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1 Études de cas complémentaires Études de cas complémentaires Ces études de cas sont issues de l’expérience de la traductrice, Gladys Mignet. Elle travaille dans un service d’accompagnement à la vie sociale (SAVS), qui accompagne, dans leur maintien à domicile, des adultes présentant une ou des déficiences motrices, avec ou non des troubles associés. L’équipe comporte éga- lement une assistante de service social, une éducatrice spécialisée et une psychologue. Le rôle de l’ergo- thérapeute dans ce service est principalement d’évaluer la situation globale de la personne et de mettre en place des compensations du handicap (qu’elles soient techniques, matérielles ou humaines) pour maintenir ou pour permettre la participation de la personne dans les activités qui sont importantes pour elle. Pour chaque nouvel usager accompagné, parallèlement aux autres professionnels du SAVS, l’ergothé- rapeute réalise une évaluation (une à trois rencontres). À la fin de cette période d’évaluation, le MOHOST peut être réalisé lorsque la participation de la personne semble influencée de façon multifactorielle, et que ces facteurs ne sont pas a priori évidents, mais aussi lorsque la situation nécessite une mise à dis- tance… Les résultats du MOHOST ne sont pas communiqués directement à l’équipe, mais l’analyse qui en ressort peut être partagée. Étude de cas n° 1 : Madame A Madame A. a 57 ans. Elle est mariée et a trois enfants. Elle est atteinte d’une sclérose en plaque diagnos- tiquée il y a une trentaine d’années. Elle était juriste, mais a dû quitter son emploi quelques années après le diagnostic. Elle a été orientée vers le SAVS par la Maison départementale des personnes handicapées pour soutenir des projets d’aménagement du logement et d’accès à la vie sociale. L’évaluation ergothéra- pique a été réalisée en trois visites à domicile : deux entretiens, un où elle était seule, puis un deuxième entretien en présence de son époux pour dégager les activités qui posent problème à Madame A. ; et enfin une troisième visite a permis la réalisation de différentes mises en situation, ainsi qu’une visite du domicile. Présentation clinique Lorsque je la rencontre, elle me reçoit dans la cuisine, et me propose une chaise. Elle est assise dans un fauteuil roulant manuel. Souriante, elle se montre participative, elle décrit sa situation et pose des questions sur mon métier et sur le SAVS. Projets À partir de la présentation des missions du SAVS, elle formule seule les projets suivants : ¡ Continuer à réaliser seule les activités de la vie quotidienne ; ¡ Avoir une vie sociale ; ¡ Faire aménager son logement.

Étude de cas n° 1 : Madame A

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Page 1: Étude de cas n° 1 : Madame A

1Études de cas complémentaires

Études de cas complémentaires

Ces études de cas sont issues de l’expérience de la traductrice, Gladys Mignet. Elle travaille dans un service d’accompagnement à la vie sociale (SAVS), qui accompagne, dans leur maintien à domicile, des adultes présentant une ou des déficiences motrices, avec ou non des troubles associés. L’équipe comporte éga-lement une assistante de service social, une éducatrice spécialisée et une psychologue. Le rôle de l’ergo-thérapeute dans ce service est principalement d’évaluer la situation globale de la personne et de mettre en place des compensations du handicap (qu’elles soient techniques, matérielles ou humaines) pour maintenir ou pour permettre la participation de la personne dans les activités qui sont importantes pour elle. Pour chaque nouvel usager accompagné, parallèlement aux autres professionnels du SAVS, l’ergothé-rapeute réalise une évaluation (une à trois rencontres). À la fin de cette période d’évaluation, le MOHOST peut être réalisé lorsque la participation de la personne semble influencée de façon multifactorielle, et que ces facteurs ne sont pas a priori évidents, mais aussi lorsque la situation nécessite une mise à dis-tance… Les résultats du MOHOST ne sont pas communiqués directement à l’équipe, mais l’analyse qui en ressort peut être partagée.

Étude de cas n° 1 : Madame A

Madame A. a 57 ans. Elle est mariée et a trois enfants. Elle est atteinte d’une sclérose en plaque diagnos-tiquée il y a une trentaine d’années. Elle était juriste, mais a dû quitter son emploi quelques années après le diagnostic. Elle a été orientée vers le SAVS par la Maison départementale des personnes handicapées pour soutenir des projets d’aménagement du logement et d’accès à la vie sociale. L’évaluation ergothéra-pique a été réalisée en trois visites à domicile : deux entretiens, un où elle était seule, puis un deuxième entretien en présence de son époux pour dégager les activités qui posent problème à Madame A. ; et enfin une troisième visite a permis la réalisation de différentes mises en situation, ainsi qu’une visite du domicile.

Présentation clinique

Lorsque je la rencontre, elle me reçoit dans la cuisine, et me propose une chaise. Elle est assise dans un fauteuil roulant manuel. Souriante, elle se montre participative, elle décrit sa situation et pose des questions sur mon métier et sur le SAVS.

Projets

À partir de la présentation des missions du SAVS, elle formule seule les projets suivants :

¡¡Continuer à réaliser seule les activités de la vie quotidienne ;¡¡Avoir une vie sociale ;¡¡ Faire aménager son logement.

Page 2: Étude de cas n° 1 : Madame A

2 MOHOST – Outil d’évaluation de la participation occupationnelle

Environnement social

Madame A. vit avec son époux. Leurs trois enfants vivent à plusieurs centaines de kilomètres de son domi-cile. Elle ne s’est pas fait de nouveau amis depuis leur emménagement, et reste en contact par téléphone avec sa famille et ses proches.

