Magazine 3Rve hiver 2012

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    23-Mar-2016

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Magazine 3Rve hiver 2012

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    Le magazine des matires rsiduelles au Qubec

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    Taux de rejets normal dans uncentre de tri : 9,9 %

    La responsabilit largie desproducteurs : un mal ncessaire !

    Le transfert du savoir : passage oblig pour la survie de lentreprise

    www.magazine3rve.cc

    AlainRayes

    Maire du berceau de larcupration et du recyclage

    ENTREVUE avec18

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  • L E N V E R S D U D C O R

    L E S A M I S D E 3 R V E36

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    diteur et rdacteur en chef :Andr Dumoucheladumouchel@maya.cc

    Chroniqueurs :Guy AdamAlexandre R. CabralJean-Louis ChamardDominique DodierChristine DuchaineLo FradetteFrdric Potvin

    Direction artistique :MAYA communication et marketing

    Photos de la page couverture et de lEntrevue :exposeimage.com

    Designer graphique :Sylvain Malbeuf (SymaPub)

    Rvision linguistique :Annie Talbot

    Impression :Carpe diem

    Coordination des ventes :Grgory PratteTl. : 450 508-6959gpratte@maya.cc

    Abonnementet administration :MAYA communication et marketing457, monte Lesage Rosemre (Qc) J7A 4S2Tlphone : 450 508-1515 info@magazine3rve.ccwww.magazine3rve.cc

    Tous droits rservs.Droits dauteur et droits de reproduction : toute demande de reproduction doit tre achemine MAYA communication et marketingaux coordonnes figurant c i -dessus . Les op in ions e t les ides contenues dans les a r t ic les n engagent la responsabilit que de leurs auteurs. La publication dannonces et de publicits ne signifie pas que le magazine 3Rve recommande ces produits et services. Convention de la poste-publications no 41122591. Retourner toute correspondance ne pouvanttre l ivre au Canada aux coordonnes figurant ci-dessus. Dpt lgal : 1er tr imestre 2005. ISSN 1712-9117. Le magazine 3Rve est publi 3 fois lan.

    Ce magazine est imprimsur papier contenurecycl grce laparticipation financirede Tricentris.

    G E S T I O N H U M A I N E D E S R E S S O U R C E S34

    L E J U R I D I Q U E31

    LES BONS

    CONTACTS

    Le magazine des matires rsiduelles au Qubec

    chroniques

    tte--tte

    SOMMAIRE

    Certains avancent qu Montral, il est difficile dutiliser plusieurs bacs en raison de la densit de la population et de lataille relative des logements. Personnellement, je ny crois pas. Je pense quon est tous en mesure de mettre trois bacs surson balcon ou dans sa cour. Comme politicien, nous avons une obligation de leadership. Lorsquon croit un principeessentiel comme lest la protection de lenvironnement, on doit tout mettre en uvre pour concrtiser des actions porteuses.Le contraire quivaut baisser les bras. Et puis, dautres grandes villes autrement plus denses et peuples ont instaur lagestion des matires rsiduelles trois voies sans problme.

    Alain Rayes

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    Le magazine des matires rsiduelles au Qubec3RVE VOL. 7 NO 3 HIVER 20124

    CENTRES DE TRITAUX D E REJ ETS N O RMAL DANS U N CENTRE D E TR I : 9 ,9 %

    HORIZON 2015Q U I EXERCE Q U ELLE CO M PTEN CE ?

    RECHERCHE ET DVELOPPEMENTB I O RECO UVREM ENTS DOXYDATIO N PASS IVE D U MTHAN E PO U R LES S ITESDEN FO U ISSEM ENT

    INFRASTRUCTURES URBAINES LA RESPO NSAB I L IT LARG I E D ES PRO D U CTEU RS : U N MAL NCESSA I RE !

    DCHETS DANGEREUXL I N N OVATI O N EN G ESTI O N D ES MATIRES RS I D U ELLES DAN G EREUSES DO R I G I N E I N D USTR I ELLE

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  • Vieille tlIl y a quelques semaines, jai t victime dun

    dgt deau dans le sous-sol de ma rsidence. Victime est le bon mot, car lorsquon porteattention aux cots et aux dsagrmentsmultiples que cela engendre, on saperoit quilssont multiples et bien difficiles viter.

