Histoire de La Critique Litteraire

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  • Histoire de la critique littraireOn peut distinguer trois grandes tapes dans lhistoire de la critique littraire

    - Lge de la Rhtorique

    - LHistoire Littraire

    - La Nouvelle Critique

    Approche Rhtorique

    Lge de la rhtorique constitue les origines de la critique

    littraire. Elle dbute avec La Potique

    poursuit jusqu la fin du 18e

    succde au 19e sicle.

    1) Aristote Figure tutlaire de la pense occidentale, il a vcu de

    et constitue longtemps la grande rfrence des crivains et des

    critiques franais. Il tablit les lois qui rgissent la tragdie, des lois

    encore suivies par Racine par exemple.

    Autorit : il a une influence sur les cadres de lcriture occidentale.

    Thologie : nombres de thologiens comme Saint thomas dAquin

    sont trs aristotliciens, et suivent les rgles quil a

    La Potique (env. 340 av. JC.)La potique dAristote se prsente comme un re

    rdiges, de notes non dveloppe, qui sont en fait des notes des

    cours quil dispensait au Lyce

    laconiques, les dfinitions simples et trs claires, mais trs peu

    dveloppes.

    Aristote y professe un cours desthtique littraire.

    Il sattache a la dfinition des genres littraires, et ce a partir dexemples. Potique prend le

    sens de thorie littraire, loi dun genre.

    Il sinterroge sur ce qui fait lessence de la posie

    1 Le lyce doit son nom sa proximit avec le bois du

    lAcadmie de Platon, maitre, et mentor a qui Aristote soppose souvent, doit son nom sa proximit avec le

    un temple ddi Academos. 2 Qui tait LE genre littraire par excellence a cette poque, tandis que le

    considr. Le fait de ne pas avoir t considr par Aristote a dailleurs nuit au roman pendant de longs sicles.

    Cela dit, on peut noter que la situation sest inverse aujo

    1

    Histoire de la critique littraire On peut distinguer trois grandes tapes dans lhistoire de la critique littraire

    Lge de la Rhtorique, qui court dAristote la fine sicle

    LHistoire Littraire au 19e sicle

    La Nouvelle Critique partir de 1960

    Approche Rhtorique

    Lge de la rhtorique constitue les origines de la critique

    La Potique dAristote et se

    sicle. Lhistoire littraire lui

    la pense occidentale, il a vcu de 385-322 av. JC.

    et constitue longtemps la grande rfrence des crivains et des

    critiques franais. Il tablit les lois qui rgissent la tragdie, des lois

    encore suivies par Racine par exemple.

    luence sur les cadres de lcriture occidentale.

    nombres de thologiens comme Saint thomas dAquin

    sont trs aristotliciens, et suivent les rgles quil a dictes.

    (env. 340 av. JC.) se prsente comme un recueil de phrases

    rdiges, de notes non dveloppe, qui sont en fait des notes des

    cours quil dispensait au Lyce1, son institution. Les notes sont

    laconiques, les dfinitions simples et trs claires, mais trs peu

    s desthtique littraire.

    Il sattache a la dfinition des genres littraires, et ce a partir dexemples. Potique prend le

    sens de thorie littraire, loi dun genre.

    Il sinterroge sur ce qui fait lessence de la posie2

    t son nom sa proximit avec le bois du lykeion. On peut noter que de la mme manire, lAcadmie de Platon, maitre, et mentor a qui Aristote soppose souvent, doit son nom sa proximit avec le

    par excellence a cette poque, tandis que le roman tait minoritaire et peu

    considr. Le fait de ne pas avoir t considr par Aristote a dailleurs nuit au roman pendant de longs sicles.

    Cela dit, on peut noter que la situation sest inverse aujourdhui.

    FAILLOLE Roger,

    FUMAROL Marc, LAge de lEloquence.

    Documentation

    On peut distinguer trois grandes tapes dans lhistoire de la critique littraire

    sicle

    Il sattache a la dfinition des genres littraires, et ce a partir dexemples. Potique prend le

    On peut noter que de la mme manire,

    lAcadmie de Platon, maitre, et mentor a qui Aristote soppose souvent, doit son nom sa proximit avec le

    tait minoritaire et peu

    considr. Le fait de ne pas avoir t considr par Aristote a dailleurs nuit au roman pendant de longs sicles.

    ILLOLE Roger, La Critique, Colin.

    FUMAROL Marc, LAge de lEloquence.

    Documentation

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  • 2

    La pense dAristote est classificatoire.

    Il dcompose les genres, littrature et philosophie, etc.

    Il dcompose la littrature en genres, en sous genres, en catgories et sous catgories.

    Dtermine combien il y a de catgories dans la littrature.

    Il morcelle les uvres, les dcompose en lments constituants, dtermine quels lments

    sont bons, quels lments sont proscrire, quels lments sont la marque de tel genre, etc.

