Histoire de La Critique Litteraire

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    24-Oct-2015

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<ul><li><p> Histoire de la critique littraireOn peut distinguer trois grandes tapes dans lhistoire de la critique littraire</p><p>- Lge de la Rhtorique</p><p>- LHistoire Littraire</p><p>- La Nouvelle Critique</p><p>Approche Rhtorique</p><p>Lge de la rhtorique constitue les origines de la critique </p><p>littraire. Elle dbute avec La Potique</p><p>poursuit jusqu la fin du 18e </p><p>succde au 19e sicle. </p><p>1) Aristote Figure tutlaire de la pense occidentale, il a vcu de </p><p>et constitue longtemps la grande rfrence des crivains et des </p><p>critiques franais. Il tablit les lois qui rgissent la tragdie, des lois </p><p>encore suivies par Racine par exemple.</p><p>Autorit : il a une influence sur les cadres de lcriture occidentale. </p><p>Thologie : nombres de thologiens comme Saint thomas dAquin </p><p>sont trs aristotliciens, et suivent les rgles quil a </p><p>La Potique (env. 340 av. JC.)La potique dAristote se prsente comme un re</p><p>rdiges, de notes non dveloppe, qui sont en fait des notes des </p><p>cours quil dispensait au Lyce</p><p>laconiques, les dfinitions simples et trs claires, mais trs peu </p><p>dveloppes. </p><p>Aristote y professe un cours desthtique littraire.</p><p> Il sattache a la dfinition des genres littraires, et ce a partir dexemples. Potique prend le </p><p>sens de thorie littraire, loi dun genre.</p><p> Il sinterroge sur ce qui fait lessence de la posie</p><p> 1 Le lyce doit son nom sa proximit avec le bois du </p><p>lAcadmie de Platon, maitre, et mentor a qui Aristote soppose souvent, doit son nom sa proximit avec le </p><p>un temple ddi Academos. 2 Qui tait LE genre littraire par excellence a cette poque, tandis que le </p><p>considr. Le fait de ne pas avoir t considr par Aristote a dailleurs nuit au roman pendant de longs sicles. </p><p>Cela dit, on peut noter que la situation sest inverse aujo</p><p>1 </p><p>Histoire de la critique littraire On peut distinguer trois grandes tapes dans lhistoire de la critique littraire</p><p>Lge de la Rhtorique, qui court dAristote la fine sicle</p><p>LHistoire Littraire au 19e sicle </p><p>La Nouvelle Critique partir de 1960 </p><p>Approche Rhtorique </p><p>Lge de la rhtorique constitue les origines de la critique </p><p>La Potique dAristote et se </p><p> sicle. Lhistoire littraire lui </p><p>la pense occidentale, il a vcu de 385-322 av. JC. </p><p>et constitue longtemps la grande rfrence des crivains et des </p><p>critiques franais. Il tablit les lois qui rgissent la tragdie, des lois </p><p>encore suivies par Racine par exemple. </p><p>luence sur les cadres de lcriture occidentale. </p><p>nombres de thologiens comme Saint thomas dAquin </p><p>sont trs aristotliciens, et suivent les rgles quil a dictes. </p><p>(env. 340 av. JC.) se prsente comme un recueil de phrases </p><p>rdiges, de notes non dveloppe, qui sont en fait des notes des </p><p>cours quil dispensait au Lyce1, son institution. Les notes sont </p><p>laconiques, les dfinitions simples et trs claires, mais trs peu </p><p>s desthtique littraire. </p><p>Il sattache a la dfinition des genres littraires, et ce a partir dexemples. Potique prend le </p><p>sens de thorie littraire, loi dun genre. </p><p>Il sinterroge sur ce qui fait lessence de la posie2 </p><p>t son nom sa proximit avec le bois du lykeion. On peut noter que de la mme manire, lAcadmie de Platon, maitre, et mentor a qui Aristote soppose souvent, doit son nom sa proximit avec le </p><p>par excellence a cette poque, tandis que le roman tait minoritaire et peu </p><p>considr. Le fait de ne pas avoir t considr par Aristote a dailleurs nuit au roman pendant de longs sicles. </p><p>Cela dit, on peut noter que la situation sest inverse aujourdhui. </p><p>FAILLOLE Roger, </p><p>FUMAROL Marc, LAge de lEloquence.