    Comme la plupart des familles, nous avonseu envie de rafrachir notre dcor au moment

    des rparations. Je ne sombrerai pas ici dans les propos misogynespuisque certains changements me sont attribuables. Du moins, cestle cas pour lachat de nouvelles causeuses. Jusque-l, rien de bienspcial si ce nest que, justement, Meubles Lon avait tout un spcial me proposer ! Ainsi, lachat de mon mobilier, M. Lon moffrait untlviseur de 50 pouces au prix ridicule de 150 $ alors quil en cotehabituellement bien plus de 500 $. Jai dabord refus en expliquantau gentil vendeur pardon, conseiller que nous navions pas besoindun nouveau tlviseur puisque nous en possdions dj un. Unevieille tl, pesant une tonne et demie et aux proportions gigantesquescompte tenu de sa surface de visionnement, mais en parfait tat demarche. Et puis, les enfants sen accommodaient parfaitement pourregarder Vrak TV ou bouger frntiquement avec la Wii.

    Mais cest l quentre en jeu le fameux tant qu y tre , ennemidu dveloppement durable, mais leitmotiv des vendeurs de toutacabit. Et si notre tl nous lchait le mois prochain ? On laferait simplement rparer, mon amour. Daccord, mais tu sais bienque a coterait plus cher de la faire rparer que den acheter uneneuve ! Rsultat ? Le conseiller ma dit que je faisais une bonneaffaire et que jaurais t stupide de ne pas profiter de cette offre.

    Il est l, le problme : nous devenons stupides lorsque nous neconsommons pas. Et non seulement tout est mis en uvre pour

    nous le faire croire, mais en plus, dans bien des cas, cest dfendable.Cest dans un tel contexte que la responsabilit largie des producteursprend tout son sens.

    Nouvelle TV Parlant de tl et de sous-sol Pour tre en lien avec la nouvelle

    tendance en communication, nous avons dcid de lancer un toutnouveau site Internet de webtl ddi au dveloppement durable. Sansprtention et de faon trs crative, le site Dans mon sous-sol proposeraune panoplie de clips regroups par thmatique touchant lindustriede lenvironnement. La gestion des matires rsiduelles ne sera pasen reste avec la srie Dans mon bac mettant en vedette le color DanielGingras. Sous forme ditoriale, Daniel parcourt des thmes aussivaris quintressants comme la frquence des collectes, la gestiondes appels doffres et la ncessit de dtailler le compte de taxes.Certains ragiront ses propos directs, francs et lucides, alors quedautres se rgaleront de la folie de notre mise en scne. Une choseest certaine, cette srie ne laissera personne indiffrent !

    Mais il ne sera pas le seul expert participer ce beau projet pourpartager son savoir et son exprience. Bien des gens ont djmanifest leur enthousiasme grossir les rangs de cette webtl ole rire, le plaisir et linformation se ctoieront de faon quelquefoisirrvrencieuse, mais jamais mchante ! Du nouveau contenu vidosajoutera de semaine en semaine afin de stimuler notre industrie.

    Le lancement officiel du site www.dansmonsoussol.tv se fera loccasion du Salon des technologies environnementales du Qubecles 13 et 14 mars prochains. Nous y aurons dailleurs un stand. Veneznous y saluer ! Oh, et puis en passant, vous pourrez admirer quelques-uns de nos clips sur ma nouvelle tl

    Vieille tl, nouvelle TV

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    may

    a.cc

    ditorial

    Le magazine des matires rsiduelles au Qubec3RVE VOL. 7 NO 3 HIVER 20126

    Andr Dumouchel

  • Quand avez-vous t lu maire ? Jai t lu en novembre 2009, au terme dune lection quatre candidatsqui tentaient pour la premire fois de devenir le maire de Victoriaville.

    tiez-vous du mme parti que le maire sortant ?Non, je ntais pas reprsentant dun parti ni conseiller municipal ; jtaisauparavant directeur de la polyvalente Le Bois, Victoriaville.

    Quel a t votre parcours scolaire ?Jai un baccalaurat en enseignement des mathmatiques et informatique.Jai commenc ma carrire dans lenseignement. Ensuite, je suis devenudirecteur, tant au primaire quau secondaire. Jai aussi travaill sur le plan dela gestion dcole, ce qui ma amen faire une matrise en administrationscolaire.