Elle bénéficie de l’intervention d’auxiliaires de vie, pour la soutenir dans les activités domestiques. Son époux l’aide pour certains actes de la vie quotidienne et pour les sorties (il touche une Prestation de compensation du handicap pour l’aide humaine, en tant qu’aidant familial). Elle indique de façon confidentielle que son époux serait « dépressif » et qu’il aurait des ennuis professionnels. Lui, se montre investit lors des entretiens (prend des notes, contacte des artisans…).

Environnement physique

Depuis que son époux a été muté, il y a un an, ils ont emménagé dans une maison à étage, dont ils sont propriétaires. Cette maison présente un grand jardin en pente. Elle est située en ville, les commerces sont à environ un kilomètre. Le logement est équipé d’un monte-escaliers, l’accès extérieur comporte plusieurs marches et la salle de bain est équipée d’une baignoire. Les ressources financières sont décrites comme relativement confortables.

Des préconisations pour l’aménagement du logement ont été réalisées par l’ergothérapeute de la MDPH.

La personne

Volition

Centres d’intérêts : Elle formule quelques centres d’intérêts (musique, théâtre, promenades, aller au restau-rant…), mais ne peut réaliser seule ceux qui se réalisent à l’extérieur. Elle aime par exemple sortir dans son jardin, mais ne peut s’y rendre seule (franchir les marches et propulser son fauteuil roulant manuel seule dans le jardin lui sont impossibles).

Causalité personnelle : Elle semble décrire de façon juste ses capacités, ses explications correspondent à ce qu’elle montre lors des mises en situation.

Valeurs : Elle dit « Je veux garder le plus possible mon autonomie, même si certaines choses me prennent du temps », et indique qu’il est important pour elle d’être la plus indépendante possible de son époux pour les activités de la vie quotidienne. Elle insiste à plusieurs reprises pour nous signifier qu’elle souhaite préserver son mari au maximum, afin d’éviter « qu’il devienne plus son aidant que son mari ».

Faire des choix pour le long terme lui est difficile, elle peut avoir besoin de soutien ou d’encouragement.

Habituation

Rôles : Le rôle le plus important au quotidien est son rôle d’épouse, qu’elle exerce pleinement. Elle a aussi un rôle de mère, de tante et d’amie, qu’elle exerce plutôt à distance par téléphone, car elle voit peu ses enfants et ses neveux, ainsi que les amis de son précédent lieu de vie. Elle ne travaille plus depuis trente ans (était juriste).

Routine : Elle décrit parfaitement sa routine quotidienne et explique que celle-ci est en partie soutenue par son époux. Elle peut avoir besoin d’un peu de temps pour adapter sa routine.

Capacité de performance

Elle présente des troubles sensitivo-moteurs au niveau du tronc et des membres inférieurs, avec notamment un déficit des releveurs de pieds droits, ainsi qu’une perte de force dans la main gauche (elle est droitière). Elle présente aussi des troubles de la mémoire et de la concentration, avec une importante fatigabilité.

Page 3: Étude de cas n° 1 : Madame A

3Études de cas complémentaires

La performance occupationnelle de la personne

Activités de vie quotidienne

Elle explique qu’elle réalise la plupart des activités de la vie quotidienne seule, lentement, et avec difficultés :

¡¡ déplacements : à l’étage, elle se déplace en marchant avec des cannes anglaises (une quinzaine de mètres maximum), avec un important risque de chute. Au rez-de-chaussée, elle se déplace en fau-teuil roulant manuel. À l’extérieur, son époux propulse son fauteuil roulant ;¡¡ transferts  : elle les réalise seule, avec appuis (sur les meubles, les accoudoirs du fauteuil…), par la station-debout. Elle décrit des difficultés (fatigue et parfois besoin d’aide) pour se lever et se coucher dans le lit ;¡¡ élimination : elle doit réaliser environ 8 auto-sondages par jour, ce qu’elle décrit comme « très lourd à gérer », notamment parce que le besoin est difficile à anticiper ;¡¡ toilette/habillage : elle réalise la toilette au lavabo seule, puis s’habille seule, sur son lit, et explique que ces deux activités lui prennent beaucoup de temps. Pour la douche (2 fois par semaines), son époux l’aide, car elle ne peut entrer seule dans la baignoire.¡¡ alimentation : elle mange seule, et peut parfois demander de l’aide à son époux pour couper de la viande dure.

Loisirs

Madame A. évoque peu de loisirs : lecture, télévision, aime écouter la radio.

Elle évoque une vie sociale « limitée », ce qu’elle explique par le fait qu’elle connaît peu de personnes à proximité, et ajoute que la nécessité de réaliser de nombreux auto-sondages dans la journée implique qu’elle « sort moins de chez elle qu’elle » ne le voudrait.

Productivité

Elle participe à l’entretien de sa maison : elle repasse seule, elle bénéficie de l’aide d’une auxiliaire de vie pour certains actes ménagers et pour préparer le repas du soir (elle réalise ces différentes activités avec l’auxiliaire de vie). Elle et son époux suivent ensemble les démarches administratives et financières.

Synthèse des habiletés observées

Habiletés motrices

La mise en situation pour les transferts sur le lit a notamment mis en évidence une atteinte modérée des habiletés de stabilisation, de positionnement, de coordination et de déplacement… Madame A. a besoin de temps pour réaliser les activités et décrit une légère fatigabilité avec un besoin de faire des pauses.

