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19 18 Jean-Pierre ARCILE « Dessiner ou peindre, oblige à disséquer le motif, en comprendre l’ordonnancement, tout en tenant compte de l’éclairage qui lui donnera vie et transmera l’émotion que l’artiste tente de partager de cet instant privilégié et intime avec son modèle. Le lioral, lieu de transition entre deux mondes complémentaires et dont la frontière crée des occasions uniques où matières et couleurs ne cessent de m’airer. Sur les hauteurs d’Avranches et ses abords, ce singulier lioral est omniprésent. Bien sûr le regard est inexorablement airé par «le Mont» et son environnement qui ne cessent de jouer avec la lumière. Mais au-delà de cet estwran démesuré, les paysages alentour offrent une diversité de points de vue sur ces grandes étendues marines dont l’éclairage ne cesse de varier d’un point de vue à un autre et d’un instant à l’autre. L’habitat s’y est développé et s’organise pour se protéger des ferveurs de la mer en empruntant au terroir ses principaux matériaux. J’ai été tout autant airé par ces immenses paysages que par les constructions édifiées à l’aide de matériaux sobres et rustiques, à l’image de cet environnement au caractère marqué. Que ce soit dans l’environnement ou dans les détails architecturaux, la sobriété est de mise mais elle a su me surprendre en s’exposant aux singuliers éclairages de la baie. » Jean-Pierre Arcile Jean-Pierre Arcile Le Mont-Saint-Michel, vue depuis le Gué de l’Épine Huile sur toile 00 x 00 cm

Jean-Pierre ARCILE

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Jean-Pierre ARCILE
« Dessiner ou peindre, oblige à disséquer le motif, en comprendre l’ordonnancement, tout en tenant compte de l’éclairage qui lui donnera vie et transmera l’émotion que l’artiste tente de partager de cet instant privilégié et intime avec son modèle. Le lioral, lieu de transition entre deux mondes complémentaires et dont la frontière crée des occasions uniques où matières et couleurs ne cessent de m’airer. Sur les hauteurs d’Avranches et ses abords, ce singulier lioral est omniprésent. Bien sûr le regard est inexorablement airé par «le Mont» et son environnement qui ne cessent de jouer avec la lumière. Mais au-delà de cet estwran démesuré, les paysages alentour offrent une diversité de points de vue sur ces grandes étendues marines dont l’éclairage ne cesse de varier d’un point de vue à un autre et d’un instant à l’autre. L’habitat s’y est développé et s’organise pour se protéger des ferveurs de la mer en empruntant au terroir ses principaux matériaux. J’ai été tout autant airé par ces immenses paysages que par les constructions édifiées à l’aide de matériaux sobres et rustiques, à l’image de cet environnement au caractère marqué. Que ce soit dans l’environnement ou dans les détails architecturaux, la sobriété est de mise mais elle a su me surprendre en s’exposant aux singuliers éclairages de la baie. »
Jean-Pierre Arcile
Jean-Pierre Arcile Le Mont-Saint-Michel, vue depuis le Gué de l’Épine
Huile sur toile 00 x 00 cm
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Huile sur toile 65 x 50 cm
Biographie
Jean-Pierre Arcile est né en 1953 dans la Sarthe. Il est nommé Peintre ociel de la Marine en 2012.
« Dès l’enfance, l’art du trait et les couleurs ont fait partie de l’univers de Jean-Pierre Arcile. De là à imaginer devenir peintre, il y avait un océan d’incertitudes que Jean-Pierre a su maîtriser, grâce à un parcours fort peu conventionnel.
« Une formation artistique à la sauvette », confesse Jean- Pierre ; « je suis passé à côté de certaines choses et ne suis qu’un dessinateur, qui met de la couleur».
Balivernes ! Bien au-delà de toute académie, Jean-Pierre a su apprendre son métier en solitaire ; en déambulant sur le rivage ou en prenant la mer avec, comme seuls compagnons, des crayons et des feuilles blanches. Des images et des pages qu’il résume en carnets de voyages, fortes d’émotions captées. Minuscules tanagras, ces œuvres racontent les errances et les coups de cœur de l’artiste, sur le motif. En une minuscule vignette, tout est dit.