    O avez-vous fait vos tudes ? lUQAM et lUniversit de Sherbrooke.

    tes-vous originaire de la rgion ?Oui, je suis n Victoriaville, mais mes parents sont gyptiens dorigine. Ilstaient parmi les premiers immigrants et la ville les a littralement adopts.Mon pre, qui avait fait des tudes, a commenc travailler commeenseignant au cgep, et aujourdhui son an de quatre garons est devenumaire de la ville. Il en est trs fier !

    Vous tes donc revenu vivre Victoriaville aprs vos tudes ?Oui, ctait vident pour moi que je reviendrais y faire ma vie.

    Quel ge avez-vous ? Je viens tout juste davoir 40 ans.

    Quel tait votre rve de jeunesse ?Au dbut, je voulais devenir joueur de soccer professionnel, mais la vie mavite dmontr que je navais pas le talent requis. Puis, assez naturellement,je me suis tourn vers lenseignement.

    PEINE 40 ANS, LE REGARD FRANC, LE SOURIRE AUX LVRES, LE MAIRE DE VICTORIAVILLE NOUS ACCUEILLE DANS SON BUREAU EN NOUSDONNANT UNE CHALEUREUSE POIGNE DE MAIN PAR UN MATIN GLACIAL. PEINE DEUX MINUTES SE SONT-ELLES COULES QUIL NOUSTUTOIE ET NOUS RACONTE UNE ANECDOTE AVEC BEAUCOUP DHUMOUR. LHOMME A UN CHARISME INDNIABLE ET SES QUALITS DECOMMUNICATEUR TRANSPIRENT AU FUR ET MESURE QUIL RPOND AUX QUESTIONS. MATRISANT BIEN SES DOSSIERS, IL PARCOURT AVECNOUS LES LMENTS QUI FONT DE SA VILLE UN MODLE EN MATIRE DE DVELOPPEMENT DURABLE AU QUBEC.

    COMMENT CETTE VILLE A-T-ELLE ACQUIS CETTE RPUTATION ? QUE FAIT-ELLE DE DIFFRENT ? QUELS SONT SES DFIS ?

    LE MAGAZINE 3RVE A RENCONTR SON MAIRE POUR VOUS.

    Entrevue ralise par Andr Dumouchel

    Le magazine des matires rsiduelles au Qubec3RVE VOL. 7 NO 3 HIVER 20128

    AlainRayes

    Maire du berceau de la rcupration et

    du recyclage

  • Avez-vous des exemples ?Eh bien, je suis toujours surpris dapprendre que les villes font faire des tudes de march poursavoir si cest rentable de mettre des bacs compostage la disposition des citoyens. Ici, Victoriaville, a fait 15 ans quon le fait. Non seulement cest rentable, mais cest bon pourlenvironnement et les citoyens y participent avec enthousiasme.

    Votre vision des divers enjeux a-t-elle beaucoup chang en passant de citoyen maire de votre ville ?Ma vision na pas vraiment chang; elle sest plutt peaufine. Jai la chance davoir dans monentourage des gens qui sy connaissent trs bien. Ce qui est intressant, Victoriaville, cestquune vritable culture environnementale sest dveloppe au fil des annes, notamment

    Et la politique, comment y tes-vous venu ?Je me suis mis suivre la politique de plus prs la finde mes tudes. Jai eu une premire exprience en2003 o je me suis prsent pour lADQ, une lectionque jai perdue par environ 500 voix. Avec le recul,jestime aujourdhui que cest peut-tre ce qui mestarriv de mieux ! LADQ tait en chute libre ce moment-l, mais ctait tout de mme une trs belle exprience.

    Et quand avez-vous dcid de vous prsenter la mairie ?En 2009, un groupe de personnes ma approch pourme suggrer de me prsenter, et cest alors que jaientam une rflexion. Assez rapidement, jai dcid deme lancer. De fil en aiguille, je suis arriv ce rsultat ; jait lu maire de la ville de mon enfance.

    Est-ce un travail temps plein ?Pour moi, oui, mais a na pas toujours t le cas pourmes prdcesseurs. Depuis mon lection, on a vraimentconsolid ce poste. Aujourdhui, je crois quil seraitdifficile de revenir en arrire tant donn toutes lesresponsabilits et tches quimplique le rle de maire.