Habiletés opératoires

Elle ne présente pas de difficulté majeure. Elle gère sa routine quotidienne et tient un agenda pour suivre ses rendez-vous, mais explique qu’elle se sent vite débordée. Elle doute parfois de ses capacités à retenir l’infor-mation ou demande de l’aide pour résoudre des problèmes (appelle pour être rassurée, demande à son époux).

Habiletés de communication et d’interaction

Les habiletés de communication de Madame A. sont appropriées.

Page 4: Étude de cas n° 1 : Madame A

Sommaire des cotations du MOHOST

Motivationpour

l’occupation

Profil d’occupation

Habiletés de communication et d’interaction

Habiletés opératoires

Habiletés motrices

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Diagnostic ergothérapique (formulé à partir de l’analyse des forces et des limites du MOHOST)

Madame A. a été orientée vers le SAVS par la MDPH, pour soutenir des projets d’aménagement du logement et d’accès à la vie sociale.

L’évaluation ergothérapique a pu mettre en avant une atteinte modérée de la participation occupationnelle, avec peu d’activités productives et de loisirs. L’environnement physique semble être le principal facteur limitant (accessibilité intérieure et extérieure notamment), et constitue également le principal levier de changement.

Ses habiletés motrices impliquent la mise en place de compensations : utiliser des aides techniques, prendre son temps ; mais elles permettent globalement la participation. La motivation pour l’occupation, la routine quotidienne, les rôles et les habiletés opératoires nécessitent parfois un soutien de la part de son environne-ment humain, mais permettent aussi la participation. À ce jour, l’environnement humain permet la partici-pation, cependant, Madame A.  indique qu’elle souhaite dépendre au minimum de l’aide de son époux, compte tenu de la fragilité qu’elle décrit.

Enfin, ses habiletés de communication et d’interaction constituent une force.

L’accompagnement ergothérapique de Madame A. visera donc principalement à soutenir les demandes formulées, en levant les obstacles de l’environnement physique (aménagement du logement, moyens de déplacement et de transport). Une vigilance particulière sera accordée à l’implication de son époux dans l’accompagnement et pourra entraîner des réajustements lors de l’intervention.

Apport du MOHOST pour cette situation

Madame A. est très informative. Au cours des entretiens, elle a facilement pu définir les activités qui lui posaient problème. J’aurais pu simplement m’appuyer sur le recueil d’information et les mises en situation pour définir les objectifs d’intervention en ergothérapie à partir des activités définies comme probléma-tiques. Cependant, j’avais besoin de prendre de la distance sur sa situation et de visualiser plus clairement les forces et les limites à la participation de Madame A.

Page 5: Étude de cas n° 1 : Madame A

5Études de cas complémentaires

Le MOHOST m’a permis de confirmer que le principal levier de changement était l’environnement physique (aide technique et aménagement du logement), et que globalement les autres dimensions du MOH consti-tuaient plutôt une force, bien que la fragilité de l’époux puisse entraîner une certaine instabilité du fonction-nement occupationnel.

Études de cas n° 2 : Monsieur B

Monsieur B. a 51 ans. Il est célibataire. Il a eu un accident de voiture ayant entraîné un traumatisme crânien grave, il y a environ 30 ans. Il a été orienté vers le SAVS par sa tutrice pour accompagner le changement du fauteuil roulant manuel. L’évaluation ergothérapique a été effectuée en deux visites à domicile : une en pré-sence de l’auxiliaire de vie référente, une avec Monsieur B. uniquement, durant laquelle il a effectué quelques mises en situation. Les informations recueillies par l’assistante sociale du service auprès de sa tutrice ont également permis de compléter le recueil de données.

Présentation clinique

Lorsque je le rencontre, une auxiliaire de vie m’accueille et me présente Monsieur B. Il est assis dans un fauteuil roulant manuel. Il me salue en réalisant un baise main. Il répond volontiers aux questions, des difficultés d’articulation et des redondances dans son discours sont observées.

Projets

Il ne formule pas de demande. Son auxiliaire de vie explique qu’il faudrait qu’il change de fauteuil roulant manuel, et il indique qu’il est d’accord si le changement en question lui apporte du confort.

Environnement social

Il vit seul. Sa mère vit en maison de retraite, il lui rend visite une fois par mois. Il ne voit plus son père. Il est sous tutelle « depuis très longtemps ».

Elle bénéficie de l’intervention d’une association d’auxiliaires de vie, financée par une prestation de compen-sation du handicap, trois fois par jour. L’auxiliaire de vie présente au premier entretien semble être sa princi-pale référente : elle fait le lien avec la tutrice et avec l’association qui l’emploie… Il fait des activités avec trois associations différentes.

Environnement physique

Il est propriétaire de la maison. Celle-ci comporte un étage, elle est équipée d’un monte-escalier, la salle de bain a été adaptée (douche à l’italienne) il y a quelques années. Des dizaines de tableaux, qu’il a peint, sont affichés sur les murs de la maison.

La tutrice indique que les ressources financières sont limitées.

La personne

Volition

Centres d’intérêts : il formule des centres d’intérêts (la peinture, les mots fléchés, la musique, la piscine…). Hormis la peinture, qu’il indique ne plus avoir envie de faire, il réalise tous les centres d’intérêts qu’il décrit, avec l’aide d’auxiliaire de vie et d’association.

Page 6: Étude de cas n° 1 : Madame A

6 MOHOST – Outil d’évaluation de la participation occupationnelle

Causalité personnelle : il semble décrire de façon juste ses aptitudes.

