Nouvelles N° 1978

  • View
    214

  • Download
    0

Embed Size (px)

DESCRIPTION

Nouvelles N° 1978 du 24 janvier

Text of Nouvelles N° 1978

  • Jeudi 24 janvier 2013 - N 1978 - Hebdomadaire - 15, rue Furtado - 33800 BORDEAUX Prix : 0,80 euro

  • 2 Les Nouvelles 24 janvier 2013

    A c t U A l i t

    www.cgt-gironde.org

    chambres dAgricultureElectionsJusquau 31 janvier, les salaris des professions agricoles lisent leurs reprsentants, par correspondance.Il sagit dun moment important de dmocratie sociale dont les enjeux sont importants tant les pouvoirs conomiques et sociaux de ces Chambres sont rels.Dans un secteur o les conditions de travail sont souvent trs pnibles et o les salaires sont de misre, nombreux sont ceux qui, mme avec un emploi stable narrivent plus se loger, se nourrir, joindre les deux bouts. Le nombre daccidents de travail et des maladies professionnelles explose, du fait de la dgrada-tion des conditions de travail. Dans le mme temps, la protec-tion sociale et les retraites sont remises en cause, la Mutualit Sociale Agricole (MSA) attaque, la sant privatise.Au nom de la saisonnalit, la prcarit de lemploi devient la rgle, de plus en plus de salaris cumulent les contrats sai-sonniers et les petits boulots. 80% des salaris agricoles sont pays au SMIC.En Gironde, alors quune forte attente sexprimait pour laugmentation des salaires des salaris agricoles lors de la ngociation du 19 septembre 2012, la cGt ne peut se satis-faire dune augmentation de 1,4% propose par le patronat partir du 1er septembre 2012 (en dessous de laugmenta-tion du SMic du 1er juillet de 2%).

    Cheikh Sow vit depuis 26 ans en France, 18 ans Bgles, o il est adhrent du PCF. Militant de lducation popu-laire, chanteur du groupe Afroguinguette, crivain, il fut aussi chroniqueur sur lAfrique dans notre hebdo O en est le citoyen ?

    Les Nouvelles. Du Sngal en France, quel a t ton chemi-nement ?Cheikh Sow. Pas trs original Celui dun ancien tudiant tran-ger devenu travailleur tranger. Je dis bien : pas trs original , car les parcours migratoires sont la fois singuliers et multiples. A ct de la figure traditionnelle du travailleur immigr, OS, ouvrier agricole, il y a la femme immigre qui nest pas venue que pour rejoindre son mari, il y a lex-re-fugi politique, il y a lancien tu-diant, il y a laventurier qui pose enfin ses sandales, il y a les amou-reux qui se regroupent Parmi tous ceux-l, il y a celles et ceux qui ont fait le choix de demander la naturalisation. Certains lont obtenue, un plus grand nombre ont renonc devant la complexit et la lourdeur de la dmarche. Cest ce qui explique galement le refus de certains trangers dentamer cette dmarche de nationalisation, refus renforc par le relent assimilationniste que revtent certaines questions de la procdure. Je fais partie de ce dernier lot.

    L.N. Travailleur et militant de lducation populaire, tu as crit un livre sur la dmocratie participative*, tu tes engag dans des campagnes lectorales, des actions citoyennes pour ce droit de voteC.S. Jai eu la chance de suivre une ligne cohrente entre mes ides et mes actions et de tra-vailler dans le milieu dit de lducation populaire, avec sou-vent beaucoup dinterrogations. Cest ainsi que jai t amen regarder cette question de la dmocratie participative qui, sans que cela soit dit explicitement, semble constituer une rponse labsence de droit de vote des trangers. Le livre aborde un peu cette question car la sempiter-nelle participation des habitants sadresse aux territoires dits sen-sibles o habitent une majorit dtrangers qui sont rarement informs de ce qui se trame sur leur espace de vie. Et je crois que cela se passerait autrement si

    ces trangers pouvaient jouer sur la balance lectorale. Cest une hypothse.

    L.N. Pourquoi, selon toi, le gou-vernement trane-t-il mettre le texte de loi en dbat lAssem-ble, alors que le temps presse pour rendre ce droit effectif ds les municipales de 2014 ?C.S. Je ne suis pas dans leur tte !!!! On dit en franais popu-laire, jamais deux sans trois . Des engagements de campagnes ont t pris sur le droit de vote des trangers par divers candidats, gauche comme droite, qui se sont assis sur leurs promesses lectorales. Plusieurs arguments, pour ne pas dire arguties, ont t avancs.Il y a le fameux argument du risque dun vote ethnique ou immigr qui ne rsiste pas lanalyse. Cest une insulte faite aux trangers non communau-taires que lon qualifie dhommes et de femmes incultes en affaires dmocratiques du fait de leur origine nationale et culturelle . Je rappelle que depuis la ratifi-cation du Trait de Maastricht en 1992 et par une drogation apporte au principe de natio-nalit, les ressortissants commu-nautaires ont obtenu le droit de vote aux lections europennes et municipales sils sont inscrits sur des listes lectorales compl-mentaires. Donc un Sngalais voterait pour un Sn-Gaulois l o un Portugais ou un Anglais ne ferait point de diffrence ?!!!!Il y a le fumeux argument de la non-rciprocit qui lui aussi vole en clat car au Burkina Faso, depuis 1993, les trangers rsi-dant depuis 10 ans ont le droit de vote et dligibilit aux lections municipales ; que la nouvelle Constitution marocaine prvoit depuis 2011, explicitement, que les trangers puissent participer aux lections locales.