Mais, revenu dans la « maison de poupée » qui lui sert d’atelier à l’île aux Moines, Jean-Pierre Arcile continue sa quête face à des toiles qui amplifient encore la magie de ses découvertes …
La mer pour Jean-Pierre Arcile ? Certes un lieu de bonheur estival pour les terriens mais, plus encore, un univers de travail et de solidarités. Comme celles qu’il a su nouer avec les travailleurs de la mer : dans les îles du Ponant, dans les sociétés de remorquage, ou avec les pilotes des stations de la Loire et du Havre.
Des œuvres intimistes qui traduisent sa vraie complicité avec la mer et ceux qui la font vivre. »
Sylvie David-Rivérieulx
Page 22 Le prieuré de Saint-Léonard à Vains (50). Huile sur toile 65 x 50 cm
Page 23 L’église du Val-Saint-Père (50) Huile sur toile 61 x 46 cm
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Anne SMITH
« Aux herbus, un Mont-boulee d’Avesnes, servi sur une baie-assiee grise est en train de naître sous mes pinceaux. Je regarde mon tableau, consternée, cee toile n’exprime ni la beauté, ni le mystère du lieu. L’Échec ! Navrée, je m’allonge entre les moutons, paralysée par l’immensité de cee tâche : peindre la Baie du Mont-Saint-Michel ?! Il me faut plus de panache ou la force d’un révolutionnaire afin de la capturer. Les alouees lancent leur chant d’or liquide vers le ciel. Je pense : Le Mont est aussi insaisissable que l’éblouissante ascension des oiseaux… Il faut, comme eux, que je me libère de la tangue. Au Scriptorial, un pèlerin sculpté dans la pierre me fascine. Il ne marche pas seul, il y a une petite main d’enfant agrippée à la sienne. On y lit sa parenté avec celle de cet homme ciselé au e siècle, la petite main pendue à son pouce est certainement celle de son enfant. Calmement, avec foi, l’homme marche tenant cee main… Tristement, c’est tout ce qui reste de son enfant ! La tête, le corps, les pieds, tout a disparu. Calmement, le pèlerin continue son chemin, que faire d’autre ? Je compatis, ma vie d’artiste est semblable. Je navigue agrippant la main d’une muse-enfant pendant que son corps s’évanouit ! Peut-être, comme ce pèlerin faut-il regarder devant et conserver ce qui nous reste. Calmement. Avranches la compacte est bonne gardienne des anciens temps. Cee ville grouillait de vie bien longtemps avant que saint Michel ne cherche le porteur de sa volonté. Ce matin j’inspecte l’endroit où l’on peut en trouver des preuves, avec l’animation de la ville actuelle en plus-value. Ma toile est grande, je n’ai heureusement pas besoin de la porter longtemps. L’endroit idéal pointé entre les doigts des cinq routes convergentes en étoile vers le centre-ville : le rond-point de la mairie. Devant une librairie, un triangle de trooir embelli d’un banc public m’offre un refuge contre piétons et voitures. Les terrasses de bars et restaurants m’assurant que je n’aurai ni soif, ni faim sur le chemin des couleurs… En bon pèlerin, je me mets en route. »
Anne Smith
Anne Smith est née à Londres en 1959.
Peintre française, elle vit et travaille en Bretagne.
Elle est Peintre ocielle de la Marine titulaire depuis 2005.