Valeurs : il explique qu’il est très important pour lui de maintenir ses habitudes et rester à domicile, et qu’il n’accepte que les changements qui ne bousculent pas ses habitudes.

Habituation

Rôles : il a très peu de rôle, à part celui de fils, qui est important pour lui, mais qu’il n’exerce qu’avec le soutien d’une auxiliaire de vie (il ne contacte pas sa mère, il va lui rendre visite une fois par mois). Il n’a jamais travaillé.

Routine : sa routine quotidienne est totalement soutenue par les auxiliaires de vie, sa routine hebdomadaire également.

Capacité de performance

Il présente des troubles sensitivo-moteurs au niveau du tronc et des quatre membres, ainsi que d’importants troubles de la mémoire, de la concentration, du raisonnement et du langage.

La performance occupationnelle de la personne

Activités de vie quotidienne

Il a besoin de l’aide d’une tierce personne pour la plupart des activités de la vie quotidienne :

¡¡ déplacements : à l’étage, il se déplace en marchant en se tenant aux murs, aux rampes. Au rez-de-chaussée, il se déplace en fauteuil roulant manuel, et marche pour aller aux toilettes, ainsi que dans la cuisine. Le risque de chute quand il marche est modéré, il n’a pas chuté récemment et dispose d’une téléassistance ;¡¡ transferts : il les réalise seul, avec appuis, par la station-debout, en prenant son temps ;¡¡ élimination : seul ;¡¡ toilette/habillage : il participe, avec une auxiliaire de vie ;¡¡ alimentation  : il mange seul des repas préparés et installés par les auxiliaires de vie (portages de repas). L’auxiliaire de vie présente indique que, depuis peu, il ne prend plus son petit-déjeuner (alors qu’auparavant, il le prenait seul en attendant les auxiliaires de vie).

Loisirs

Sur 2 jours identifiés dans la semaine, il fait de la musique avec une association, et il participe à un groupe mémoire. Sur un autre jour, une auxiliaire de vie l’accompagne pour des activités, qui varient selon les semaines (courses, piscine, aller voir sa mère, promenade…). La journée, il regarde la télévision (toujours la même chaîne). Il fait parfois des mots fléchés avec une auxiliaire de vie. Il estime que sa vie sociale lui convient parfaitement, et ne souhaite pas y apporter de changement.

Productivité

Monsieur B. ne réalise aucune activité productive. Les tâches domestiques sont réalisées par les auxiliaires de vie.

Synthèse des habiletés observées

Habiletés motrices

Monsieur B. a montré les différents déplacements qu’il réalise dans la maison. La manipulation du fauteuil roulant manuel est lente et saccadée, mais il peut se déplacer au rez-de-chaussée de façon indépendante. Lorsqu’il se lève et lorsqu’il marche, il est vouté en avant, il s’appuie à différents endroits, la démarche est lente. La manipulation des objets est possible, avec difficulté.

Page 7: Étude de cas n° 1 : Madame A

7Études de cas complémentaires

Habiletés opératoires

La prise d’initiative est très limitée. Il ne peut me donner ni la date, ni le nom de sa tutrice, ni le nom de l’auxiliaire de vie référente. Il ne gère ni sa routine ni ses rendez-vous, qui sont entièrement gérés par les auxiliaires de vie.

Habiletés de communication et d’interaction

Il présente d’importantes difficultés d’articulation, qui impliquent parfois de lui demander de répéter. Il peut parfois répéter plusieurs fois la même idée ou ne pas répondre à la question posée.

Sommaire des cotations du MOHOST

Motivationpour

l’occupation

Profil d’occupation

Habiletés de communication et d’interaction

Habiletés opératoires

Habiletés motrices

Environnement …Domicile…

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Diagnostic ergothérapique (formulé à partir de l’analyse des forces et des limites du MOHOST)

Monsieur B. a été orienté vers le SAVS par sa tutrice pour accompagner le changement du fauteuil roulant manuel.

Sa participation occupationnelle est très limitée, et nécessite un important soutien humain (auxiliaires de vie et tutrice), tant pour les activités de loisirs que pour la vie quotidienne. Le profil d’occupation et les habiletés limitent, voire empêchent, la participation, ce qui est probablement en lien avec les troubles cognitifs sous-jacents.

De plus, les groupes sociaux permettent la participation, mais celle-ci dépend notamment d’une salariée de l’association d’aide humaine, ce qui peut être une source d’instabilité pour le fonctionnement occupationnel (les changements d’intervenants peuvent impacter sa participation). De plus, Monsieur B. créé facilement des relations positives, mais est aussi très influençable, ce qui interroge sur sa sécurité.

La motivation de Monsieur B. constitue plutôt une force. Cependant, s’il exprime clairement le fait qu’il ne souhaite pas modifier ses habitudes, il a également besoin des auxiliaires de vie et de la tutrice pour les autres choix. Ainsi, le fonctionnement occupationnel actuel très routinier satisfait Monsieur B., en permettant la réalisation de certains des centres d’intérêts (les exigences occupationnelles semblent donc faciliter la participation).

Par conséquent, l’accompagnement ergothérapique de Monsieur B. visera uniquement à accompagner le changement de fauteuil roulant manuel. Le fonctionnement occupationnel étant principalement appuyé sur le soutien des auxiliaires de vie, une vigilance particulière sera accordée quant à la stabilité de ce fonc-tionnement, et sera partagée avec l’association employeur et la tutrice.