</p><p>Documentation</p><p> On peut distinguer trois grandes tapes dans lhistoire de la critique littraire </p><p>sicle </p><p>Il sattache a la dfinition des genres littraires, et ce a partir dexemples. Potique prend le </p><p>On peut noter que de la mme manire, </p><p>lAcadmie de Platon, maitre, et mentor a qui Aristote soppose souvent, doit son nom sa proximit avec le </p><p> tait minoritaire et peu </p><p>considr. Le fait de ne pas avoir t considr par Aristote a dailleurs nuit au roman pendant de longs sicles. </p><p>ILLOLE Roger, La Critique, Colin. </p><p>FUMAROL Marc, LAge de lEloquence. </p><p>Documentation </p><p>*** </p></li><li><p> 2 </p><p>La pense dAristote est classificatoire. </p><p> Il dcompose les genres, littrature et philosophie, etc. </p><p> Il dcompose la littrature en genres, en sous genres, en catgories et sous catgories. </p><p>Dtermine combien il y a de catgories dans la littrature. </p><p> Il morcelle les uvres, les dcompose en lments constituants, dtermine quels lments </p><p>sont bons, quels lments sont proscrire, quels lments sont la marque de tel genre, etc. </p><p>La critique distingue les genres, et nonce leurs lois. </p><p> A quel genre de posie on a affaire : pope ou autre. Est-ce une posie simple ou complexe. </p><p> A quoi reconnat-on un personnage de tragdie. </p><p> Quelles sont les tapes de la tragdie et leur droulement idal. </p><p> Il se penche sur la tragdie. Mais il a du aussi se pencher sur la comdie dans le second livre </p><p>qui a disparu la faveur du christianisme pour qui le rire est une manifestation du malin (cf. </p><p>le Nom de la rose) </p><p>Aristote part de la littrature qui existe et en induit le pourquoi des russites et des checs des </p><p>auteurs. Il se base sur les tragiques grecs, Eschyle, Sophocle et Euripide. De leurs uvres il dduit </p><p>logiquement les recettes qui permettent de sapprocher de luvre idale. Il va par exemple mettre </p><p>en parallle les diffrents dnouements des tragdies, afin de dterminer combien de sortes de </p><p>dnouements sont possibles, lesquels sont forts et lesquels sont faibles, quelles sont les rgles qui </p><p>crent ces faiblesses. </p><p>Lesthtique est lie la morale, do une certaine hirarchisation des genres littraires. Les uns sont </p><p>nobles, les autres sont bas. On ne met pas la tragdie et la comdie sur le mme plan. Ce qui ne </p><p>signifie quun genre est plus important quun autre, ce nest pas un jugement de valeur. Ce nest pas </p><p>Aristote qui a supprim le livre II de la potique. Le bas et le laid sont lapanage de la comdie, qui </p><p>fait limitation dhommes de qualit morale inferieure, non en tout espce de vices, mais dans le </p><p>domaine du risible, lequel est une partie3 du laid. La tragdie de son cot fait limitation dhommes </p><p>de hautes valeurs morales, dhommes meilleurs que nous. </p><p>Ces classifications situent galement les spectateurs par rapport aux genres, ainsi la tragdie se place </p><p>au dessus des spectateurs, tandis que la comdie se place sur le mme plan que le public. </p><p>La critique juge : uvres russies/rates, prsentant des sentiments leves/bas instincts. Juger tout </p><p>autant quexpliquer dun point de vue esthtique et moral. Ce sont les critiques des beauts et celles </p><p>des laideurs. Une uvre rate est une uvre marque dun manquement aux lois du genre. </p><p>La critique littraire nest pas encore spare de la grammaire dans lantiquit. Dans la potique, on </p><p>passe de la dfinition des genres des considrations linguistiques sur les verbes, les dclinaisons, </p><p>les fonctions du langage. Ltude grammaticale est consubstantielle la critique dans une dmarche </p><p>qui prfigure dj la philologie4, qui envisage les uvres comme champ dobservation du langage. </p><p>La rhtorique, cest aussi le pouvoir de la parole. Les coles de rhtoriques forment des politiciens et </p><p>des avocats, de grands auteurs comme Cicron taient dailleurs avocat de mtier. Cette relation </p><p> 3 On voit ici ressurgir la notion de partie et de sous partie. Le risible, sous partie du laid, partie de la comdie. </p><p>4 Dont la philologie romane est la descendance. </p></li><li><p> 3 </p><p>plaidoirie/uvre