Anne Smith Transhumance à Ardevon
Technique 00 x 00 cm
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Éric BARI
« La ville nous reçoit et nous expose. Je voulais d’abord découvrir Avranches, marcher dans les rues, regarder depuis la ville, les points de vue intérieurs et extérieurs. Je voulais voir, m’imprégner et ressentir afin de trouver une cohérence à ce que j’allais faire. Mon implication dans ce projet devait avoir du sens et les moyens artistiques mis en œuvre devaient être en correspondance avec mon ressenti car je ne voulais pas une démarche convenue, automatique. La vue depuis le donjon offrait un panorama sur une grande partie de la ville comme un résumé du lieu ; je l’ai trouvée très belle. La forme des habitations, les toits, la lumière changeant au fil des heures et des jours révélaient une vision picturale figurative et abstraite, organisée et ressentie. C’est pourquoi j’ai décidé de me concentrer sur cee réalité emblématique aux solutions artistiques multiples. »
Éric Bari
Éric Bari, Avranches depuis le donjon, Eau forte et aquatinte 21 x 15 cm
Avranches depuis le donjon, 1er Jour Technique 00 x 00 cm
Avranches depuis le donjon, 2e Jour Technique 00 x 00 cm
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« Peintre d’une très grande technicité, il sait manier magistralement brosses et pinceaux pour nourrir sa toile et obtenir, dans l’onctuosité de la pâte, des effets d’ombre et de lumière saisissants. Ses portraits nous bouleversent par leur vérité et la profondeur du regard qui semble nous interpeller et nous interroger sur le sens du présent de la vie et de ce qui nous est réservé pour l’avenir. Dès lors, nous ne pouvons nous empêcher de penser aux œuvres intemporelles et éternelles d’un Greco qui entraînent en nous des résonances mystiques et artistiques indéfectibles. Mais Éric Bari est aussi un témoin de son temps et un artiste de son temps. Il sait regarder ses contemporains et se servir des supports et des progrès de la chimie d’aujourd’hui, utilisant, à bon escient, la gamme étendue des pigments les plus divers des palees actuelles. Éric Bari est un beau peintre qui, sans renier le passé dans ses mille facees, nous offre une œuvre qui reste et restera un témoignage incontournable de notre époque. »
Philippe Lejeune
Biographie
Éric Bari est né en 1963, il est diplômé de l’École supérieure des arts appliqués Duperré.
Il a suivi des cours de fresque traditionnelle aux Beaux-Arts de Paris et a été l’élève de Philippe Lejeune à Étampes.
Remarqué dès 1987 à Paris et en province, il a obtenu de nombreux prix, tels que le Grand Prix Couderc et le Prix Rugale Michaïlov à la Fondation Taylor ainsi que le Prix André et Berthe Nouªard à la Fondation de France.
Il a été nommé Peintre ociel des armées de Terre, de l’Air et de l’Espace, et de la Marine.
Sa participation régulière à des salons de peinture s’est vue récompensée plusieurs fois (Prix de la jeune peinture à Colombes, Prix du Lions Club, médaille de bronze puis d’or au Salon de la Marine, Prix du ministre de la Défense, Prix de la Cité des Sciences et de l’Industrie, Prix du conseil régional à Chartres…).
Il expose dans des galeries en province, à Paris, aux Pays-Bas et dans des musées en France. Ses toiles font partie de collections privées et publiques.
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Bertrand DE MIOLLIS
« La ville d’Avranches m’a beaucoup inspiré. En déambulant dans ses rues, je fus saisi par le romantisme qui s’en dégage et les dessins puissants et mystérieux de Victor Hugo me sont venus à l’esprit. À l’atelier, en peignant mon grand format La Présence, j’ai eu envie de proposer une rencontre nocturne quasi irréelle et très énigmatique au cœur de la ville. Une silhouee (une femme, un moine sorti de l’histoire ?) apparaît dans un halo de lumière sous une maison (notre atelier !) coincée entre deux sombres cyprès. Quel secret cache-t-elle ? Fuit-elle ou vient-elle vers nous ? Mystère ! »
Bertrand de Miollis
Huile sur toile 21 x 15 cm
Biographie
Bertrand de Miollis est un peintre en mouvement.
Dès 2002, peintre aventurier, Bertrand de Miollis se lance dans de nombreux voyages sur les mers et le plus souvent à moto (Transchilienne, Paris-Kaboul à moto, tour d’Afrique en bateau, tour du lac Baïkal en side-car par voie de glace). En Irak et en Afghanistan, il accompagne les troupes françaises et britanniques et pose son regard sensible et humain sur la dicile réalité de la guerre. Ses carnets de voyages frais et colorés trouvent place dans la presse, l’édition et la télévision. Ses peintures sont exposées en galerie.
Curieux des grands espaces, Bertrand de Miollis aime aussi le voyage immobile pour découvrir des univers et des disciplines. Ainsi peint-il sur le polo (2008), l’art lyrique auprès du chef d’orchestre John Eliott Gardiner (2010) ou encore le ballet (un an en résidence auprès des danseurs de l’Opéra de Paris en 2013). Chaque « immersion » donne lieu à une exposition.