Page 8: Étude de cas n° 1 : Madame A

8 MOHOST – Outil d’évaluation de la participation occupationnelle

Apport du MOHOST pour cette situation

Un MOHOST a été réalisé pour prendre de la distance par rapport à la situation de Monsieur B., qui se dit satisfait de sa vie occupationnelle et formule peu de demande, mais qui semble peu en sécurité à domicile.

Le MOHOST a permis de mettre en avant le fait qu’il semble peu approprié de chercher à faire émerger des demandes complémentaires dans la situation de Monsieur B. Cela a mis en exergue que son fonctionnement occupationnel actuel est plutôt sécurisé par les aides humaines. Mais, en montrant la totale dépendance de ce fonctionnement, il a permis de dégager un axe de travail complémentaire : sensibiliser la tutrice et l’asso-ciation d’aide humaine quant au fait que le maintien à domicile de Monsieur B n’est possible qu’avec des intervenantes stables, qui sont en lien avec la tutrice.

Étude de cas n° 3 : Madame C

Madame C. a 65 ans. Elle est en couple et n’a pas d’enfant. Elle est atteinte d’une sclérose latérale amyotro-phique (SLA) diagnostiquée il y a un an. Elle a été orientée vers le SAVS par un Centre de référence pour la SLA pour les accompagner, elle et son conjoint, dans l’évolution de sa maladie (suivi psychologique, vie sociale, vie quotidienne, accès aux droits…).

Au début de l’accompagnement par le SAVS, trois mois après le diagnostic, seule la psychologue et l’assistante sociale rencontrent Madame C. En effet, elle indique ne pas avoir de difficulté particulière pour les actes de la vie quotidienne, et ne souhaite donc pas rencontrer d’ergothérapeute.

Après quelques mois d’accompagnement, la rencontre avec l’ergothérapeute est motivée par une difficulté croissante à monter et descendre les escaliers. L’évaluation ergothérapique est réalisée à ce moment-là, puis à chaque visite à domicile compte tenu de l’évolution rapide des symptômes (entretiens avec Madame et son conjoint, mises en situation, etc.).

Présentation clinique

Lorsque je la rencontre, son conjoint m’accueille et m’accompagne jusqu’à Madame C. Elle est assise sur une chaise, devant la table de la salle à manger, un déambulateur à quatre roues est à côté d’elle. Elle est plutôt souriante et se montre participative.

Projets

La première fois, elle ne formule pas vraiment de demande.

Dans un premier temps, l’évaluation fut partielle, car Madame C. ouvrait uniquement sur les points qui lui posaient problème, je disposais donc de trop peu d’informations pour compléter le MOHOST. Les éléments présentés ci-après correspondent à sa situation 6 mois après ma première rencontre avec Madame C.

Environnement social

Elle vit avec son conjoint, qui est son principal aidant. Il est retraité, a 10 ans de plus qu’elle, et décrit des douleurs aux épaules et aux genoux. Il explique qu’il est de plus en plus fatigué, mais qu’il souhaite continuer à aider Madame C., si c’est ce qu’elle souhaite ; et qu’il retarde une opération de l’épaule pour pouvoir conti-nuer à aider sa compagne. Ils perçoivent une prestation de compensation du handicap pour l’aide humaine (aidant familial). Madame C. refuse l’intervention d’une auxiliaire de vie.

Elle est très en lien avec sa sœur, qui habite à proximité. Celle-ci est bientôt à la retraite et devrait également la soutenir au quotidien prochainement. Ils voient moins leurs amis depuis le diagnostic.

Page 9: Étude de cas n° 1 : Madame A

9Études de cas complémentaires

Environnement physique

Ils vivent dans une maison dont ils sont locataires, qui comporte trois niveaux différents. L’accès extérieur se fait par le garage, puis les pièces de jour sont au premier étage, et les chambres, les toilettes et la salle de bain, équipée d’une baignoire, sont au deuxième étage.

Un projet de déménagement avait été évoqué, mais ils ont préféré rester dans leur logement. Le SAVS a accompagné un projet d’aménagement du logement : deux monte-escaliers ont été installés, il y a quelques mois. Un aménagement de la salle de bain et des toilettes était également prévu, mais celui-ci a été reporté pour des raisons financières (aides financières partielles), puis, à la demande de Madame A., il a été modifié (simplifié) pour éviter des travaux trop longs.

Elle possède deux déambulateurs quatre roues (un au premier étage, l’autre au rez-de-chaussée), et loue un fauteuil roulant manuel, qu’elle utilise pour les déplacements extérieurs.

La personne

Volition

Centres d’intérêts : elle formule assez peu de centres d’intérêts : voir sa famille et faire des promenades.

Causalité personnelle : certaines difficultés sont plutôt décrites par son conjoint. Elle, lorsqu’elle les valide, explique que c’est « simplement parce qu’elle est fatiguée ces jours-ci ». D’autres fois, elle montre qu’elle aurait préféré que Monsieur ne les décrive pas.

Valeurs  : elle accorde une importance forte à sa famille, et il semble très important pour elle que l’aide humaine soit exclusivement réalisée par ses proches. Elle s’exprime peu sur ses valeurs.

Habituation

Rôles : ses rôles (conjointe, sœur, et tante) lui procurent un certain sentiment d’appartenance, mais il lui est difficile d’assumer les responsabilités liées à ces rôles.

Routine : sa routine quotidienne et hebdomadaire est en partie soutenue par son conjoint. Elle réalise prin-cipalement des activités sédentaires. Ils s’adaptent aux difficultés qui se présentent, mais semblent ne pas pouvoir les anticiper.

