Nouvelles N° 2084

  • View
    217

  • Download
    0

Embed Size (px)

DESCRIPTION

Nouvelles N° 2084 du 5 fév.

Text of Nouvelles N° 2084

  • Jeudi 5 fvrier 2015 - N 2084 - Hebdomadaire - 15, rue Furtado - 33800 BORDEAUX Prix : 0,80 euro

  • 2 Les Nouvelles 5 fvrier 2015

    ACTUALIT

    Lors du Conseil de Bordeaux-Metropole du 23 janvier, Jacques Padie, lu Blanquefort, a expli-qu pourquoi le groupe commu-niste et apparents voteraient contre la subvention de 2 millions deuros demande par Getrag (GFT) pour maintenir lemploi sur Blanquefort.

    Force est de constater que, malgr le discours parfois catastrophiste sur la comptitivit du travail en France, les investisseurs internationaux connaissent sa vritable valeur, car les 750 salaris de GFT Blanquefort ne sont pas trangers aux 220 millions deuros de bnfices raliss par cette entreprise en 2014.

    La dcision de GFT de raliser les nouvelles botes de vitesse manuelles sur Blanquefort fut une bonne nou-velle, qui nallait pas de soi pour les dirigeants de Getrag. Il est tout fait logique quelle continue investir ici et que, dveloppant son volume de production, elle dveloppe lemploi et son effort de formation.

    Llu rappelait que les annes prc-dentes nont pas t faciles pour ces salaris, avec 200 dparts en retraites non remplacs depuis 2006 et la contrainte dun contrat spcifique entranant des baisses des salaires et des pertes davantages par rapport leur situation chez Ford ainsi que par rapport aux salaris allemands de GFT.

    Il soulignait de plus que la situation des salaris de lusine voisine Ford Aquitaine Industrie (FAI), est bien moins florissante, malgr des soutiens importants de la puissance publique, mais FAI ne tient pas ses objectifs et ses dirigeants tentent de se drober leurs engagements.

    Ainsi 200 contrats de travail tem-porairement transfrs vers GFT contribuent dlester, mme pro-visoirement, FAI de ses obligations, tout en permettant GFT de ne pas recourir des embauches dnonce-t-il, une ambigut que la convention propose entre Bordeaux Mtropole et GFT ne lve pas.

    Utiliser largent des profits

    Nous contestons lutilisation de largent public qui vise se substituer celui issu des profits raliss par ces entreprises. Ce qui ne signifie pas renoncer laccompagnement des entreprises dans leurs investis-sements, avec les outils qui sont les ntres et cest bien leffort que fait la collectivit quand elle dveloppe les transports en commun, fait construire des logements, dveloppe des services publics, entretient les routes souligne Jacques Padie.

    Des efforts auxquels il faut ajouter 1,8 million deuros verss depuis 10 ans GFT diffrents titres, sans compter les 300 000 euros que le conseil rgional vient daccorder au titre des aides la formation profes-sionnelle poursuit-il, sans compter la part du Crdit Impt comptitivit Emploi (CICE) qui sera verse GFT en 2015. En 2013, ce sont 450 mil-lions deuros qui ont t verss au titre du CICE en Aquitaine.

    Selon lInsee, 10,6 % de la popu-lation active franaise devrait tre en situation de chmage vers la mi-2015. Fin 2014, les demandeurs

    demploi sans aucune activit taient 3,72 millions en France. En ajoutant les chmeurs en activit rduite, on arrive un total de

    5,15 millions de personnes, soit 7% de hausse.

    Au plan rgional, 177 103 personnes sans aucune activit taient inscrites Ple emploi en Aquitaine fin 2014, soit 3 358 de plus quen doctobre, une hausse de 6,5 %.

    En Gironde, 87 512 personnes taient inscrites au chmage, soit une hausse de prs de 7 % sur un an.

    LInsee indique que sur les douze der-niers mois, les crations dentreprises ont recul de 3,3 % et le nombre de faillites a augment de 6,7 %.