L’explosion du digital o²re à Bertrand de Miollis un nouveau terrain de jeu. Il y découvre de nouveaux outils ainsi qu’une façon inédite de rentrer en contact avec son public. Passionné par le mariage art/nouvelles technologies, il multiplie les performances et voyage dans le monde entier.
Tous ces voyages et tous ces outils donnent à sa peinture une réelle sensibilité et un côté intemporel très en phase avec notre époque.
Membre de la Fondation Taylor, il est nommé Peintre ociel de la Marine en 2018.
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Bertrand De Miollis, Avranches. Ombres et lumières 2, Huile sur toile 21 x 15 cm Bertrand De Miollis, Avranches. Carolles plage 1, Huile sur toile 21 x 15 cm Bertrand De Miollis, Avranches. Carolles plage 2, Huile sur toile 21 x 15 cmBertrand De Miollis, Avranches. Ombres et lumières 1, Huile sur toile 21 x 15 cm
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Bertrand De Miollis, Avranches. La sentinelle, Huile sur toile 21 x 15 cm Bertrand De Miollis, La Présence, Huile sur toile 21 x 15 cm Bertrand De Miollis, Avranches, Cancale au petit matin, Huile sur toile 21 x 15 cm
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Jacques COQUILLAY
« Pour un artiste qui s’installe devant le Mont, comment peindre sérieusement dans cee marée humaine ! Nous irons donc plus loin vers Avranches où nous fûmes reçus avec tant de gentillesse dans cee extraordinaire baie avec une multitude de points de vue magnifiques, de belles lumières et un ciel bleu où roulent de superbes nuages blancs. Que de bons souvenirs ! »
Jacques Coquillay
Jacques Coquillay, Titre, Huile sur toile 00 x 00 cm
Jacques Coquillay, Titre,
Biographie
Jacques Coquillay est né le 3 juin 1935.
Il est élève des Beaux-Arts de Tours, puis élève de Marcel Gimond à l’école des Beaux-Arts de Paris.
Il est lauréat de l’Institut et reçoit le Prix Signature en 1970.
Jacques s’intéresse au pastel et, dès cette époque, il fait parallèlement à la sculpture une carrière de pastelliste.
Il reçoit la médaille d’or de sculpture en 1972 aux Artistes Français, et le jury des peintres l’honore de la médaille d’or de peinture en 1980. Sociétaire du Salon d’automne, des salons Comparaisons et Peintres témoins de leur temps, et du Salon du dessin et de la peinture à l’eau, il est élu vice-président de la Société des Artistes Français de 1983 à 1991.
En 1992 au Grand Palais a lieu la rétrospective de ses œuvres au Salon d’automne.
Ses pastels sont présents dans de nombreuses collections en France et à l’étranger.
Il est nommé Peintre ociel de la Marine en mars 1995.
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Jacques Coquillay, Titre, Huile sur toile 00 x 00 cmJacques Coquillay, Titre, Huile sur toile 00 x 00 cm
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Olivier Desvaux Huile sur toile 195 x 130 cm
Olivier Desvaux, Vue sur la baie, Huile sur toile 92 x 65 cm
Olivier DESVAUX
« J’ai été marqué par la hauteur de la ville d’Avranches, sa domination sur la campagne et la baie. Les premiers plans contrastant avec les seconds plans de la campagne lointaine m’ont particulièrement inspiré. Toutes ses habitations sont des éclats de lumière dans le paysage, elles deviennent des amers, signalant la présence de la terre. Au sommet du Scriptorial, j’ai eu l’impression de dominer la campagne comme à bord d’une montgolfière. Peignant au square Thomas Becket, je me suis imaginé sur la proue d’un navire à l’approche du Mont Saint-Michel. » Olivier Desvaux
Biographie
Olivier Desvaux est né le 12 mai 1982 à Rouen. Après une année en arts appliqués à l’école Estienne à Paris, Olivier entre à l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs de Paris. Il sort diplômé en 2006. Olivier est membre de la Fondation Taylor. Il est nommé en 2018 Peintre ociel de la Marine.