Capacité de performance

Elle présente des troubles moteurs distaux au niveau des membres inférieurs, avec notamment un déficit des releveurs de pied, et une légère perte de force dans les mains (elle est droitière). Elle présente aussi une importante fatigabilité, des troubles de la déglutition et une dysarthrie.

La performance occupationnelle de la personne

Activités de vie quotidienne

Elle a besoin de l’aide de son conjoint pour toutes les activités de la vie quotidienne :

¡¡ déplacements : elle se déplace à l’intérieur du logement avec un déambulateur à quatre roues. Son conjoint l’aide parfois à passer le pas (en levant ses pieds). Le risque de chute est majeur. Il l’aide aussi à utiliser les monte-escaliers. Pour les déplacements extérieurs, son conjoint pousse son fauteuil roulant. Elle en capacité de manipuler un fauteuil roulant manuel seule, de façon efficace ;¡¡ transferts : elle les réalise par la station debout, avec une aide conséquente de son conjoint. Parfois, ses genoux se déverrouillent lorsqu’ils réalisent un transfert du fauteuil roulant vers la voiture ;

Page 10: Étude de cas n° 1 : Madame A

10 MOHOST – Outil d’évaluation de la participation occupationnelle

¡¡ élimination  : elle va aux toilettes avec l’aide de son conjoint (transferts, déplacements, monte-escaliers, etc.). Ce dernier indique que ces nombreuses manipulations sont fatigantes pour lui et Madame C., cependant elle refuse les solutions visant à diminuer le nombre de manipulations, en indiquant qu’elle souhaite continuer à le faire tant qu’elle le peut ;¡¡ toilette/habillage : avec l’aide de son conjoint, elle réalise la toilette au lavabo, puis s’habille. Trois fois par semaine, elle prend des douches dans la baignoire (planche de bain), toujours avec l’aide de son conjoint.

Loisirs

Elle décrit peu de loisirs (lecture, télévision, voir sa famille, se promener avec son conjoint), mais se dit satis-faite. Son conjoint conduit, mais ils utilisent de moins en moins la voiture, car les transferts sont très difficiles.

Un séjour dans un gite est prévu prochainement. Cela inquiète beaucoup son conjoint (accessibilité notam-ment), elle semble moins inquiète.

Productivité

Madame C. est à la retraite. Elle était femme de ménage. Elle réalise peu d’activités productives. Les activités domestiques sont réalisées par son conjoint. Ils gèrent ensemble les démarches administratives et financières.

Synthèse des habiletés observées

Habiletés motrices

Les différentes mises en situations montrent des difficultés importantes pour se stabiliser, marcher, atteindre, se transférer, manipuler, saisir, soulever, transporter… ainsi qu’une importante fatigabilité.

Habiletés opératoires

Elles semblent préservées.

Habiletés de communication et d’interaction

Les habiletés de communication de Madame C. sont plutôt préservées : elle est informative, malgré les dif-ficultés d’articulation. Néanmoins, sur le plan relationnel, la conscience du besoin des autres (et notamment de ses proches) interroge.

Sommaire des cotations du MOHOST

Motivationpour

l’occupation

Profil d’occupation

Habiletés de communication et d’interaction

Habiletés opératoires

Habiletés motrices

Environnement …Domicile…

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Page 11: Étude de cas n° 1 : Madame A

11Études de cas complémentaires

Diagnostic ergothérapique (formulé à partir de l’analyse des forces et des limites du MOHOST)

Madame C. a été orientée vers le SAVS par un Centre de référence pour la SLA pour les accompagner, elle et son conjoint, dans l’évolution de sa maladie.

L’évaluation ergothérapique a pu mettre en avant une participation occupationnelle limitée. En effet, elle a peu d’occasion de réaliser ses centres d’intérêt et sa routine comporte essentiellement des activités séden-taires, qui sont soutenues par son conjoint.

L’environnement physique constitue une limite majeure pour sa participation, voire un danger, compte tenu de ses habiletés motrices limitées. Néanmoins, Madame C. fait des choix clairs et éclairés, et refuse les compen-sations matérielles, qui ne lui semblent pas indispensables, ainsi que les aides humaines extérieures à la famille. Ainsi, si elle et son conjoint semblent s’adapter au fur et à mesure, l’anticipation du changement et l’auto-éva-luation de ses aptitudes limitent également sa participation et entrainent des mises en danger (pour elle et son entourage). De plus, sur le plan relationnel, la conscience du besoin des autres interroge. Ces éléments sont probablement liés à une difficulté à accepter les pertes qui surviennent avec l’évolution de la maladie.

Enfin, malgré un défaut d’articulation, Madame C.  reste informative et communicative, ce qui constitue actuellement une force pour la participation. Toutefois, ses habiletés de communication et d’interaction pourraient à terme constituer une limite importante, compte tenu du caractère évolutif de sa pathologie. Ses habiletés opératoires semblent préservées et constitueront une force pour l’accompagnement.

L’accompagnement ergothérapique de Madame C. visera à mettre en exergue les difficultés de réalisation des activités de la vie quotidienne, en réévaluant régulièrement la situation. Ceci, afin d’informer Madame C. et son conjoint sur les solutions et les risques possibles (y compris pour les aidants familiaux), et d’accom-pagner l’évolution de la maladie par la mise en place de compensations, pour permettre un certain maintien de la participation occupationnelle. Un accompagnement pluridisciplinaire sera indispensable.