    Jajoute que pour la France, cest une rgression historique et un retard europen pour le pays pionnier dans les droits de lhomme. Je rappelle que larticle 4 de la Constitution du 24 juin 1793 accordait en principe la citoyennet tout tranger qui, domicili en France depuis une anne, y vit de son travail, ou acquiert une proprit, ou pouse une Franaise, ou adopte un en-fant, ou nourrit un vieillard, tout tranger enfin qui sera jug par le corps lgislatif avoir bien mrit de lhumanit . Des pays comme lAllemagne, lamie de la France, ont accord ce droit comme la Belgique, le DanemarkLe droit de vote est avant tout une affaire de dignit, une question dhumanit reconnue. Je suis un utopiste et jespre le rester. Cest pourquoi je pense quobtenir partout dans le monde le droit de vote des trangers, cest rendre concrte cette ide de citoyen du monde. Cela dpasse la France et la France ne doit pas tre en reste pour son histoire, la place quelle espre occuper dans le concert des nations. Cest pourquoi je partage ce combat avec les mili-tantes et militants de la gauche solidaire et internationaliste.

    * Plus on en parle moins on en fait , Cheikh Tijaan SOW. Editions La Cause du Poulailler, 2012, 108 pages. 8 .

    www.pcf.fr/34065

    Droit de vote des rsidents trangersAvant tout, une affaire de dignit3 questions Cheikh Sow

    Nouvelles des luttes

    le BarpNon au racisme Oui au vivre ensemble

    Prs de 70 personnes se sont rassembles le 19 janvier lappel de 17 organisations suite aux actes de violences racistes rpts contre le lieu de prire de lassociation marocaine et ses environs (AMBE). Une dclaration commune et t lue par des rprsentants de lassemble citoyenne du val de LEyre du Front de Gauche et une lettre ouverte est envoye aux ministres de lIntrieur et de la Justice. SOS Racisme 33 a dpos une plainte contre X. (photo Sud-Ouest)

    Plus de 2000 manifestants-tes, samedi 19 janvier Bordeaux, pour lgalit des droits lappel du collectif pour lgalit, associations, organisations et partis politiques, dont le PCF. (photo Sud-Ouest)

    Mariage pour toutes et tousPour une galit complte

  • Les Nouvelles 24 janvier 2013 3

    Quel serait ltat desprit de notre peuple si les journaux -papiers, radios, tlviss- se posaient la question de la justesse des politiques daus-trit alors que notre pays ntait endett qu hauteur de 20% du Produit Intrieur Brut (PIB, cest--dire de la valeur des richesses produites par le travail ) au lieu de lendettement actuel de 92% ?

    Tous les discours fatalistes sur les thmes on ne peut pas faire autrement , on ne peut pas ne pas sattaquer cette question de la dette et qui engendrent les politiques de comptitivit cassant le code du travail, prcarisant les sala-ris, seraient mieux perus pour ce quils sont: permettre ceux qui se sont dj beaucoup enrichis de continuer le faire !

    Alors, prendre le temps de faire rflchir autour de nous sur le pourquoi nous en sommes 92% nest pas une perte de temps, au contraire : je partage cette phrase de la base commune de discussion du 36me congrs : plus la crise sera comprise, plus les solutions se dessineront et plus lespoir pourra gagner du terrain .

    La dcision, prise il y a 40 ans par Giscard dEstaing, de modifier le statut de la Banque de France et de lui interdire de prter lEtat taux nul, avec les rductions successives des prlvements sur le capital, voil les raisons fondamentales de la dette !

    Et les traits europens inscrivant la mme inter-diction la Banque Centrale Europenne (BCE) ont oblig les Etats emprunter aux banques prives qui, un comble, peuvent, elles, emprun-ter la BCE avec des taux bas voir nuls (1000 milliards d de fin novembre 2011 mars 2012) et senrichissent sur le dos des peuples en pratiquant des prts taux levs aux Etats Alors quelles ont aussi t aides par les Etats en pleine crise (1600 milliards d).

    Ce ne sont donc pas les peuples grecs, espa-gnols, etc qui ont engendr les dettes, ce sont bien des tres humains, qui ont fait des choix politiques, qui ont entran ces crises !

    De largent, il y en a :

    Pas question de nous faire pleurer sur ceux qui on veut prendre 75%, au-del du million deuros (cest--dire au dessus de 890 fois le SMIC).

    Pas question non plus daccepter des re-mdes qui perptueraient les crises et aggra-veraient la vie des gens.

    Construire lalternative laustrit, voil le dfi qui nous attend. Pas en 2017, mais bien ds aujourdhui. La bataille mener au niveau euro-pen, pour gagner lobligation de la BCE prter directement aux Etats, fait partie de ce chantier !

    lalternative laustrit, ds aujourdhui, pas en 2017

    Editorial

    Michel Dubertrand

    membre du comit excutif du PCF 33

    membre du conseil nationa