    Aprs votre dfaite en 2003, aviez-vous djlintention de vous prsenter nouveau comme candidat ?Oui. Jai toujours pens que ce serait en politiqueprovinciale. Mais 38 ans, une opportunit ma tofferte en politique municipale. Aujourdhui, je neregrette rien. Je pense quen ce moment, cest le palierpolitique o il y a le plus de possibilits dapporter derels changements. Voici un exemple concret.Auparavant, dans la gestion des villes, on utilisait environ80 % des ressources pour lenlvement des dchets.Maintenant, on parle de 50 %, lautre partie tantinvestie dans les sports, la culture, la sant, etc. Il y a unevarit de domaines dans lesquels nous pouvons agir. Ilny a pas de lobbies syndicaux et corporatifs comme auprovincial. Sur le plan environnemental, la ville estdevenue le premier interlocuteur des groupes decitoyens et des associations ainsi que le premierinstigateur de nouvelles mesures.

    Avez-vous des relations directes avec les citoyens ?Bien sr. Au dernier conseil de ville, par exemple, lescitoyens ont pos des questions sur les compteursintelligents, le gaz de schiste et la position de la ville surla centrale nuclaire Gentilly. Ce nest pas au provincialquon fait face ces questions, cest au municipal. Jedois toutefois avouer quil mest parfois difficile dyrpondre spontanment en tant que maire, car je ne suispas un spcialiste de ces dossiers. Les questions lesplus pressantes ne portent pas sur notre implicationdans le domaine sportif, les pistes cyclables ou ltatdes trottoirs. Ce sont plutt les grands enjeuxenvironnementaux qui intressent les citoyens.

    Comment donc arrivez-vous rpondre ces questions comme politicien ?Je pense quil ny a pas vraiment de formation pourdevenir politicien. Il sagit de sintresser auxproccupations des citoyens. mon avis, il faut prendreen considration les opinions pour maintenir une bonnerelation avec eux. Par exemple, je crois quun politicienqui aujourdhui ne tient pas compte de lenvironnementdans ses dcisions et ses projets fait fausse route.Lenvironnement est devenu un enjeu essentiel pour lespersonnes et dans le dveloppement des communauts.

    Le magazine des matires rsiduelles au Qubec3RVE VOL. 7 NO 3 HIVER 2012 9

  • grce Normand Maurice, considr comme le pre du recyclage , qui alargement influenc la population. Aujourdhui, quand on pose des gestesvisant la protection de lenvironnement, nous navons pas de leves deboucliers de la part des citoyens; les gens collaborent aux projets.

    Est-ce plus facile pour Victoriaville que pour les villes quicommencent peine se questionner sur le recyclage ?Pas ncessairement. Les villes qui entament leurs dmarches ont quandmme lavantage de marcher dans un chemin dj dbroussaill. QuandStphane Dion, du Parti libral, est venu nous rendre visite, il a affirmque selon lui, toutes les villes devraient tre dveloppes daprs cemodle. Cela dit, le modle nest pas unique Victoriaville ; il y a biendautres villes au Qubec qui sont proactives en matire de recyclage etqui multiplient les dmarches environnementales.

    Le fait que les maires soient de plus en plus jeunes entranera-t-il des changements plus audacieux ?Je ne crois pas que les changements seront plus audacieux ou plusnombreux. En revanche, cest la manire doprer ces changements quiest en profonde mutation. La gnration montante est beaucoup plusporte sur lchange, la gratuit, la transparence, comme en tmoignentnotamment la popularit des logiciels gratuits et des applications aveccode source ouvert. Il y a une mise en commun, un partagedinformation, une collaboration. Avant, on prfrait la culture du secret,car on croyait quon pouvait profiter dune information quon tait seul dtenir. Aujourdhui, quand on est sur un bon coup, on le dit aux autrestout de suite. mon sens, il sera plus facile dans un tel contexte demettre en uvre des projets sils tiennent compte des intrts de lacollectivit.

    Que faites-vous de particulier Victoriaville en matiredenvironnement ? Pourquoi Victoriaville constitue-t-elle un modle ? mon avis, nous nous dmarquons par cette fameuse cultureenvironnementale quont dveloppe les citoyens. Ajoutons que n...