Apport du MOHOST pour cette situation

La réalisation du MOHOST a permis de faire l’hypothèse que les difficultés à accepter les pertes qui sur-viennent avec l’évolution de la maladie impactent différentes composantes influençant la participation occupationnelle de Madame C. Cela a aussi permis une mise en distance par rapport à la situation, qui peut renvoyer de l’impuissance (refus des solutions proposées), en rappelant que les habiletés opératoires de Madame C. sont efficientes, de même que sa capacité à choisir.

Études de cas n° 4 : Madame D

Madame D. a 54 ans. Elle est célibataire et a deux enfants. Elle présente des séquelles cérébelleuses d’un AVC (survenu il y a 6 ans). Elle a également fait une chute importante dans les escaliers (il y a 5 ans), ayant entraîné une compression de la moelle épinière au niveau cervical, à l’origine d’une tétraplégie (10 mois de rééduca-tion). Elle a été orientée vers le SAVS par la Maison départementale des personnes handicapées pour des besoins en aides techniques, accès à la vie sociale, et soutien psychologique. L’évaluation ergothérapique a été réalisée en deux visites à domicile : un entretien et une mise en situation cuisine. Les informations échan-gées avec les autres professionnels du SAVS ont également permis compléter le recueil de données.

Présentation clinique

Lorsque je la rencontre, elle vient m’ouvrir la porte de son appartement et m’accompagne jusqu’au salon. Elle marche doucement, les pieds légèrement écartés. Elle se montre participative et informative. Le volume de sa voix est assez faible et le débit est lent.

Page 12: Étude de cas n° 1 : Madame A

12 MOHOST – Outil d’évaluation de la participation occupationnelle

Projets

À partir de la présentation des missions du SAVS, elle formule les projets suivants :

¡¡Commencer un suivi psychologique ;¡¡ Pouvoir réaliser plus facilement certaines activités de la vie quotidienne et certaines activités domes-tiques ;¡¡ Progressivement, pouvoir sortir du domicile et développer une certaine vie sociale ;¡¡Avoir des aides financières pour l’aide-ménagère.

Environnement social

Elle vit seule. Elle a deux fils d’une trentaine d’années. Elle partage un repas avec un de ses fils une fois par semaine, l’autre habite plus loin, elle le voit moins souvent. Elle explique qu’elle ne souhaite pas forcément leur demander de l’aide.

Elle avait jusqu’à il y a quelques semaines un « ami », mais indique qu’elle a mis fin récemment à une relation qu’elle jugeait « néfaste ». Cet ami faisait ses courses et partageait avec elle les repas du midi (ils ne vivaient pas ensemble). Depuis la séparation, une aide-ménagère intervient chez elle, 2 heures par semaines, auto-financées.

Elle explique qu’elle n’a pas d’ami, et qu’elle ne sort de chez elle que pour aller chez le kinésithérapeute 3 fois par semaine.

Ses parents vivent à 200 km de chez elle, ils sont âgés, elle va leur rendre visite une fois tous les deux mois. C’est son ex-compagnon qui l’y conduit.

Environnement physique

Elle vit dans un appartement, au premier étage avec ascenseur, dont elle est locataire. L’appartement est équipé d’une baignoire. Il est situé dans une rue en pente, à 1 km du centre-ville. Elle possède un déambu-lateur à 4 roues qu’elle n’utilise pas. Ses ressources financières sont plutôt modestes (le financement de l’aide-ménagère impacte fortement son budget).

La personne

Volition

Elle situe la motivation au cœur de sa problématique actuelle et indique notamment qu’elle a perdu son « élan vital » depuis les accidents.

Centres d’intérêts : elle formule quelques centres d’intérêts passés (marche sportive, lecture, couture, cui-sine…) qu’elle ne réalise pas à ce jour et qui ne « l’intéressent plus vraiment ». Elle aime écrire des nouvelles et s’adonne chaque jour à cette activité.

Causalité personnelle : elle décrit de façon juste ses aptitudes, tant sur le plan sensori-moteur que cognitif ou psychique

Valeurs : nous disposons de peu d’information sur ces valeurs, si ce n’est qu’il est important pour elle de ne pas trop « déranger ses enfants avec ses problèmes » et de ne pas « trop montrer son handicap à l’extérieur ».

Habituation

Rôles : le rôle de mère est important pour elle, s’occuper de son appartement et de sa santé également, mais elle se sent en difficulté pour les réaliser.

Page 13: Étude de cas n° 1 : Madame A

13Études de cas complémentaires

Routine : elle gère sa routine quotidienne seule, mais celle-ci est peu productive (activités sédentaires prin-cipalement).

Capacité de performance

Elle présente des troubles de l’équilibre et des troubles de la sensibilité profonde dans les membres inférieurs et les mains, ainsi qu’un manque de force et de la spasticité. Elle décrit une importante fatigabilité et des difficultés de concentration. Elle ressent parfois des douleurs, qu’elle décrit comme des crampes, notamment lorsqu’elle doit être active longtemps (déplacement, cuisine…). Par ailleurs, l’impact de l’expérience corporelle de la tétraplégie suite à la chute serait à approfondir.