littraire donne ces uvres cette forme particulire du dbat judiciaire, forme </p><p>que lon retrouve encore aujourdhui dans les dissertations et autres travaux, ainsi que dans les </p><p>essais. Chez Euripide, les personnages qui prennent la parole sont des orateurs qui organisent leurs </p><p>discours en parties, quils introduisent et prsente partie par partie avant de les dvelopper </p><p>2) Le Moyen Age Il y a trs peu de critique au moyen ge. La raison en est que limprimerie nest pas encore inventes, </p><p>et que de ce fait, les uvres ne sont pas encore fermement fixes et tablies. Dans la mesure o il </p><p>peut y avoir autant de version dune uvre quil y a de codex, en faire la critique prsente un intrt </p><p>assez limit. </p><p>Par ailleurs, il ny a pas le concept de lindividualit de lartiste, pas de notion dauteur, ou duvre </p><p>personnelle. Luvre existe en elle mme, elle est impersonnelle. </p><p>Enfin, lrudition au moyen ge se mle la fantaisie potique, les critiques seraient assez peu </p><p>rigoureuses. </p><p>En revanche, le moyen ge voit lmergence de textes biographiques. Ces uvres nont videmment </p><p>rien de commun avec les biographies actuelles. Ce sont les rcits des vies des hommes illustres et des </p><p>hagiographies5, qui relatent leurs existences extraordinaires et les choses non moins fabuleuses qui </p><p>leur sont advenus. On peut trouver dans le mme ordre dide des vies de troubadours, qui ne </p><p>relatent videmment pas la gense des uvres de ces auteurs, mais l encore les vies hors du </p><p>communs quils ont vcu. </p><p>En fait, la critique au moyen ge se fait essentiellement par la transmission et la copie des uvres. Et </p><p>cette transmission nest pas passive. Il y a un grand travail de comparaison des manuscrits par les </p><p>moines copistes qui tablissent les textes. Les scoliastes6 font des scolies</p><p>7. On aurait tort de </p><p>dconsidrer ces activits, car sans eux, les uvres antiques seraient perdues. </p><p>3) Le 16e sicle Les crises du 16</p><p>e sicle permettent la naissance dune critique littraire. A la renaissance, il y a la </p><p>redcouverte (toute relative puisque les moines copiste nont cesss de les copier) des textes de </p><p>lantiquit. Aristote, Cicron et son art dcrire (Orator et De Oratore), Quintilien (Linstitution </p><p>oratoire), et surtout LArt Potique dHorace dont les formules ont force de loi, tous ces auteurs ont </p><p>une grande influence sur les auteurs et les critiques du 16e. </p><p>Le second facteur de lessor de la critique est limprimerie, qui permet ltablissement et la diffusion </p><p>des textes, qui peuvent alors faire lobjet de commentaires sur une base solide. </p><p> 5 Rcits de la vie des saints. </p><p>6 Moine copistes </p><p>7 Notes marginales </p></li><li><p> 4 </p><p>Ecrivains </p><p>Critiques </p><p>Rgles </p><p>de lart </p><p>Public </p><p>Besoins </p><p>Le troisime facteur du dveloppement de la critique, cest que la langue franaise qui commence </p><p>dominer8. Il y a de ce fait un grand dveloppement de cours intellectuelles associes lexaltation de </p><p>lesprit national. </p><p> Art Potique Franais, de Thomas Sbillet </p><p> Dfense et illustration de la langue franaise de Joachim Du Bellay, premier manifeste </p><p>littraire, qui allie polmique et prsentation dun programme dogmatique : comparer les </p><p>uvres modernes en franais et celles de lantiquit. </p><p> Montaigne est un cas a part : il pratique une critique littraire mise au service dune qute de </p><p>soi. Si jtudie, je ny cherche que la science qui traite de la connaissance de moi mme. </p><p>4) La critique au 17e sicle. La critique du 17</p><p>e un statut particulier, puisquelle </p><p>se place dans un rle dintermdiaire entre les </p><p>uvres et le public. </p><p>La critique reflux vers les crivains pour les avertir </p><p>des rgles de lart, et des besoins du public. </p><p>Dun autre ct, la critique se tourne vers le public </p><p>afin de tenir deux rles. </p><p> Trier les uvres pour proposer au public des </p><p>uvres de