    La critique distingue les genres, et nonce leurs lois.

    A quel genre de posie on a affaire : pope ou autre. Est-ce une posie simple ou complexe.

    A quoi reconnat-on un personnage de tragdie.

    Quelles sont les tapes de la tragdie et leur droulement idal.

    Il se penche sur la tragdie. Mais il a du aussi se pencher sur la comdie dans le second livre

    qui a disparu la faveur du christianisme pour qui le rire est une manifestation du malin (cf.

    le Nom de la rose)

    Aristote part de la littrature qui existe et en induit le pourquoi des russites et des checs des

    auteurs. Il se base sur les tragiques grecs, Eschyle, Sophocle et Euripide. De leurs uvres il dduit

    logiquement les recettes qui permettent de sapprocher de luvre idale. Il va par exemple mettre

    en parallle les diffrents dnouements des tragdies, afin de dterminer combien de sortes de

    dnouements sont possibles, lesquels sont forts et lesquels sont faibles, quelles sont les rgles qui

    crent ces faiblesses.

    Lesthtique est lie la morale, do une certaine hirarchisation des genres littraires. Les uns sont

    nobles, les autres sont bas. On ne met pas la tragdie et la comdie sur le mme plan. Ce qui ne

    signifie quun genre est plus important quun autre, ce nest pas un jugement de valeur. Ce nest pas

    Aristote qui a supprim le livre II de la potique. Le bas et le laid sont lapanage de la comdie, qui

    fait limitation dhommes de qualit morale inferieure, non en tout espce de vices, mais dans le

    domaine du risible, lequel est une partie3 du laid. La tragdie de son cot fait limitation dhommes

    de hautes valeurs morales, dhommes meilleurs que nous.

    Ces classifications situent galement les spectateurs par rapport aux genres, ainsi la tragdie se place

    au dessus des spectateurs, tandis que la comdie se place sur le mme plan que le public.

    La critique juge : uvres russies/rates, prsentant des sentiments leves/bas instincts. Juger tout

    autant quexpliquer dun point de vue esthtique et moral. Ce sont les critiques des beauts et celles

    des laideurs. Une uvre rate est une uvre marque dun manquement aux lois du genre.

    La critique littraire nest pas encore spare de la grammaire dans lantiquit. Dans la potique, on

    passe de la dfinition des genres des considrations linguistiques sur les verbes, les dclinaisons,

    les fonctions du langage. Ltude grammaticale est consubstantielle la critique dans une dmarche

    qui prfigure dj la philologie4, qui envisage les uvres comme champ dobservation du langage.

    La rhtorique, cest aussi le pouvoir de la parole. Les coles de rhtoriques forment des politiciens et

    des avocats, de grands auteurs comme Cicron taient dailleurs avocat de mtier. Cette relation

    3 On voit ici ressurgir la notion de partie et de sous partie. Le risible, sous partie du laid, partie de la comdie.

    4 Dont la philologie romane est la descendance.

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    plaidoirie/uvre littraire donne ces uvres cette forme particulire du dbat judiciaire, forme

    que lon retrouve encore aujourdhui dans les dissertations et autres travaux, ainsi que dans les

    essais. Chez Euripide, les personnages qui prennent la parole sont des orateurs qui organisent leurs

    discours en parties, quils introduisent et prsente partie par partie avant de les dvelopper

    2) Le Moyen Age Il y a trs peu de critique au moyen ge. La raison en est que limprimerie nest pas encore inventes,

    et que de ce fait, les uvres ne sont pas encore fermement fixes et tablies. Dans la mesure o il

    peut y avoir autant de version dune uvre quil y a de codex, en faire la critique prsente un intrt

    assez limit.

    Par ailleurs, il ny a pas le concept de lindividualit de lartiste, pas de notion dauteur, ou duvre

    personnelle. Luvre existe en elle mme, elle est impersonnelle.

    Enfin, lrudition au moyen ge se mle la fantaisie potique, les critiques seraient assez peu

    rigoureuses.

    En revanche, le moyen ge voit lmergence de textes biographiques. Ces uvres nont videmment

    rien de commun avec les biographies actuelles. Ce sont les rcits des vies des hommes illustres et des

    hagiographies5, qui relatent leurs existences extraordinaires et les choses non moins fabuleuses qui

    leur sont advenus. On peut trouver dans le mme ordre dide des vies de troubadours, qui ne

    relatent videmment pas la gense des uvres de ces auteurs, mais l encore les vies hors du

    communs quils ont vcu.

    En fait, la critique au moyen ge se fait essentiellement par la transmission et la copie des uvres. Et

    cette transmission nest pas passive. Il y a un grand travail de comparaison des manuscrits par les

    moines copistes qui tablissent les textes. Les scoliastes6 font des scolies

    7. On aurait tort de

    dconsidrer