La performance occupationnelle de la personne

Activités de vie quotidienne

Elle explique qu’elle réalise toutes les activités de la vie quotidienne seule, en prenant son temps :

¡¡ déplacements : dans son domicile, elle se déplace en marchant, parfois avec appui. À l’extérieur, elle ne sait pas comment elle pourrait se déplacer, elle pense qu’elle aurait besoin de s’appuyer au bras d’une autre personne et indique qu’elle a des difficultés à accepter les aides techniques, parce qu’elles « montrent trop son handicap » ;¡¡ transferts : elle les réalise seule, en prenant son temps ;¡¡ toilette/habillage : elle réalise la toilette dans la baignoire, debout, avec une peur de chuter consé-quente, lorsqu’elle entre dans la baignoire et pendant qu’elle se lave. Elle s’habille en position assise ;¡¡ alimentation : elle mange seule. Elle explique qu’elle a très peu d’appétit, et que cuisiner lui est parfois difficile. Mais, la mise en situation cuisine a globalement montré qu’elle est en capacité de cuisiner, en prenant son temps.

Loisirs

Elle n’a qu’un loisir actuellement : l’écriture de nouvelles. Elle évoque une absence de vie sociale, et précise « sur la pyramide [de Maslow], je suis tout en bas ».

Elle n’a pas de moyen de transport, et ne conduit plus (elle ne sent pas capable de conduire à nouveau un jour).

Productivité

Madame A. était, jusqu’à il y a 6 ans, aide médico-psychologique auprès de personnes âgées démentes. Depuis, elle ne travaille plus, et touche une pension d’invalidité et un complément de salaire.

Elle réalise une partie de l’entretien de son appartement. Elle fait depuis peu ses courses au Drive, et l’aide-mé-nagère va les chercher. Elle gère seule ses démarches administratives et financières.

Synthèse des habiletés observées

Habiletés motrices

La mise en situation cuisine a montré qu’elle réalise les gestes avec une certaine maladresse et qu’elle peut maintenir sa posture, malgré quelques moments d’instabilité. Le transport d’objet lui est difficile, et elle est assez fatigable.

Page 14: Étude de cas n° 1 : Madame A

14 MOHOST – Outil d’évaluation de la participation occupationnelle

Habiletés opératoires

La mise en situation cuisine n’a pas montré de difficulté majeure : elle peut initier, séquencer et réaliser la tâche. Elle oublie parfois des rendez-vous et a de légères difficultés à rester concentrer longtemps sur une tâche (prend une pause pendant la mise en situation).

Habiletés de communication et d’interaction

Les habiletés de communication de Madame D. sont correctes. Le volume de la voix et le débit sont un peu faibles, mais la conversation est possible. Elle est informative. Madame D. ne crée pas de relations positives et elle explique qu’elle ressent beaucoup de stress lorsqu’elle doit recevoir plusieurs personnes chez elle.

Sommaire des cotations du MOHOST

Motivationpour

l’occupation

Profil d’occupation

Habiletés de communication et d’interaction

Habiletés opératoires

Habiletés motrices

Environnement …Domicile…

Aut

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Diagnostic ergothérapique (formulé à partir de l’analyse des forces et des limites du MOHOST)

Madame D. a été orientée vers le SAVS par la MDPH pour des besoins en aide techniques, accès à la vie sociale et soutien psychologique.

L’évaluation ergothérapique a pu mettre en avant une participation occupationnelle limitée, principalement par son environnement et sa motivation pour agir. Madame D. évalue de façon juste sa situation et ses aptitudes. Elle décrit une « perte de l’élan vital », qui impacte sa motivation pour l’occupation et pour enga-ger un processus de changement. Son profil d’occupation actuel comprend surtout des activités sédentaires, mais elle se dit prête à s’adapter pour réaliser un peu plus d’activités de loisirs notamment, en précisant qu’elle aura besoin de temps et de soutien.

Ses habiletés motrices limitent également en partie sa participation, mais, en prenant son temps et en faisant des pauses, celles-ci permettent la réalisation des activités. Quant à ses habiletés opératoires et de commu-nication, elles constitueront une force pour l’accompagnement, mais un soutien pour créer des relations sera nécessaire.

L’accompagnement ergothérapique de Madame D. visera donc principalement à améliorer sa participation pour les activités de la vie quotidienne et les activités domestiques, à la fois par la mise en place de compen-

Page 15: Étude de cas n° 1 : Madame A

15Études de cas complémentaires

sations techniques (action sur l’environnement), mais aussi en la rassurant sur ses possibilités et en stimulant le processus volitionnel (action indirecte sur la motivation).

Apport du MOHOST pour cette situation

Le MOHOST a permis une mise en distance par rapport à la situation de Madame D. Premièrement, il a validé la principale hypothèse qu’elle formule concernant l’impact de la « perte de l’élan vital » sur sa moti-vation pour l’occupation. Le suivi psychologique accompagnera cette question.

L’outil a aussi permis de mettre en avant les éventuels leviers de changement : son environnement et ses habiletés. Ainsi, l’accompagnement en ergothérapie s’appuiera notamment sur les stratégies suivantes :

¡¡ une action sur l’environnement (physique et humain), qui visera à sécuriser les activités ;¡¡ un accompagnement dans la réalisation des activités valorisantes, qui s’appuiera sur ses habiletés efficientes tout en prenant en compte son besoin de temps et de pauses.

Le MOHOST permet finalement de faire l’hypothèse que ces deux niveaux d’actions stimuleront son expé-rience, la rassureront et la valoriseront, augmenteront la réalisation des centres d’intérêts et son attente de réussite ; et l’aideront à faire des choix d’activité à l’avenir. Cette hypothèse sera réévaluée après quelques mois d’accompagnement, et les stratégies d’accompagnement devront être réajustées en conséquence.

Page 16: Étude de cas n° 1 : Madame A