Distinctions Prix Albert Maignan, Fondation Taylor, 2017 Premier Prix Paliss’art 2015 Premier Prix du concours de peinture en plein air organisé par France Galop à l’hippodrome de Deauville en 2006 et en 2007
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Olivier Desvaux, Fenêtre sur la baie, Huile sur toile 65 x 50 cm Olivier Desvaux, étude, la gendarmerie du Mont-Saint-Michel, Huile sur toile 24 x 19 cm
Olivier Desvaux, La traversée, Huile sur toile 85 x 54 cm
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« Ma fascination pour la nature et la lumière m’a conduit naturellement vers la peinture. Je suis parti à la conquête de la peinture en plein air. J’ai voyagé à travers le monde avec mon chevalet, je me suis immergé dans différents univers. J’ai suivi en peinture des événements sportifs (courses de voiles, tournois de polo…) et des performances artistiques (concerts de musique classique, ballets de l’Opéra Garnier…). La peinture est une expérience avec le vivant. J’ai besoin d’avoir cet échange intime avec mon sujet pour mieux le peindre et exprimer avec sincérité mon ressenti. J’ai une approche contemplative et optimiste du monde, je souhaite partager une certaine poésie de la lumière. »
Olivier Desvaux
Olivier Desvaux, Étude, Carolles, Huile sur toile 27 x 19 cm Olivier Desvaux, Étude, les cabine de Carolles, Huile sur toile 27 x 19 cm
Olivier Desvaux, Étude, Le-Vivier-sur-Mer, Huile sur toile 35 x 24 cm
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Olivier Desvaux, Étude Avranches, Huile sur toile 27 x 19 cm
Olivier Desvaux, Étude, Place Jean de Saint Avit, Huile sur toile 27 x 19 cm Olivier Desvaux, Étude, Cancale, Huile sur toile 35 x 27 cm
Olivier Desvaux, Les hauteurs d’Avranches, Huile sur toile 81 x 54 cm
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Hélène LEGRAND
« AVRANCHES m’était inconnue. Peintre officielle de la Marine depuis peu, c’était le lieu de ma première escale. Le «BIENVENUE» dans une ville, lorsqu’il prend véritablement forme, au lieu de rester un mot de simple convenance, confère aux liens que l’on tissera avec elle, une couleur de douceur et de réassurance. Ce fut le cas lors de cee escale où l’accueil, la délicatesse et l’écoute aentive de chaque acteur de ce projet étaient au rendez-vous. On n’est jamais «nulle part» quand on y est aendu, et tout dans ce séjour si bien pensé était propice à libérer un espace privilégié de créativité. Si, à Carolles, j’ai pu découvrir des premiers contreforts de la mer et la liquide mobilité de sa lumière, ce sont mes haltes au Scriptorial et mes promenades en ville qui ont aussi fécondé mon travail : une surprise car j’avais jusque-là peu représenté ce qu’il y a d’urbain. »
Hélène Legrand
Hélène Legrand Au cœur battant d’Avranches, huile sur toile 100 x 80 cm
Biographie
l’université de Paris 1. Son travail est ensuite marqué par la pensée de Claude Lévi-Strauss et par la phénoménologie.
Ses œuvres sont fréquemment exposées dans des musées et des galeries, de Paris à La Haye. En 2009, la ville de Saint-Germain- en-Laye lui consacre une exposition personnelle rétrospective au Manège royal.
En 2016, elle reçoit le Prix Baron au Salon national des artistes animaliers. Elle est nommée Peintre de la Marine en 2018, et entre ainsi dans le cercle des cinq femmes qui ont reçu cette distinction.
« Fille de peintre, j’ai reçu de mon père, en plus de la peinture, son amour de la nature et de la mer. Après des études universitaires, j’ai mené, en plus de mon chemin de peintre, une carrière d’enseignante et fondé mon école. La transmission, quand elle nous est possible et quelle qu’en soit la teneur, m’apparaît une mission confiée à chacun de nous. Mais en ces temps difficiles pour la peinture dite traditionnelle dont la prétendue obsolescence est désormais un lieu commun de la pensée, une biographie ne peut suffire. Être Peintre officielle de la Marine en regard de l’histoire de l’art est certes un honneur mais surtout un engagement pour une conception assumée de la peinture. En possession d’un métier, au-delà du style de chacun, transmere la tradition d’une peinture qui sauvegarde les données du réel et DONNE à VOIR… ce que l’autre pris dans le flux de son existence n’a pas eu le temps de regarder. »
Hélène Legrand
Huile sur toile 61 x 46 cm