valeurs. </p><p> Dans un second temps, par son jugement clair sur les uvres et la lumire des rgles, la </p><p>critique se doit dduquer le bon got du public. </p><p>Malherbe A la fois critique et pote, bien que la postrit ne retienne de lui que le critique codificateur, son </p><p>uvre principale, qui contient toute sa doctrine se trouve dans les notes marginales dun recueil de </p><p>Desportes (pote tardif de la pliade.) Cette critique est la premire uvre critique en tant que telle. </p><p>En 1636-1637, le Cid est prsent, ce qui donne lieu une cabale de la part de lAcadmie9. Elle suit </p><p>pour ce faire la mme dmarche que Malherbe : une critique du dtail, pas pas, scne par scne </p><p>pour en signaler les dfauts. Pas de vision globale, de vue densemble des thories de la cration </p><p>littraire ou de la dramaturgie. Ils suivent le Cid, rplique par rplique. </p><p>La critique blme et censure. Son but est de susciter des uvres meilleures. La critique met des </p><p>avertissements et des avis, montre ce qui ne va pas pour faire avancer lauteur. </p><p>Cest lide quil existe une perfection vers laquelle une uvre doit tendre. Pour Aristote, la </p><p>perfection rsidait dans le respect de toutes les lois de la cration, duvres constitues du nombre </p><p>idal de partie, etc. Le 17e ajoute un critre. Outre suivre les rgles, luvre doit aussi faire </p><p>lunanimit, exigence classique de luniversalit. </p><p> 8 Dans une certaine classe de la population, mais jimagine que ce genre de considrations natteignent pas </p><p>notre trs rtrograde professeur. Le fait que le franais ntait pas parl par la plus grande partie des franais </p><p>au dbut du 20e ne lui est sans doute jamais venu aux oreilles. </p><p>9LAcadmie Franaise, fonde par Richelieu alors deux ans dge, et elle est dj rtrograde </p></li><li><p> 5 </p><p>Le 17e sicle mle esthtique et morale. Pour Boileau, la perfection repose sur le rapport entre le vrai </p><p>de la forme et la justesse de lexpression. Si une pense est juste, on peut la formuler bien. </p><p>Cette perfection sobtient par une intuition claire par les rgles de lart, intuition rationnelle de la </p><p>beaut. Cest vrai aussi pour le critique. Le critique doit faire preuve de discernement. </p><p> Il doit disposer de dispositions naturelles : le sens naturellement droit. </p><p> Doit avoir fait des tudes compltes : un grand commerce avec les bons auteurs de lantiquit. </p><p> Lamour du bien moral. </p><p>Les jugements de la critique ne peuvent tre confirms que par la postrit, vritable sanction des </p><p>uvres, et prolongement dans le temps de la notion duniversalit. </p><p>-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- </p><p>Critique Mondaine On voit apparatre au 17</p><p>e sicle une forme particulire de critique : la critique mondaine, une critique </p><p>de discutions collective et donc emprunte doralit. Elles fleurissent notamment lHtel de </p><p>Rambouillet ou lon discute desthtique littraire autour de Clves de Madeleine de Scudry. Mme </p><p> lcrit, cette critique garde une forme orale, et elle sexerce sous la forme de critique pistolaire. </p><p>Guez de Balzac et Voiture ont utilis cette forme de critique. </p><p>Cette critique vient temprer ce que eut avoir de rigide la </p><p>critique dogmatique aristotlicienne. Plus modre, elle </p><p>entretient une certaine mfiance lgard du critique trop </p><p>professionnel, car ayant un point de vue purement technique, et </p><p>non de got. On cherche les lois du beau langage et du gout, on </p><p>observe ce qui plais (naturellement) et ce qui doit plaire. </p><p>La critique de discussion est utilise tout au long de lge </p><p>classique. On la retrouve chez Molire en 1663 dans la critique </p><p>de LEcole des femmes, mais aussi chez La Fontaine en 1669 dans </p><p>Les Amours de Psych et de Cupidon, qui suscite un discours </p><p>dveloppant un parallle entre la tragdie et la comdie. </p><p>Le critique se fait le porte-parole de la meilleure partie du public10</p><p>. </p><p>Boileau publie en 1701...</p></li></ul>