    GETRAG FORD

    Utiliser largent du CICE plutt que celui des collectivits

    EN CHIFFRES

    87 500 chmeurs en Gironde

    APEIS

    Comment peut-on tuer pour des dessins?On dit dun fleuve emportant tout quil est violent, mais on ne dit jamais rien de la violence des rives qui lenserrent! disait Berthold Brecht.Meurtres abominables, excutions sordides, incomprhensibles, impensables, pour la plupart dentre nous. Les vnements de ce dbut janvier 2015, nous ont laiss un profond malaise.Comment peut-on tuer pour des dessins? Quels sont les mcanismes qui peuvent y conduire? Quest ce qui ne va pas dans notre socit, sur notre plante? Ny a-t-il pas des causes plus profondes? Notre dmocratie nest-elle pas mine de lintrieur?Loin de vouloir rpondre de faon exhaustive, nous avons voulu apporter notre pierre ldifice dune rflexion commune. Cela nous parait ncessaire la comprhension et la cration dune dynamique positive, pour une prise de conscience individuelle et collective, car rien ne peut rester en ltat!Le renforcement des pouvoirs rgaliens (armes, police, justice), seule rponse de la plupart des politiques, ne peut tre que de nature amplifier les phnomnes de rejet, de peur et dexclusion.Nous avons choisi en tant quassociation de dfense des droits des chmeurs, de mettre laccent sur la violence symbolique institutionnelle susceptible de crer de la honte, des angoisses, du dsarroi, de lisolement et de la colre.En effet:Quand une socit dit un nombre considrable, de nos concitoyens, vous tes en fin de droits, vous tes en trop, renvoyant chacun dans sa sphre prive, cela ne cre-t-il pas de la violence symbolique?Quand des institutions somment toute une partie de la population se justifier, ici de sa bonne foi concernant sa misre, l de ses efforts pour rechercher du travail, ici pour dmontrer quil est un bon franais, l pour prouver que tous ses papiers sont bien en rgle pour obtenir dalatoires aides, cela ne cre-t-il pas de la violence symbolique?Quand un pouvoir politique relgue des populations dans des zones de pauvret, enlve les moyens aux associations de proximit. Quand tout est fait pour opposer, pour culpabiliser, pour contraindre. Quand on vit tous(tes) dans une socit avec un chmage massif structurel, durable, qui pse sur tous les rapports lintrieur et lextrieur des entreprises, cela ne cre-t-il pas de la violence symbolique?La libert dexpression nest-elle pas toute relative au guichet de ple emploi?Notre dmocratie nest-elle pas en danger, lorsquon banalise le fait que 9 millions dentre nous survivent sous le seuil de pauvret, que des quartiers entiers sont laisss labandon, proies privilgies des prdateurs en tous genres qui vont des vendeurs de drogues aux prdicateurs les plus extrmes ?Notre socit va mal, et nous avons trop laiss faire, dsertant les lieux collectifs pour ne se consacrer qu nos prs carrs.Quand sur notre plante, le dsquilibre est tel que les 80 familles les plus riches possdent plus que les 4 milliards dindividus les plus pauvres, ne peut-on considrer que la premire des inscurits est bien sociale? Cest une illusion de croire que nous nous en sortirons tout seuls, nous avons besoin de tous et de chacun, pour reconqurir nos droits.De quelle libert parlons-nous?Nous avons besoin de lieux collectifs pour combattre toutes les manipulations et proposer des alternatives crdibles. Nous avons besoin de nous rebeller, serons-nous aussi nombreux demain pour manifester lorsque des personnes sans domicile fixe mourront dans la rue ?Il ny a rien de pire que la banalisation, le sentiment dimpuissance. Si nous considrons que cest fatal pour quelques-uns, alors nous considrons que cest fatal pour soi-mme. Ainsi commence lacceptation de notre sort, la soumission lordre tabli, lorsquon nest plus capable de se lever contre une injustice, et il y en a de nombreuses.Ce nest pas parce que nous subissons que nous sommes obligs daccepter. Bien sr, il y a de nombreux autres paramtres qui peuvent conduire des drames comme nous venons de vivre, mais en y rflchissant, ils ramnent tous un critre qui prvaut aujourdhui sur notre plante:La prtention de quelques-uns rgner en matres sur le destin et lavenir du plus grand nombre, notamment en les entrainant dans la misre conomique, sociale, et culturelle.Cest de cette logique dont il nous faut sortir.Cela ne sera possible que par limplication de chacun dentre nous. Rien ne se dcrte, tout se construit.La vraie lutte contre le fascisme, cest la lutte contre la misre.

    APEIS

    Association Pour lEmploi lInformation et la Solidarit des Chmeurs et Prcaires

    22, rue du 11-Novembre - 33130 BGLES05 56 49 24 58 - www.apeis.org

    Accueil : mardi et jeudi de 14h 17h

    Dans un courrier au Prfet de la Gironde le 28 janvier, J.Jacques Paris, vice-prsident du Conseil gnral, lui faisait part du sou-tien du groupe Front de Gauche/

    PCF aux salaris du transport routier et lui demandait duvrer pour la reprise par les fdrations patronales des ngociations avec lintersyndicale.

    Pour le groupe une hausse de revenu pour lensemble des travailleurs du secteur est lgitime au regard de leur activit professionnelle extrmement exigeante, avec une revalorisation et treizime mois dont le cot total quivaudrait 600 millions d.

    Et il argumente sur les possibilits de dbloquer la situation, alors que les entreprises des transporteurs bnficient de nombreuses aides de ltat sans contreparties, que le secteur des transports routiers a reu en 2014 au titre du Crdit dImpt Comptitivit Emploi (CICE) des aides publiques hauteur de 700 mil-lions d et enfin que le cot du carburant a considrablement baiss ces derniers mois.

    TRANSPORTS ROUTIERS

    Le CICE doit bnficier aux salaris

  • Les Nouvelles 5 fvrier 2015 3

    EditorialACTUALIT

    Lespoir en chantiers

    En donnant sa confiance Syriza, le peuple grec a choisi un programme de rupture qui mise sur la croissance par le retour de linvestissement public et par la relance de la consommation.

    Inspirs par le FMI et la BCE, les mdias franais agitent les peurs: Si la Grce annulait ses dettes, il en coterait 600 par Franais !

    Faux! Chaque anne, la France rcupre 80 millions deuros au titre des intrts sur la Grce.

    Ce sont les banques et les marchs qui profitent de la crise, ce sont les politiques daustrit menes depuis 1