702, il crit une autre lettre Guyonne-Jeanne qui vient de rentrer au noviciat de Rambervilliers en Lorraine. Il termine sa missive ain-si : Je salue votre ange gardien, qui est le seul qui fait le voyage avec vous (L 12, OC, p. 38).

    Enfin, il achve une lettre du 28 aot 1704 sa mre en ces termes : Je salue votre ange gar-dien et suis tout en Jsus et Marie ; Montfort, prtre et esclave indigne de Jsus vivant en Marie. (L 20, OC, p. 56).

    Le Trait de la vraie dvotion

    comment par le Pre Plessis, s.m.m.

    Comment lire le commentaire ? Suivre la correspon-dance des numros entre parenthses du Trait de la vraie dvotion la Sainte Vierge (cf. bulletin n 101). Rappel du plan (avec les numros du Trait) : Introduction (1-13). Partie I. De la vraie dvotion en gnral (14-119). Partie II. De la parfaite dvotion (120-273). Article I. Parfaite conscration Marie (121-125). I - tendue de la parfaite conscration Marie. A. Dtail de la conscration (121). B. Explications sur les bonnes uvres (122). II Cest la meilleure faon de se consacrer Jsus Lui-mme (123-125).

    Article I Parfaite conscration Marie

    gale parfaite conscration Jsus (121-125)

    II - Cest la meilleure faon

    de se consacrer Jsus Lui-mme

    Ceci est prouv dabord par ltendue de loffrande : Tout ce quon peut donner . Donc, il ny a absolument aucune rserve la donation.

    Cest prouv ensuite par la manire dont se fait cette offrande et qui est la plus parfaite, puisque cest par les mains de Marie . Ceci, si on considre la conscration du saint Esclavage en elle-mme.

    Si maintenant on la compare aux autres dvo-tions, celles-ci nexigent quune partie de notre temps, une partie de nos bonnes uvres, une partie de nos satisfactions : celle-l abandonne tout, jusquau droit de disposer des satisfactions gagnes par les bonnes uvres. Les congrgations et les ordres religieux obligent renoncer aux biens du monde par le vu de pauvret, aux biens du corps par le vu de clture. Mais aucune noblige sacri-fier le droit quon a de disposer de ses richesses spiri-tuelles. Cette dvotion exige le plus grand dtache-ment possible de ce que le chrtien a de plus prcieux et de plus cher : ses mrites et ses satisfactions*.

  • Ainsi, de toute faon, cette conscration Jsus par les mains de Marie est la plus parfaite de toutes les conscrations dont le Sauveur puisse tre le bnficiaire.

    Remarques 1 Cette conscration met lesclave damour

    dans limpossibilit de disposer de quoi que ce soit. Cependant, il peut et il doit sacquitter des obliga-tions de son tat, celles-ci comporteraient-elles lapplication de la valeur satisfactoire et imptratoire de ses bonnes uvres.

    Un prtre, par exemple, quil ait t ordonn avant ou aprs sa conscration Marie, est oblig par office dappliquer les fruits de la messe ceux qui lui en ont fait la demande et lui ont remis un honoraire. Il na pas sinquiter. Cette application est un acte de son ministre. Il ny a que lui qui puisse le formu-ler. Dit-il la messe aux intentions de la Sainte Vierge ? Il doit en appliquer les fruits aux intentions que Marie elle-mme dsire voir aboutir. Il ne peut laisser la Vierge, le soin de faire cette application, sous peine dinvalidit. Il ne fait donc cette offrande, comme dit le Pre de Montfort, que selon lordre de Dieu et les devoirs de son tat .

    2 La conscration du saint Esclavage sadresse tout ensemble la trs sainte Vierge et Jsus-Christ ; la trs sainte Vierge comme au moyen parfait, choisi par Jsus-Christ pour sunir nous et nous unir Lui ; Notre-Seigneur comme notre dernire fin, notre Rdempteur et notre Dieu. Il nest donc pas ncessaire de faire deux actes doffrande diffrents. Le mme inclut les deux points de vue. En ralit, la